11.01.13
Retraite annuelle des Laïcs Missionnaires de la Charité d'Espagne
Pozuelo de Alarcón (Madrid), du 1er au 4 novembre 2012.
Retraite dirigée par le Père Pascal Cervera avec l'aide des Laïcs Missionnaires de la Charité de Madrid, Murcie et Barcelone.
Le Père Pascal Cervera, un prêtre diocésain responsable du mouvement Corpus Christi a dirigé cette retraite à Madrid et nous a réjouit avec des histoires merveilleuses sur la vie de Mère Teresa et d'autres saints. Ce fut providentiel d'avoir avec nous le père Pascal, car le père Pascal a connu de très près Mère Teresa et son témoignage avait une grande valeur pour nous tous à propos de la vie de la Mère, de notre très aimée Mère, de son exemple, de ses enseignements, de son don total au service de Dieu, des Missionnaires de la Charité et de toute la famille des Missionnaires de la Charité, parmi lesquels sont les Laïcs Missionnaires de la Charité, certains vraiment débutants mais ce n'est pas pour cela qu'ils sont moins enthousiastes.
Je vais essayer de résumer les notes que j'ai prises pendant la retraite bien que mes notes soient assez chaotiques et ne pourront pas refléter la beauté des paroles du père Pascal, sa lumière et son sourire quand il se remémorait ces merveilleux témoignages de la vie de Mère Teresa, de la vie du père Pascal et d'autres saints.
Le père Pascal nous raconte qu'il a été chercher Mère Teresa à Madrid et qu'il a été surpris quand elle lui a ouvert la porte et qu'il a demandé la Mère et qu'elle lui a dit "c'est moi". Il s'est alors présenté et a dit qu'il venait aider. La Mère lui a dit "très bien" et l'a conduit à Jésus. Le père a dit que la première chose qu'elle faisait toujours était d'aller voir Jésus. Ils ont prié un moment dans la chapelle, même si ce n'était pas pour y rester des heures la première chose qu'elle faisait, était d'aller voir Jésus. Et après ils ont déplacé des meubles tout l'après-midi en silence. Le père dit que Mère parlait peu parce qu'elle était constamment en prière et parce que comme elle disait: "Dieu parle dans le silence".
Le père nous raconte aussi quand les premières sœurs Missionnaires de la Charité à Madrid lui remirent les clefs de ce qui devait être le premier réfectoire d'Espagne. Il avait proposé d'aider et elles lui remirent les clefs et le père qui ne connaissait pas grand-chose en construction ne savait pas par ou commencer. Avec quelques amis et connaissances ils arrangèrent ce rez-de-chaussée qui avait un mauvais aspect la première fois qu'il était entré dedans. Quand ce fut l'inauguration du local une des sœurs avait un air de "circonstance" comme si quelque chose n'allait pas bien. Alors elle lui dit, mais père vous n'avez pas vu que le sol est ondulé et quand les gens vont rentrer ils vont tomber, et d'autres détails dont je ne me souviens pas. Alors le père se faisait tout petit et pensait "quel désastre". Soudainement la Divine Providence voulut que passe par là un homme habile qui commença à dire "mais qu'est-ce que c'est que ça?" en soulignant les défauts, ce à quoi le père dit "mais vous, vous pouvez aider? Vous vous y connaissez en construction?" et l’homme lui répondit "bien sûr, moi j'étais maçon et maintenant je suis retraité et cet homme arrangea ce que le père qualifiait de "désastre". Depuis lors le père a appris que tout est plus facile quand on confie le travail à la Vierge Marie. Alors tous les succès appartiennent à la Vierge Marie et si quelque chose échoue ou tourne mal c'est aussi l'œuvre de la Vierge Marie et il doit sûrement y avoir une raison pour ça.
Le père nous raconte avec émotion la béatification de Saint Maximilien Kolbe, un prêtre catholique qui, dans un camp de concentration en Allemagne nazie, donna sa vie en échange de la vie d'un homme qui faisait partie des condamnés à mourir dans la chambre de la faim. L'homme qui allait mourir suppliait qu'on ne le tue pas car il avait une famille et il disait en suppliant "que deviendra ma famille?". Alors Saint Maximilien Kolbe s'est offert pour mourir à sa place. Les nazis lui demandèrent "et vous, qui êtes vous?"; il répondit "un prêtre catholique".
Et ils acceptèrent qu'il meure à la place de cet homme qui avait été initialement choisi.
Le père Kolbe, avec tous ceux qui étaient dans la chambre de la faim condamnés à mourir de faim enfermés, se mirent à prier ensemble, ils étaient en prière constante, priant le rosaire. Petit à petit ils moururent les uns après les autres, sauf le père Kolbe qui ne mourait pas et ils durent lui faire une injection pour le tuer.
Le père Pascal était avec Mère Teresa à Rome pour la canonisation de Maximilien Kolbe. Il était venu guidé par Mère sans connaitre l'histoire de celui qui allait être béatifié.
Le père se demandait qui était l'homme habillé en noir qui était assis à côté de Mère. La place du Vatican était bondée. Il y avait beaucoup de polonais comme le père Kolbe qui étaient parvenus à sortir du pays pour aller à la canonisation du père Kolbe quand à cette époque il était permis à presque personne de sortir du pays. Le père Pascal nous a parlé de l'émotion vécue sur cette place quand l'histoire du père Kolbe a été expliquée. Ceux qui assistaient pleuraient d'émotion, et les polonais, ses compatriotes, certains peut-être même des membres de la famille, pleuraient et chantaient très émus. (On pouvait voir l'émotion du père Pascal quand il nous a donné ce témoignage, émotion qu'il nous a transmis à tous, ainsi que sa paix aussi).
Le père Pascal nous a expliqué aussi sa période difficile quand il était séminariste à Rome, le froid, d'aller d'un endroit à l'autre avec son sac à dos à ses trente ans, et les fois ou il espérait un signe du ciel lui disant qu'il pouvait rentrer en Espagne. En ces moments difficiles pour lui, Mère l'a beaucoup aidé, et lui disait que quand il était dans une situation difficile il devait répéter sans arrêt "Mary, mother of Jesus, be a mother to me now" ("Marie, mère de Jésus, sois une mère pour moi maintenant"). Mère Teresa le répétait jusqu'à 10 fois de suite.
Mère lui a aussi enseigné les phrases suivantes pour l'aider dans les moments difficiles:
"Rien ni personne ne me séparera jamais de l'amour de Dieu" et elle répétait au père Pascal "Rien ni personne ne me séparera jamais de l'amour de Dieu", "Rien ni personne ne me séparera jamais de l'amour de Dieu".
"Jesus in my heart, I believe in your tender love for me, I love you" ("Jesus dans mon cœur, je crois en ton tendre amour pour moi, je T'aime"). Le père porte une attention partculière au mot "tendre" et nous dit qu'il est très important de répéter "tendre amour pour moi", puisque Dieu est notre père, Dieu nous conduit, mais je ne peux rien faire si je ne me sens pas tendrement aimé par le Seigneur (mots exacts du père Pascal).
"Je me donne à toi et veux te suivre"
"En tes mains Seigneur je remets mon esprit"
"Etre donné à Dieu, être comme Jésus, me donner pleinement à la disposition du Père" ou comme la Vierge Marie "Voici la servante du Seigneur"
"Donner à Dieu tout ce qu'Il me demande, comme Il me le demande et avec un grand sourire"
"Le laisser se servir de moi comme il Lui plaira, et de la façon qu'Il voudra, et Lui offrir tout mon être et ma volonté"
Le père Pascal nous dit aussi que Mère lui disait qu'il fallait être "docile avec Dieu et docile avec l'Eglise". "Docilité d'esprit et obéissance à l'Eglise"; Mère écoutait la volonté de Dieu avec respect, les évêques et les cardinaux. Mère voyait la volonté de Dieu en la personne du saint Père, elle voyait la volonté de Dieu dans les paroles du Pape ou des évêques.
Le père Pascal nous dit que nous sommes coresponsables, avec les prêtres, nous avons une responsabilité comme faisant partie d'une paroisse ou d'une communauté et lui a sa responsabilité comme prêtre. Nous avons une obligation et avec respect et humilité nous pouvons donner notre opinion à la paroisse, aux sœurs, etc.., comme faisant partie de cette communauté.
Le père nous raconte que la Mère a toujours fait des propositions mais avec:
-respect
-humilité
-docilité
La mère rendait la dignité d'être "enfants de Dieu" et traitait toujours tout le monde à égalité. Il lui était égal que ce soit le président des Etats Unis ou le plus pauvre des pauvres, pour elle nous sommes tous "enfants de Dieu" et il était très important pour elle de rendre à chacun la dignité qui lui revient du fait d'être enfant de Dieu.
"The gift of love" (Le don de l'amour)
Première maison pour les malades du SIDA dans le monde
Le père nous raconte comment aux Etats Unis la Mère a fondé la première maison pour les malades du SIDA au monde, "The gift of love" (Le don de l'amour). Une sœur demanda au père Pascal: Quand vient ton amie?, Le père se demandait de qu'elle amie elle parlait, et elle lui précisa qu'elle voulait dire Mère Teresa. Cette sœur lui parla de prisonniers dans les prisons des Etats Unis, condamnés à mort et enfermés, vivant dans des conditions inhumaines, traités comme des animaux, on leur donnait à manger en leur glissant la nourriture sous la porte parce qu’ils avaient une étrange maladie qu'on connaissait à peine à l'époque, le SIDA, et devant la peur les gens pensaient que la contagion pouvait peut-être se faire par l'air. Là-bas ces "enfants de Dieu" étaient abandonnés et ils vivaients comme des animaux.
La Mère est allée leur rendre visite et leur promit: "Vous serez à la maison pour Noël". Alors la Mère est allée parler avec le gouverneur de la ville et avec le Cardinal et avec toutes les personnes nécessaires pour tenir sa promesse. Ce ne fut pas facile car dans aucun quartier on ne voulait de ces malades atteints d'une maladie qu'on connaissait peu. Elles obtinrent une maison dans un quartier où il y avait beaucoup de malades du SIDA, là où il y avait la plus grande proportion de cette maladie de toute la ville, et ainsi la population ne pouvait pas se plaindre.
Le jour du 24 décembre arriva à la maison "The gift of love" le premier convoi de police avec les premiers prisonniers et là était la Mère en train de les attendre et comme elle l'avait promis, ils étaient à la maison pour Noël.
La Mère avec son exemple et ses enseignements transmit à ces prisonniers cet esprit de sacrifice et de suivre Dieu en tout, à tel point que certains d'entre eux renoncèrent au traitement pour leur maladie afin d'utiliser cet argent pour ouvrir d'autres maisons comme en Russie, Albanie, etc.
40ème anniversaire des Nations Unies à New York
En 1985 Mère a reçu le prix d'"ambassadrice de la paix" à l'ONU, pour son travail au Liban où elle a sauvé des enfants handicapés, qui au début des bombardements avaient été abandonnés car tout le personnel, y compris le personnel sanitaire avait abandonné l'hôpital avec ces enfants qui étaient donc condamnés à mourir.
La Mère demanda la permission pour aller récupérer ces enfants mais ils ne pouvaient pas passer à cause des bombardements. Les sœurs et la Mère priaient beaucoup et demandaient à Dieu qu'il y ait un cessez-le-feu pour pouvoir aller récupérer ces enfants. Mère demandait un cessez-le-feu et quand le cessez-le-feu a eu lieu elle alla avec un convoi récupérer ces enfants. Les enfants étaient dénutris, certains d'entre eux moribonds. La Mère les récupéra, les lava, s'en occupa, les alimenta et dit au père Pascal "Aucun de ces enfants n'est mort".
Tous ces enfants étaient musulmans et furent rendus quand le conflit s'est terminé et que le personnel sanitaire retourna à l'hôpital.
Pour cette raison il lui a été remis le prix d'"Ambassadrice de la paix" à l'ONU.
Le père Pascal nous raconte qu'elle est allée parler, comme toujours, avec sa veste reprisée, son sari et ses sandales et pour ne pas offenser les "non catholiques", puisque là-bas il y avait beaucoup de personnes d'autres religions, musulmans et beaucoup d'autres religions, elle se fit le signe de la croix dans la bouche et leur demanda de prier la prière qui était écrite sur une feuille posée sur leur siège. "Seigneur fait de moi un instrument de ta Paix"
Tous ont prié cette prière avec elle et elle a été la seule qui ait réussi à faire prier tout le monde ensemble aux Nations Unies.
Quand Mère a été présentée devant les personnes qui étaient réunies à l'ONU, Cuellar dit "En ce lieu nous avons entendu parler les personnes les plus importantes du monde et maintenant nous allons entendre parler la femme la plus importante du monde " et il a continué en disant
"Elle n'a que sa présence et tout est paix" et il ajouta quelque chose comme: "Elle nous transmet seulement la Paix"(Ces dernières paroles ne sont pas exactes, le reste oui".)
Ethiopie, grave famine.
En Ethiopie il y eu une famine très grave et Mère Teresa et le cardinal sont allés demander au président Regan qu'il envoie de la nourriture en Ethiopie et le président envoya aussitôt un avion plein de nourriture pour l'Ethiopie.
Le père Pascal raconte que Mère Teresa était très aimée aux Etats Unis.
ALBANIE
La terre natale de Mère Teresa était l'Albanie. Mère disait "
“ Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus."
Quand Mère allait partir pour entrer dans la congrégation des Sœurs de Lorette, toutes ses affaires étaient sur la table de la salle à manger, et sa mère n'arrêtait pas de tourner autour de la table et des affaires de Mère. Mère dit au père Pascal "elle était off", voulant dire qu'elle était comme folle et à un moment elle s'est arrêtée, elle prit la main de Mère et lui dit :
"Si tu pars, mets ta main dans la main de Jésus, ne te sépare jamais de Lui et ne regarde jamais en arrière"
Le père raconte qu'à cette époque quand quelqu'un allait être missionnaire, le plus probable était de ne jamais le revoir. Et ce fut ainsi, elle n'a jamais revu ni sa mère ni sa sœur en vie.
Quand sa mère était âgée et quand sa sœur fut malade de nombreuses personnes demandèrent aux gouvernants d'Albanie de laisser Mère retourner dans son pays pour les voir mais le gouvernement ne l'a jamais autorisé à rentrer.
Alors que sa mère et sa sœur étaient mortes, Mère Teresa avec quelques sœurs Missionnaires de la Charité furent autorisées à retourner en Albanie accomplir la mission que Dieu leur avait demandée. Mère appela le père Pascal et lui demanda d'aller parler au cardinal de New York (Le père Pascal était destiné à être prêtre diocésain dans une paroisse du Bronx) pour lui demander la permission d'aller en Albanie avec les sœurs M.C., parce que les sœurs avaient comme condition indispensable pour aller dans un lieu d'y aller avec un prêtre qui pouvait célébrer la messe: "Pour célébrer l'Eucharistie et apporter la présence de Dieu". Le père Pascal lui répondit: mais Mère ici il est une heure du matin et si je vais à cette heure chez le Cardinal je vais me faire renvoyer. Alors Mère lui dit "bon alors allez-y à 6heures demain matin". Le père Pascal y alla et le Cardinal lui demanda "tu veux y aller?", il lui dit que oui, et il se rendit compte que la Mère avait déjà parlé avec le Cardinal mais il voulait savoir si le père Pascal était d'accord pour y aller. Le père Pascal dit que oui et le Cardinal lui dit "alors vas-t-en et prends le premier avion". Le père Pascal est arrivé à Rome, où un passeport l'attendait avec tous les tampons du monde parce qu'à cette époque on ne pouvait pas entrer en Albanie et qu'on ne savait pas quels tampons il fallait.
Quand ils arrivèrent en Albanie, où il avait été interdit toute manifestation religieuse, tout commentaire à propos de Dieu, et les familles ne pouvaient même pas en parler à la maison, ni prier de peur que les enfants à l'école puissent dire quelque chose et que leur familles soient condamnées. Mère est allée avec ses sœurs et le père Pascal dans un hôpital où il y avait beaucoup de personnes malades et handicapées à qui le personnel qui travaillait là leur avait tout volé, jusqu'au savon. Ils étaient sales et à moitié abandonnés.
La mère, ses sœurs et le père Pascal les lavèrent, s'occupèrent d'eux et leur donnèrent à manger.
Quelques personnes critiquèrent ce qui s'était passé là, mais la Mère fit le signe de croix dans la bouche (en demandant le silence) et leur dit "Ils ont beaucoup souffert", on va les aider.
La Mère est allée remercier les gouvernants d'Albanie d'avoir laissé les sœurs et le père entrer en Albanie et ne prononça aucun reproche à ces gouvernants, les mêmes qui lui avaient interdit de revenir en Albanie pour pouvoir voir sa mère et sa sœur de leur vivant.
Mère est allée sur la tombe de sa mère et de sa sœur, pria sur leur tombes et mit un crucifix, puisque jusqu'à ce moment-là il était interdit toute manifestation religieuse et pour cette raison il n'y avait aucun signe religieux sur leur tombes.
Le père Pascal dit que Mère Teresa disait: (textuellement):
"la porte du ciel s'ouvre à travers l'humilité et l'humilité se gagne à travers l'acceptation des humiliations"
"L'humilité n'est ni très pressée ni très lente, sinon au rythme de Dieu".
Le père Pascal dit que Mère Teresa transmettait toujours l'"Amour de Dieu" et seulement l'"Amour de Dieu".
Résumé fait par Noemi, LMC de Barcelone en formation
10.01.13
Noël 2012
Chers frères et sœurs bien-aimés,
Que la grâce et la paix de l'Enfant nouveau-né de Bethléem soient avec vous en ce saint temps de Noël et que la Nouvelle Année 2013 soit une année de meilleure et plus grande consécration au Seigneur dans le service de Dieu et des autres, en particulier dans le service des pauvres en cette année de la foi.
Une fois de plus nous célébrons le mystère incroyable et inscrutable de l'Incarnation. Une fois de plus nous nous trouvons devant l'histoire de l'Emmanuel qui a changé non seulement la face du monde, mais aussi les vies des hommes et des femmes à travers les siècles, et continue de changer les vies de toutes les personnes de bonne volonté et généreuses.
Nous qui partageons la foi des patriarches, des prophètes, de notre Dame, de St Joseph, de St Etienne, de St Jean l'évangéliste et de tous les saints et les martyrs, nous pouvons dire que c'est vrai, que c'est là, dans un petit village inconnu de Nazareth, qu'a vécu la famille simple et ordinaire d'un charpentier de village, avec Marie, la mère du plus grand révolutionnaire du monde, Jésus de Nazareth, qui a apporté dans le monde la révolution de l'amour qui peut seul changer le monde de mauvais en bon, de bon en mieux et de mieux en meilleur.
Des saints comme la bienheureuse Teresa M.C. de Calcutta ont été choisis pour se mettre à l'école de l'amour de Jésus pour révolutionner le monde des pauvres par leur sacrifice et leur service plein d'amour. Jésus, à travers la bienheureuse Teresa M.C., a montré au monde que la meilleure de toutes les armes avec laquelle nous pouvons conquérir le monde est l'amour invincible, la bienveillance inconquérable, l'amour imbattable. Cette sorte d'amour ne meurt jamais et ne peut jamais être tué. Cete agape chrétienne n'est jamais fatiguée d'aimer et de servir, jamais fatiguée d'aimer et de pardonner.
Par notre célébration annuelle l'Eglise veut revenir au tout début de cette histoire d'amour, de ce mystère de foi, de cette histoire de l'Emmanuel. Nous sommes invités à revenir à l'esprit originel, mais pas seulement à revenir, plutôt à revenir et à essayer simultanément de comprendre le mystère de la condescendance inscrutable et infinie d'un Dieu plein d'amour avec l'espoir d'avoir un aperçu de cet esprit originel.
Allons aussi à Bethléem voir ce qui est arrivé, que le Seigneur nous a dit (cf Lc 2, 15). « Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire... » (Lc 2, 16).
Aujourd'hui nous sommes invités à nouveau à aller en hâte à Bethléem pour comprendre l'esprit de Behléem, de simplicité et de pauvreté du lieu, de la crèche, l'humilité de l'homme-Dieu, et du petit Enfant de Bethléem. C'était un choix divin. Il était libre et joyeux, voulu délibérément dans un but précis. Il n'y a eu aucune tentative de faite pour devenir riche... écoutons St Bernard qui a dit : « Jésus était pauvre à la naissance plus pauvre pendant sa vie et le plus pauvre sur la Croix ».
Nous sommes obligés de faire un choix dans la vie. Notre présent et notre futur dépendent de notre choix. Je suis responsable de ce que je fais, de la façon dont je vis et de la route que j'ai choisi de prendre. Ma destinée est entre mes mains. C'est à nous qu'il revient de choisir de vivre l'esprit de pauvreté et de simplicité de Bethléem. C'est cet esprit radical que nous célébrons à Noël, et en le célébrant nous pouvons renouveler et retourner au premier amour, à l'amour premier et intact. Là nous comprenons, nous découvrons la théologie vécue des saints. C'est là que nous comprenons la sagesse de l'Eglise. Pourquoi est-ce que l'Eglise veut que nous célébrions la fête d'un saint après un autre ? Parce que les saints, comme St Etienne, ont compris, avec l'aide et le travail du Saint Esprit, ce que signifiait vraiment être le disciple du Christ. Le chrétien en fait est celui dans lequel vit l'esprit du Christ. Prenez l'exemple du martyr de St Etienne. St Etienne a prié pour ceux qui l'ont lapidé juqu'à la mort, comme Jésus l'a fait sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23, 34 ; Ac 7, 60). St Etienne est mort comme Jésus, en prononçant les mêmes mots que Jésus : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit »(Lc 23,46 ; Ac 7,59).
C'était un choix pour St Etienne entre Jésus et le monde, entre l'héroïsme de l'amour et la médiocrité, entre la croix et une existence facile. C'est la théologie vécue des saints, de laquelle le bienheureux Jean-Paul II a non seulement si souvent parlé mais qu'il a vécue dans sa vie.
Le 27 décembre l'Eglise dirige son attention vers St Jean, l'apôtre et l'évangéliste par excellence, qui a essayé, avec ses yeux pénétrants, d'entrer dans le mystère impénétrable et inscrutable de la condescendance incroyable de Dieu, en atteignant la source, en buvant la rosée divine de l'amour et en invitant tous ceux qui ont soif à boire l'eau qui donne la vie qui jaillit du cœur du Sauveur (Jn 7, 37 ff).
Nous voyons le rôle et la mission des anges et des archanges dans l'histoire de l'Emmanuel. L'ange Gabriel a été envoyé par Dieu à Zaccharie dans le temple (Lc 1,11 ff.) et six mois plus tard le même ange a été envoyé par Dieu à une Vierge de Nazareth accordée en mariage à Joseph (Lc 1,26) ff.). Un autre ange a été envoyé à Joseph de Nazareth à trois occasions différentes (Mt 1, 20 ff. ; 2, 13 ff. ; 2, 19 ff.). Un autre ange a été envoyé aux bergers après la naissance de Jésus à Bethléem pour leur annoncer la bonne nouvelle de la naissance de Jésus (Lc 2, 9 ff.) ; et ensuite une troupe d'anges est apparue aux bergers, louant Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. » (Lc 2, 13 ff.).
Ce qui nous frappe le plus dans toutes ces interventions diverses des anges envoyés par Dieu, c'est la réponse prompte de tous ceux qui les ont reçues, comme les destinataires, reconnaissant dans les mots des anges le plan et la volonté de Dieu et réagissant sans hésitation ni retard. Tous sans exception ont joué leurs rôles irremplaçables et uniques dans le commencement du drame divin du salut, parce qu'ils étaient des hommes et des femmes de foi profonde
(cf He 11, 1 ff).
Nous voyons à nouveau que le Créateur de l'univers a créé ensuite une nouvelle étoile dans le ciel pour qu'elle soit un signe et un guide pour les mages, les chercheurs de la Vérité divine, qui ont été conduits par l'étoile qui les a amenés des terres très lointaines à la crèche de Bethléem, où le petit Enfant nouveau-né était couché sur la paille (cf Mt 2, 1 ff.). L'étoile était leur guide, qui ne les a pas abandonnés quand ils étaient en pélerinage sur le bon chemin. Mais ils n'ont plus vu l'étoile quand ils ont pris le mauvais chemin, ils sont allés au mauvais endroit et ont rencontré la mauvaise personne. L'étoile de Dieu ne peut pas guider quelqu'un sur le mauvais chemin, pour faire de mauvaises choses. L'étoile était là pour les guider juqu'au bon endroit, à la bonne personne. L'étoile les a guidés jusqu'à la crèche de Bethléem, où ils n'ont pas dû rougir de la pauvreté saisissante, de l'extrême simplicité et de l'humilité indescriptible de la Sainte Famille.
Dès que les Mages ont quitté le palace d'Hérode, ils ont vu à nouveau la même étoile. Quand ils l'ont vue à nouveau, comme ils ont été heureux, quelle joie ils ont éprouvée ! Elle a été au-desus d'eux juqu'à ce qu'ils s'arrêtent au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant (cf Mt 2, 10 ff). Quelle a été la réaction des mages, qui ont fait tout ce chemin pour rendre hommage au roi des juifs avec leurs cadeaux coûteux ? Ont-ils été contrariés, désappointés, furieux quand ils ont vu le petit Enfant de Bethléem et ses parents démunis ? Ont-ils rebroussé chemin et sont-ils repartis démoralisés parce que leurs yeux ne pouvaient pas croire qu'ils voyaient une telle pauvreté, humilité et simplicité ? Qu'ont-ils fait de ces dons précieux d'or, d'encens et de myrrhe qu'ils avaient apportés pour les donner au roi de juifs ? Ont-ils accusé l'étoile ou pensé qu'ils avaient été trompés ? L'Evangile de St Matthieu dit : « En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » (Mt 2, 11).
2
Après avoir vu Marie et Joseph ils n'ont pas pu être les mêmes plus longtemps et ils ont eu aussi l'avertissement de Dieu de ne pas retourner voir Hérode (Mt 2, 12).
Le roi Hérode, cependant devint furieux quand il comprit qu'il avait été dupé par les mages. La réaction d'Hérode fut atroce et folle (cf Mt 2, 16 ff.).
Quels ont été les responsables de la perte de tant de petits ? Ce sont les mages, qui ont pris la mauvaise route et se sont retrouvés au mauvais endroit et ont rencontré la mauvaise personne. A un moment donné les mages se sont servis de leur raison et n'ont plus fixé leurs yeux sur l'étoile, mais leur raison a plutôt fait perdre à leurs yeux la vue de la foi. Si les mages avaient continué à suivre l'étoile jusqu'au bout sans interruption, Hérode n'aurait rien su de la naissance du roi de juifs. Quelle conséquence tragique pour avoir pris le mauvais chemin ! Que de fois nous suivons notre propre raison plutôt que le chemin simple et humble tracé pour nous par Dieu dans notre Congrégation, nos Constitutions, nos Statuts, notre Chemin spirituel, nos saines traditions ?
La période de Noël-Nouvel An est un temps de réflexion pour nous. Il y a beaucoup à apprendre aussi, beaucoup de choses à changer et à renouveler. La Sainte Famille, les mages, les saints comme St Etienne et St Jean l'évangéliste, nous invitent non seulement à faire un véritable examen de conscience, mais ils sont un véritable défi pour nous tous pour continuer à offrir tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Donnons jusqu'à ce que cela nous fasse mal, sans compter le coût, sans chercher de repos ou de récompense. Nous pouvons nous sentir mieux et plus heureux quand nous sommes pauvres, quand nous sommes dépourvus de tout privilège, quand nous faisons l'expérience de la mort avant de mourir. Que le petit Enfant de Bethléem et ses parents bénis, Marie et Joseph, demandent pour nous à la crèche à leur Fils petit Enfant que nous aimions vivre dans la véritable humilité, dans le détachement des créatures, avec le mépris du monde et de ses vanités, en nous souvenant constamment de la sainte présence de Dieu, avec ferveur et fidélité à tous nos devoirs et en pratiquant la plus tendre charité envers toutes les personnes (cf le livre de prières des MC et des LMC page 44).
A Rome nous avons l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement exposé. Cela est très exigeant pour les frères et la communauté de Rome d'assurer, pendant vingt quatre heures, les heures d'adoration. En plus nous avons l'abri de nuit avec soixante seize hommes et les frères essaient de répondre à tous leurs besoins chaque jour et dans tous les domaines. Nous avons aussi environ vingt hommes de la rue qui viennent prendre un repas. Nous avons retiré le Saint Sacrement de notre chapelle de Casa Serena et l'avons transformée en un réfectoire temporaire pour les hommes qui viennent à notre grille demander une assiette de nourriture, sous la pluie et dans le froid. Cela nous brisait le cœur de les voir s'entasser à notre grille à 6h du soir tous les jours sous le soleil ou sous la pluie, dans la chaleur et dans le froid et manger debout. Certains soirs il étaient 30 ou 40 hommes à la grille à attendre un repas. Il y a de la pauvreté partout, si nous avons seulement des yeux pour voir, des cœurs pour aimer et des mains pour servir.
Il y a plus de joie à donner, dans un amour souffrant, en aimant l'amour que nous n'avons pas compris, en ne pensant pas tout le temps égoïstement à nos besoins, nos problèmes, notre position et notre futur. « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour. » (Rm 8, 28), dit le grand apôtre Paul.
Quelques jours avant la fête de Noël, c-a-d le 22 décembre 2012, le maire de Rome, Mr Giovanni Alemanno, a mis aux enchères tous les nombreux cadeaux que les maires avaient reçus depuis 2001 au « Campidoglio », à Rome, avec l'intention d'aider des organisations qui aident les pauvres de Rome. Nous, les frères Missionnaires de la Charité contemplatifs, avons été l'un des bénéficiaires parmi les trois choisis. La vente totale de ce jour-là a été de cinquante six mille euros. Nous remercions chaleureusement Mr Giovanni Alemanno, le maire de Rome, d'avoir choisi Casa Serena comme l'un des bénéficiaires. C'est très aimable à lui aussi d'avoir été présent au déjeuner de Noël avec nos pauvres chez nous. Que le bon Dieu le récompense pour tout son tendre amour et son aide opportune.
3
Le vendredi 11 janvier 2013 son Eminence le cardinal Angelo Comastri a gentiment accepté de présider la célébration eucharistique à 17h. A cette occasion frère Jerry Michael M.C., si Dieu le veut, fera ses vœux pour la vie. Prions pour que ce soit une expérience de profonde Pentecôte pour tous, et pour frère Jerry Michael un jour de grâces et de bénédictions nombreuses.
Shantidaan, notre nouveau Béthléem.
Depuis l'année 2005 nous avons acheté un terrain à Pariyaram, dans l'état du Kerala, en Inde. En 2007, nous avons pu acquérir six acres de terrain environ, où, depuis octobre 2012, nous avons commencé une toute petite communauté avec presque rien. Nous allons y construire une petite maison pour les frères pour le temps présent. Priez, s'il vous plait, pour que la nouvelle communauté prenne racine lentement et s'établisse fermement. Frère John Vianney M.C. est le supérieur de Shantidaan (Don de la Paix).
Les trois maisons pour les sans-abri, les orphelins et les garçons et les hommes handicapés en Albanie et en Inde sont pratiquement pleines. Il y a beaucoup de travail à faire pour les garder propres, heureux et dignes, car ils ont tous les mêmes âmes immortelles que nous. Soutenons-les et supportons-les par nos prières et nos sacrifices.
J'aimerais conclure ces quelques réflexions et nouvelles en adressant nos sincères remerciements à chacun d'entre vous pour tout votre soutien dans tous les domaines. Que le Seigneur récompense chacun d'entre vous pour votre bonne volonté et votre générosité. Je voudrais aussi souhaiter à tous une Nouvelle Année 2013 très heureuse et remplie de paix.
Avec toute mon amitié et ma prière.
Que Dieu vous bénisse
Père Sébastien Vazhakala M.C.