24.11.17
Toussaint 2017
La Terre Sainte est une terre de foi et d'histoire. C'est une terre de patriarches, de prophètes, d'apôtres et de saints, y compris la ville de Nazareth. Avec la venue de Jésus dans cette ville, Nazareth devint importante. Dès lors ce n'est plus la même chose. Avec l'arrivée du messie tant attendu dans un village inconnu comme Nazareth, elle devint l'une des villes les plus célèbres du monde entier, et les gens simples comme Marie et Joseph devinrent très grands et très connus. Tout est dû à Jésus qu'ils accueillirent de tout cœur, librement et avec joie, bien qu'ils aient dû passer par le creuset de la souffrance et de la douleur.
Tous ceux qui suivent Jésus de tout cœur et librement auront aussi la même expérience. Saint François d'Assise, sainte Teresa de Calcutta et tant d'autres, tous les saints et les martyrs devinrent ce qu'ils devinrent parce qu'ils ont accepté Jésus et ont suivi ses pas. Tous ceux qui suivent Jésus de plus près ne peuvent plus être les mêmes. Ils deviennent des signes et des prophètes de leur temps et de tous les temps.
Chaque fois que je vais au pays de Jésus, de Marie et de Joseph, je vois beaucoup de fouilles. C'est le cas à Magdala, sur la rive de la mer de Galilée, en Israël. Il y a quelques années Magdala était couverte de saleté et de débris. Maintenant, les fouilles faites là-bas et la belle église construite par les Légionnaires du Christ ont changé le visage de la ville de Magdala. Ce qu'ils ont découvert avec les fouilles est incroyable. Il y avait aussi une synagogue à Magdala. Tout était enterré sous la saleté et les débris.
On trouve ces types de fouilles dans différentes parties de la Terre Sainte. Cela m'a fait penser aux fouilles spirituelles que nous devons tous faire. Il y a des trésors cachés et des mystères cachés à fouiller. Cela peut demander beaucoup de temps, de patience, d'effort et d'endurance. Il y a plusieurs domaines de notre vie spirituelle où nous devons faire des fouilles.
Notre vocation est un cadeau, un mystère et un miracle. Cela veut dire que nous devons faire des fouilles spirituelles régulièrement, parce que c'est un mystère. Plus nous y pénétrons, mieux nous découvrons la beauté sublime de notre réponse inconditionnelle à l'appel irrévocable de Dieu. Nous ne pourrons jamais atteindre le fond de notre vocation car elle est enracinée dans le mystère insondable de la Très Sainte Trinité.
Du dimanche 15 au mardi 24 octobre 2017, je suis allé à Nazareth, avec Gianna LMC, Flavio LMC et Sonia LMC. Le but de notre pèlerinage à Nazareth, où nous avons notre maison à moins de cinquante mètres de la basilique de l'Annonciation de notre Seigneur, était d'être avec les frères à Nazareth, pour les préparer à leur engagement final et participer à leurs vœux pour la vie.
C'est à Nazareth que notre Dame et Saint Joseph ont fait leurs vœux pour la vie. La Vierge de Nazareth a dit à l'ange: «Voici la servante du Seigneur, que tout m'advienne selon Ta Parole» (Lc 1,38), qui était sa formule de vœux, tandis que saint Joseph se réveillait, et faisait ce que l'ange du Seigneur lui avait dit de faire ... (Mt 1:24, 2:14, 2: 20-21). C'est dans la même ville de Nazareth que nos frères tertiaires ont passé neuf mois à préparer leurs vœux pour la vie afin qu'ils puissent faire leurs vœux avec courage, conviction et engagement.
L’Évangile de l'enfance de saint Matthieu parle trois fois de l'obéissance rapide et sans discutions de saint Joseph à la volonté et au plan de Dieu. Saint Joseph n'a jamais questionné ni ne s'est jamais plaint des commandements de Dieu. «L'homme juste» n'avait qu'un seul désir dans la vie, à savoir, accomplir la volonté divine à tout prix, sans aucune question. Quand Jésus a parlé à Sainte Teresa de Calcutta, il lui a demandé le même genre d'obéissance. Il lui a dit: "Obéis-moi très joyeusement et promptement et sans poser de questions. Ne fais qu’obéir. Je ne te quitterai jamais, si tu obéis ".
Les saints et les martyrs ont suivi ce genre d'obéissance prompte et joyeuse. Les M.C. et les LMC et tous ceux qui aspirent à une plus grande perfection doivent être prêts et vouloir obéir comme Jésus, Marie et Joseph obéirent. Obéissons comme les saints ont obéi à la volonté et au plan de Dieu au lieu de nous accrocher à notre propre volonté et à notre plan.
Nous devons faire nos propres fouilles spirituelles avec l'aide et la direction du Saint-Esprit. Nous pouvons être certains que nous trouverons des mines de richesses et de trésors cachés, enfouies sous la surface de ce que nous lisons ou voyons ou faisons. C'est là que nous avons besoin de la contemplation, des heures d'adoration dans le silence de notre cœur. Les téléphones portables, les ordinateurs portables connectés à Internet ne nous aident pas souvent à approfondir les mystères sacrés et cachés de notre salut. Avec la Parole de Dieu, avec l'onction du Saint-Esprit, nous pourrons comprendre quelle est la volonté de Dieu pour nous, au lieu de nous accrocher à notre volonté et à notre plan. Implorons le Seigneur pour avoir la grâce dont nous avons besoin pour accepter les choses que nous ne pouvons pas changer, le courage de changer les choses que nous pouvons changer et la sagesse d'en connaître la différence (cf. prière des AA).
A la veille des vœux pour la vie, la communauté des frères de Nazareth eut une nuit d'adoration comme tous les samedis soirs, comme tous les frères contemplatifs M.C. dans toutes les communautés. Ce fut à nouveau une préparation immédiate pour leurs vœux pour la vie. Notre pèlerinage à Jérusalem commença à 8h30, en se dirigeant vers le bus garé à environ 1 km de notre maison. Même si c'était dimanche, en Israël c'est un jour de travail et il y avait donc du monde sur la route de Jérusalem. Nous sommes arrivés à la ville sainte de Jérusalem vers 14 heures. Nous sommes allés au couvent de nos sœurs M.C. dans le vieux quartier très encombré de la ville, plus près du Mont Calvaire, qui se trouve à environ 800 mètres de la maison des sœurs M.C. Après avoir laissé nos affaires à la maison des sœurs M.C., nous avons marché tout droit pour visiter le lieu le plus saint du monde, où Jésus s'est offert sur la croix comme sacrifice expiatoire pour nos péchés et pour ceux du monde. C'est là, qu’est accroché à la Croix, l'Agneau de Dieu qui a enlevé les péchés du monde. Voicile vrai "yom Kipurim" "le siège de la Miséricorde".
Le cri de Jésus sur la Croix, sous la forme d'une prière, retentit encore et retentit tout autour du rocher taché de sang du Golgotha. «Pardonne-leur, Père, car ils ne savent pas ce qu'ils font» (Lc 23, 34).
Ces paroles et d'autres prononcées du haut de la Croix sous forme de prière, doivent devenir notre prière, non seulement lorsque nous visitons le Calvaire une fois dans notre vie, ou plusieurs fois selon nos possibilités, mais elles doivent devenir notre prière, surtout quand nous sommes injustement accusés, quand nous sommes incompris, quand les gens parlent mal de nous ... etc.
Il y avait une foule énorme de gens dans la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem et autour. Nous pensions qu'il nous serait presque impossible de visiter le lieu de la crucifixion. Mais le bon Dieu a vu le désir de nos cœurs et a entendu le cri de nos âmes. Il nous a permis d'embrasser le lieu de la crucifixion. Ce fut une vraie grâce et une bénédiction, bien que nous ne puissions pas visiter la tombe vide à cause de la foule et du manque de temps.
Nos sœurs M.C. nous ont très gentiment offert un délicieux déjeuner que nous avons apprécié avec nos frères et nos LMC de Rome. Que le bon Dieu les bénisse et les récompense pour leur accueil chaleureux, leur amour tendre et leur généreuse hospitalité.
Ayant terminé notre repas, nous descendîmes de la «chambre haute», en traversant la vallée du Cédron, en passant par le jardin des oliviers jusqu'à la basilique de Gethsémani. Les huit grands oliviers nous ont fait penser à Jésus demandant à Pierre, Jacques et Jean de rester avec lui en prière (Mc 14, 32-42). " Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi je veux, mais comme toi, tu veux. » "(Mt 26, 36-46; Mc 14, 32-42; Lc 22, 40-46)
La basilique de Gethsémani était occupée. Il y avait un groupe de personnes avec leur évêque et quelques prêtres du Kansas, États-Unis, qui célébraient la Sainte Messe de la passion de Jésus avec des vêtements rouges, même si c'était dimanche.
La sainte messe de la profession était prévue pour 16h00. Son Excellence Mgr Pierbattista Pizzaballa OFM, Administrateur Apostolique de Terre Sainte, avec Son Excellence Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Israël, et plusieurs prêtres con-célébrants se sont préparés et ont commencé la sainte messe à l’heure. Excepté les frères M.C. actifs et les sœurs M.C. contemplatives, le reste de la famille M.C. était présente. Il y avait 9 sœurs M.C., le père Julius des pères M.C. , tandis que Gianna, Flavio et Sonia représentaient le mouvement LMC.
Tout était pratiquement prêt. Les trois frères : fr. Augustine Bage M.C., fr. Jose Tuti M.C. et fr. Norbert Dungdung M.C. étaient juste devant les prêtres con-célébrants. J'ai pensé aux trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, marchant avec Jésus. Ici, les trois frères allaient s’allonger sur le même rocher où Jésus s'était allongé il y a deux mille ans et plus. Si Gethsémani est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est seulement à cause de Jésus qui a accepté la coupe de la souffrance, de la passion et de la mort, de la mort sur une croix, de la main du Père.
Après l'évangile frère Jean Marie M.C., le responsable tertiaire, a appelé chaque frère par son nom et chacun a répondu en disant: "Seigneur, tu m'as appelé ..." Dans l'homélie Mgr. Pierbattista Pizzaballa a parlé de la vocation comme un don, ce qui signifie que les frères ne dépendent pas de leur propre pouvoir, de leur intelligence, de leur force, mais de la puissance et de la sagesse de Dieu. Ils doivent être convaincus que sans l'aide de Dieu, ils ne pourront pas vivre le genre de vie qu'ils ont choisi de vivre. Ils doivent grandir chaque jour dans le don de leur vocation en utilisant pleinement tous les dons et talents que Dieu leur a donnés. Cela signifie vivre plus pleinement leur vocation.
Le lieu où les frères allaient faire leurs vœux pour la vie est vraiment unique, a-t-il dit. C'est un lieu saint. C'est ici où Jésus a fait son abandon final et définitif et qu'il s'est soumis à la volonté de son Père. C'est un cadeau spécial et nous, et surtout vous, frères, vous ne devrez jamais l'oublier, continua-t-il. Il y aura des épreuves sérieuses, des difficultés, des souffrances, des déceptions au cours de votre vie, mais nous devons nous rappeler que votre réponse est inconditionnelle et que l'appel et le don de Dieu sont irrévocables!
Après l'homélie, quelques interrogations ont été faites sur leur disposition à vivre les quatre vœux dans l'esprit et le charisme des frères Missionnaires de la Charité contemplatifs, suivies d'une courte prière. Alors les frères se sont étendus sur le même rocher nu où Jésus s’est étendu, tandis que les Litanies de tous les saints ont été chantées. Ce fut un moment très émouvant même pour les participants, sans parler des trois frères, qui ont dû, je pense, être en extase.
Les trois frères étaient maintenant prêts à prononcer leurs vœux pour la vie. Ils ont fait leurs vœux entre les mains du père général des frères Missionnaires de la Charité contemplatifs et en présence de deux témoins, fr. Jean Marie M.C. et fr. Luke M.C. Comme l'autel représente Dieu, ils sont allés à l'autel et y ont signé leur contrat avec Dieu . Nous avons tous les trois mis aussi nos signatures.
Puis ils se sont agenouillés pour la bénédiction solennelle donnée par le célébrant principal, qui est une très belle prière. Il est bon d’y avoir recours encore et encore. Ce sont des prières qui peuvent nous aider dans les moments de ténèbres, de sécheresse et de découragement.
Ce qui suivit fut la bénédiction du grand crucifix de la profession finale, qui restera toujours un rappel dans toutes les joies et toutes les peines de la vie, dans les bons et les mauvais moments. C'est un signe de fidélité, d'amour et de persévérance. "Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la Croix , alors nous verrons et nous croirons" (Mt 27,40, Mc 15,32). Mais Jésus s'accrocha d'autant plus à la croix et mourut dessus en disant: "Père, entre tes mains, je remets mon esprit" (Lc 23, 46).
Les frères qui venaient de prononcer leurs vœux pour la vie chantèrent un chant dans leur langue maternelle, l'hindi, pour exprimer leur joie et leur gratitude envers Dieu.
Après la Sainte Messe et les salutations initiales, tous furent conduits au Jardin des Oliviers où de simples rafraîchissements avaient été préparés et furent partagés entre nous. La présence de son Excellence Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo fut très encourageante. Nos sœurs M.C. avaient préparé un joli gâteau, bien décoré pour l'occasion. Il semblait si beau que je me sentis désolé de le couper. L'évêque s'est joint aux frères nouvellement profès à vie pour couper le gâteau.
Il était alors 18h30 et nos bus étaient prêts à nous ramener à Nazareth. Nous avons quitté le jardin de Gethsémani rempli de louanges et de gratitude envers Dieu pour avoir fait de la célébration une véritable expérience de Pentecôte de paix, de joie et de partage fraternel. Le cœur de chacun était plein de joie et de gratitude, à tel point que tout au long du chemin de retour des chants d’action de grâces de louange ont été chantés en arabe. Nous sommes arrivés à Nazareth à 21h00 le dimanche 22 octobre 2017.
Nous avons décidé d'avoir toute la nuit l'adoration pour exprimer notre gratitude à la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit et à la Sainte Famille de Nazareth, Jésus, Marie et Joseph. Que notre action de grâces envers Dieu ne cesse jamais !
Je souhaite à chacun de vous une très joyeuse et sainte fête de la Toussaint.
Père Sébastien Vazhakala m.c.
23.11.17
Voici notre traduction intégrale de la catéchèse en italien prononcée par le pape.
HG
Chers frères et sœurs, bonjour !
En poursuivant les catéchèses sur la messe, nous pouvons nous interroger : qu’est-ce que la messe essentiellement ? La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ. Elle nous rend participants de sa victoire sur le péché et la mort et donne sa pleine signification à notre vie.
C’est pourquoi, pour comprendre la valeur de la messe, nous devons avant tout comprendre la signification biblique du « mémorial ». Ce « n’est pas seulement le souvenir des événements du passé mais, d’une certaine manière, elle les rend présents et actuels. C’est exactement comme cela qu’Israël comprend sa libération de l’Égypte : chaque fois que la Pâque est célébrée, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils conforment leur vie à ceux-ci » (Catéchisme de l’Église catholique, 1363). Jésus-Christ, par sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension dans le ciel, a accompli la Pâque. Et la messe est le mémorial de sa Pâque, de son « exode », qu’il a accompli pour nous, pour nous faire sortir de l’esclavage et nous introduire dans la terre promise de la vie éternelle. Ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles.
L’Eucharistie nous conduit toujours au sommet de l’action du salut de Dieu : le Seigneur Jésus, se faisant pain rompu pour nous, reverse sur nous toute sa miséricorde et son amour, comme il l’a fait sur la croix, afin de renouveler notre cœur, notre existence et notre manière d’être en relation avec lui et avec nos frères. Le Concile Vatican II affirme : « Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel le Christ, notre agneau pascal, a été immolé, est célébré sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’effectue » (Const. dogm. Lumen gentium, 3).
Chaque célébration de l’Eucharistie est un rayon de ce soleil sans couchant qu’est Jésus ressuscité. Participer à la messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être éclairés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur. À travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous rends participants de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. Et dans son passage de la mort à la vie, du temps à l’éternité, le Seigneur Jésus nous entraîne nous aussi avec lui pour faire la Pâque. Pendant la messe, on fait la Pâque. À la messe, nous sommes avec Jésus, mort et ressuscité, et il nous entraîne vers la vie éternelle. À la messe, nous nous unissons à lui. Ou plutôt, le Christ vit en nous et nous vivons en lui. « Avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Ga 2,19-20). C’est ce que pensait Paul.
Son sang, en effet, nous libère de la mort et de la peur de la mort. Il nous libère non seulement de la domination de la mort physique, mais de la mort spirituelle qu’est le mal, le péché qui nous prend chaque fois que nous tombons, victimes de notre péché ou de celui des autres. Alors notre vie est polluée, elle perd sa beauté, elle perd sa signification, elle se fane.
Le Christ, lui, nous redonne la vie ; le Christ est la plénitude de la vie et quand il a affronté la mort, il l’annihile pour toujours : « Par sa résurrection, il a détruit la mort et a renouvelé la vie » (Prière eucharistique IV). La Pâque du Christ est la victoire définitive sur la mort, parce qu’il a transformé sa mort en un suprême acte d’amour. Il est mort par amour ! Et dans l’Eucharistie, il veut nous communiquer son amour pascal, victorieux. Si nous le recevons avec foi, nous aussi nous pouvons vraiment aimer Dieu et notre prochain, nous pouvons aimer comme il nous a aimés, en donnant sa vie.
Si l’amour du Christ est en moi, je peux me donner pleinement à l’autre, dans la certitude intérieure que, même si l’autre devait me blesser, je ne mourrais pas ; sinon, je devrais me défendre. Les martyrs ont donné leur vie justement en raison de cette certitude de la victoire du Christ sur la mort. C’est seulement si nous faisons l’expérience de ce pouvoir du Christ, le pouvoir de son amour, que nous sommes vraiment libres de nous donner sans peur. La messe, c’est cela : entrer dans cette passion, cette mort, cette résurrection et cette ascension de Jésus ; quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, la même chose. Mais réfléchissez : si, au moment de la messe, nous allons au calvaire – réfléchissons avec notre imagination – et si nous savons que cet homme, là, est Jésus. Mais est-ce que nous nous permettrions de bavarder, de faire des photos, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous resterions certainement en silence, en pleurs et aussi dans la joie d’être sauvés. Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent, les commentaires et ce genre de choses qui nous éloignent de cette chose si belle qu’est la messe, le triomphe de Jésus.
Je pense que c’est maintenant plus clair que la Pâque se rend présente et opérante chaque fois que nous célébrons la messe, c’est-à-dire le sens du mémorial. La participation à l’Eucharistie nous fait entrer dans le mystère pascal du Christ, nous donnant de passer avec lui de la mort à la vie, c’est-à-dire là, sur le calvaire. La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle.
© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat