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18.02.18

French (FR)   Carême et Pâques 7 février 2018  -  Categories: Père Sebastien  -  @ 20:25:31

7 février 2018

Carême et Pâques, un temps favorable pour notre vie spirituelle

Nous sommes sur le point de commencer le temps de Carême, qui nous amènera au Triduum pascal du Jeudi Saint, du Vendredi Saint et du Dimanche de Pâques, l’apogée et l’aboutissement de ce temps.

Le Carême se compose de six semaines. En anglais le mot Carême peut aussi vouloir dire printemps. Il signifie le printemps pour nos esprits abattus, notre âme paresseuse, lasse et fatiguée par les exigences de la vie.

Selon l’évangile du Mercredi des Cendres, Jésus veut que nous sachions comment vivre notre Carême, en priant la même prière mais avec plus de ferveur, en faisant plus attention aux paroles de la prière, en les gardant précieusement dans nos cœurs et en les méditant comme notre Dame.

Comme la Croix est inséparable de la vie des chrétiens, les paroles et l’exemple de Jésus nous exhortent et nous enseignent que nous devons faire des sacrifices et faire pénitence avec joie et paix. «  Tout fidèle, chacun à sa manière, est tenu par la loi divine à faire pénitence ; pour une pratique commune de la pénitence, l’Église a fixé des jours où les fidèles se consacreront plus spécialement à la prière, aux œuvres de piété et de charité, au renoncement de soi, par l’accomplissement plus fidèle de leurs obligations et surtout en observant le jeûne et l’abstinence » (Canon 1249).

« Les jours et temps de pénitence sont, pour l’Église universelle : tous les vendredis de l’année et le temps du Carême » (Canon 1250).

Vivre en communauté, vivre en famille, vivre avec d’autres peut devenir, parfois, une pénitence réelle aussi. Le mérite de la croix que nous portons, les tracasseries de notre vie quotidienne ne dépendent pas de leur poids, mais de la façon dont nous les supportons. St François de Sales surmonta une de ses faiblesses à travers beaucoup d’humiliation et par des efforts acharnés et constants. Essayons de faire de notre mieux pour utiliser les nombreuses opportunités que nous avons dans notre vie quotidienne pour être comme le Christ dans notre attitude envers ceux qui nous aiment ou ceux qui ne nous aiment pas, qui nous haïssent même, ou nous insultent et nous offensent par des paroles et des actions.

Jésus parla d’aumône, que nous appelons œuvres de miséricorde. Pour nous c’est notre charisme, par lequel nous sommes liés par un vœu au service gratuit et de tout cœur des plus pauvres des pauvres. L’intention de Jésus en appelant Ste Teresa de Calcutta fut très clair. Jésus ne l’a pas appelée pour prendre soin des riches et des gens aisés, pour commencer de grandes écoles et des universités, mais pour prendre soin des plus négligés. Elle a répété sans cesse qu’elle voulait ceux qui ne sont pas voulus, aimer ceux qui ne sont pas aimés, se souvenir de ceux qui sont oubliés, consoler ceux qui sont bouleversés et tristes, donner de l’espoir à ceux qui vivent dans le désespoir et l’ombre de la mort, apporter de la joie à ceux qui sont tristes.

Pour nous M.C. et pour la famille M.C. le quatrième vœu de service gratuit et de tout cœur est valable en tout temps. Il n’est pas limité par le temps et par l’espace. Ce vœu peut se pratiquer partout où nous sommes et où nous allons, car on peut trouver des pauvres dans toutes les parties du monde. En plus, notre Mère l’Église est celle des pauvres et pour les pauvres. N’oublions pas que la richesse matérielle, la prospérité et l’argent en eux-mêmes ne rendent pas une personne riche, heureuse et en paix. La richesse réelle et notre patrimoine durable sont notre Dieu qui nous a créés, à qui nous appartenons. Ste Teresa de Calcutta a dit à Oslo, quand elle a reçu le prestigieux Prix Nobel de la paix : «  Nos pauvres en Inde ne sont pas pauvres, parce qu’ils ont Dieu ; vos pauvres sont pauvres, parce qu’ils ne croient pas en Dieu ». Cela semble violent et brutal, spécialement la façon dont elle l’a exprimé. Nous sommes de plus en plus appauvris, parce que nous nous éloignons de Dieu et que nous essayons de trouver le bonheur et le plaisir dans les choses éphémères. Combien de temps cela durera-t-il ? Je me le demande !

Le pape Benoît XVI a dit une fois : Si vous éliminez Dieu de votre vie, qu’y-a-t-il à espérer dans le monde, à quoi cela sert de vivre ? L’humanité entrera dans le vide, dans un monde utopique. Sans Dieu, l’homme passera de l’espoir au désespoir, de l’amour à la haine, de la joie à la tristesse, de l‘immortalité à la mort éternelle. Ce qui lui reste c’est un désespoir total. Il n’est pas étonnant, alors, qu’il y ait autant de suicides chaque jour. Cela continuera à augmenter à moins que nous nous tournions vers Dieu, notre espoir et notre refuge, notre force et notre forteresse.

L’indifférence envers Dieu, envers sa présence et son action dans nos vies et dans le monde sont pire que le cancer. Comment un être humain avec sa propre raison et son intelligence peut ignorer celui qui a fait toutes choses, visibles et invisibles, y compris lui-même. C’est comme un enfant qui dirait un beau matin à ses parents : « Je suis venu à l’existence par moi-même. Je n’ai pas besoin de vous. Cela m’est égal que vous existiez ou pas ». Les parents peuvent, avec grande consternation, essayer de convaincre l’enfant de sa stupidité et de son ignorance. Ils peuvent même penser que l’enfant a perdu l’esprit.

Comment toutes les belles choses qui nous entourent peuvent exister sans un architecte ? Nous avons l’architecte divin qui a conçu toutes les choses et les a placées chacune à leur propre place. Un des médecins m’a dit : «  Père, comment un être humain peut nier Dieu tandis qu’il continue à profiter du fruit de l’œuvre de Dieu ? » L’autre jour tandis que je circulais à Rome avec un architecte, il m’a montré un beau bâtiment. Il était très fier de dire que c’était lui qui l’avait dessiné et qui avait dirigé les travaux. Combien davantage notre architecte divin doit être fier de sa belle création ! Parmi toutes les choses qu’il a créées, les êtres humains sont une des plus belles créations de Dieu. L’être humain a le pouvoir d’accepter ou de nier. Il est capable d’ignorer la présence de Dieu à son propre désavantage.

Le temps de Carême nous amène aux grands évènements de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. C’est l’événement de la résurrection qui a fait toute la différence pour toute la création. La résurrection de Jésus a apporté la lumière de l’espérance et de la joie.

Les quatre évangiles ont le dernier chapitre consacré à la résurrection de Jésus. L’évangile de St Jean a deux chapitres consacrés à la résurrection et à l’apparition de Jésus. Le livre des Actes des Apôtres est un autre livre qui est une preuve très claire de la résurrection de Jésus, en plus de l’accomplissement de la descente promise du Saint Esprit sur Notre Dame, sur les apôtres et sur tout le peuple de Dieu.

Un des chapitres les plus longs dans la première lettre de St Paul est le chapitre qui parle de la résurrection de Jésus (cf 1Co 15, 1-58). Pour St Paul, la résurrection de Jésus était la pierre angulaire de notre foi. Le christianisme est la seule religion qui proclame la résurrection de son fondateur. Notre foi aurait été futile et vaine si Jésus n’était pas ressuscité des morts le troisième jour comme les quatre évangiles le témoignent. «  Nous sommes un peuple de Pâques et alléluia est notre chant », dit St Augustin d’Hippone.

Le monde d’aujourd’hui se comporte avec Dieu de façon pire que l’enfant. Nous disons à notre Père : «  Je n’ai pas besoin de toi. Reste où tu es ; laisse-nous seuls. Nous pouvons très bien nous débrouiller sans toi ». Nous faisons face à une atrocité après l’autre comme conséquence de la négation de la vérité de nos origines et de notre grand patrimoine. Dans la dernière analyse, celui qui ignore Dieu et lui est indifférent souffrira terriblement car il ne peut même pas respirer sans l’aide de Dieu. Le même mot en italien pour Dieu est « D-io ». Nous pouvons analyser ce mot, ces trois lettres qui sont utilisées pour le Tout-Puissant, le créateur de l’univers, « Dio ». Nous voyons l’inséparabilité de Dieu et de l’homme. « Io » en italien signifie Je (Moi). En d’autres mots, je n’ai pas mon « io », mon « Je (Moi) », sans le « D », qui représente Dieu. Mon identité est en Dieu. Je suis perdu en Dieu, absorbé par Dieu dans l’amour et pour l’amour. Cela vaut la peine de réfléchir sur ce mot italien « D-io » égal à Dieu. Dieu et moi. Ce n’est pas moi et Dieu, mais Dieu et moi. Cela aussi est important. La belle prière en grec, utilisée principalement le Vendredi Saint, peut se prier et se répéter chaque jour :
Hagios 0 Theos, 0 Dieu Saint,
HAGIOS Ischyros, Saint et fort,
Hagios Athanatos, eleison himas, Saint et immortel,
prends pitié de nous.

Cette prière contient la vérité éternelle : «  Dieu Saint, saint et fort, Dieu immortel, prends pitié de nous ».

Le temps de Carême nous rappelle le grand amour de Dieu. St Jean, l’évangéliste écrit :
« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (3,16). St Jean continue : «  Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé »
(3, 17). Comment a-t-il fait cela ? En donnant sa vie sur la croix. Nous voyons pendant le temps de Carême que Jésus nous a réellement aimés jusqu’au bout. «  Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (cf Jean 13, 1).

Comment aima-t-il les siens jusqu’au bout ? La réponse peut se trouver dans les jours les plus saints de tous les jours de l’année pour les catholiques pratiquants : le Jeudi Saint, le Vendredi Saint, le Samedi Saint et le Dimanche de Pâques. Ces jours continuent d’annoncer la bonne nouvelle que Dieu a non seulement tellement aimé le monde, mais qu’il continue à aimer le monde à travers l’Église, à travers tant de saints et de martyrs, même en notre propre temps. Il continue à aimer le monde à travers vous et à travers moi. Nous devons être les gardiens les uns des autres. Nous ne pouvons pas dire comme Caïn a dit à Dieu : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? (cf Gn 4, 9).

C’est là que le temps de Carême et de Pâques ont un sens pour nous. Ces deux temps sont les deux côtés de la même pièce de monnaie. La première met l’accent sur l’aspect de la prière, de la pénitence et des œuvres de miséricorde, qui rendent notre foi de plus en plus forte, tandis que la deuxième donne la raison pour laquelle nous devrions prier, faire pénitence et aider ceux qui sont dans le besoin. C’est l’évènement de Pâques qui transforme toute notre vie et nos actions, en leur donnant du sens. Cela nous donne une espérance immense.

Le développement et l’expansion du christianisme ont dépendu de l’événement de la résurrection, qui est très unique et sans précédent à notre religion. Plus nous croyons en la résurrection de Jésus, plus nous devenons heureux et joyeux. Il est impossible d’imaginer comment l’Église primitive a enduré tant d’épreuves, comment l’Église a pu prendre la gloire dans les vies héroïques de tant de martyrs et de saints à travers les siècles jusqu’à ce jour sans croire fermement en la résurrection de Jésus.

Revenant au temps de Carême, j’aimerais recommander de lire en priant vraiment le livre du prophète Isaïe, chapitre 52, 13 à 53 ( la première semaine de Carême)

L’Évangile de Matthieu, chapitre 26 et 27 - semaine II

L’Évangile de Marc, chapitre 14 et 15 - semaine III

L’Évangile de Luc, chapitre 22 et 23 - semaine IV

L’Évangile de Jean, chapitre 18 et 19 - semaine V

Pendant tout le temps de Carême, dimanches compris, nous sommes invités à prier les 5 mystères douloureux du Saint Rosaire.
Le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint sont des jours de jeûne, et tous les vendredis de Carême l’abstinence est obligatoire. Donc, pendant le temps de Carême, il y a deux jours de jeûne est six jours d’abstinence. Les autres jours sont laissés libres aux individus d’entreprendre librement et joyeusement toute sorte de discipline, spécialement en essayant de leur mieux de ne pas perdre son temps en commérages, à regarder les shows télévisés, à passer du temps devant leur ordinateur et avec leurs smart phones, etc.

Le silence des sens est aussi très vital pour avoir une vie saine et solide. La confession fréquente et l’examen de conscience peuvent nous aider à surmonter les nombreuses tentations de la chair, à discerner et à vaincre les nombreuses tromperies subtiles et diaboliques, et à nous éviter de tomber dans les séductions du monde…

Le temps de Carême nous fait prendre conscience non seulement des trois ennemis spirituels : le monde, le diable et la chair, mais il nous aide à à les combattre et à les vaincre par des prières ferventes et assidues, des pénitences généreuses et des sacrifices, et par les œuvres de miséricorde. Je souhaite à chacun d’entre vous un très saint et fructueux Carême, qui nous prépare pour le grand événement de la résurrection du Seigneur. Louons Dieu et rendons-lui grâce pour chacun et pour tous.

Avec amour, prière et gratitude.

Que Dieu vous bénisse.


Père Sebastian Vazhakala m.c.

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