13.07.17
Dimanche de Pâques 2017
“Seigneur Jésus, ouvre les écritures pour nous,
Fais brûler nos cœurs quand tu nous parles. Alléluia, alléluia”
Nous célébrons le plus grand événement dans la vie de l’Eglise et dans nos propres vies, l'événement pascal de la mort et de la résurrection de Jésus.
Jésus, étant le Fils de Dieu, n'est pas venu dans ce monde en touriste, ni en vacances. Jésus n'est pas venu dans le monde pour rendre visite à quelques uns de ses bons amis. Il n’est pas venu amasser beaucoup d’argent. Il n’est pas venu dans notre monde pour prendre du bon temps, pour profiter de la vie, il n'a pas non plus voulu naître dans une famille aristocratique.
Il était riche, en lui-même, le plus riche, le plus puissant, le plus sage, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Mais il n’a pas revendiqué son égalité avec Dieu. Au contraire, librement, il a renoncé à tout ce qu’il avait et a pris la condition de serviteur. Il a pris notre nature humaine fragile sans tomber dans le péché. Il a été le plus humble et doux de cœur. Ainsi Il a pu obéir jusqu’à mourir, mourir sur une croix ce Vendredi Saint. Avec un grand cri et dans les larmes, Jésus a présenté ses prières et ses supplications à Dieu, son Père. Parce qu’Il était humble et soumis, Dieu l’a écouté. Bien qu’il soit le Fils de Dieu, Il a pourtant appris à obéir par ses souffrances, sans limites ni conditions. Il a obéi à son Père promptement, joyeusement et sans aucune question.
" C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l'a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père." (cf. Phil. 2, 6-11, Héb 5, 7-10).
Alors, aujourd’hui, c’est la fête de toutes les fêtes dans la Mère l’Eglise, et pour tous ceux qui obéissent comme et avec Jésus. Jésus en parlant à Sainte Teresa de Calcutta parlait des vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et de charité – la pauvreté de la croix, l’obéissance de la croix, la charité de la croix, et des victimes de son amour. Nous ne serons pas capables de vivre notre vie religieuse sans l’expérience du Vendredi Saint. Le Dimanche de Pâques est né du Vendredi Saint. Le Vendredi Saint a donné naissance au dimanche de Pâques, et ils sont devenus inséparables. Il n’y a pas de dimanche de Pâques sans Vendredi Saint, même pour nous, qui sommes faibles, pécheurs et misérables !
Les apôtres ont vécu ce Vendredi Saint dans une terrible peur, dans le désespoir, la tristesse et le chagrin, car ils n’avaient pas encore compris les paroles de Jésus concernant l’événement du troisième jour. Ils n’avaient pas le compte-rendu des témoins. Ils étaient eux-mêmes les témoins. Ils n’avaient pas encore l’Eglise.
Les apôtres voyaient la Tête et croyaient en l’Eglise. Nous, nous voyons l’Eglise et croyons en la Tête, c’est-à-dire Jésus comme la Tête du corps mystique, écrivait saint Augustin d’Hippone. Ils n’avaient pas encore les basiliques et les églises pour prier et pour croire… pour croire et adorer. Ils n’avaient pas des communautés dédiées à la prière, à la pénitence et aux œuvres de miséricorde. Ils n’avaient pas non plus des papes et des saints comme nous les avons aujourd’hui, pour regarder vers eux pour nous inspirer et nous guider, avec leurs convictions et leur engagement. Ils ne célébraient aucune solennité de vigile Pascale . La célébration du premier dimanche de Pâques était si différente de ce que nous célébrons aujourd’hui. Pour eux c’était un jour plein de tristesse et de confusion. Même le corps de Jésus ne pouvait être trouvé ce matin du premier dimanche de Pâques. Personne ne savait qui avait ouvert la tombe scellée, qui avait volé son corps. Plus de peur, plus de consternation et plus d’étonnement. Et, plus de doute, de questions, de sentiments de perte, de vide et de désespoir !
Ils n’avaient pas non plus le cierge pascal, la bénédiction des éléments primordiaux comme l’air, le feu, l’eau et terre pendant la Vigile Pascale. Ils n’avaient pas encore le cierge pascal comme symbole de Jésus lumière et vie du monde. Ils ont vu Jésus la plupart du temps avec des yeux humains ; ils ont aimé Jésus avec leurs cœurs humains ; et ils ont suivi Jésus par amour humain. Leurs yeux étaient fermés à la compréhension des écritures, alors leurs intelligences et leurs cœurs devaient être ouverts à la fraction du pain.
Une des choses les plus importantes que le Seigneur ressuscité ait faite, fut de faire croire aux apôtres à sa résurrection le troisième jour. Sa venue dans le monde aurait été un échec complet s’ils avaient été seulement les témoins privilégiés de la dernière cène, de son agonie au jardin de Gethsémani, de sa trahison et de son arrestation, de son reniement et du procès, de sa flagellation et du couronnement d’épines, des moqueries et du ridicule. Et finalement de sa mort très douloureuse et infâme sur la croix entre deux criminels.
Heureusement pour nous, les quatre évangélistes ont ajouté un ou deux chapitres à leurs évangiles : le 28ème chapitre de saint Mathieu, le 16ème chapitre de saint Marc, le 24ème chapitre de saint Luc et les 20ème et 21ème chapitres de saint Jean. Ces cinq chapitres ont réalisé des changements radicaux dans l’histoire et le mystère de notre salut. C’est ici que nous commençons à comprendre pourquoi saint Jean l’évangéliste nous donne en détail le dernier et septième signe dans son évangile contemplatif : la résurrection de Lazare, qui était dans la tombe depuis quatre jours.
La résurrection de Lazare fut le prélude à la propre résurrection de Jésus du tombeau au troisième jour. Aux cœurs brisés et affligés par la douleur de la séparation du seul frère de Marie et Marthe, Jésus a révélé le plus grand mystère des mystères et le miracle des miracles : la résurrection de Lazare et la résurrection de Jésus. Jésus voulait que Marthe croit qu’Il est la résurrection et la vie. Ceux qui croient en Jésus vivront, même s’ils meurent, et ceux qui vivent et croient en Lui ne mourront jamais… est-ce que nous croyons cela ? (cf. Jn 11, 25-26)
Ensemble avec Marthe, faisons un acte de foi profond, disons : "Oui, Seigneur, je le crois: tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde" (Jn 11, 27), tu es celui qui ressuscita des morts le troisième jour. Jésus voulait que les M.C. soient Marie et Marthe, qui furent témoins des deux miracles : le miracle de la résurrection de Lazare, leur frère, après quatre jours au tombeau, et aussi du plus grand miracle, la résurrection de Jésus lui même du tombeau après trois jours. Marie et Marthe furent aussi parmi les premièrs témoins de la résurrection de Jésus.
Nous aussi, nous sommes appelés à être les témoins du Seigneur ressuscité, en relevant beaucoup de personnes qui vivent dans le désespoir et l’ombre de la mort. Quand nous vivons les trois importantes vertus théologales de la foi, l'espérance et la charité, nous sommes des témoins de la résurrection de Jésus, et avec l’expérience de la joie du Seigneur ressuscité nous pouvons aller vers ceux qui vivent dans le désespoir et les ténèbres de la haine, de la colère et de la dépression. Nous sommes un peuple pascal ; alléluia est notre chant quotidien.
Quand nous allons avec Jésus visiter des personnes spirituellement mortes, nous pouvons témoigner de leur résurrection , peu importe depuis combien de temps elles étaient ensevelies dans le tombeau de leur propre moi. Seul Jésus peut donner la vie. Seul Jésus peut rallumer l’espoir de ceux qui vivent dans le désespoir. Parce que nous croyons en la résurrection de Jésus, nous pouvons traverser les nombreuses expériences de Jeudi Saint et de Vendredi Saint. Ils ne nous écraseront pas. Les âmes sortiront des tombeaux par nos prières, nos pénitences et nos œuvres de miséricorde. Une nouvelle vie fraîche, pleine de joie, commencera à nouveau.
Heureuse et sainte fête de Pâques à tous. Louons le Seigneur, Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia, alléluia !
Que Dieu vous bénisse !
P. Sébastien Vazhakala m.c.
Dimanche des Rameaux, 9 avril 2017
"Votre croix est la source de toutes les bénédictions, la cause de toutes les grâces. Par la Croix, les fidèles reçoivent la force de la faiblesse, la gloire du déshonneur, la vie de la mort "
(Pape Saint-Léon le Grand).
« Aujourd'hui, vous serez avec moi au Paradis » (Lc 23, 43)
Les temps de Carême et de Pâques sont censés être des temps de printemps pour nos esprits déchus, pour nos cœurs glacés, pour nos langues à double tranchants, pour nos esprits corrompus et confus ... C'est le moment acceptable, c'est le temps du salut. « C'est le jour que le Seigneur a fait. Réjouissons-nous et soyons heureux »
Si nous avons fait notre pèlerinage de carême de charité, de prière et de pénitence avec Jésus, dans et par notre Mère l'Eglise, nous pouvons continuer notre voyage joyeux et plein d'espérance avec le Seigneur ressuscité, comme l'ont fait les deux disciples d'Emmaüs le premier jour de la semaine et le troisième jour après la mort de Jésus sur la croix au Calvaire.
Les quatre évangiles parlent de Jésus allant au jardin de Gethsémani après son dernier dîner avec ses apôtres. Ce dernier repas ne fut pas un repas paisible à partir du moment où le Maître est sorti de table, a enlevé ses vêtements, a mis une serviette autour de sa taille et a commencé à laver les pieds de ses apôtres (Jn 13: 4,14). Cela a vraiment dérangé ses hommes. Pire encore fut sa prédiction des reniements et de la trahison de deux d'entre eux, du «groupe noyau» des hommes. Le premier était celui que Jésus avait désigné comme la tête et le chef et l'autre était celui qui tenait la bourse et s'occupait des questions d'argent.
La nuit qui suivit fut tragique pour Jésus et pour ses hommes, qu'il a appelé à lui, pour être avec lui, pour sortir et proclamer, pour donner leurs vies pour leurs amis. Ont-ils vraiment compris le sens et la signification de l'enseignement profond et radical de Jésus à ceux qui ont tout laissé pour le suivre ? Cette nuit de la Pâque a apporté plus de confusion, de tristesse et de désespoir dans les cœurs et les esprits des apôtres. Vont-ils sortir de la soi-disant «tombe du désespoir», du désordre et de la confusion ?
Ce fut la nuit la plus sombre de la naissance de l'Église, qui devait durer non seulement une ou deux générations, mais durant toutes les générations à venir. La pluie tombera, les rivières déborderont, et le vent soufflera contre la maison de Dieu (Mt 7, 24-27). Lorsque nous parcourons l'histoire de l'Église, cela s'est produit depuis son début jusqu'à maintenant. La maison de Dieu continuera d'être combattue. Mais la puissance de l'enfer ne pourra pas la vaincre (Mt 16, 16-19). L'Église est construite sur le roc qui est le mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ. Le grain de blé est tombé en terre, est mort et s'est relevé (Jn 12, 24).
Ici, j'aimerais inviter les lecteurs à réfléchir aux sept dernières paroles de Jésus prononcées depuis la chaire de la Croix. Cependant, je voudrais me limiter à l'un des sept versets que Jésus à dit depuis la Croix à cause du manque de temps et d'espace.
Tout d'abord le contexte. C'était le premier Vendredi Saint : Jésus était suspendu à la croix entre deux voleurs pendant plus de trois heures. Au-dessus de sa tête, il y avait les mots écrits en hébreu, grec et latin, les langues les plus importantes de l’époque : « Jésus, le Nazaréen, roi des Juifs (I.N.R.I.) ». Au pied de la croix se tenait Marie, sa mère, la femme parfaite et obéissante dont le seul désir dans la vie était d'accomplir la volonté de Dieu aussi parfaitement qu'elle le pouvait. Il y avait aussi saint Jean, le disciple que Jésus aimait.
Jésus parla tout d'abord à Dieu, son Père. Il appela deux fois : « Éli, Éli, lemà, sabactani ? », ce qui signifie: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Dans deux autres versets, Jésus s'adresse à son Père de sa manière habituelle et: affectueuse : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23, 34); « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46). Selon l’évangile de Jean, Jésus a confié sa Mère bien-aimée à son disciple bien-aimé, saint Jean, qui se tenait au pied de la croix avec Marie, en disant: « Femme, voici ton fils !» (Jn 19, 26) et au disciple que Jésus aimait : «Jean, voici ta mère ! » (Jn 19, 27).
Jésus parla non seulement à son Père depuis la croix, non seulement à sa Mère chérie et à son disciple bien-aimé, mais il parla également à l'un des voleurs qui pendait sur la croix, qui demanda à Jésus d'avoir pitié de lui, de se souvenir de lui quand Il sera dans son royaume. Quelle incroyable reconnaissance, quel acte de foi et quelle confession de ses péchés. Sans entrer dans les détails, le «bon larron» a avoué en disant : Nous le méritons, ce qui signifie cette crucifixion, mais cet homme n'a rien fait de mal. De la croix, le «bon larron» a fait une correction fraternelle, en disant à l'autre voleur qui insultait Jésus : «Tu ne crains donc pas Dieu ? Tu es pourtant un condamné toi aussi. Et puis, pour nous c'est juste, après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal ». Après avoir corrigé son frère qui se trouvait allongé comme lui et avec lui sur la croix, il se tourna vers le Roi des rois et dit : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ».
Jésus lui dit : « Amen, je te le dis: aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (cf. Lc 23, 40-43).
Jésus a montré un amour et une miséricorde héroïques envers le bon larron, qui s'est confessé à lui. Les deux étaient suspendus à la croix. Les deux étaient dans une agonie mortelle. Le pécheur et celui sans péché. Nous voyons ici la personne de Jésus et le but de sa venue sur la terre. Jean, l'évangéliste a écrit: « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17). Comme c'est vrai ! Jésus nous a appris à être miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux ; il a montré de la miséricorde pour le voleur qui, avec humilité et foi, s'est tourné vers celui qui se trouvait allongé sur la croix comme lui, et pourtant il a reconnu Jésus non seulement comme innocent, mais aussi comme Roi et sauveur : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». La réponse de Jésus n'a pas été ni une réprimande ni un jugement, mais une réponse de pitié: «Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis » (Lc 23, 43).
Nous avons beaucoup à apprendre. Il y a encore beaucoup de place en nous pour le changement, pour le renouvellement, pour la croissance, pour l'humilité, l'humanité et l'amour. La détermination et la décision sont des facteurs indispensables pour grandir en sainteté. Bien que nous ne soyons pas sur la croix comme les voleurs, nous aussi, nous partageons leur infidélité, leurs péchés, leurs échecs et leurs faiblesses. Nous pourrions facilement et à maintes reprises dire ce que le bon larron a dit à l'autre voleur: « ... Pour nous c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal…. » (Lc 23, 41). Nous aussi avons besoin de prier Jésus en disant : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 42).
Je souhaite à chacun de vous une très heureuse et sainte fête de Pâques et un très fructueux et joyeux temps de Pâques qui nous prépare à la grande fête de la Pentecôte.
Avec toute mon affection et ma prière.
Dieu vous bénisse.
Pr. Sebastian Vazhakala m.c.