06.01.23
NOËL 2022
L’une des prières les plus familières priée par les catholiques croyants, vous et moi y compris, est la prière de la Mère de Dieu connue sous le nom de Cantique de Marie, le Magnificat. Elle fut priée par Marie avec Jésus dans son cœur et dans son ventre virginal, en présence de Ste Elisabeth, qui portait encore St Jean Baptiste dans son ventre. Deux des bébés à naître, ensemble avec la Mère de Dieu et les parents saints de celui qui fut choisi de toute éternité pour préparer le chemin au Messie, se sont déjà rencontrés avant leur naissance.
Dès que la servante du Seigneur accueillit le Verbe tout-puissant, d’abord dans son cœur et ensuite dans son ventre, elle se rendit en hâte vers la région montagneuse de Judée où elle salua Elisabeth qui eut une expérience de Pentecôte de joie et de paix inexprimables. Ce fut leur premier Noël ! La figure centrale fut sans doute le bébé à naître dans le ventre de Marie.
Aujourd’hui Jésus veut que tout renaisse dans les cœurs de chaque être humain, homme ou femme. C’est seulement avec la naissance de Jésus en nous que nous pouvons renaître en Esprit et en vérité et que nous pouvons expérimenter une paix profonde et une joie de Pentecôte. Sans la naissance de Jésus il n’y a ni paix ni joie ni espérance réelle et amour en nous, dans l’Eglise et dans le monde !
C’est dans ce contexte que Marie chante le « Magnificat », qui résume non seulement la spiritualité de Marie mais tout le chemin de l’Eglise vers la sainteté, qui est l’accueil de l’Emmanuel : Dieu avec nous et Dieu pour nous comme elle l’a accueilli !
Nous savons tous de l’Evangile de Luc que Jésus est né à Bethléem de Judée. Ici le cadre de la naissance de Jésus nous montre l’Eucharistie. Depuis que par le péché l’homme est devenu comme des bêtes, le Christ est couché dans la mangeoire où les animaux mangent, en leur offrant non du foin mais son propre corps comme le Pain qui donne la vie.
En plus, le mot Bethléem en hébreu veut dire « maison du pain ». Jésus qui devient le Pain de vie est né dans la maison du Pain et est couché ensuite dans une mangeoire pour devenir la nourriture et la boisson pour nos âmes desséchées et souillées. Ici nous devrions lire le «discours le Pain de vie » dans l’Evangile de Jean, chapitre 6, 35-49. Ici Jésus déclare distinctement plus d’une fois qu’il est le Pain de vie et que celui qui mange son corps et boit son sang aura la vie éternelle : « Moi je suis le Pain vivant qui est descendu du ciel… si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous… » (cf Jn 6, 52-59).
Pour nous aujourd’hui alors, il y a une double manière d’accueillir Jésus : accueillir Jésus dans le Pain de vie et l’accueillir dans nos frères et sœurs, en particulier dans nos pauvres, dans les membres de notre communauté ou de notre famille, etc…
Pour notre considération, j’ai pris les triples révolutions du Magnificat : les riches, les puissants et les orgueilleux d’une part, les pauvres, les humbles et les impuissants et les doux et humbles de cœur d’ autre part.
Les orgueilleux . Les trois catégories vont souvent ensemble : les riches matériellement vont souvent avec les puissants du monde qui presque spontanément deviennent orgueilleux. Dans le Magnificat notre Dame mentionne les trois ce qui nous invite invariablement à réfléchir, à contempler et à tirer des conclusions.
Elle commence avec les orgueilleux que Dieu a dispersés dans leur vanité. Le cantique de Marie est très clair en ce qui concerne ce que Dieu a fait ou fait avec les puissants, même maintenant ! Il a renversé les soi-disant puissants de leurs trônes et élevé les humbles. Dieu continue à le faire, même à notre époque ! Les riches, il les a renvoyés les mains vides et il continue de le faire même maintenant sauf si nous apprenons à casser et à partager !
L’humilité de Marie. L’opposé de l’orgueil c’est l’humilité. Dieu ne méprisera pas un cœur humble et contrit. Nous avons les enseignements clairs sur l’humilité dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Jésus est allé jusqu’à dire que nous devrions apprendre de lui l’humilité et la douceur. « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Jésus ne veut pas que nous soyons écrasés par le joug de nos responsabilités et de nos devoirs. Jésus nous invite à aller vers lui quand nous nous sentons fatigués de porter nos lourdes charges.
Alors il parle du joug : c’est Jésus qui met un côté du joug sur notre épaule et l’autre côté sur son épaule. Il veut que nous sachions que notre vocation M.C. est un joug que Jésus a mis sur notre épaule. Il veut que nous marchions avec lui, que nous travaillions avec lui et pour lui, tout en essayant d’apprendre la douceur et l’humilité de son cœur qui est à la fois humain et divin. L’humilité et la douceur de Jésus sont héroïques. C’est une humilité divine, une douceur divine et nous sommes censés apprendre de l’école d’humilité et de douceur de Jésus.
Les M.C. ont un Noël quotidien car on nous dit de porter Jésus avec nous. Pas étonnant que Jésus ait dit à Ste Teresa M.C. de le porter avec elle partout où elle allait. Car il a dit : « Porte-moi avec toi dans les maisons des pauvres. Je ne peux pas y aller seul ; porte-moi avec toi chez eux ». Les M.C. et les LMC sont des tabernacles vivants et ambulants à la maison, dans la rue et partout où ils sont !
Quand Marie se rendit en hâte chez sa cousine Elisabeth, elle portait Jésus avec elle dans son cœur et dans son ventre. Elle n’est pas allée chez Elisabeth pour satisfaire sa curiosité mais elle est allée avec Jésus au pays montagneux de Judée pour aimer et servir. Marie n’était plus seule mais elle était toujours et partout avec Jésus et Jésus était avec Marie.
Ste Teresa M.C. avait l’habitude de dire que Marie avait eu sa première sainte communion à l’Annonciation et qu’elle était devenue alors le premier tabernacle pour le Verbe éternel. Ste Teresa M.C. se considérait aussi comme le tabernacle de Jésus après sa messe quotidienne et sa sainte communion. Et cela est vrai aussi pour nous !
La vertu d’humilité était très évidente dans la vie de St Jean Baptiste. Sa célèbre confession était de qui il était et quelle était sa mission particulière, même quand les gens pensaient qu’il était le Messie attendu, il dit qu’il n’était pas ce qu’ils pensaient. Il alla même plus loin et confessa sans crainte qu’il n’était pas digne de dénouer la courroie des sandales de Jésus. Il dit que Jésus doit grandir, c-a-d, que Jésus doit devenir plus important, et qu’il doit diminuer, c-a-d devenir moins important. Il déclara qu’il était une voix qui crie dans la nature sauvage de Judée. Il est venu préparer le chemin pour le Seigneur. Il a aussi préparé un groupe de jeunes. Certains des apôtres de Jésus étaient les disciples de Jean Baptiste. Il a aussi préparé le chemin par son martyr. Le 29 août de chaque année nous célébrons la passion de St Jean Baptiste comme nous célébrons la Passion de notre Seigneur Jésus Christ le dimanche des Rameaux et le Vendredi Saint.
La pauvreté spirituelle.
St Paul, le grand apôtre, a dit : « Ce que je suis , je le suis par la grâce de Dieu » (1Co 15, 10). Mis d’une façon positive, nous pouvons dire comme St Paul l’a dit : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 13). Comme St Paul a enduré les extrêmes de la vie terrestre de la paix et de l’abondance aux afflictions et à la misère. La source cachée de notre force n’est pas en nous-mêmes mais dans le Seigneur Jésus. qui nous permet de tout prendre à l’intérieur et de vivre détachés du besoin de confort physique .
Les soi-disant riches et puissants, dans leur propriété et leur abondance, deviennent non seulement orgueilleux, arrogants et inabordables mais oublient que Dieu non seulement les a tous faits mais a aussi pourvu à leurs besoins. Nous ne devons permettre à aucune créature de remplacer le Créateur dans nos vies !
La gratitude de Marie. C’est ici que le cantique de Marie s’impose comme un phare de lumière dans notre vie spirituelle. Elle devient non seulement très consciente mais aussi convaincue de l’œuvre de Dieu tout-puissant dans sa vie. Ici elle voit tout en elle comme l’œuvre de Dieu. Elle devient non seulement d’autant plus convaincue et engagée à faire la volonté de Dieu, mais encore plus immensément reconnaissante envers Dieu pour le don le plus précieux et ineffable de Jésus, le Fils du Père éternel ainsi que le rédempteur et le restaurateur de toute l’humanité, envers l’œuvre de Dieu, le plan et l’action de Dieu, non seulement pour elle mais pour toute l’humanité. Ici elle vient réaliser son rôle dans l’œuvre de rédemption et elle veut que toute l’humanité non seulement sache mais se joigne à sa vie et à sa mission. « Désormais tous les âges me diront bienheureuse » et elle a donné la raison, à savoir, à cause de l’œuvre du tout-puissant en elle et avec elle, et ainsi elle chante : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ».
Dans notre vie spirituelle, dans notre apostolat, nous rejoignons alors Marie, en gardant à l’esprit son humilité, sa profonde gratitude pour sa vocation à être la Mère de Dieu, ce qui a exigé de grands sacrifices, de la souffrance et de la douleur. Une épée de chagrin perça son cœur et elle fut noyée de chagrin avec son Fils bien-aimé Jésus. Mais elle persévéra jusqu’au bout. Elle a accompagné l’Eglise pèlerine.
Le rôle rédempteur de Marie. Être la Mère de Dieu signifiait pour elle ne faire qu’un avec le Rédempteur, non seulement pour avoir un titre mais pour vivre pleinement sa vie. Désormais elle se joint très étroitement, très intimement à son Fils en sauvant le monde. En d’autres termes, elle découvre la profondeur de sa vocation, non seulement comme un honneur et un privilège mais comme un moyen et une façon d’aider son Fils dans son œuvre de rédemption. Notre vocation M.C. est presque identique à la sienne : aimer et souffrir et sauver les âmes en devenant des victimes de l’amour de Jésus.
Une fois de plus je souhaite à chacun de vous un joyeux et saint Noël et une Nouvelle Année 2023 remplie de paix.
Avec beaucoup d’amour, de prières et de gratitude.
Que Dieu vous bénisse.
Père Sébastien Vazhakala M.C.