05.01.18

MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L'ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
CHAPELLE PAPALE
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
Basilique Vaticane
Samedi, 6 janvier 2018
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Trois gestes des Mages orientent notre marche à la rencontre du Seigneur qui se manifeste aujourd’hui comme lumière et salut pour tous les peuples. Les Mages voient l’étoile, ils marchent et ils offrent des présents.
Voir l’étoile. C’est le point de départ. Mais pourquoi, pourrions-nous nous demander, seuls les Mages ont-ils vu l’étoile ? Peut-être parce que peu nombreux sont ceux qui avaient levé le regard vers le ciel. Souvent, en effet, dans la vie on se contente de regarder vers le sol : la santé, un peu d’argent et quelques divertissements suffisent. Et je me demande : nous, savons-nous encore lever le regard vers le ciel ? Savons-nous rêver, désirer Dieu, attendre sa nouveauté ; ou bien nous laissons-nous emporter par la vie comme un rameau sec au vent ? Les Mages ne se sont pas contentés de vivoter, de surnager. Ils ont eu l’intuition que, pour vivre vraiment, il faut un but élevé et pour cela il faut avoir le regard levé.
Mais nous pourrions nous demander encore, pourquoi, parmi ceux qui levaient le regard vers le ciel, beaucoup d’autres n’ont pas suivi cette étoile, « son étoile » (Mt 2,2) ? Peut-être parce que ce n’était pas une étoile voyante, qui brillait plus que les autres. C’était une étoile – dit l’Evangile – que les Mages avaient vu « se lever » (v 2.9). L’étoile de Jésus n’aveugle pas, elle n’étourdit pas, mais elle invite doucement. Nous pouvons nous demander quelle étoile nous choisissons dans la vie. Il y a les étoiles éblouissantes qui créent des émotions fortes mais qui n’orientent pas la marche. Il en est ainsi du succès, de l’argent, de la carrière, des honneurs, des plaisirs recherchés comme but de l’existence. Ce sont des météores : ils brillent un peu mais ils tombent vite et leur lueur disparaît. Ce sont des étoiles filantes qui désorientent au lieu d’orienter. L’étoile du Seigneur, au contraire, n’est pas toujours fulgurante, mais toujours présente ; elle est douce : elle te prend par la main dans la vie, elle t’accompagne. Elle ne promet pas de récompenses matérielles, mais elle assure la paix et donne, comme aux Mages, « une très grande joie » (Mt 2, 10). Mais elle demande de marcher.
Marcher, la deuxième action des Mages, est essentielle pour trouver Jésus. Son étoile, en effet, demande la décision de se mettre en route, la fatigue quotidienne de la marche ; elle demande de se libérer des poids inutiles et des fastes encombrants qui entravent, et d’accepter les imprévus qui apparaissent sur la carte de la vie tranquille. Jésus se laisse trouver par qui le cherche, mais pour le chercher il faut bouger, sortir. Ne pas attendre ; risquer. Ne pas rester immobile ; avancer. Jésus est exigeant : il propose à celui qui le cherche de quitter le fauteuil du confort mondain et les tiédeurs rassurantes de nos cheminées. Suivre Jésus n’est pas un protocole poli à respecter mais un exode à vivre. Dieu qui a libéré son peuple à travers la route de l’exode, et qui a appelé de nouveaux peuples à suivre son étoile, donne la liberté et distribue la joie toujours et seulement en chemin. En d’autres termes, pour trouver Jésus il faut abandonner la peur de se mettre en jeu, la satisfaction de se sentir arrivé, la paresse de ne plus rien demander à la vie. Il faut risquer, simplement pour rencontrer un Enfant. Mais cela en vaut immensément la peine, car en trouvant cet Enfant, en découvrant sa tendresse et son amour, nous nous retrouvons nous-mêmes.
Se mettre en chemin n’est pas facile. L’Evangile nous le montre à travers divers personnages. Il y a Hérode, troublé par la peur que la naissance d’un roi menace son pouvoir. Par conséquent il organise des rencontres et envoie les autres recueillir des informations ; mais lui ne bouge pas, il reste enfermé dans son palais. « Tout Jérusalem » (v. 3) aussi a peur : peur de la nouveauté de Dieu. Elle préfère que tout reste comme avant – “ on a toujours fait ainsi ”-et personne n’a le courage d’aller. Plus subtile est la tentation des prêtres et des scribes. Ils connaissent le lieu exact et l’indiquent à Hérode, en citant l’ancienne prophétie. Ils savent mais ne font pas un pas vers Bethléem. Ce peut être la tentation de celui qui est croyant depuis longtemps : il disserte sur la foi, comme d’une chose qu’il sait déjà mais il ne se met pas en jeu personnellement pour le Seigneur. On parle mais on ne prie pas ; on se lamente mais on ne fait pas de bien. Les Mages, en revanche, parlent peu et marchent beaucoup. Bien qu’ignorants des vérités de foi, ils ont le désir et ils sont en chemin, comme le montrent les verbes de l’Evangile : « venus pour se prosterner » (v. 2), « ils partirent ; entrés ils se prosternèrent ; ils regagnèrent leurs pays » (v. 9.11.12) : toujours en mouvement.
Offrir. Arrivés à Jésus, après un long voyage, les Mages font comme lui : ils donnent. Jésus est là pour offrir sa vie, eux offrent leurs biens précieux : or, encens et myrrhe. L’Evangile se réalise quand le chemin de la vie parvient au don. Donner gratuitement, pour le Seigneur, sans s’attendre à quelque chose en retour : voilà le signe certain d’avoir trouvé Jésus qui dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Faire le bien sans calcul, même si personne nous le demande, même si l’on n’y gagne rien, même si cela ne nous fait pas plaisir. Dieu désire cela. Lui, se faisant petit pour nous, nous demande d’offrir quelque chose pour ses frères les plus petits. Qui sont-ils ? Ils sont justement ceux qui n’ont rien à rendre, comme celui qui se trouve dans le besoin, l’affamé, l’étranger, le prisonnier, le pauvre (cf. Mt 25, 31-46). Offrir un don gratuit à Jésus c’est soigner un malade, donner du temps à une personne difficile, aider quelqu’un qui ne présente pas d’intérêt, offrir le pardon à qui nous a offensé. Ce sont des dons gratuits, ils ne peuvent pas manquer dans la vie chrétienne. Autrement, nous rappelle Jésus, si nous aimons ceux qui nous aiment, nous faisons comme les païens (cf. Mt 5, 46-47). Regardons nos mains, souvent vides d’amour, et essayons aujourd’hui de penser à un don gratuit, sans contrepartie, que nous pouvons offrir. Il sera apprécié du Seigneur. Et demandons-lui : “Seigneur, fais-moi redécouvrir la joie de donner”.
Chers frères et sœurs, faisons comme les Mages : lever la tête, marcher, et offrir des dons gratuits.
Lettre de père Sebastian M.C. 1er janvier 2018
Marie, Mère de Dieu, 2018
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime »
Chers frères et sœurs,
Que les bénédictions de paix, de joie et d’amour soient sur chacun d'entre vous ! Comme notre Dieu est grand ! Et pourtant, il s’est fait homme, comme nous en toutes choses excepté le péché. Ste.Teresa M.C. avait l’habitude de dire: "Il est plus facile de comprendre la grandeur de Dieu, mais il est plus difficile de comprendre l'humilité de Dieu. Puissions-nous ne jamais rougir de l'humilité de la crèche, ni de la pauvreté et de la simplicité de Bethléem ". Nous continuons à prier une petite litanie même après le temps de Noël :
Enfant Jésus, pauvre et simple, exauce nos prières.
Enfant Jésus, humble et obéissant, exauce nos prières.
Enfant Jésus, silencieux et recueilli, exauce nos prières.
C'est un temps de grâces et de bénédictions spéciales que notre Seigneur veut nous accorder en abondance. Ne gaspillons pas les nombreuses opportunités que le bon Dieu nous donne.
Nous avons tellement de bonnes nouvelles à partager avec vous en ce temps de joie et de paix, ce temps où nous célébrons la grande fête de Noël et toutes les nombreuses fêtes annexes est un temps de nombreuses grâces spéciales. Son Excellence, Mgr. Angelo De Donatis, le nouveau vicaire du Pape pour le diocèse de Rome, est venu très gentiment et très joyeusement célébrer la sainte Messe le samedi 23 décembre 2017 à 8h30 pour nos frères, nos LMC, pour environ 200 personnes pauvres, des bénévoles, des bienfaiteurs, des coopérateurs et beaucoup de personnes de bonne volonté.
Après sa belle homélie, il conféra le Ministère du lectorat à deux de nos frères : fr. Donatus M.C. et fr. Giovanni M.C. Notre chapelle de la maison-mère était pleine de monde. Nous devons savoir que notre Église une, sainte, catholique et apostolique est celle des pauvres et pour les pauvres. N'oublions pas que nous avons tous besoin de Dieu, sans l'aide infaillible duquel nous ne sommes rien, nous n'avons rien et nous ne pouvons rien faire. Restons-lui toujours reconnaissants.
Jésus est venu annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux captifs, le recouvrement de la vue aux aveugles (Lc 4, 18-19). Nous appartenons à l'une ou l'autre des catégories mentionnées ici dans ce passage ou ailleurs dans les évangiles. Jésus est venu pour les humbles et les humbles de cœur. Nous devons apprendre l'humilité et la douceur à l'école de la Sainte Famille, où Jésus a été l’Enseignant par les mots et l'exemple. Même Marie et Joseph ont appris l'humilité et la douceur de Jésus car Bien qu' "ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes… » (cf Phil 2, 6-11).
Après la sainte Messe et le petit déjeuner dans la salle Mère Teresa, nous avons emmené son Excellence dans notre réfectoire, notre bibliothèque, notre chapelle de l’adoration et tout autour de notre maison. C'était sa première visite canonique chez nous. Il a dit que tout était très propre, bien rangé et avait l'air très monastique.
Il a dit: "Alors, je bénis et j'approuve tout, et priez aussi pour moi". Il est très spirituel et c’est un homme de prière. Il s'est agenouillé dans notre chapelle d'adoration longuement et a prié …
Il a été très enthousiasmé par la visite de Casa Serena, des dortoirs, du réfectoire magnifiquement décoré, de la chapelle de Casa Serena, de la cuisine, etc. Fère Giovanni M.C. et l'équipe a attendu que son excellence commence la distribution de la nourriture. Il a inauguré la distribution en bénissant la foule des pauvres, venus de différentes parties de Rome. Il a donné le premier paquet de nourriture et le panettone (le gâteau de Noël) à la première personne de la file. Il a dit à plusieurs reprises qu'il était très impressionné par la simplicité évangélique, par nos efforts pour suivre la pauvreté de Bethléem. "Quelle grande et agréable surprise pour moi", répétait-il. Il veut revenir.
Merci pour toutes vos prières. L'une des principales intentions durant la neuvaine de Noël était que la visite de notre Supérieur Majeur soit une profonde expérience de Pentecôte. Tous sont rentrés chez eux en louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient vu, entendu et expérimenté. Tous ont également reçu une petite crèche préparée par le frère Giovanni M.C.,Madame Ann et leur équipe. L'évêque a béni les crèches avec de l'eau bénite, puis en a donné une à chacun à la fin de la messe. Certains ont reparlé et raconté l'expérience du samedi matin encore et encore par courriels, appels téléphoniques et bouche à oreille. C'était tout ce qu'Il avait fait. Le Seigneur Eucharistique et nos pauvres attirent peu à peu des âmes à nos maisons des M.C., non seulement des catholiques croyants et pratiquants, mais toutes sortes de personnes de bonne volonté et généreuses. Le travail que nous faisons est l'œuvre du Tout-Puissant, et n'importe qui peut participer au travail, indépendamment de la caste, de la couleur, de la nationalité ou de la religion.
Le vendredi 8 décembre, en la fête de l'Immaculée Conception et le jour de l'Action de grâces, notre communauté a eu vingt-quatre ans. Théoriquement parlant, nous avons commencé le Jubilé d'argent de notre congrégation, qui sera célébré le samedi 8 décembre 2018, s'il plaît à Dieu. Nous devons commencer à préparer le grand événement. Certains des frères ont déjà demandé qu'une prière spéciale soit composée, pour la réciter tous les jours. Après beaucoup de prières et d'efforts, j'ai finalement composé une prière que certains d'entre vous, je comprends, ont déjà commencé à utiliser. À Rome, nous avons déjà commencé à le faire. Elle est priée après la méditation du matin à la place de la première prière que nous récitons tous les jours. Donc, avant de réciter la prière au Saint-Esprit pour notre Congrégation, nous prions la "Prière pour le Jubilé d'argent de notre congrégation ":
Prière pour le Jubilé d'argent de notre congrégation :
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, nous vous louons et nous vous remercions pour le don de la communauté des Frères contemplatifs Missionnaires de la Charité et pour les Laïcs Missionnaires de la Charité.
Nous te supplions, ô Seigneur Jésus-Christ, d'envoyer plus de vocations saintes et ferventes à notre communauté, qui seraient des victimes volontaires de Ton amour, qui seraient tellement unies à Toi qu’elles rayonneraient Ton amour sur les âmes, qui embrasseraient librement et joyeusement Ta pauvreté de la Croix, Ton obéissance de la Croix et Ta Charité de la Croix.
Nous prions, ô Seigneur, que les membres de notre communauté deviennent de plus en plus le feu de Ton amour dans nos communautés, parmi les très pauvres, les négligés, les mal aimés et les déshérités. Puissions-nous t’apporter avec nous dans les maisons des pauvres et partout où nous sommes envoyés pour être ta lumière et ton amour. Puissions-nous offrir plus de sacrifices, sourire plus tendrement et prier avec plus de ferveur pour que nous puissions étancher Ta soif infinie sur la Croix et dans l'Eucharistie par amour et pour les âmes.
Aide-nous, Seigneur, à être de vrais missionnaires contemplatifs et de vrais Contemplatifs missionnaires. En aimant t’adorer dans le Pain de Vie puissions-nous te rendre un service d'amour, à toi caché sous le masque de détresse des plus pauvres des pauvres, sans distinction de caste, de couleur, de religion ou de nationalité.
Vierge de Nazareth et Mère des pauvres, enseigne-nous non seulement à chérir et méditer le don, le mystère et le miracle de notre vocation contemplative de M.C., mais comme toi à aller en hâte rendre un service gratuit et de tout cœur aux plus pauvres et aux plus nécessiteux, aux malades et aux faibles, aux oubliés et aux abandonnés.
Saint Joseph, époux de la Vierge Marie, protecteur de notre Congrégation et consolateur des pauvres, nous te prions d’intercéder pour nous. Bénie soit la Trinité sainte et indivise, maintenant et pour toujours plus. Amen.
Merci de faire assez de copies de cette prière et de les donner aussi aux LMC et à toute personne de bonne volonté qui voudrait l’utiliser.
Une autre bonne nouvelle est la visite annuelle de son Eminence le Cardinal Angelo Comastri à Casa Serena le samedi 30 décembre 2017 à 17h00. Après la sainte Messe solennelle, il est resté pour le souper, avec nos hommes de Casa Serena, les frères, les L.M.C., les volontaires et les autres. Comme nous étions la veille de la fête de la Sainte Famille, il a préféré célébrer la Messe de la Sainte Famille. C’est un homme de prière, un ami de Jésus, de Marie et de Joseph et quelqu’un qui aime immensément Ste Teresa M.C. et les pauvres. Bien qu'il soit le numéro trois de l'Église officielle, il reste très humble et aime les pauvres. Il aime notre petite Congrégation.. Offrons plus de sacrifices et de prières ferventes pour ses nombreuses intentions. Lui aussi prie beaucoup pour nous. Sa visite priante à Casa Serena est toujours une grâce et une bénédiction pour nous. Nos sincères remerciements vont à son Eminence, le Cardinal Angelo Comastri !
Je voudrais souhaiter à chacun d'entre vous une nouvelle année 2018 très prospère et pleine de paix. Apprenons à nous remémorer l'année écoulée avec gratitude et des souvenirs purifiés, vivons l'année actuelle avec joie et enthousiasme et attendons tous les événements à venir avec une confiance sereine et une confiance aveugle dans le Seigneur.
Nous avons également deux autres Jubilés en cette nouvelle année 2018. Ils seront tous les deux célébrés, si Dieu le veut, le même jour, à savoir le samedi 3 juin 2018 à Rome. Nous avons le Jubilé d'Argent de Casa Serena et le Jubilé d'Or du père Sébastian M.C.., de la première profession du père Sébastian M.C. dans la Congrégation des Frères Missionnaires de la Charité de Calcutta.
Casa Serena a été bénie par l'archevêque Guseppe Mani et inaugurée par Ste Teresa de Calcutta la veille du Dimanche de la Pentecôte, le 29 mai 1993. C'était le jubilé d'argent de la première profession des deux premiers hommes M.C.: frère Damien M.C. (R.I.P. le 3 novembre 2010) et père Sébastien M.C., qui ont fait leur première profession le dimanche de la Pentecôte, le 2 juin 1968. "Il est vraiment correcte et juste, notre devoir et notre salut, toujours et partout, de rendre grâce au Seigneur, notre Dieu, pour toutes les faveurs et bénédictions que nous avons reçus et continuons de recevoir ".
Le mercredi 15 novembre 2017, une grande fête pour le jubilé d'or du père Sébastien M.C. s'est tenue autour de la tombe de Ste Teresa de Calcutta. Toutes les cinq branches de la famille M.C., les Laïcs M.C., les collaborateurs et les volontaires ont activement participé à la messe inaugurale du Jubilé d'Or. A la fin de la messe, tous les supérieurs généraux de toutes les branches et les prêtres concélébrants se sont rendus à la tombe de Ste Teresa M.C. Le père Sébastien M.C. a allumé la bougie préparée par Sr Lynn M.C. sur la tombe de Mère. Autour de la tombe de Mère, à genoux, nous avons récité ensemble les prières d’action de grâces après la Sainte Communion. Ma mémoire est revenue au 7 Mansatala Row, Kidderpore, la Maison-Mère des frères M.C.. Il y a tout juste cinquante ans, six d'entre nous se tenaient autour de l'autel avec Ste Teresa M.C., et nous prononcions nos vœux pour la première fois, signant la formule de vœux, ajoutant à nos noms les lettres M.C. pour la première fois.
Ce fut un jour historique pour la famille M.C... Ce dimanche de Pentecôte a apporté une nouvelle Pentecôte dans l'Église des pauvres pour les pauvres. Sur les six frères qui ont fait des vœux ce jour-là, quatre d'entre eux sont partis au cours des années et fr. Damien M.C. est allé à la maison de Dieu. Je suis donc le seul survivant.
C'est l'histoire de la grâce incroyable et de l'amour durable de Dieu qui m'a amené jusqu'ici. Je suis éternellement reconnaissant à celui qui a déversé sur moi tant de ses plus belles bénédictions. Pas étonnant, alors, que mes yeux aient été remplis de larmes de gratitude pour le don, le mystère et le miracle de ma vocation de M.C... Le bon Dieu m'a permis de le remercier avec toute la famille M.C. autour de la tombe de Mère non seulement pour le don de la vie, mais aussi pour le don de la persévérance. Je suis également reconnaissant à Dieu pour tant de mes frères et de personnes qui m’ont aidé au fil des ans dans divers lieux et moments et qui continuent de m'aider. À tous, j'exprime mes prières incessantes et ma sincère gratitude. Que ma gratitude envers Dieu et tous ceux qui m'ont aidé et qui m'aident d'une manière ou d'une autre, ne cesse jamais.
Ici, je voudrais vous inviter, selon votre temps, à lire ma lettre sur l'origine des Frères M.C. et l’histoire de notre première profession. Cela peut être intéressant et instructif.
Le mardi soir, 9 janvier 2018, fr. Ramon M.C., fr. Jan-Timo M.C., fr. Jean Marie M.C., fr. Luke M.C., fr. Leo M.C. et père Sebastian M.C., si Dieu le veut, nous commencerons notre retraite de 8 jours. Frère André Marie M.C., le supérieur en fonction de la communauté de Rome, s'est porté volontaire pour aller en Albanie remplacer le fr. Ramon M.C. jusqu'au mardi 23 janvier 2018.
Le père José Narlaly, Supérieur général de l'Ordre de la Sainte-Trinité, a gentiment accepté de nous donner la retraite de huit jours. Dans les années 1980, alors que j'étais seul à Rome, il venait passer avec moi des jours de prière et de jeûne sans même boire un verre d'eau pendant vingt-quatre heures. Il a maintenant été élu pour la deuxième fois Supérieur général de l'un des ordres religieux les plus anciens et les plus prestigieux. S'il vous plaît, priez pour que notre retraite et C.G. soient une profonde expérience de Pentecôte pour nous tous et une nouvelle Pentecôte pour notre Congrégation. Offrons aussi des prières ferventes et des sacrifices généreux pour le père José Narlaly, notre prédicateur de retraite. Comme nous commençons notre neuvaine à Saint Sébastien le 11 janvier, j'aimerais que vous ajoutiez trois intentions principales :
1. « Je ne désire plus rien, sinon aimer jusqu'à ce que je meure d’amour » (Saint Jean de la Croix). « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »"(Jn 15, 13).
2. Je ne désire plus rien sauf accomplir la plus sainte volonté de Dieu, toujours et partout. « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jn 4, 34) ; « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe : cependant que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42).
3. Je ne désire plus rien sauf devenir un grand saint et aider les autres à devenir des saints. « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17). Notre vie et nos actions peuvent être uniquement une simple perte de temps si nous n'essayons pas vraiment et sincèrement de devenir des saints.
C'est tout pour l'instant. S'il vous plaît, n'oubliez pas de prier pour moi comme je le fais pour vous. Prions pour que la volonté de Dieu se fasse en nous, dans nos communautés, dans notre Congrégation, dans nos familles comme au ciel.
Je souhaite à chacun de vous une nouvelle année 2018 pleine de paix. Avec beaucoup d'amour, de prières et de gratitude. Dieu vous bénisse.
« Seigneur, accorde-moi la sérénité pour accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux changer et la sagesse pour connaître la différence »
Père Sebastian Vazhakala M.C.
Lettre de père Sébastien M.C
Fête de saint Etienne
Mardi 26 décembre 2017
Frères et sœurs bien-aimés en Jésus, Marie et Joseph,
Que la grâce, la paix et la joie de la grande fête de Noël soient avec chacun d'entre vous afin que vous puissiez continuer à partager la même paix et la même joie avec tous ceux que vous rencontrez et avec qui vous vivez.
Nous sommes devant un grand mystère, le mystère des mystères, le mystère et le miracle de Dieu devenant l'un de nous et se faisant semblable à nous en toutes choses sauf le péché.
Chaque année nous célébrons ce mystère de l'Incarnation, de Dieu devenant homme et vivant parmi nous. La fête de Noël est un mystère incroyable, qui ne peut être compris que par la contemplation. Plus nous contemplons ce mystère, plus nous apprécions la beauté sublime de notre vocation M.C. , devenant de plus en plus reconnaissants envers celui qui s'est humilié en prenant la forme d'un esclave.
Allons avec Marie dans la maison de Zacharie et d'Elisabeth et observons silencieusement la manière dont ils se sont salués et la joie qu'ils ont rayonnée tous les deux. Restons avec Marie et regardons comment elle a fidèlement accompli de petits et humbles travaux avec amour et joie.
Dans cette maison, nous sommes témoins de nombreux miracles. Tout d'abord, la Vierge de Nazareth est enceinte. "Rien n'est impossible à Dieu", a dit l'Archange Gabriel à Marie. Marie comprit que c'était l'œuvre du Tout-Puissant et elle proclama: "Le Tout-Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom". Elizabeth dans son grand âge donne naissance à Jean-Baptiste, un autre miracle. Le huitième jour après la naissance de Jean-Baptiste, Zacharie commença à parler, il a retrouvé sa faculté de parler après neuf mois, un autre miracle.
Ici, nous pouvons rencontrer dans la foi, un saint après l'autre. Le plus grand est Jésus dans le sein virginal de Marie. Il est le créateur de l'univers, conçu par le Saint-Esprit. A côté de Jésus, il y a Marie de Nazareth, la Vierge Mère de Dieu, et Saint Joseph, le père adoptif de Jésus et l’ époux fidèle de la Vierge Marie, puis Jean-Baptiste, le plus grand parmi ceux qui sont nés d'une femme. Ses parents : Zacharie et Elizabeth sont tous les deux des saints. C'est une communion de saints autour de Jésus, qui est la pierre angulaire de l'édifice de l'Église, le groupe fondateur des saints sur lesquels tous les autres saints se joindront comme des briques dans un bâtiment, ajoutant une brique après l'autre. La Jérusalem céleste a été inaugurée sur terre.
Nous ne pouvons pas devenir des saints au ciel. Nous devenons des saints sur la terre. Personne ne devient un saint au ciel. Si nous ne sommes pas déjà des saints pendant que nous vivons sur la terre, nous ne serons pas des saints après notre mort. Dieu nous donne le temps et l'opportunité de devenir des saints pendant que nous vivons sur cette planète terrestre.
Marie a déjà chanté son cantique. Maintenant, Zacharie a son propre cantique à chanter. Il chante de tout son cœur, ce qui est aussi prophétique. Les saints voient la main de Dieu dans tous les événements de leur vie, dans les bons et les mauvais moments, même dans les joies, les peines, les espoirs et les déceptions.
Nous apprenons tous des saints la sérénité et l'équilibre. La joie est le fruit de la sérénité et de l'équilibre. Nous ne rencontrons généralement pas de saints nerveux et inquiets pour tout, sauf Ste Marthe de Béthanie, la sœur de Marie. Elle a alors reçu une bonne réprimande et une correction fraternelle de la part de Jésus. Elle a compris et elle est retournée et a continué de préparer le repas pour Jésus. Elle n'a pas tout jeté par terre et est allée se coucher, comme certains le font parfois. C'est pourquoi nous avons la fête de Ste Marthe.
Nous voyons le saint d’aujourd'hui : St. Etienne. Il a prié pour ses persécuteurs. "Puis Étienne se mettant à genoux, s'écria d'une voix forte : Seigneur, ne leur compte pas ce péché" (Actes 7, 60). St Etienne n'est pas devenu saint parce qu'il est mort en étant lapidé, mais parce qu'il a pardonné à ses persécuteurs et a prié pour ses ennemis ! Les saints veulent sauver tout le monde, même ceux qui leur font du mal, ceux qui les blessent, ceux qui parlent contre eux ou les critiquent. Les saints veulent que tous soient sauvés. Ils ne passent pas leur temps à maudire et à juger, mais à prier, à pardonner et à sauver !
Les saints ne voient pas leurs ennemis comme des ennemis, mais ils les voient comme des personnes que Dieu a mises sur leur chemin pour être sauvées. Nous voyons cette attitude et cette manière de faire en Jésus, en Marie, en Joseph, en St Etienne et chez la bienheureuse Rani Maria, la dernière béatifiée en Inde, le 4 novembre 2017. Elle et sa famille, y compris sa mère, son père, ses sœurs et ses frères ont travaillé ensemble pour sauver l'homme qui a poignardé leur fille, leur sœur, 41 fois. Il n'était plus leur ennemi, mais ils l'ont accepté comme leur fils adoptif, leur frère adoptif ... Ils lui ont fait un accueil merveilleux avec beaucoup d'amour, de respect et de joie. Ils l'ont fait se sentir désiré, aimé et soigné. Ils lui ont montré qu'ils lui avaient pardonné en Jésus-Christ et cela pour son bien, avec comme résultat qu'il est devenu chrétien catholique et qu'il a commencé à faire ce que faisait la bienheureuse Rani Maria. Les membres de sa famille adoptive ont prié avec lui et pour lui. Ils ne l'ont pas sauvé seulement lui, mais tous ceux qui sont maintenant en contact avec lui.
Il a continué à dire: "Jésus-Christ est la réponse à tous nos problèmes". Il a trouvé la paix ; il est devenu un homme nouveau en Jésus-Christ. Il est né de nouveau en Jésus-Christ. C'est le miracle de tous les miracles. Quand il y a un pardon authentique et un amour sincère, les âmes sont engendrées et naissent à l'image et sur le modèle de Jésus-Christ.
Depuis la chaire de la Croix, la prière du pardon de Jésus pour ses ennemis et pour nous tous pécheurs retentit dans les cœurs et les esprits de tant de personnes. L'amour de Dieu et l'amour du prochain sont inséparables. Avec Dieu et en Dieu, nous pouvons aimer même les personnes non-aimables ; nous pouvons pardonner à ceux qui nous font du mal, même à ceux qui sont violents avec nous, qui nous traitent injustement. En allant au-delà de l'apparence extérieure, nous pouvons voir en chacun dans la foi, l'empreinte et l'image de Jésus-Christ . St Philippe, l'apôtre, a dû voir le Père en Jésus-Christ, et nous devons voir Jésus-Christ dans nos frères et sœurs, spécialement dans nos pauvres gens. «Tu es avec moi depuis si longtemps, Philippe, et tu ne vois pas mon Père?" (Jn 14,8-11). Celui qui rencontre un pauvre dans la rue, ce n'est pas seulement un pauvre qu'il rencontre, mais c'est Jésus-Christ qu’il rencontre sous un déguisement de pauvre.
Le 6 août, lors de la fête de la Transfiguration, j'étais dans une église. C’était la messe. Cette année-là c'était aussi un dimanche. L'église était pleine. Je me suis agenouillé au fond de l'église et j'ai dit à Jésus que je voulais voir son visage. La messe se termina et les gens sont sortis de l'église. En quelques minutes, l'église était vide. Je priai plus ardemment et pensai que Jésus m'accorderait une audience privée une fois que les gens seraient partis. Je suis resté un peu plus longtemps. Mais rien ne se passa vraiment, aucune audience privée ne me fut accordée !
Je sortis de l'église un peu triste et commençai à repartir en marchant vers la maison. En chemin, je rencontrai un pauvre homme, sale et malodorant, qui me demanda des pièces de monnaie pour une tasse de café. Je le regardai attentivement ; il avait l'air fatigué et affamé. Je lui dis que je n'avais pas d'argent sur moi. Je l'invitai à venir avec moi dans notre maison. Il ne voulait pas. Devant mon insistance, il accepta de venir et commença à marcher vers notre maison, qui se trouvait à environ 2 km. A chaque instant il me demandait où était la maison et combien de temps fallait-il encore marcher. Je répétai que nous n'étions pas si loin de chez nous. Nous avons marché ensemble, sommes rentrés à la maison et je lui ai demandé de prendre une douche. Il m'a dit qu'il était OK tel qu'il était. Je lui ai dit qu'il pourrait être plus OK s'il prenait une douche, s'il changeait de vêtements, de chaussettes, de chaussures et s'il avait quelque chose à manger. Il accepta. Il entra et se mit un peu d’eau sur lui et sortit pire qu'avant, alors je le fis entrer à nouveau et lui donnai un bain. Inutile de dire qu'il était contrarié et impatient. "Que veux-tu de moi?" continua-t-il à demander. Je lui dis que je voulais qu'il soit propre et qu'il se sente mieux. L'épreuve était terminée. Il avait de nouveaux vêtements. Il avait l'air plus lumineux et plus radieux. Pendant qu'il mangeait, il commença à parler de sa longue et intéressante histoire. Il avait 53 ans. Il était alcoolique, marié et divorcé, vivant maintenant dans la rue, qu'il préférait encore. Lorsqu'il allait à l'école, il était enfant de chœur. Avec les années, sa vie a changé de mal en pis!
Il était heureux. Il rayonnait de joie et de paix. Il me remercia et partit en disant qu'il reviendrait, mais je ne l'ai jamais revu.
Le soir, alors que je faisais mon examen de conscience, je me suis soudain souvenu de ma prière de ce matin-là, que j'avais demandé au Seigneur de voir son visage pendant que j'étais dans l'église, mais j'avais pensé que le Seigneur n'avait pas entendu ma prière. Mais il l'avait entendue. Il avait répondu à ma prière d'une autre manière. Il était venu à moi défiguré, sale, fatigué et affamé. Il était reparti transfiguré, rayonnant de joie et de paix. Jésus m'a appris une grande leçon ce jour-là. Ce fut Noël pour moi.
Dieu avait entendu ma prière mais peut-être pas de la façon que j'aurais aimé, mais de la façon qu'Il voulait. Mon esprit retourna au verset de l'Évangile, qui dit : "Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait », quoi que nous fassions au plus petit de nos frères, nous le faisons à Jésus. !
Bien que ce fût le jour de la Transfiguration, pour moi ce fut Noël ... Mes yeux se sont ouverts et j'ai reconnu Jésus comme les disciples d'Emmaüs.
Merci mes sœurs, merci mes frères, merci pères, merci à chacun et chacune d'entre vous. Remercions Dieu pour notre vocation de M.C.. Encore une fois, je vous souhaite une très joyeuse et sainte fête de Noël et une nouvelle année 2018 remplie de paix. Prions beaucoup les uns pour les autres et pour tous.
Dieu vous bénisse
Fr. Sebastian Vazhakala M.C.