21.02.07

Mercredi des Cendres 2007
Le Carême, un temps de printemps pour nos âmes
Le mot Lent : Carême est un ancien mot pour printemps. Le temps de Carême est un temps pour nos vies personnelles d'apparition d'une nouvelle vie et de disparition des vieilles attitudes figées. C'est un temps pour défricher le sol, pour débarrasser les détritus , pour tailler. C'est un temps pour se préparer au grand événement pascal.
Le Carême c'est six semaines. Il commence avec le mercredi des Cendres en nous proposant de construire ce temps saint sur la charité (les oeuvres de miséricorde, l'aumône), la prière et la pénitence. C'est l'ordre proposé par Jésus dans l'Évangile du Mercredi des Cendres. Le temps de Carême, par conséquent, avec sa riche liturgie, se construit sur et autour de ces trois thèmes fondamentaux. Ce sont les éléments de base de la vie chrétienne, mais ils sont mis en valeur spécialement pendant le Carême.
Jésus connut ce temps de réflexion que ces quarante jours de Carême nous présentent. Jésus a fait ses nouveaux choix finaux, définitifs dans le vaste désert de silence, de solitude et de sécheresse de Judée. Il pensa à l'orientation de sa vie, à la présence du Père, à faire fidèlement la volonté de son Père, à l'utilisation de son temps, à son pouvoir et à ses dons personnels.
Remarquez, cela aurait pu être une terrible tentation pour Jésus au cours de sa vie terrestre d'utiliser son pouvoir selon sa convenance, d'abuser de ses dons et de devenir ainsi un héros mondial aux yeux des hommes...ce qu'il n'a jamais fait, même pas une fois. Jésus ne voulut être ni un héros mondial, ni un politicien; il voulut être seulement un guide religieux qui était envoyé par le Père pour nous montrer le chemin vers le ciel. « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »(Jn 3, 16-17).
Le lieu qu'il choisit était un désert aride, loin de tout et de tous; et cela aussi ne fut pas pour un jour ou deux, mais pour une longue période de quarante jours.
Le moyen qu'il choisit pour arriver à y voir vraiment clair dans ses convictions fut la prière intense, avec des sortes effrayantes de solitude et de jeûne...qui durant sa vie publique l'ont fait se briser et se donner totalement aux autres, pour satisfaire la faim et la soif du coeur, de l'esprit, de l'âme et du corps humain. Cela il put le faire seulement parce qu'il appartenait totalement à son Père, sans condition, sans limites, inconditionnellement. De cette longue retraite que fit Jésus, il sortit armé du pouvoir du Saint Esprit. En même temps il devint aussi conscient de la présence et du pouvoir apparent du démon. Satan est vraiment trompeur et faux. Ses suggestions ne peuvent jamais être une aide à la longue. « Il est le père du mensonge ». Il n'y a ni bonté ni aucune bonne foi en lui. Il est totalement mauvais. Cependant, il est extrêmement intelligent pour égarer les gens à travers ses machinations et ses supercheries insidieuses. Il peut venir à nous en ange de lumière pour nous tromper au moment opportun, quand peut-être nous sommes fatigués, découragés, affamés ou faibles dans notre corps, notre esprit et notre âme. Le démon n'a pas honte. Il continue à tourmenter les âmes faibles, étudiant très soigneusement et attentivement les points faibles, les moments et les lieux. Il connaît chacun de nous mieux que nous nous connaissons nous-mêmes.
Imaginez ce qu'il fit à Jésus dans le désert au bout de quarante jours de jeûne et de prière. Les évangiles synoptiques nous rendent compte de ce que satan a essayé de faire avec Jésus dans le désert (Mt 4, 1-11; Mc 1, 12-13; Lc 4,1-13) et sur la Croix. (Mc 15, 31-32).
Là il n'a pas pu faire avec Jésus ce qu'il a fait avec Eve dans le jardin, quand elle regardait le fruit défendu. Écoutez ce que dit le livre de la Genèse: « La femme s'aperçut que le fruit de l'arbre devait être savoureux, qu'il avait un aspect agréable et qu'il était désirable, puisqu'il donnait l'intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. » (Gn 3,6).
Par contre, nous voyons Jésus , qui fut sérieusement tenté, pas une fois mais trois fois en peu de temps, mais sans aucun succès. Cela vaut la peine de remarquer comment St Luc le présente à la fin des trois tentations, quand satan perdit complètement sa bataille contre Jésus: « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé » (Lc 4,13).
A cet égard le document « Vita Consecrata » nous exhorte, en disant: «Il est aussi nécessaire de déceler et de surmonter certaines tentations qui se présentent parfois, par ruse diabolique, sous les apparences du bien... »(Vita Consecrata 38, 3).
Le Carême est un temps de plus de:
1.SOLITUDE: la solitude du désert afin de contempler avec Marie le visage défiguré de Jésus.
2.SILENCE: « L'appel à la sainteté ne peut être entendu et suivi que dans le silence de l'adoration devant la transcendance infinie de Dieu... »(Vita Consecrata 38)
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3.RENONCEMENT: infuser dans notre Communauté et en moi l'esprit de prière, de renoncement de soi et de charité.
4.PAIX: fais de moi un canal de ta paix.
5.JOIE: là où il y a la tristesse, que j'apporte la joie.
6.ESPERANCE: là où il y a le désespoir que j'apporte l'espérance.
7.FOI: là où il y a le doute que j'apporte la foi.
8.AMOUR: là où il y a la haine que j'apporte l'amour.
9.PARDON: là où il y a le mal que j'apporte l'esprit de pardon.
10.PRIÈRE: une prière plus fervente.
11.SACRIFICE: offrir davantage de sacrifices.
12.OEUVRES DE MISÉRICORDE: oeuvres de miséricorde spirituelles et corporelles (voir Statuts §31).
13.FIDÉLITÉ: à ses devoirs d'état, tâches attribuées, etc.
14.PÉNITENCE: redécouvrir la valeur et l'importance des pratiques ascétiques traditionnelles, telles que le jeûne et l'abstinence. Ces pratiques peuvent s'effectuer doucement, assidûment et avec sérénité à l'imitation solidaire de la souffrance de Jésus, et en réparation pour nos péchés et ceux des autres et comme signe de son désir de s'identifier avec l' « homme des douleurs », comme une expression de son amour pour les membres souffrants du corps mystique de Jésus Christ: « ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l'accomplis dans ma propre chair» (Col 1, 24).
15.« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés... Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.» (cf. Jn 15,13).
16.S'arrêter davantage sur les lectures liturgiques, basées sur les trois thèmes: la prière, la pénitence et les oeuvres de miséricorde.
17.Suivre de très près et très fidèlement la liturgie de la Messe, la Liturgie des Heures, y compris l'Office des Lectures.
18.Etre de plus en plus doux, bon, se souciant et portant les épreuves de la vie. «Il vaut mieux faire des erreurs dans la bonté que faire des miracles dans la méchanceté. »( Bienheureuse Teresa M.C.)
Lisons, pendant ce temps saint, en le méditant en profondeur plusieurs fois, le passage suivant ensemble avec « Vita Consecrata » n° 82:
« Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient: la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit...les trois ne font qu'un et se donnent mutuellement la vie.
En effet, le jeûne est l'âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise...Donc, celui qui prie doit jeûner; celui qui jeûne doit avoir pitié; qu'il écoute l'homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d'entendre lorsqu'on le supplie.
Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim, s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer; celui qui veut qu'on lui donne doit donner. C'est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu'on refuse à autrui...
Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un seul patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme. »(cf. le Sermon 43 de St Pierre Chrysologue de l'Office des Lectures du mardi de la 3ème semaine de Carême).
« L'Évangile devient opérant par la charité, qui est la gloire de l'Église et le signe de sa fidélité au Seigneur. C'est ce que montre toute l'histoire de la vie consacrée, que l'on peut considérer comme une exégèse vivante de la parole de Jésus: « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40). De nombreux Instituts, surtout à l'époque moderne, sont nés précisément pour répondre à tel ou tel besoin des pauvres. Et même lorsque cette finalité n'a pas été déterminante, l'attention et l'intérêt portés aux plus démunis et exprimés par la prière, l'accueil et l'hospitalité, ont toujours été naturellement présents dans les différentes formes de vie consacrée, y compris la vie contemplative. Comment pourrait-il en être autrement, dès lors que le Christ contemplé dans la prière est Celui-là même qui vit et souffre dans les pauvres? Dans ce sens, l'histoire de la vie consacrée est riche d'exemples merveilleux et parfois géniaux. Saint Paulin de Nole, qui avait distribué ses biens aux pauvres pour se consacrer pleinement à Dieu, fit construire les cellules de son monastère au-dessus d'un hospice destiné précisément aux indigents. Il se réjouissait à la pensée de cet « échange de dons » singulier: les pauvres, assistés par lui, affermissaient par leur prière les « fondations » mêmes de sa maison, tout entière vouée à la louange de Dieu. Saint Vincent de Paul, pour sa part, aimait dire que, lorsqu'on est contraint d'interrompre la prière pour assister un pauvre dans le besoin, en réalité , on ne l'interrompt pas, parce que c'est « quitter Dieu pour Dieu ». (Vita Consecrata 82).
Le Carême est un temps d'écoute.La Parole de Dieu nous est donnée en abondance. Regardez les textes du Carême, les riches paraboles, le choix des Évangiles, les grands thèmes de la foi, de la conversion et du retour à Dieu, qui nous attend et nous aime déjà. Il nous est demandé de faire plus que juste écouter en ce temps de Carême. Il nous est demandé de faire de la Parole de Dieu un jugement sur nos vies.
Le Carême est un temps de pénitence spéciale et d'évaluation personnelle. On nous rappelle les paroles du Christ que si nous ne faisons pas pénitence nous périrons tous également: « Renoncez à vous-mêmes, prenez votre croix et suivez-moi. » (Mc 8, 34). « Il faut aussi redécouvrir les moyens de l'ascèse, caractéristiques de la tradition spirituelle de l'Église et de chaque Institut. Ils ont constitué, et ils constituent toujours, un soutien puissant pour un cheminement authentique vers la sainteté. L'ascèse, aidant à dominer et à corriger les tendances de la nature humaine blessée par le péché, est vraiment indispensable pour que la personne consacrée reste fidèle à sa vocation et suive Jésus sur le chemin de la Croix. »(Vita Consecrata 38,2).
Applications pratiques:
Essayer de sourire plus tendrement et de garder un esprit de sérénité et de joie.
Étude sérieuse de la Passion de Jésus et la contempler.
Ne jamais perdre de temps à ne rien faire. Rappelons-nous le célèbre dicton: « Le coeur de l'homme oisif est l'atelier du démon. » Ne donnons aucune occasion à notre adversaire, au démon, qui « comme un lion qui rugit, va et vient, à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi. (cf. 1 P 5, 8-9a)
« Le mérite de la croix que nous portons ne dépend pas de son poids mais de la façon dont nous la portons. »(St François de Sales).
« Vous attraperez plus de mouches avec une cuiller pleine de miel qu'avec cent barrils de vinaigre. »
« Cela est fait par ceux qui du matin au soir se soumettent joyeusement à une règle, qui s'efforcent d'être attentifs à leurs prières, et se recueillent toute la journée, qui font silence quand ils ont envie de parler, qui évitent la vue d'objets qui excitent la curiosité, qui supportent sans se plaindre le temps qui n'est pas de saison, qui montre de la bienveillance envers ceux pour lesquels ils ressentent une antipathie naturelle , qui acceptent humblement et patiemment les reproches qu'on leur fait, qui s'adaptent aux goûts, aux désirs et aux tempéraments des autres, qui supportent la contradiction sans s'irriter...faire cela, pas une seule fois en passant, mais habituellement, le faire pas simplement patiemment mais joyeusement – c'est déjà une vertu héroique et quand plus tard des situations sérieuses se présenteront, l'action héroïque ne sera pas trop difficile: car nous aurons alors la force de l'Esprit Saint. » (A. Tanquerey).
Je vous souhaite un Saint Carême rempli de Joie.
Dieu vous bénisse.
P. Sebastian Vazhakala M.C.
19.02.07

Cette lettre est une méditation sur le mot HOLY à partir des quatre lettres qui le composent
H comme Humility (Humilité)............................................Page 2
O comme Obedience (Obéissance).........................................Page 3
L comme Love (Amour)...................................................Page 4
Y comme Yearning (Désir)...............................................Page 5