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03.03.15

French (FR)   Carême 2015  -  Categories: Père Sebastien, fafa  -  @ 17:57:29

Carême 2015

« Tout fidèle, chacun à sa manière, est tenu par la loi divine à faire pénitence... Les jours et temps de pénitence sont, pour l'Église universelle : tous les vendredis de l'année et le temps du Carême » (Can. 1249-1251).

L'Imitation de Jésus-Christ dit : «  Que vous sert de discourir savamment sur la Trinité, si l'humilité vous manque, et que par là vous déplaisiez à la Trinité ? … J'aime mieux sentir en moi la componction que de savoir la définir. » (Livre 1, ch 1/3).
Ces déclarations et des similaires dans le chapitre d'ouverture de l'Imitation de Jésus-Christ nous font méditer comme notre Dame qui retenait « tous ces événements et les méditait dans son cœur » (cf Lc 2, 19).
Nous venons juste de commencer un des temps de l'année liturgique les plus forts spirituellement, le temps du Carême, qui nous prépare au grand événement de Pâques. En fait nous avons deux jours dans chaque semaine pour nous souvenir de l'importance des deux temps liturgiques pour les catholiques croyants : le vendredi et le dimanche.
Depuis ce premier vendredi saint, chaque vendredi nous rappelle la Croix, la preuve du grand amour de Jésus-Christ homme-Dieu, qui nous a aimés jusqu'au bout. Dans l'évangile de St Jean nous lisons : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.  » (15,13). Jésus est devenu l'homme nouveau et véritable, qui est l'image véritable et authentique de Dieu.
Le dimanche est l'autre jour, le premier jour de la semaine, qui a toujours, depuis que Jésus est ressuscité, été célébré dans chaque coin du monde comme un jour de victoire. Comme la résurrection de Jésus est la pierre d'angle de notre foi, une seule célébration annuelle ne suffit pas, mais chaque dimanche de l'année est connu et célébré comme Pâques toutes les semaines. Nous avons donc le Vendredi Saint toutes les semaines et Pâques toutes les semaines.
Le vendredi est le sixième jour de la création et c'est ce jour-là que Dieu a créé l'homme et la femme à sa propre image et ressemblance. Et c'est ce même jour que Jésus-Christ homme-Dieu a détruit le vieil homme et recréé l'homme nouveau en devenant obéissant jusqu'à la mort, la mort sur une croix (cf Ph 2,6-11).
Pour nous chaque vendredi et dimanche sont inséparables, comme les deux côtés de la même pièce de monnaie. L'un des jours nous fait revivre la passion et la mort de Jésus, sa mort sur une croix ; jour de sacrifice et de pénitence ; et l'autre nous fait revivre l'espérance et la joie de la vie, nous rappelant notre vie éternelle. St Paul l'exprime de façon très vivante : «  Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort  » (cf Ph 3, 10).
Le mot « Carême » signifie traditionnellement « printemps ». Il est censé être un réel printemps pour nous pour passer d'une vie spirituelle gelée à une vie fervente, zélée et enthousiaste dans le Seigneur.
Le temps de Carême est un Vendredi Saint prolongé pendant six longues semaines. C'est aussi un temps pour aller avec Jésus dans le désert de Judée de notre vie spirituelle pour être seul avec le Seul. L'Église, à travers les célébrations liturgiques, nous fait revivre la retraite de quarante jours de prière et de jeûne de Jésus, combattant le malin et vainqueur de l' l'ennemi, à la différence d'Adam et Ève, à la différence de tous les autres êtres humains, nous y compris. En Jésus et seulement en lui et avec lui nous pouvons vaincre nos ennemis spirituels qui nous entourent de tous côtés, spécialement quand nous essayons d'être plus fervents et zélés. Jésus lui-même mena la bataille la plus dure contre le malin toute sa vie et il a tenu ferme et battu l'ennemi à un grand prix. Il était le seul à pouvoir endurer un tel degré d'anéantissement et d'humiliation, se faisant lui-même complètement pauvre et impuissant. Il pouvait sauver tous les autres, mais «  il ne pouvait pas se sauver lui-même » (cf Mt 27,42). Même quand il était pendu sur une croix, apparemment impuissant, il a pu encore sauver le bon larron qui lui a demandé de l'aider. La croix est un paradoxe. C'est là où nous avons besoin de silence pour contempler le Jésus crucifié de Nazareth, le Messie et le Sauveur du monde.
La question pour nous c'est comment vivre l'esprit du Carême dans notre vie de tous les jours sans aller au désert mais en essayant de trouver le désert là où nous vivons et travaillons. Nous pouvons avoir à créer le désert dans les grandes villes, les villes ou les villages du monde où nous vivons et travaillons.
Nous devons apprendre à tout faire dans la prière, avec foi et persévérance. C'est là que nous devons apprendre l'art de la contemplation des choses divines et l'union assidue avec Dieu dans la prière. Nous devons nous y former.
Silence. La première condition préalable et la plus importante pour vivre le temps du Carême est l'observance du silence, intérieur et extérieur. Pas de silence, pas de prière. Pas de silence, pas d'écoute de la voix de Dieu. Au fond de nous nous entendons la voix de Dieu qui nous parle. Nous ne pouvons l'entendre que si nous apprenons à l'écouter en silence., comme les prophètes qui ont dit ce qu'ils avaient entendu dans la prière.
Pour vivre selon la volonté de Dieu on doit apprendre à écouter Dieu. « Écoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est l'Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé » (Dt 6,4-7). 
C'était et c'est encore le cœur de l'enseignement de l'Ancien Testament, que Jésus renouvelle quand il dit à l'un des docteurs de la loi : «  Écoute, Israël... » et Jésus a ajouté le second commandement le plus important : «  Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
(cf Mc 12, 29-31).
Écouter est un art et un don. Écouter exige de l'amour, de l'humilité, de la sollicitude et de la considération. En premier nous devons apprendre à écouter Dieu dans la prière et aussi apprendre à écouter Dieu dans l'autre. Si nous avons le don de l'écoute nous voyons que Dieu nous parle dans et à travers chacun, chaque chose et dans chaque situation. La situation peut être très difficile et exigeante mais si nous avons le don et l'habitude d'écouter, d'une manière ou d'une autre nous pouvons réussir et être canalisé très positivement. Des saints comme Ste Thérèse de Lisieux ont su comment écouter tout et tout le monde, surtout Dieu. La bienheureuse Teresa M.C. a écouté la voix de Jésus à la sainte communion quand elle écrit : Aujourd'hui à la sainte communion je l'ai entendu dire :... »
L'écoute exige le silence. C'est l'une des langues les plus importantes que nous devons apprendre pendant nos années de formation, et nous devons le garder pendant toute notre vie : le silence de tous les cinq sens, spécialement des yeux et de la langue. Nous pratiquons le silence volontaire dans :
- l'Imitation du silence de Jésus dans l'Eucharistie ; le silence de Marie et de Joseph dans l'Évangile ;
- la Solidarité avec tous ceux qui sont privés de la parole, de la vue, de l'ouïe, et ceux qui ont choisi de pratiquer le silence pour la vie, comme les trappistes et les autres religieux femmes et hommes ;
- la Réparation pour tous les mots inutiles et nuisibles écrits et dits partout et aussi par les membres de la famille M.C. ;
- Comme une condition nécessaire absolue pour toutes les formes de prière ; et d'une façon particulière pour la méditation, la contemplation et toutes autres formes de prière.

Nous devons apprendre à apprécier la haute valeur du silence :

Le Silence est Douceur. Quand tu ne te défends pas contre les offenses.
Quand tu ne revendiques pas tes droits. Quand tu laisses Dieu te défendre.
Le Silence est Douceur.

Le Silence est Miséricorde. Quand tu ne révèles pas aux autres les fautes de tes frères.
Quand tu pardonnes promptement sans examiner le passé.
Quand tu ne juges pas mais que tu pries dans ton cœur.
Le Silence est Miséricorde.

Le Silence est Patience. Quand tu acceptes de souffrir sans grommeler, sans te plaindre.
Quand tu ne recherches pas les consolations humaines. Quand tu ne deviens pas trop anxieux
mais que tu attends patiemment que germe la semence.
Le Silence est Patience.

Le Silence est Humilité. Quand il n'y a pas de compétition.
Quand tu considères que l'autre est meilleur que toi.
Quand tu laisses tes frères émerger, grandir et mûrir. Quand tu abandonnes tout au Seigneur joyeusement.
Quand tes actions peuvent être mal interprétées. Quand tu laisses aux autres la gloire de l'entreprise.
Le Silence est Humilité.

Le Silence est Foi. Quand tu restes paisible parce que tu sais que le Seigneur agira.
Quand tu renonces à la voix du monde pour demeurer en présence du Seigneur.
Quand tu ne t'efforces pas d'être compris parce qu'il te suffit de savoir que le Seigneur te comprend.
Le Silence est Foi.

Le Silence est Adoration. Quand tu embrasses la croix sans demander « Pourquoi ? »
Le Silence est Adoration.
« Mais Jésus gardait le silence »

Concrètement, comment vivons-nous le Carême de façon plus priante, plus fidèlement et avec plus de persévérance ? Ici nous avons besoin de relever les quelques formes traditionnelles de vivre le Carême :
1)Être fidèle à ses devoirs de la vie quotidienne et bien les accomplir.
2)Faire les choses ordinaires avec un amour extraordinaire pour la plus grande gloire de Dieu.
3)Tout faire dans la prière, fidèlement et avec persévérance.
4)Faire plus attention à observer le silence, intérieur et extérieur, pour écouter la voix de Dieu.
5)Méditer la Passion de Jésus basée sur les Évangiles (Mt 26 et 27 ; Mc 14 et 15 ; Lc 22 et 23 ; Jn 18 et 19).
6)Faire le chemin de croix chaque jour avec dévotion, si possible.
7)Prier chaque jour les cinq mystères douloureux du Rosaire.
8)Pratiquer les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles autant que possible et selon sa situation (cf R. 101). (Constitutions des frères contemplatifs M.C.)
9)Essayer d'être gentil, doux et humble les uns avec les autres dans la communauté, le mouvement, la famille.
10)Participer au sacrifice eucharistique de la messe avec la préparation qui lui est due et la plus grande attention.
11) Remercier Dieu pou le don des sens et en faire bon usage pour aider les autres, pour s'encourager et se renforcer les uns les autres dans l'amour. En d'autres termes, faire un usage positif de tous nos sens, y compris notre esprit, nos mains et nos pieds. Nous souvenant qu'il vaut mieux allumer une bougie que de maudire l'obscurité.
12) Nous essayons d'apprendre à nous respecter avec amour et humilité, car chaque personne a le droit inaliénable et le devoir, ainsi que la dignité d'un être humain, peu importe d'où il vienne, sa couleur de peau, etc... Rappelons-nous que les vaches peuvent avoir une couleur différente mais le lait est toujours blanc.
13) Essayons de plus en plus de voir le bon en chacun, d'apprécier et d'encourager chacun, tout en suivant la pratique de l'enseignement évangélique de la correction fraternelle (cf Mt 18,15-17). « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.  » (Jn 3,17).
En vous souhaitant à tous un très fervent et paisible temps de Carême.
Avec toute mon amitié et ma prière.
Que Dieu vous bénisse.
Père Sébastien Vazhakala M.C.


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