19.01.22
Fête de St Jean l’Évangéliste 2021
Une fois de plus nous sommes dans ce temps de Noël saint et joyeux, rassemblés autour de l’ autel de Dieu. Nous venons exprimer ici notre gratitude envers Dieu non comme des branches individuelles des M.C., mais comme un Arbre M.C. avec de nombreuses branches en Jésus-Christ, comme Jésus lui-même a parlé si clairement à ce sujet : « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments ».
Merci, Jésus, pour le don de notre vocation de M.C., qui nous a amenés ensemble autour de l’autel ce matin. Nous ne pourrons jamais vous remercier assez !
Merci, Jésus, d’avoir assumé notre nature humaine faible, fragile et notre condition humaine. Vous êtes devenus comme nous en toutes choses sauf le péché. Même si vous n’avez pas partagé notre péché, vous avez pris sur vous la conséquence de nos péchés pour nous racheter. Merci, Jésus, pour votre condescendance ineffable.
Comme une règle nos rassemblements de Noël se sont tenus à Rome le 26 décembre. Cette année, le 26 décembre étant un dimanche et la fête de la Sainte Famille, nous célébrons notre Noël ensemble le « troisième jour » de Noël, qui est la fête de St Jean l’évangéliste. J’aimerais donc faire quelques réflexions sur ce grand disciple bien-aimé, que l’on connaît comme l’apôtre de l’amour et « le disciple que Jésus aimait ».
Il était l’un des trois disciples privilégiés qui appartenait au petit groupe des apôtres que Jésus a pris pour être avec lui dans les trois moments décisifs de sa vie : « Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux » (Mt 17, 1-3). Jésus dévoile sa gloire, manifestée plus tard dans sa résurrection, partagée par les anges (Mt 28, 2-3) et sa Vierge Mère au ciel (Ap 12,1).
Il y eut une autre occasion avant de ramener à la vie la fille de Jaïre. Jésus prit avec lui seulement Pierre, Jacques et Jean : « Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques » (Mc 5, 37). Ce sont les seuls apôtres que Jésus renomma : Simon devint Pierre, qui veut dire roc, tandis que Jacques et Jean furent appelés «Boanerguès », ce qui veut dire fils du tonnerre (Mc 3, 16-17).
La dernière fois que Jésus a pris ces trois fut quand il alla au jardin de Gethsémani pour demander à son Père s’il était possible d’éloigner de lui la coupe de souffrance, mais qu’il était disposé à boire la coupe amère si c’était la volonté de son Père. Au lieu d’éloigner la coupe de la souffrance, son Père envoya un ange pour le réconforter : « Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait » (Lc 22,43). Il voulait que Pierre, Jacques et Jean veillent et prient avec lui, comme ils étaient censés être ses amis intimes. Même Jésus avait et a encore des amis proches auxquels il peut demander plus de sacrifices, de loyauté, d’humilité, d’amitié pour toute la vie. Mais ils étaient faibles, il les trouva endormis. Même si leur esprit voulait, leurs corps étaient faibles (cf Mc 14,38).
Selon l’évangile de St Jean, il fut l’un des premiers qui quitta tout et tous, son bateau et le filet, son père avec les serviteurs embauchés, pour suivre le charpentier de Nazareth. Ici, selon le propre récit de Jean de l’appel des premiers apôtres, Jean et André furent les premiers disciples de Jean le Baptiste et ceux à qui Jean le Baptiste a dit comme Jésus passait près d’eux : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde… »« Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus ». (Jn 1,37).
Avant leur appel, il y a non seulement un dialogue, une interrogation, mais une invitation de la part de Jésus à venir rester avec lui. « Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi - ce qui veut dire : Maître - , où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » (Jn 1,38). Cet après-midi là fut décisive pour eux. Ils trouvèrent en Jésus ce que leurs cœurs désiraient et attendaient, et ils ne sont pas seulement restés ce soir-là mais même jusqu’à leur dernier souffle. En plus de cela, ils ont amenés à Jésus leurs propres frères, en disant : « Nous avons trouvé le Messie », à qui plus tard St Pierre dira : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68-69).
Pêcher était leur métier, leurs moyens d’existence, mais ils n’étaient pas complètement heureux ni satisfaits. Les quatre pêcheurs de Galilée : Pierre, André, Jacques et Jean avaient déjà formé un groupe, et ce groupe est devenu le groupe de départ des disciples de Jésus. Ces quatre hommes qui ont suivi Jésus furent aussi formés par Jean le Baptiste préalablement. Leur rencontre avec Jésus fut la réponse à leur recherche, à tel point qu’ils ont pu laisser tout ce qu’ils possédaient, leurs familles, leur richesse et leur carrière pour suivre presqu’aveuglément le Rabbi juif, qui venait d’une petite ville inconnue de Nazareth, avec aucune position sociale sauf qu’il était charpentier (Mc 6,3).
Jésus, aussi, avait tout laissé et maintenant commence une nouvelle révolution, une révolution de l’amour. Il devient leur Maître. Après avoir passé toute la nuit en prière sur la montagne, c-a-d après avoir consulté son Père, Jésus appela les hommes qu’il voulait, pour être avec lui et prêcher et proclamer la bonne nouvelle. (Mc 3, 13 ff.). A partir de ce moment-là ils étaient censés être avec lui et lui avec eux. Un nouveau métier leur était confié, plus de pêche avec un filet fait de coton, mais la pêche des personnes avec le filet de l’amour. L’amour, l’amour invincible devint leur filet.
Jean l’évangéliste fut un homme de contemplation, qui alla au-delà des apparences extérieures des personnes, des réalités, des évènements et des incidents. Son âme pure fut capable de pénétrer la présence et l’action de jésus qui était pour lui le Fils bien-aimé du Père éternel, qui aima tellement le monde qu’il envoya son Fils unique non pour juger le monde mais pour aimer et sauver le monde (cf Jn 3, 16-17). Il a aimé les siens il les a aimés jusqu’au bout (cf Jn 13,1).
St Jean vit Jésus non seulement comme un Rabbi exceptionnel, un enseignant et un faiseur de miracles, mais comme quelqu’un qui existait depuis toujours, qui était avec le Père, à travers lequel tout est venu à l’existence, que rien n’existait avant lui et sans lui. Il était le Verbe éternel qui s’est fait chair et a habité parmi nous (Jn 1,14). Celui qui était dans le sein du Père, qui est plein de grâce et de vérité est celui qui marcha avec le disciple bien-aimé, pria avec lui, mangea avec lui et fit des signes au milieu de lui. Mais ce n’est pas tout. Il est beaucoup plus. Selon l’Évangile de Jean il y eut un développement continu et la révélation de la personne de Jésus à travers les nombreuses rencontres personnelles, le dialogue et les longs discours.
A la femme qui est venue puiser de l’eau pour étancher la soif de son corps, il a non seulement réveillé en elle une soif spirituelle insatiable et inextinguible mais il lui a aussi révélé la réalité de lui-même comme l’eau vive pour les âmes desséchées et assoiffées, car nos cœurs demeurent sans repos jusqu’à ce qu’ils reposent en Dieu. Nos âmes demeurent assoiffées jusqu’à ce que nous apprenions à boire à la fontaine d’amour qui donne la vie. C’est à côté du puits que nous rencontrons Jésus-Christ qui révèle sa soif des âmes et qui à son tour attise dans les âmes des personnes une soif inextinguible de lui. Qui d’autre peut satisfaire la faim et la soif du cœur et de l’âme humaine si ce n’est Jésus seul !
L’eau vive seule est insuffisante, nous avons aussi besoin de pain vivant qui est pour nous Jésus Eucharistique : le Pain de la vie et le Pain pour la vie. « Je suis le Pain de la vie », a dit Jésus (Jn 6,48). St Jean a vu Jésus comme l’eau vive , il est aussi le Pain vivant (cf Jn 6,51). « Je suis la lumière du monde » a-t-il dit (Jn 8,12), en ajoutant : « Je suis le bon pasteur… » (Jn 10,11), ‘Je suis la résurrection et la vie… » (Jn 11,25), « Je suis le Chemin , la Vérité et la Vie… » (Jn 14,6) ; « Je suis la vraie vigne… » (Jn 15,1). A la fin Jésus admet devant Pilate, le gouverneur romain, qu’il est aussi le Roi des rois en utilisant de tels mots comme : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jn 18,37).
St Jean eut la transition depuis le travail de pêcheur, qui à la fin laissa un vide en lui. Il s’est accompli quand il a compris non seulement l’œuvre de Jésus et ses paroles mais la personne. Plus il a vécu avec Jésus, plus il a voulu vivre avec lui ; plus il a aimé Jésus, plus il a voulu l’aimer et se sentir aimé par lui.
Jean et son frère Jacques étaient matérialistes et des hommes ambitieux. Ils avaient l’ambition du pouvoir, de la richesse et de la position sociale. Jésus n’a pas neutralisé leurs ambitions mais il a conduit leurs ambitions de l’amour de la position politique, du pouvoir et des possessions matérielles à la possession de Jésus pleinement et pour la vie. Il s’est rendu compte que toute personne, à part Jésus, ne vaut rien, et que aimer comme Jésus a aimé, c-a-d donner sa vie pour son prochain, est la seule chose de valeur : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). St Jean s’est rendu compte que sa vie avec Jésus, sa vie pour Jésus, sa vie en Jésus, comme la vigne et less sarments, est un moyen de produire du fruit en abondance.
Il voulut et veut encore que nous lisions son Évangile et tous les autres écrits doivent nous aider à tomber amoureux de Jésus comme lui. Il veut que nous croyons en Jésus comme il a cru en lui ; il veut que nous aimions Jésus comme il l’a aimé et comme maintenant, les disciples de Jésus le font en aimant et servant Jésus dans leur prochain. Comment pouvez-vous dire que vous aimez Dieu que vous ne voyez pas quand vous n’aimez pas votre prochain que vous voyez (cf 1Jn 4, 19-21).
Jacques et Jean ont dû être des caractères violents et explosifs avec des tempéraments rapides, des caractères intolérants avec des voix prêtes à tonner la dénonciation et la condamnation. Et cependant Jésus avec son amour inconditionnel et sa compréhension et son acceptation sans limites, a aimé ces personnes, en les éduquant à dépasser leurs faiblesses. Le charpentier de Galilée a su non seulement transformer des arbres bruts en portes et meubles mais transformer un caractère au cœur dur et violent, ambitieux et explosif en disciple que Jésus aimait, Jean le disciple bien-aimé, l’apôtre et l’évangéliste.
Avec toutes mes amitiés et mes prières et joyeux et saint Noël à chacun d’entre vous.
Que cette célébration eucharistique nous aide à nous aider les uns les autres et à grandir en sainteté et à persévérer dans le don, le mystère et le miracle de notre vocation de M.C.. A cette fin offrons davantage de sacrifices et prions avec davantage de ferveur avec des cœurs joyeux.
Que Dieu vous bénisse et vous récompense tous.
Père Sébastien M.C.