25.02.13
La nouvelle qui a surpris l'Eglise et choqué le monde
C'est lundi 11 février 2013, 155ème anniversaire de l'apparition de Notre Dame de Lourdes que le saint père le pape Benoît XVI a tenu un consistoire pendant lequel il a fait une déclaration qui a non seulement surpris beaucoup de personnes dans l'Eglise du sommet jusqu'en bas, mais a choqué le monde entier. « … Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien... C'est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère de l'Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m'a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l'élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. » (Déclaration du 10 février 2013). La nouvelle était absolument inattendue, bien que non contraire au code de droit canon. Le canon 332/2 dit :
« Si le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité de cette renonciation, qu'elle soit libre et dûment manifestée ; elle n'exige l'acceptation de qui que ce soit ».
C'était aussi latent dans l'esprit du pape pendant toutes ces années de son pontificat, comme il l'avait clairement exprimé dans le livre « Lumière du monde », l'entretien du pape avec le journaliste Peter Seewald. Nous pouvons y voir facilement l'esprit du pape. Il attendait ce jour opportun, qui devait être pour lui le fruit de son entretien avec Dieu, le fruit de la prière, et il était donc nécessaire pour lui d'avoir la certitude morale que c'était la volonté de Dieu, et cela ne devait pas se faire en hâte, ou lorsque l' on fait face à des problèmes contrariants, mais quand quand d'une manière mystérieuse cela devenait clair que c'était la volonté de Dieu. Le temps et la patience, mais surtout la prière et le discernement, sont des facteurs indispensables pour arriver à prendre des décisions si graves, car cela peut avoir des conséquences historiques et morales d'une portée incalculable.
Donc le renoncement au ministère papal n'a pas été fréquent mais très rare dans l'Eglise catholique romaine. Des générations sont passées et donc les personnes concernées ont dû retourner consulter les livres d'histoire sur la papauté pour arriver au dernier pape, à quand et en quelles circonstances il avait fait ce qu'il a fait. Nous pouvons peut-être trouver peu de papes dans l'histoire qui ont fait ce que le pape Benoît XVI vient de faire à notre époque. D'une certaine manière nous pouvons dire que notre pape actuel fait l'histoire en faisant ce qu'il est en train de faire.
« En dehors de la confusion à l'époque du grand schisme d'Occident, aucun pape n'a renoncé depuis le 13 décembre 1294, lorsque le pape Célestin V a renoncé à sa charge après seulement cinq mois » (Loi canonique, Lettre et Esprit).
Au moment où la nouvelle a éclaté j'étais à New Delhi, en Inde. Nous avons reçu la nouvelle 20 minutes à une demi-heure après quelle fut annoncée. Le téléphone a commencé à sonner immédiatement et des chrétiens catholiques mais aussi plusieurs personnes non chrétiennes me posérent des questions. Ils voulaient tous savoir pourquoi le pape Benoît XVI avait renoncé à sa charge de pape. Peu de temps après nous avons pu suivre la conférence de presse qui se tenait au vatican, dirigée par le père F. Lombardi SJ. Il a essayé d'expliquer aussi bien qu'il le pouvait la partie juridique du renoncement. Il a aussi examiné la déclaration du pape.
Je devais quitter l'Inde le matin suivant pour Rome. Pas besoin de dire que pratiquement chaque personne que j'ai rencontrée pendant le vol avait quelque chose à dire ou des questions à poser sur l'événement. En outre, pendant le long vol j'ai parcouru quelques journaux, tous avaient une grande couverture sur le sujet, quelques uns donnaient même une histoire courte des papes du passé, spécialement ceux qui avaient renoncé pour différentes raisons. Des personnes dans l'avion m'ont demandé de prier tout particulièrement pour l'Eglise, car cela pourrait être un temps de crise pour l'Eglise.
La barque de saint Pierre a traversé de nombreuses tempêtes depuis le début ; la barque cependant n'a pas sombré ; et nous pouvons avoir l'assurance que Jésus, qui peut dormir parfois dans la barque, ne permettra pas que son Eglise périsse dans la tempête ou à cause du tumulte du monde. L'Eglise a souffert de nombreuses façons à travers les siècles. L'Eglise une, sainte, catholique et apostolique a souffert de divisions et de fractions. L'Eglise continuera à faire face à des difficultés et des épreuves, elle continuera à souffrir, mais l'Eglise du Christ, construite sur le roc de St Pierre, restera ferme, parce que l'Eglise n'est pas seulement humaine ou terrestre. Elle est humaine et divine ; elle est active mais très avide de contemplation ; elle est visible autant qu'invisible. (cf S.C. N° 1).
Notre Eglise est une Eglise priante. De la prière viennent les actions et les actes d'amour et de charité. Comme l'Eglise est à la fois divine et humaine, et que le fondateur est Jésus-Christ lui-même, elle dépasse tout pouvoir terrestre ou pouvoirs d'enfer. Ni le pouvoir de la terre ni celui de l'enfer ne domineront l'Eglise, parce que l'Eglise est le sacrement visible du Christ, l'agent du salut, la Lumen Gentium. L'Eglise rend le Christ visible à travers ses membres. Le Christ est présent en ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont nus, les sans-abri, les malades et les prisonniers (cf Mt 25, 31-46).
Nous revenons à notre question présente : pourquoi est-ce que le pape a décidé de renoncer à sa charge ; vu que tant de personnes ont demandé quelles étaient les raisons pour lesquelles le pape Benoît XVI avait décidé de renoncer.
Les raisons que je donne ici sont ma propre façon d'interpréter et de voir ma façon de voir. Vous pouvez tous avoir votre propre façon de voir et donner d'autres interprétations !
La première chose est que la loi canonique permet à un pape de renoncer à sa charge(cf 332/2). Donc ce que le saint Père le pape Benoît XVI fait n'est en rien contre la loi de l'Eglise. Il la suit non parce que la loi est là et qu'il essaye donc d'en profiter, mais il a senti qu'il peut appliquer le canon dans sa situation présente.
Deuxièmement, je crois que le saint père Benoît XVI aime l'Eglise plus que lui-même. S'il n'aimait pas réellement l'Eglise il n'aurait pas pensé à renoncer. Parce que selon lui l'Eglise est trop importante, et les problèmes de maladie ou d'âge avancé du pape ne doivent pas fragiliser l'Eglise en aucune façon.
Troisièmement, l'Eglise est une très grande institution, avec des défis, des responsabilités et des problèmes insurmontables, et le pape doit être en bonne santé physique et mentale pour faire face à tout ce qui se présente à lui. Le pape Benoît XVI sent qu'il ne peut plus faire honneur à la papauté ou au Magistère.
Quatrièmement, comme le pape est la Tête Suprême du Magistère de l'Eglise, ce qui est une tâche très sérieuse, il faut être fort et en bonne santé physique et mentale pour prendre les décisions finales. Le pape ne veut pas déléguer sa responsabilité personnelle de gouverner et de guider l'Eglise du Christ à d'autres, car il est le pape ; et s'il est le pape, il doit, lui en personne, faire ce qu'il doit comme pape, ce qu'il pense en conscience être incapable de faire.
Cinquièmement, le pape Benoît XVI ne veut pas s'accrocher à sa position, mais reconnaît humblement qu'il n'est plus possible pour lui d'être la tête de l'Eglise. Nous pouvons voir là combien il est détaché d'occuper un siège et d'avoir une position. Il est pour moi un exemple incroyable d'humilité et de détachement. Il prouve par son geste qu'il est réellement un bon berger à l'exemple du Maître qui, bien qu'il ait été dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu comme quelque chose à saisir, mais il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Je pense que le saint père Benoît XVI suit l'exemple du Pasteur Suprême. C'est la dimension christologique de sa résignation. C'est une « kenosis » réelle, un dépouillement comme Jésus se dépouilla lui-même (cf Ph 2, 6-11).
Il y a encore plus en ce qui concerne sa renonciation, à savoir que le pape laisse seulement sa position de pape en toute bonne foi ; il n'abandonne pas l'Eglise. En vérité, il va se retirer dans un monastère, où il va passer sa vie en prière, ce qui renforcera l'Eglise qui est faible. " Je souhaite aussi servir avec dévotion la sainte Eglise de dieu dans le futur par une vie consacrée à la prière "(Déclaration du 10 février 2013). Il priera pour le nouveau pape, car le pape Benoît XVI connaît les problèmes et les défis auxquels le pape doit faire face chaque jour. L'Eglise n'a pas encore eu un pape qui se retire principalement pour prier. Ses prières vont renforcer la fondation même de l'Eglise et le Magisterium. Comme il va prier beaucoup plus qu'avant, nous aussi nous le rejoignons et prions beaucoup plus pour l'Eglise, pour le nouveau pape et pour le Magistère.
Il y a tant de chrétiens qui ne prient plus. Je pense sue le saint père va consacrer un peu de son temps à prier pour ceux qui ne prient pas, ceux qui refusent de prier, et ceux qui ne peuvent pas prier.
Une raison de plus peut être pourrait être que le pape Benoît XVI aimerait continuer à écrire, et aimerait peut-être achever son autobiographie, ce qui peut être un bien réel pour l'Eglise.
En conclusion, je voudrais dire que le pape Benoît XVI a senti devant Dieu le besoin de renoncer à sa charge de pape, car il a senti que c'était la volonté de Dieu pour lui de le faire. Il n'y a pas de plus grande façon de plaire à Dieu que de faire sa très sainte volonté.
Je voudrais exprimer notre sincère gratitude au saint père et rendre grâce à Dieu pour lui au nom aussi des Missionnaires de la Charité de la bienheureuse Teresa de Calcutta et au nom des plus pauvres parmi les pauvres que nous servons ici à Rome et à travers le monde, pour son grand et édifiant exemple d'humilité, son amour de l'Eglise, son détachement vis à vis du pouvoir, de la position et des posessions, pour avoir gouverné et guidé « la barque de St Pierre » en des temps de turbulence. Bien que la mer ait été agitée et violente, le pape Benoît XVI a conduit la barque et amené l'Eglise juqu'ici.
C'est l'histoire de la grâce extraordinaire qui est toujours à l'œuvre dans l'Eglise et en tous ceux qui sont appelés à la gouverner, la diriger et la guider. La même grâce extraordinaire continuera à œuvrer à travers les humbles et les petits de Dieu aussi longtemps que l'Eglise restera la fiancée fidèle de Jésus, aimante et attentionnée, reconnaissant non seulement la présence inévitable de Jésus, son fiancé, mais faisant aussi confiance à l'œuvre du Saint Esprit. Il y a toujours de la place pour une nouvelle Pentecôte dans l'Eglise, et notre Dame continuera à être présente dans l'Eglise, à signaler encore et encore à son Fils le manque de vin : « Ils n'ont plus de vin... » et à dire au pape et au Magistère : « Faites tout ce qu'il vous dira » (cf Jn 2, 1-11).
Marie toujours Vierge, Mère de Dieu, conçue sans péché originel, élevée corps et âme au ciel, bénis notre Eglise une, sainte, catholique et apostolique, garde-la libre de toute tache de péché, rends tous ses enfants doux, purs et humbles de cœur. Continuons à aimer chaque être humain, sans distinction de caste, de couleur, de croyance ou de nationalité jusqu'à ce que nous mourions d'amour. Prions à ces intentions.
Avec mon amitié et mes prières.
Que Dieu vous bénisse
Père Sebastian Vazhakala M.C.
31.01.10
4ème Dimanche du temps ordinaire
31 janvier 2010
ANTIENNE D'OUVERTURE
Sauve-nous, Seigneur notre Dieu ; rassemble tes enfants dispersés. Nous rendrons grâce à ton saint nom, nous te bénirons dans la joie.
PRIÈRE. Accorde-nous, Seigneur, de pouvoir t'adorer sans partage, et d'avoir pour tout homme une vraie charité. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur.
Lecture du livre de Jérémie (1, 4-5, 17-19)
LE SEIGNEUR m'adressa la parole et me dit : « Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au j our, je t'ai consacré ; … Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. Parole du Seigneur.»
PSAUME 70
Sans fin je proclamerai ta victoire et ton salut
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m'as choisi dès le ventre de ma mère...
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (12, 31 à 13, 13)
FRÈRES, … J'aurais beau... me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne ma sert à rien...
Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra... ce jour-là, nous verrons face à face... Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi,
l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (4, 21-30)
Alléluia. Alléluia. De l'Orient à l'Occident, parmi toutes les nations, on reconnaîtra le salut de notre Dieu. Alléluia.
… « Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »... Puis il ajouta : « Amen je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays...
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Homélie de Dom Patrick Olive prise dans Ephata
" Personne n'aime s'entendre dire une vérité qui lui déplaît. Et lorsque le Christ se présente à ses concitoyens, ceux-ci ne veulent pas le reconnaître pour ce qu'Il est. Ils ont peur de lui et ont une réaction de défense en cherchant à le tuer. Les habitudes sont bouleversées : cet homme qu'on connaissait bien, voilà qu'Il se présente comme envoyé de Dieu ; impossible de dépasser les apparences pour le reconnaître. Ainsi en va-t-il de nos propres existences. La fréquentation de la Parole de Dieu peut la rendre banale à nos yeux habitués, lui faire perdre son tranchant. Et lorsqu'on lui laisse dévoiler toute son ampleur, nous sommes tentés de la rejeter comme irrecevable. Nous marchons ainsi entre deux abîmes et il faut découvrir peu à peu le chemin de crête ; il s'agit certes de fréquenter la Parole mais aussi de dépasser le niveau superficiel d'un contact purement matériel. Elle doit pénétrer notre cœur comme un glaive : il s'agit de se laisser interroger, purifier, transformer par elle et donc d'y reconnaître une puissance capable de nous tirer de notre médiocrité pour nous conduire à la sainteté. Les paroles de l'Écriture sont un chemin sûr qui conduit à Dieu mais on peut manquer ce chemin : laissons l'Esprit Saint éclairer notre route à la rencontre de Jésus et nous le reconnaîtrons."
Angélus du dimanche 31 janvier
Texte intégral
ROME, Dimanche 31 janvier 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la méditation prononcée ce dimanche par le pape Benoît XVI, avant la prière de l'Angélus, depuis la fenêtre de son bureau qui donne place Saint-Pierre, en présence de milliers de visiteurs, en particulier les jeunes de l'action catholique de Rome, au terme de leur « Caravane de la Paix ». Une jeune fille de leur groupe a participé à l'angélus à la gauche du pape et a libéré avec lui deux colombes au terme de la prière.
AVANT L'ANGELUS
" Chers frères et sœurs,
Dans la liturgie de ce dimanche, on lit l'une des pages les plus belles du Nouveau Testament et de toute la Bible que l'on appelle « l'hymne à la charité » de l'apôtre Paul (1 Co 12,31-13,13). Dans sa première lettre aux Corinthiens, après avoir expliqué, par l'image du corps, que les différents dons de l'Esprit Saint concourent au bien de l'unique Eglise, Paul montre la « voie » de la perfection. Celle-ci, a-t-il dit, ne consiste pas dans la possession de qualités exceptionnelles : parler des langues nouvelles, connaître tous les mystères, avoir une foi prodigieuse ou accomplir des gestes héroïques. Elle consiste en revanche dans la charité - agapè - c'est-à-dire l'amour authentique, celui que Dieu a révélé en Jésus Christ. La charité est le don « le plus grand », qui donne de la valeur à tous les autres, et cependant, « elle ne se vante pas, elle ne se gonfle pas d'orgueil », au contraire, « elle se réjouit dans la vérité » et du bien d'autrui. Qui aime vraiment « ne cherche pas son propre intérêt », « ne tient pas compte du mal reçu », « excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (cf. 1 Co 13,4-7). A la fin, lorsque nous nous rencontrerons face à face avec Dieu, tous les autres dons disparaîtront ; le seul qui demeurera pour l'éternité, c'est la charité, parce que Dieu est amour et nous serons semblables à Lui, en communion parfaite avec Lui.
Pour le moment, nous sommes en ce monde, la charité est ce qui distingue le chrétien. Elle est la synthèse de toute sa vie : de ce qu'il croit et de ce qu'il fait. C'est pour cela que, au début de mon pontificat, j'ai voulu consacrer ma première encyclique justement au thème de l'amour : « Deus caritas est ». Comme vous vous en souvenez, cette encyclique se compose de deux parties qui correspondent à deux aspects de la charité : sa signification et ensuite sa mise en œuvre pratique. L'amour est l'essence de Dieu lui-même, c'est le sens de la création et de l'histoire, c'est la lumière qui donne bonté et beauté à l'existence de tout homme. En même temps, l'amour est, pour ainsi dire, le « style » de Dieu et de l'homme croyant, c'est le comportement de qui, répondant à l'amour de Dieu, situe sa vie comme un don de soi à Dieu et au prochain. En Jésus Christ, ces deux aspects forment une unité parfaite : Il est l'Amour incarné. Cet Amour nous est révélé pleinement dans le Christ crucifié. En posant sur lui notre regard, nous pouvons confesser avec l'apôtre Jean : « Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (cf. 1 Jn 4,16 ; Encyclique « Deus caritas est », 1).
Chers amis, si nous pensons aux saints, nous reconnaissons la vérité de leurs dons spirituels, et aussi de leurs caractères humains. Mais la vie de chacun d'eux est un hymne à la charité, un cantique vivant à l'amour de Dieu ! Aujourd'hui, 31 janvier, nous rappelons en particulier saint Jean Bosco, fondateur de la famille salésienne et patron des jeunes. En cette année sacerdotale, je voudrais invoquer son intercession pour que les prêtres soient toujours plus des éducateurs et des pères pour les jeunes ; et afin qu'en faisant l'expérience de cette charité, de nombreux jeunes accueillent l'appel à donner leur vie pour le Christ et pour l'Evangile. Que Marie Auxiliatrice, modèle de charité, nous obtienne ces grâces.
APRES L'ANGELUS
Le dernier dimanche de janvier est la Journée mondiale des lépreux. On pense spontanément au père Damien de Veuster, qui donna sa vie pour ces frères et soeurs, et que j'ai proclamé saint en octobre dernier. Je confie à sa protection céleste toutes les personnes qui souffrent encore aujourd'hui malheureusement de cette maladie, de même que les agents de la santé et les bénévoles qui se oeuvrent afin que puisse exister un monde sans lèpre. Je salue en particulier l'Association italienne des amis de Raoul Follereau.
Aujourd'hui on célèbre également la deuxième Journée d'intercession pour la paix en Terre sainte. En communion avec le patriarche latin de Jérusalem et le custode de Terre sainte, je m'unis spirituellement à la prière de nombreux chrétiens du monde entier et je salue cordialement ceux qui sont rassemblés ici pour cette circonstance.
La crise économique provoque la perte de nombreux postes de travail et cette situation exige un grand sens des responsabilités de la part de tous : entrepreneurs, travailleurs, gouvernants. Je pense à quelques réalités difficiles en Italie comme par exemple Termini Imerese et Portovesme ; je m'associe par conséquent à l'appel de la Conférence épiscopale italienne qui a encouragé à faire tout ce qui est possible pour préserver et développer l'emploi, en assurant un travail digne et adéquat pour les besoins des familles.
Les garçons et filles de l'Action catholique de Rome nous apportent un message de paix. Deux d'entre eux sont ici près de moi. Je les salue, ainsi que tous les autres, qui se trouvent sur la Place, accompagnés par le cardinal vicaire, leurs familles et leurs éducateurs. Chers jeunes, je vous remercie car, avec votre « Caravane de la paix » et le symbole des colombes que nous relâcherons dans un instant, vous donnez à tous un signe d'espérance. A présent, écoutons le message que vous avez préparé.
[Lecture du message]
Puis le pape a salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu'il a dit en français :
Chers pèlerins francophones, la Parole de Dieu nous convie aujourd'hui à accueillir avec foi notre vocation chrétienne, car chacun de nous est appelé à faire fructifier les dons qu'il a reçus pour bâtir l'Église. En cette Année Sacerdotale, demandons au Seigneur que sa Parole bouscule de nombreux jeunes hommes afin qu'ils puissent entendre son appel à le suivre comme prêtre et y répondre avec générosité. Que la Vierge Marie, Mère de l'Église, soutienne tous ceux qui sont engagés dans l'humble et exaltant ministère sacerdotal ! Bon dimanche et bonne semaine à tous ! "
Le 31 janvier 2003, à 90 ans passés le « Père au lard », le père Werenfried van Straaten, fondateur de l'œuvre catholique internationale : l'Aide à l'Église en détresse (AED), nous quittait.
le Père Werenfried connaissait bien Mère Teresa et ce fut lui qui la fit connaître en Europe. Il avait fait sa connaissance en 1956 lors d’un voyage en Inde et cette rencontre lui avait fait une forte impression. Il lui rendit visite dans la « Maison des Mourants » qu’elle avait fondée à Calcutta, alla avec elle de brancard à brancard et bénit les malades l’un après l’autre. Un petit bébé qu’il venait de baptiser mourut même dans ses bras. Depuis lors, il était très proche de Mère Teresa et la soutenait activement, et Mère Teresa fut elle aussi impressionnée par le Père Werenfried....
La Bible de l’enfant est une initiative du fondateur de l’AED, le Père Werenfried van Straaten. En 1979, les Nations Unies ayant déclaré une « année de l’enfant », il distribua les premiers exemplaires à l’occasion de la rencontre des évêques sud-américains avec le pape Jean-Paul II, dans la ville mexicaine de Puebla. Le Père Werenfried se conforma ainsi à un souhait du Pape : apportez la Parole de Dieu aux plus faibles, les enfants, qui souffrent de la pauvreté et de la détresse dans de nombreux pays, et sont « si pauvres qu’ils ne peuvent s’offrir aucun livre », indiquait le père Werenfried.
Père Werenfried, Merci, priez, priez pour nous !
Saint Jean Bosco, dont c'est la fête aujourd'hui, priez, priez aussi pour nous et pour tous nos jeunes ! Merci !
18.10.09

Dimanche 18 octobre 2009
29ème dimanche du Temps ordinaire
Journée missionnaire mondiale
Saint Luc
Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l'homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 35-45
"... Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. "
MÉDITATION de Saint Augustin
Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir.
Celui qui est à la tête du peuple doit d'abord comprendre qu'il est le serviteur de tous. Qu'il ne dédaigne pas ce service, d'être ainsi le serviteur de tous ; car le Christ, Seigneur des Seigneurs, n'a pas dédaigné de se mettre à notre service. C'est un mouvement selon la chair qui avait insinué chez les diciples du Christ comme un désir de grandeur.
Mais le Seigneur médecin était là ; c'est lui qui réprime leur enflure. Il leur montre un petit enfant, l'exemple de l'humilité. Car c'est un grand mal que l'orgueil, le premier mal, l'origine de tout péché. Aussi l'apôtre recommande-t-il aux responsables d'Eglise, parmi toutes les vertus, l'humilité.
Qui veut être le plus grand parmi vous, explique-t-il, qu'il soit le serviteur.
Frères, c'est en évêque que je vous parle ; et mes avertissements me font craidre pour moi-même, me rappelant l'avis de l'apôtre : Je ne cours pas au hasard ; je réduis mon corps en servitude, afin qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois pas moi-même réprouvé. Voilà comment il a servi, voilà quels serviteurs il nous demande d'être. Jésus a donné sa vie ; Il nous a rachetés ; qui de nous peut racheter quelqu'un ? C'est par sa mort, par son sang que nous avons été rachetés de la mort. Nous étions étendus à terre et, par son humilité, nous avons été relevés ; l'apôtre Jean nous exhorte à l'imiter : Christ a donné sa vie pour nous. Et nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères !
Méditation de Mère Teresa
Notre Dame nous donne les meilleures leçons d'humilité.
Elle était pleine de grâce, pourtant elle se se proclama esclave du Seigneur.
Alors qu'elle était Mère de Dieu, elle s'en alla visiter sa cousine Élisabeth pour assumer les tâches du foyer.
Bien que conçue sans péché, elle se retrouve avec Jésus humilié, la croix sur le dos, sur le chemin du Calvaire et demeure au pied de la croix comme une pécheresse qui aurait besoin de rédemption.
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
... La Mission de l'Eglise consiste à " contaminer " d'espérance tous les peuples.
... Appelés à évangéliser y compris par le martyre
En cette Journée consacrée aux Missions, je rappelle dans la prière ceux qui ont fait de leur vie une consécration exclusive au travail d’évangélisation. Une mention particulière s’adresse à ces Eglises locales et à ces missionnaires hommes et femmes qui ont à témoigner et à répandre le Royaume de Dieu dans des situations de persécution, avec des formes d’oppression qui, vont de la discrimination sociale jusqu’à la prison, à la torture et à la mort. Ils sont nombreux ceux qui, actuellement, sont mis à mort à cause de Son Nom ». Ce qu’écrivait mon vénéré Prédécesseur le Pape Jean Paul II est toujours d’une actualité terrible : « La mémoire jubilaire nous a ouvert un spectacle surprenant, nous montrant que notre temps est particulièrement riche de témoins qui, d'une manière ou d'une autre, ont su vivre l'Évangile dans des situations d'hostilité et de persécution, souvent jusqu'à donner le témoignage suprême du sang ». (Novo Millenio Ineunte, 41)
La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de l’Evangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître. « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). L’Eglise se place sur la même voie, et subit le même sort que le Christ, parce qu’elle n’agit pas sur la base d’une logique humaine, ou en comptant sur les raisons de la force, mais en suivant la Voie de la Croix, et en se faisant, dans une obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité.
Aux Eglises antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qu’elles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqu’aux extrémités de la terre. La ‘Missio Ad Gentes’ doit être la priorité de leurs plans pastoraux.
30.09.08
