17.10.18
5 septembre 2018
Introduction aux vœux perpétuels des frères à Nazareth
Aujourd'hui c’est la fête de Ste Teresa de Calcutta. C'est aussi la journée mondiale des pauvres. La vie de Ste Teresa de Calcutta est inséparable de la vie des plus pauvres des pauvres ; car elle servait les pauvres sans distinction de couleur, de religion ou de nationalité. Tous sont les enfants du même Dieu et Père. Il est impossible de célébrer la fête de Ste Teresa de Calcutta sans se souvenir des pauvres car ils sont inséparables de la vie de la sainte des caniveaux et de la mère des pauvres.
Il est juste qu’en ce jour, trois de ses enfants, après une longue préparation spirituelle depuis plus de neuf ans, aient décidé de se consacrer exclusivement aux plus pauvres des pauvres. Ils le font par la profession des vœux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et du quatrième vœu de donner un service gratuit et de tout cœur aux plus pauvres des pauvres selon les constitutions et le Chemin de vie des Frères Missionnaires de la Charité Contemplatifs (MCBC en anglais). .
Les trois frères sont:
Fr. Ricardo Visbal Montoya M.C., originaire de Colombie, en Amérique du Sud. Fr. Ricardo M.C. a une longue histoire et une histoire de comment le bon Dieu l'a amené jusqu'ici. Il a commencé sa carrière comme agent de bord dans l’aviation et s'est finalement installé aux États-Unis, où il a travaillé pendant de nombreuses années dans la construction de maisons et autres constructions. Dieu avait d'autres projets meilleurs pour lui qu'il a réalisés d'une manière très difficile et exigeante. Plus nous montrons de résistance à la volonté de Dieu, plus nous traversons des souffrances et des difficultés. La bataille fut entre Dieu et Mr. Ricardo Visbal Montoya. Dieu à la fin l’a gagnée, comme nous allons le voir dans la célébration. Fr. Ricardo MC pourrait dire avec saint Augustin : « Je t'ai aimé tard, ô beauté toujours ancienne, toujours nouvelle, tard je t'ai aimée !» Il nous demande de continuer à prier pour sa croissance dans la sainteté et sa sainte persévérance dans cet Institut religieux des Missionnaires de la Charité jusqu'à la mort.
Fr. Dominic Savio D’Souza, M.C. bien que né et éduqué en Inde, est actuellement citoyen canadien. En fait, il travaillait au Canada quand il a entendu l’appel de Dieu. Avec courage et humilité, comme l'apôtre Matthieu, il a également tout quitté et suivi Jésus à travers les Frères Missionnaires de la Charité Contemplatifs pour offrir un service gratuit et de tout cœur aux plus pauvres des pauvres. Fr. Dominic Savio M.C. demande les prières de tous pour sa croissance continue dans la sainteté et pour sa sainte persévérance dans ce chemin de vie des frères contemplatifs M.C. (MCBC en anglais)
Fr. Paolo, M.C. est originaire de la terre d'Albanie. Bien que Ste Teresa de Calcutta ne soit pas née en Albanie, elle était de parents albanais qui vivaient à Skopje, en Macédoine. Donc, par le sang, elle était albanaise. Fr. Paolo, M.C. a reçu baptême, la première communion et la confirmation à Rome, en Italie, après avoir été dûment préparé. Il ne pouvait recevoir ces sacrements et pratiquer sa foi dans son pays natal, l'Albanie, en raison du régime communiste sévère qui, en vertu de la loi, interdisait toute pratique de la foi ou de toute profession religieuse.
Comme beaucoup d'albanais, Fr. Paolo, M.C. est également venu en Italie via la Grèce,en risquant sa vie. La grâce de Dieu travaillait en lui. Il a trouvé le vrai sens de sa vie et a essayé le mode de vie de notre Société. Lui aussi demande la prière de tous pour sa croissance continue dans la sainteté et la sainte persévérance.
Tout en remerciant le bon Dieu de leur avoir donné courage et humilité, conviction et engagement, nous les félicitons tous les trois pour leur réponse inconditionnelle à l'appel de Dieu. Nous prions pour qu'ils continuent à répondre à l'appel de Dieu généreusement, avec persévérance et dans la prière, tous les jours de leur vie. Que le bon Dieu les bénisse et les récompense en abondance.
Dieu vous bénisse
Père Sebastian Vazhakala m.c. strong>5 septembre 2018
Chers frères et sœurs bien aimés en Jésus, Marie et Joseph,
Merci beaucoup pour toutes vos prières ferventes, vos sacrifices généreux et vos saintes messes offertes pour les frères Ricardo M.C., Dominic Savio M.C., et Paolo M.C. qui professèrent leurs vœux pour la vie le mercredi 5 septembre 2018 dans la Basilique de l’Annonciation à Nazareth, en Israël. Tous les participants sentirent la présence indéniable et la proximité de Dieu. Au plus profond de chacun il y eut une joie et une paix ressenties qui émanèrent de la célébration de l’Eucharistie présidée par son Excellence Mgr Pierbattista Pizzaballa OFM, Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Hanna Kildani, le Vicaire patriarcal pour Israël, le père Bruno Varriano OFM, le gardien et le recteur de la communauté franciscaine de Nazareth et de la Basilique de l’Annonciation.
Avec eux il y avait plus de quinze autres prêtres concélébrants, de nombreux religieux et religieuses, des associés laïcs, des coopérateurs, des volontaires et des bienfaiteurs. Notre père Général, le père Sébastien M.C. et frère Jean Marie M.C. re,présentaient notre Société des frères MC contemplatifs sur l’autel. Mlle Gianna LMC, Mlle Noriko Uno LMC du Japon en formation, et Mr Jose Marie Banus d’Espagne représentaient le Mouvement LMC. Tous les trois venaient de notre maison Casa Serena à Rome.
Frère Jean Marie M.C., le supérieur de Beit Assalam et le Tertien en charge, adressa les paroles de bienvenue à toutes les personnes présentes. Il proclama aussi l’Évangile. Frère Luc M.C. s’occupa de la procession de l’offertoire tandis que frère Vimal John M.C. s’assura que tout était prêt pour la célébration eucharistique et pour la célébration de vœux.
Nos sincères remerciements vont à la communauté franciscaine de Nazareth qui a pris réellement une part très active à la célébration liturgique. Son Excellence, Mgr Pierbattista Pizzabala, OFM, le père Hanna Kildani, le père Bruno Varianno, OFM, et d’autres personnes se sont joints aux frères pour leur repas fraternel.
Il n’est pas besoin de dire que les cœurs de chaque personne présente et en particulier de nos trois frères, étaient remplis de joie et de gratitude envers Dieu pour le don de Ste Teresa de Calcutta à l’Église, au monde des plus pauvres des pauvres et nous pourrions dire à toute l’humanité. Nous sommes appelés à œuvrer non seulement pour les personnes pauvres matériellement mais pour toutes celles qui vivent dans le désespoir et dans l’ombre de la mort, toutes celles qui sont indifférentes à Dieu aussi.
Il y a davantage d’effort de fait dans le monde pour améliorer les conditions de vie des pauvres partout. Il y a aujourd’hui un besoin ressenti de prendre plus d’initiatives, de faire plus d’efforts pour améliorer la pauvreté spirituelle des pauvres. A Oslo, le lundi 10 décembre 1979, quand Ste Teresa de Calcutta fut récompensée par le prestigieux Prix Nobel de la Paix, elle exprima son sentiment en termes forts et clairs : « Nos personnes à Calcutta ne sont pas pauvres, parce qu’elles croient en Dieu, même si elles sont très pauvres matériellement. Elles professent leur foi, elles élèvent leurs cœurs, leurs yeux et leurs mains vers Dieu dans leur pauvreté et leur misère. Elles crient vers Celui qui est leur Dieu, parce que Dieu entend le cri des pauvres. Les personnes réellement pauvres sont celles qui ne croient pas en Dieu, celles qui n’invoquent pas le nom de Dieu et ne le prient pas ». Les personnes réellement pauvres sont celles qui ne croient pas en Dieu.
Ste Teresa de Calcutta fut accusée de trop gâter les pauvres en leur donnant les choses gratuitement et de tout cœur. Elle avait l’habitude de dire : « C’est vrai, nous gâtons les pauvres en leur donnant les choses gratuitement. En réalité c’est Dieu qui nous donne tout gratuitement. C’est Dieu qui nous gâte et qui gâte nos pauvres. Il y a beaucoup de Congrégations qui gâtent les riches, qu’il y ait une Congrégation pour gâter les pauvres ». Les Missionnaires de la Charité ne sont pas appelés à prendre soin des pauvres, mais des plus pauvres des pauvres, des plus faibles, des derniers des derniers, de ceux qui n’ont absolument rien ni personne, de ceux qui n’ont pas de force ni d’aptitude à prendre soin d’eux, les orphelins handicapés physiques et mentaux qui sont considérés comme inutiles parce qu’ils ne sont pas capables de produire quelque chose, et pourtant ils sont aussi les enfants de Dieu. Ils possèdent tous une âme immortelle, comme toute personne normale. Nous devons être les gardiens de nos frères.
Aujourd’hui la plus grande maladie ce n’est pas la lèpre ni le SIDA ni Ebola, mais le sentiment de ne pas être voulu, ni aimé, l’indifférence terrible envers les pauvres, les malades et les personnes âgées. Le monde est devenu une grande maison pour les abandonnés et les oubliés. De nombreuses maisons pour les personnes âgées sont devenues des maisons pour les indigents mourants. Dieu entend leur cri.
Je me souviens que le samedi 6 septembre 1997, à 5h30 du matin, une équipe de journalistes m’a demandé à la porte d’un couvent des sœurs M.C. à Rome où j’allais célébrer la sainte Messe : « Mère Teresa est morte et maintenant que va-t-il arriver aux Missionnaires de la Charité ? » Je leur ai dit : « C’est vrai, Mère Teresa est morte la nuit dernière, mais Dieu n’est pas mort. Elle est allée à la maison, à Dieu pour aimer davantage les plus pauvres des pauvres, ce qu’elle a fait jusqu’à hier avec toutes les forces et les fibres de son être. Ni son amour pour Jésus ni son amour pour les pauvres ne sont morts. Maintenant, du ciel, elle peut aider ceux et celles qui aident et servent les pauvres plus qu’elle le faisait quand elle était avec nous ». En effet elle avait l’habitude de dire que lorsqu’elle irait à la maison, à Dieu, elle pourrait nous aider beaucoup mieux. Elle est devenue plus puissante que jamais. Son amour pour les pauvres est devenu plus fort et meilleur. Elle est morte, mais ses actes d’amour ne sont pas morts.
Aujourd’hui dans chaque coin du monde, avec les Missionnaires de la Charité, des prières de louange et d’action de grâce sont offertes à Dieu par les plus pauvres des pauvres, sans distinction de caste, de couleur, de religion ou de nationalité. Aujourd’hui les pauvres doivent sentir qu’ils sont importants, eux aussi, qu’ils ont une place dans la société humaine, que leur statut bas ne réduit pas leur dignité ; ils sont aussi les enfants de Dieu comme les riches et les personnes influentes. Une personne est plus importante pour ce qu’elle est que pour ce qu’elle a.
La fête d’aujourd’hui de Ste Teresa de Calcutta nous enseigne que nous devons apprendre à nouveau à aimer les personnes avec l’amour de Jésus, à aimer les personnes sans condition et sans les juger. L’amour véritable est inconquérable mais capable de tout conquérir.
L’amour est une école. Nous apprenons chaque jour en étant et en vivant. Petit à petit nous comprenons que nous vivons pour aimer.
De nombreuses personnes de Nazareth, y compris des prêtres qui ont connu les frères, m’ont demandé de les garder à Nazareth. Ma réponse à tous fut l’exemple de la Vierge de Nazareth qui alla avec Jésus en elle à la région montagneuse de Judée visiter sa cousine Élisabeth qui avait besoin de son aide. Pas seulement cela ; Marie n’y alla pas seule. Elle porta Jésus dans son cœur et dans son ventre et se précipita chez sa cousine pour partager la bonne nouvelle et pour l’aider dans son besoin. Elle resta avec Élisabeth environ trois mois (cf Lc 1, 56)
L’esprit de Nazareth est très spécial. C’est l’esprit de la Sainte Famille. Il est facile à sentir et à expérimenter. Les personnes ne viennent pas seulement pour aider les frères dans le travail dans leur besoin, mais elles viennent encore plus pour partager, en particulier dans l’adoration eucharistique jour et nuit, jusqu’à minuit. Jésus, Marie et Joseph sont encore très vivants et actifs à Nazareth !
Nazareth est une école. C’est une école où nous pouvons apprendre non seulement le besoin, mais aussi l’importance du silence, où nous pouvons apprendre à méditer avec compréhension la Parole de Dieu.
Cela vaut la peine de rappeler les paroles du Pape Paul VI qui visita Nazareth le dimanche 5 janvier 1964 :
« Nazareth est une sorte d’école où nous pouvons commencer à découvrir ce qu’était la vie du Christ et même à comprendre son Évangile. Ici nous pouvons apprendre l’importance de la discipline spirituelle pour tous ceux qui désirent suivre le Christ et vivre les enseignements de son Évangile.
Nazareth nous enseigne l’importance du silence profond et positif. Si seulement nous pouvions une fois encore apprécier sa grande valeur. Le silence de Nazareth devrait nous apprendre comment méditer en paix et dans la quiétude, à réfléchir sur le profondément spirituel, et à être ouverts à la voix de la sagesse intérieure de Dieu. Nazareth peut nous enseigner la valeur de l’étude et des préparations, de la méditation, de la vie spirituelle personnelle bien ordonnée, et de la prière silencieuse qui est connue seulement de Dieu.
Nazareth représente le modèle de ce que la famille devrait être. Elle nous montre le caractère sacré et durable de la famille et donne l’exemple de sa fonction basique dans la société : une communauté d’amour et de partage, le cadre parfait pour élever des enfants.
Nazareth nous enseigne la valeur du travail et sa dignité ; comment nous devons travailler dur pour la gloire de Dieu et l’expansion de son Royaume.
« Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3,17).
Nous comprenons réellement pourquoi on récite la prière de l’Angélus trois fois par jour et pourquoi les cloches de l’Église sonnent à l’aube, à midi et le soir. On dit que Notre-Dame s’est endormie (la Dormition de Marie) dans le Seigneur à 72 ans. La cloche de l’Église sonne 72 fois par jour, vingt quatre coups à chaque fois. Il y a une vieille habitude de prier l’Angélus trois fois par jour dans les familles, dans les communautés religieuses et dans les églises !. C’est ici que Notre-Dame s’est abandonnée sans condition, totalement et dans la prière à la volonté divine, sans hésitation. C’est ici que le Saint Esprit est descendu sur elle et que la puissance du Très-Haut l’a prise sous son ombre (cf Lc 1, 35). C’est ici qu’elle a dit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole ». C’est ici que le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. C’est ici qu’à la fin de la sainte Messe, le 5 septembre 2018, l’évêque, les prêtres et les personnes présentes, ensemble, avec les nouveaux frères profès, allèrent à la grotte de l’Annonciation et placèrent la formule des vœux à l’emplacement exact où le Verbe s’est fait chair, comme cela est écrit sous l’autel : « Le Verbe s’est fait chair ici ». Nos trois frères et l’évêque, avec nous tous, nous avons prié l’Angélus une fois encore et renouveler notre foi, notre espérance et notre charité avec la Vierge de Nazareth là où elle prononça les paroles à l’Ange.
Mes frères et sœurs, s’il vous plaît, ne vous sentez pas mal, car nous vous avons tous portés dans nos cœurs et nous vous avons placés sur l’autel, avec les membres de vos familles, vos communautés, nos pauvres et vos intentions multiples. Vous n’avez pas été oubliés, nous nous sommes souvenus de vous dans chaque lieu saint où nous sommes allés.
En me rendant à Nazareth je me suis rendu compte que Notre-Dame continue d’apparaître aux petits dans les lieux éloignés du monde, son cœur maternel continue de fondre de miséricorde et de compassion non seulement pour tous ceux qui viennent visiter Nazareth par milliers chaque jour, mais encore plus pour ceux qui ne peuvent pas venir pour des raisons variées. Elle se rend en hâte, même aujourd’hui, aux régions montagneuses du monde, non seulement à des lieux comme Lourdes, Fatima, Calcutta, Kibeho (Rwanda), mais aussi à d’autres lieux peut-être moins connus pour la plupart d’entre nous, pour être notre Mère de Miséricorde.
Le message est toujours le même que celui qu’elle a dit à ceux qui servaient à Cana, en Galilée : « Tout ce qu’il (Jésus) vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Notre-Dame a dit aux serviteurs de suivre l’ordre de Jésus. Elle confie les ouvriers à Jésus. Jésus ne refusa jamais rien à sa mère, parce qu’il savait qu’elle voulait seulement, comme lui, faire la volonté de Dieu. Quand Jésus voit en nous que nous n’avons d’autre désir que d’accomplir aussi parfaitement que nous pouvons la volonté divine, il ne refusera pas notre demande faite dans l’humilité et la confiance. Bénis sont ceux qui ont confiance dans les paroles de Jésus comme Notre-Dame.
Continuons à offrir plus de sacrifices, sourions plus tendrement et prions avec plus de ferveur afin que le monde puisse être sauvé à travers nous tous par Jésus, notre Sauveur.
Frère Ramon M.C. et père Sébastien M.C. seront en mission au Ghana et au Nigéria du mercredi 26 septembre au samedi 13 octobre 2018. S’il vous plaît, souvenez-vous dans vos prières de nos frères et de nos communautés, de nos pauvres, en particulier des garçons et des hommes handicapés, de nos LMC et de nos coopérateurs.
Avec des salutations de prières
Merci et que Dieu vous bénisse.
Père Sébastien Vazhakala m.c.