12.05.23
Pâques 2023
Chers Frères et Sœurs bien-aimés dans le Seigneur Ressuscité, Alléluia ! Louez le Seigneur, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia.
Le jeudi 9 mars 2023, à cinq heures cinq du matin, 7 d'entre nous se tenaient serrés autour du tombeau de Jésus dans la basilique du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Nos sœurs M.C. de la communauté de Jérusalem sont restées très gentiment et très généreusement à l'entrée du tombeau de Jésus, nous donnant la possibilité d'être à l'intérieur, bien qu'entassés !
Alors que nous marchions dans l’obscurité de ce matin-là à plus d'un kilomètre de l'endroit où nous demeurions, mon esprit et mon cœur sont revenus à ce petit matin de ce premier jour de la semaine, alors qu'il faisait encore noir, lorsque Marie-Madeleine et Marie, la mère de Jacques, et Salomé, sont allées au tombeau pour oindre le corps de Jésus !
Nous allions célébrer la sainte messe du plus grand et unique événement dans l'histoire humaine, c'est-à-dire la glorieuse résurrection de Jésus. Ce fut une matinée très émouvante d'être au tombeau à ces premières heures du matin.
Mon esprit voyagea avec les deux disciples d'Emmaüs, qui voyagèrent avec Jésus pendant tout le chemin jusqu'à Emmaüs, conversant avec Jésus sans savoir que leur compagnon de route n'était autre que le Ressuscité en personne ! C'est lui qui à la fin a célébré la sainte messe avec eux. S'ils n'avaient pas été accueillants envers l'étranger, ils auraient manqué toute l'histoire et leurs yeux seraient restés fermés et leur espoir en Jésus se serait totalement épuisé et aurait disparu ! Comme il est important pour nous d'être accueillants envers les étrangers, qui sont Jésus sous un déguisement. Combien de fois oublions-nous les paroles de Jésus, qui a dit : « J'étais un étranger et vous m'avez accueilli… J'étais sans abri et vous m'avez accueilli ! »
Le charisme des M.C. est tellement centré sur l'accueil des étrangers et l'hébergement des sans-abri, remplissant ainsi nos maisons avec eux. Ici, je vous recommande vivement à tous de lire en la méditant, même si vous l’avez déjà lue, l'homélie du pape François du dimanche des Rameaux, du 2 avril 2023. Ce n'est pas seulement une homélie exceptionnellement inspirée et inspirante, mais aussi elle nous met au défi. Parcourons-la dans la prière si le temps le permet, examinant notre attitude et notre comportement dans notre vie quotidienne en tant que M.C. chez nous et à l'extérieur.
Jésus a ravivé dans le cœur des disciples d'Emmaüs leur zèle missionnaire, à mesure que leur foi et leur espérance dans le Ressuscité devenaient convaincantes. Ce fut une expérience de première main. Les mêmes disciples, forts de ce repas eucharistique, sont retournés cette même nuit à Jérusalem avec une grande joie, avec ferveur et enthousiasme.
Ce que le Seigneur Ressuscité a fait au tombeau vide à Marie-Madeleine, à Marie et à Salomé, ce que le Seigneur Ressuscité a fait aux apôtres à huis clos dans la chambre haute ce premier jour de la semaine, ce que le Seigneur Ressuscité a fait quelques années plus tard pour Saint Paul sur le chemin de Damas, il va le faire pour nous aujourd'hui. Tout dépend de notre état d'esprit et de notre empressement et de notre préparation à rencontrer le Seigneur Ressuscité ! !
Ici je voudrais réfléchir sur les paroles de saint Paul qui dit : « Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de la résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l'espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Ph 3, 10-11)
La connaissance que saint Paul avait de Jésus n'était pas superficielle, mais profondément personnelle et profondément intime. On pourrait facilement dire que saint Paul est vraiment tombé amoureux de Jésus, par conséquent il a pu dire : « En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage » (Ph 1, 21). Il était fou amoureux de Jésus, à tel point qu'il pouvait exhorter tous les hommes de bonne volonté et généreux : « Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?... Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l'avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 35-39).
Voilà donc la théologie vécue des apôtres, des martyrs et des saints, qui ont expérimenté le mélange paradoxal de la béatitude et de la douleur. Saint Paul voulait faire l'expérience de la puissance de la résurrection de Jésus en partageant la souffrance, la passion et la mort de Jésus lors de ce premier Vendredi Saint. « Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus » (Ac 5, 41).
Dans le dialogue de la providence Divine , Dieu le Père montre à Sainte Catherine de Sienne comment la joie et la souffrance peuvent être présentes ensemble dans les âmes saintes. « L'âme est bienheureuse et affligée : affligée à cause des péchés de son prochain, bienheureuse à cause de l'union et de l'affection de la Charité qu'elle a reçue intérieurement. Ces âmes imitent l'Agneau sans tache, mon Fils unique, qui sur la Croix a été à la fois bienheureux et affligé ».
Je m'adresse ici à vous, chers Sœurs et Frères bien-aimés, qui êtes appelés d'une manière toute particulière à vivre le même type d'expérience dans votre vie quotidienne. Sinon, nous gaspillons toute notre énergie et notre vie pour rien. Si Jésus a dû apprendre l'obéissance à travers de grands cris et des larmes, si Jésus a dû crier sur la Croix : Eloi, Eloi, lama Sabachthani, ce qui veut dire : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Nous devrons également vivre des expériences très douloureuses, mais dans la douleur, nous devons éprouver joie, tranquillité et paix. Combien nous, qui sommes pécheurs, faibles, indignes et misérables devrions souffrir, comme le bon larron a dit à l'autre voleur : « … pour nous c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » (Lc 23, 41).
Jésus n'est pas venu dans ce monde de souffrance et de douleur pour effacer ou abolir la souffrance, la douleur et les épreuves, mais il a rendu la souffrance positive. Il a montré comment nous devrions souffrir car nous savons tous que la souffrance est inévitable dans notre vie terrestre. La souffrance est un moyen nécessaire de salut. Ce n'est plus une pierre d'achoppement pour nous, mais un tremplin. Ici aussi, saint Paul vient clarifier comment nous devons voir les croix quotidiennes dans nos vies. Il dit que « la croix est une pierre d'achoppement pour les Juifs et une folie pour les Gentils ; mais pour nous, croyants et disciples du Christ, c'est la puissance et la sagesse de Dieu ».
Saint François de Sales dit que « le mérite de la croix que nous portons ne dépend pas de son poids, mais de la façon dont nous la portons ».
C'est à sainte Marthe de Béthanie, qui est allée à sa rencontre alors qu’il était en chemin vers sa maison, que Jésus a révélé pour la première fois la réalité de la résurrection. C'était la réponse de Jésus à la foi et à l'amour de Sainte Marthe envers le Maître. « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera », dit Marthe à Jésus. « Ton frère ressuscitera », lui dit Jésus. "Je sais", répondit-elle, "qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour". Ici Jésus vient avec l'un des mystères les plus importants de notre foi, qui est en réalité la pierre angulaire de notre foi, lorsqu'il parla à sainte Marthe. Ce n'était pas seulement pour Sainte Marthe, mais c'est incontournable pour tous ceux qui se disent chrétiens et disciples de Jésus. Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ». Avec Sainte Marthe de Béthanie, nous devons tous dire d'une seule voix : « Oui, Seigneur, nous croyons que tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ».
C'est la raison pour laquelle, Frères et Sœurs, nous nous sommes réunis ici ce matin pour que nous aussi, nous vivions et croyions comme Sainte Marthe et tous ceux qui ont enduré de nombreuses épreuves, difficultés et tribulations, pour l'amour de Jésus. Rappelons ici encore une fois les paroles de saint Paul citées plus haut : « Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ?
C'est le cœur de notre vocation et de notre mission de M.C., d’aider les personnes à sortir du découragement et du désespoir. Cela demande un amour invincible, qui conduit nécessairement à la souffrance, à la victimisation, aux humiliations, aux épreuves, à la fatigue et à la lassitude. Cela exige des souffrances aux trois niveaux, physique, psychologique et moral, pour sauver les âmes. Cela exige que nous soyons des victimes de l'amour de Jésus, que nous soyons recouverts de la pauvreté de la Croix de Jésus, de l'obéissance de la Croix de Jésus et de la Charité de la Croix de Jésus. Cela demande de l'endurance, de la patience et de la persévérance !
C'est le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse en lui. Alléluia, Alléluia, Alléluia ! Apprenons à souffrir avec joie (béatitude) toutes les humiliations, toutes les épreuves, toutes les diverses épreuves de la vie. Efforçons-nous de vivre en communauté, portant les fardeaux les uns des autres pour le Christ. Endurons toutes les épreuves de la vie avec paix et joie dans le Seigneur ressuscité !
Je souhaite à chacun et chacune de vous une très joyeuse et sainte fête de Pâques, qui nous prépare tous à la grande fête de la Pentecôte. Louez le Seigneur, le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Amen. Alléluia !
Que Dieu vous bénisse.
Père Sébastien Vazhakala M.C.