25.05.13

Voici la traduction de la salutation donnée par Sœur Mary Prema Pierick M.C., Supérieure Générale des Missionnaires de la Charité, au pape François lors de sa visite à la Casa Dono Di Maria au Vatican le mardi 21 mai 2013 .
Cher Saint Père,
Je tiens à vous exprimer nos vœux de binvenue et nos remerciements les plus sincères pour avoir accepté notre invitation à être ici aujourd'hui, pour louer et remercier le Seigneur avec la "Famiglia delle Missionnaire" (Les familles des missionnaires) et les Missionnaires de la Charité avec ceux qui vivent dans cette maison d'accueil et avec nos collaborateurs.
Cette journée nous ramène à la mémoire il y a 25 ans, lorsque le 21 mai 1988, le bienheureux Jean-Paul II a confié la Maison le "Gift of Mary" à la Bienheureuse Teresa de Calcutta, une maison destinée à devenir un lieu de consolation pour ceux qui sont dans le besoin et qui désirent être touchés par l'amour du Christ. Jésus lui-même a dit: «Tout ce que vous faites au plus petit de mes frères, c'est à moi que vous le faites." Cette maison est un don de la Bienheureuse Vierge Marie et nous sommes conscients que c'est seulement avec Marie et à travers elle que nous pouvons reconnaître Jésus et le servir dans Ses «petits».
Votre Sainteté, nous nous confions à vos prières afin que nous soyons toujours fidèles à notre charisme. Humblement, nous vous demandons de transmettre votre Bénédiction apostolique sur ce travail de sorte qu'il puisse être un signe visible de la compassion de Jésus dans le monde d'aujourd'hui. Je vous remercie.
23.05.13

Le pape François s'est rendu à la Maison d'accueil le Don de Marie : la Casa Dono di Maria, située à deux pas de la place saint Pierre, voulue et inaugurée par le pape Jean-Paul II il y a 25 ans (le samedi 21 mai 1988) et tenue par les soeurs Missionnaires de la Charité, de Mère Teresa, ce 21 mai, vers 17 h 30, en visite privée, accompagné du cardinal Angelo Comastri, de Mgr Georg Gänswein, et de Mgr Alfred Xuereb, à l'occasion du 25e anniversaire de la fondation.
Cette Maison est située sur le territoire du Vatican mais ouverte sur la rue.
La rencontre a eu lieu dans la cour entre la maison, le palais du Sant'Uffizio et l'atrium de la Salle Paul VI, où il y a peu se trouvait la salle de presse pour le conclave.
Le pape y a été reçu par la supérieure générale des Missionnaires de la Charité, soeur Mary Prema et les soeurs ont mis au cou du pape les traditionnelles fleurs indiennes pour accueillir les hôtes.
La maison accueille environ 25 femmes et les 60 hommes qui viennent y manger chaque jour.
Jean Paul II s'était rendu à huit reprises dans cette maison d'accueil, et Benoît XVI le 4 janvier 2008 et le 26 décembre 2010 pour un repas avec 250 pauvres.
Chaque jour, les religieuses secondées par des bénévoles, y distribuent, sans distinction de nationalité ou de religion, de la nourriture à des centaines de pauvres et hébergent des dizaines de femmes auxquelles elles assurent également une assistance médicale. Des séminaristes y viennent pour y faire une expérience de service. Dans son discours, devant une assemblée de pauvres, de religieuses et de bénévoles, le Souverain Pontife s’est attardé sur la signification des trois mots qui composent le nom de cette institution.Après son discours, le pape a salué chacun un à un.
Allocution du pape François le 21 mai 2013,
à la Maison des sœurs Missionnaires de la Charité au Vatican :
Casa Dono di Maria
Chers frères etr sœurs, bonsoir,
Je vous adresse à tous une salutation affectueuse, et de façon spéciale à vous, chers hôtes de cette Maison, qui est surtout la vôtre, parce qu'elle a été pensée et instituée pour vous. Je remercie tous ceux qui, de différentes façons, soutiennent cette belle réalité vdu Vatican. Ma présence ce soir veut avant tout être un merci sincère aux Missionnaires de la Charité, fondées par la bienheureuse Teresa de Calcutta, qui travaillent ici depuis 25 ans, avec de nombreux bénévoles, en faveur de tant de personnes qui ont besoin d'aide. Merci de tout cœur ! Vous, chères sœurs, vous rendez visible, avec les (frères et les pères) Misionnaires de la Charité et les coopérateurs, l'amour de l'Eglise pour les pauvres. Par votre service quotidien, vous êtes – comme le dit un psaume – la main de Dieu qui apaise la faim de tout être vivant (cf Ps 145, 16). Combien de fois, au cours de ces années, vous vous êtes penchées sur qui en avait besoin, comme le Bon Samaritain, vous l'avez regardé dans les yeux, vous lui avez donné la main pour le soulager! Combien de bouches vous avez nourries avec patience et dévouement! Combien de blessures, spécialement spirituelles, vous avez pansées! Aujourd'hui, je voudrais m'arrêter sur trois mots qui vous sont familiers: maison, don, Marie.
1.Cette structure, voulue et inaugurée par le bienheureux Jean-Paul II est une "maison"
- mais c'est une affaire entre saints, entre bienheureux! Jean-Paul II, Teresa de Calcutta; et la sainteté est passée, c'est beau cela! -. Et lorsque nous disons "maison", nous voulons dire lieu d'accueil, une demeure, un milieu humain où se sentir bien, se retrouver soi-même, se sentir intégré dans un territoire, dans une communauté. Encore plus profondément, "maison" est un mot à la saveur typiquement familiale, qui rappelle la chaleur, l'affection, l'amour dont on peut faire l'expérience dans une famille. La "maison" représente alors la richesse humaine la plus précieuse, celle de la rencontre, celle des relations entre les personnes, différentes en âge, culture, histoire, mais qui vivent ensemble et qui s'aident à grandir ensemble. C'est justement tout cela que la "maison" est un lieu décisif de la vie, où la vie grandit et peut se réaliser, parce que c'est un lieu où chaque personne apprend à recevoir de l'amour et à donner de l'amour. C'est cela la "maison". Et c'est ce que cette "maison" cherche à être depuis 25 ans! A la frontière entre le Vatican et l'Italie, elle est un appel fort pour nous tous, pour l'Eglise, pour la Ville de Rome, à être toujours davantage famille, "maison" où l'on est ouvert à l'accueil, à l'attention, à la fraternité.
2. Il y a ensuite le deuxième mot très important: le mot "don", qui qualifie cette maison et en définit l'identité typique. C'est en effet une maison qui se caractérise par le don, par le don réciproque. Qu'est-ce que je veux dire? Je veux dire que cette maison donne accueil, soutien matériel et spirituel à vous, chers hôtes, qui venez de différentes parties du monde; mais vous aussi vous êtes un don pour cette maison et pour l'Eglise. Vous nous dites qu'aimer Dieu et son prochain n'est pas une chose abstraite mais profondément concrète: cela signifie voir en toute personne le visage du Seigneur à servir, et le servir concrètement. Et vous, chers frères et soeurs, vous êtes le visage de Jésus. Merci! Vous "donnez" à ceux qui travaillent en ce lieu la possibilité de servir Jésus en qui est en difficulté, en qui a besoin d'aide. Cette maison est alors une transparence lumineuse de la charité de Dieu, qui est un Père bon et miséricordieux pour tous. Ici, l'on vit une hospitalité ouverte, sans distinction de nationalité ou de religion, selon l'enseignement de Jésus "vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement" (Mt 10,8). Nous devons tous récupérer le sens du don, de la gratuité, de la solidarité. Un capitalisme sauvage a enseigné la logique du profit à tout prix, du donner pour obtenir, de l'exploitation sans regarder les personnes… et les résultats, nous les voyons dans la crise que nous sommes en train de vivre! Cette maison est un lieu qui éduque à la charité, à une "école" de la charité, qui enseigne à aller à la rencontre de toute personne, non pour le profit mais par amour. La musique - disons-le ainsi - de cette maison, c'est l'amour. Et c'est beau! Et j'aime que les séminaristes de tout le monde viennent faire ici une expérience directe de service. Les futurs prêtres peuvent ainsi vivre de façon concrète un aspect essentiel de la mission de l'Eglise et en faire trésor pour leur ministère pastoral.
3. Enfin, il y a une dernière caractéristique de cette maison: elle s'appelle "don de Marie". La Vierge sainte a fait de son existence un don incessant et précieux à Dieu parce qu'elle aimait le Seigneur. Marie est un exemple et un stimulant pour ceux qui vivent dans cette maison, et pour nous tous, à vivre la charité envers le prochain non en vertu d'une sorte de devoir social, mais en partant de l'amour de Dieu, de la charité de Dieu. Et aussi - comme nous l'avons entendu de Mère (Teresa) - Marie est celle qui nous conduit à Jésus, et nous enseigne comment aller à Jésus; et la Mère de Jésus est la nôtre, et fait famille, avec nous et avec Jésus. Pour nous, chrétiens, l'amour du prochain naît de l'amour de Dieu et en est l'expression la plus limpide. Ici, l'on cherche à aimer le prochain, mais aussi de se laisser aimer par le prochain. Ces deux attitudes marchent ensemble, il ne peut y avoir l'un sans l'autre. Sur le papier à en-tête des Missionnaires de la Charité, ces paroles de Jésus sont imprimées: "Tout ce que vous avez fait à un seul des plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25,40). Aimer Dieu dans nos frères et aimer nos frères en Dieu.
Chers amis, encore merci à chacun de vous. Je prie pour que cette maison continue à être un lieu d'accueil, de don, de charité, dans le coeur de notre Ville de Rome. Que la Vierge Marie veille toujours sur vous et que ma bénédiction vous accompagne. Merci.
20.05.13

Maison-Mère
1er mai 2013
Mes chers coopérateurs, actifs et souffrants, LMC et volontaires,
Que l'amour et la joie de la rencontre avec notre Seigneur ressuscité emplissent vos cœurs en ce temps de Pâques.
Il y a vingt ans, le 20 mars 1993, Mère a écrit une lettre adressée aux sœurs, aux frères et aux pères, ouvrant son âme sur le dessein et le but même de notre existence comme Missionnaires de la Charité. Et spécifiquement, elle a écrit : « N'excluez pas les coopérateurs et les LMC de cette demande, c'est leur appel à eux aussi, aidez-les à le connaître. » Ceci s'adresse aussi à nos volontaires qui veulent servir et qui cherchent à donner un sens plus profond à leur service.
En mourant sur la croix, Jésus a dit : « J'ai soif » (Jean 19,28). Vous avez vu ces paroles près du crucifix dans nos chapelles. Comme l'a dit Jean-Paul II, la soif naturelle est « un signe qui révèle une autre soif, la soif spirituelle. » Jésus a soif des âmes. Il a soif de notre foi et de notre amour.
Nous étanchons cette soif en permettant à Dieu de nous aimer, de nous pardonner, de nous guérir et de nous accepter comme nous sommes ; et aussi en en désirant intensément la présence de Dieu, en nous accrochant à Lui, et en trouvant notre joie en Lui.
Et nous étanchons la soif de Dieu en donnant un service gratuit et de tout cœur aux plus pauvres parmi les pauvres matériellement et spirituellement : en donnant non seulement de la nourriture, des vêtements et des médicaments mais aussi un sourire joyeux et un mot gentil, en faisant de petites choses avec un grand amour.
Jésus a dit que tout ce que nous faisons au plus petit de Ses frères c'est à Lui que nous le faisons. Ainsi, Mère dit : « J'ai soif » et « C'est à moi que vous l'avez fait » - Souvenez-vous toujours de relier les deux, les moyens avec le but. » Notre service est de mettre l'amour en action, peu importe qu'il soit petit ou humble.
Que l'amour assoiffé de Dieu trouve une réponse d'amour dans vos cœurs qui s'exprime dans le service aux plus nécessiteux et aux plus rejetés dans vos familles, votre voisinage, vos écoles, vos lieux de travail.
Nous avons accompagné le pape Benoît XVI de notre amour reconnaissant et de notre prière au cours des jours qui ont suivi l'annonce de sa résignation de la papauté, en ayant confiance que Dieu nous donnerait un autre Saint Père selon son Cœur. Nos prières ont été exaucées en notre nouveau Saint Père, le pape François, à qui nous promettons notre profond respect et notre obéissance. J'espère le rencontrer un jour prochain.
Priez, s'il vous plaît, pour nos sœurs et les pauvres qui se trouvent dans toutes les parties troublées du monde. Nos sœurs à Deir-ez-Zor, en Syrie, ont dû évacuer les lieux avec les jeunes femmes attardées mentales dont elles prennent soin après l'explosion d'une bombe, en août dernier, dans le quartier de l'église où elles vivaient. Depuis elles sont à Damas où elles attendent et prient pour que la paix soit restaurée en Syrie.
Pour le premier groupe de sœurs qui a rejoint Mère, le 12 avril cette année était le 60ème anniversaire de leur première profession de vœux. Joignez-vous à nous, s'il vous plaît, pour féliciter Sr Gertrude M.C. (Maison-Mère), Sr Dorothy M.C. (New York), Sr Clare M.C. (Rajasthan, Inde), Sr Laetitia M.C. (Shishu Bhavan, Calcutta) et Sr Francisca M.C. ( New York) et prier pour elles. Nos frères M.C. qui ont célébré le Jubilé d'or de leur fondation le 8 avril se sont souvenus avec amour et gratitude de tous les coopérteurs, les volontaires et les LMC qui les ont aidés pendant ces 50 ans.
Les histoires que vous avez partagées , coopérateurs, LMC et volontaires dans la newsletter qui est jointe à cette lettre, révèlent ce que Dieu fait en vous, à travers vous et avec vous. Merci d'être des canaux de l'amour de Dieu pour un monde assoiffé.
Continuez, s'il vous plaît, à prier pour moi et pour toutes nos sœurs. Vous et vos familles vous êtes dans ma prière.
Que Dieu vous bénisse
Sr M. Prema m.c.
Lettre de Mère Teresa reconnue comme son TESTAMENT
+LDM 25 Mars, 1993 Varanasi
Mes très chers enfants, Sœurs, Frères et Pères,
Cette lettre étant très personnelle, j'ai voulu l'écrire de ma propre main, mais il y a tant de choses à dire. Mais même si elle n'est pas de la main de Mère, elle vient cependant du cœur de Mère.
Jésus veut que je vous dise encore- surtout en cette Semaine Sainte- combien Il a d'amour pour chacun d'entre vous, au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Je m'inquiète de ce que certains d'entre vous n'aient pas encore vraiment rencontré Jésus -seul à seul- : vous et Jésus seulement. Nous pouvons passer du temps à la chapelle, mais avez-vous vu – avec les yeux de votre âme- avec quel amour Il vous regarde ? Connaissez-vous vraiment Jésus vivant, non pas à partir de livres mais en étant avec Lui dans votre cœur? Avez-vous entendu les mots d'amour qu'Il vous dit ? Demandez la grâce: Il a le désir ardent de vous la donner. Tant que vous n'entendrez pas Jésus dans le silence de votre propre cœur, vous ne pourrez pas l'entendre dire « J'ai soif »dans le cœur des pauvres. N'abandonnez jamais ce contact intime quotidien avec Jésus comme une personne réelle vivante, non pas juste comme une idée. Comment pouvons-nous passer même un seul jour sans entendre Jésus dire « Je t'aime ». C'est impossible. Notre âme en a besoin autant que notre corps a besoin de respirer l'air. Sinon, la prière est morte, la méditation n'est que réflexion. Jésus veut que chacun d'entre vous l'entende - parler dans le silence de votre cœur.
Faites attention à tout ce qui pourrait faire obstacle à ce contact personnel avec Jésus vivant. Le diable peut essayer de se servir des blessures de la vie, et quelquefois de nos propres fautes pour vous faire sentir qu'il est impossible que Jésus vous aime réellement, qu'Il est vraiment attaché à vous. C'est un danger pour nous tous. Et c'est très triste, parce que c'est complètement à l'opposé de ce que Jésus veut réellement et attend de vous dire. Non seulement qu'Il vous aime, mais encore plus: qu'Il vous désire ardemment. Vous Lui manquez quand vous ne venez pas près de Lui. Il a soif de vous. Il vous aime toujours, même quand vous ne vous en sentez pas dignes. Lorsque vous n'êtes pas acceptés par les autres, même parfois par vous-même. Il est celui qui vous accepte toujours. Mes enfants, vous n'avez pas à être différents pour que Jésus vous aime. Croyez seulement : vous êtes précieux pour Lui. Apportez toutes vos souffrances à ses pieds, ouvrez seulement votre coeur pour qu'Il vous aime tels que vous êtes. Il fera le reste.
Vous savez tous dans votre esprit que Jésus vous aime, mais avec cette lettre, Mère veut plutôt toucher votre cœur. Jésus veut ranimer nos cœurs, pour que nous ne perdions pas notre premier amour, surtout dans le futur quand Mère vous aura quittés. C'est pourquoi je veux que vous lisiez cette lettre devant le Saint Sacrement, là même où elle a été écrite, afin que Jésus lui-même puisse parler à chacun de vous.
Pourquoi Mère vous dit-elle cela ? Après avoir lu la lettre du Saint Père sur « J'ai soif », j'étais tellement frappée que je ne pourrais pas vous dire ce que j'ai ressenti. Cette lettre m'a fait découvrir encore davantage combien notre vocation est belle. Combien est grand l'amour de Dieu envers nous pour qu'Il est choisi notre Congrégation pour étancher cette soif de Jésus, d'amour , et des âmes – en nous donnant notre place spéciale dans l'Église. En même temps nous rappelons au monde Sa Soif , quelque chose que l'on oubliait. J'ai écrit au Saint Père pour le remercier. La lettre du Saint Père est un signe pour notre Congrégation toute entière – pour approfondir de plus en plus cette grande soif de Jésus de chacun de nous. C'est aussi un signe pour Mère, que le temps est venu pour moi de parler ouvertement du don que Dieu a fait le 10 septembre, d'expliquer de façon aussi détaillée que je le peux ce que signifie pour moi la Soif de Jésus.
Pour moi, la Soif de Jésus est une chose si intime, que jusqu'à présent je me suis sentie gênée pour vous parler du 10 septembre. Je voulais faire comme Notre Dame qui « gardait toutes ces choses dans son cœur. » C'est pourquoi Mère n'a pas tellement parlé de « J'ai soif », surtout en public. Mais cependant les lettres et les instructions de Mère la désignent toujours, en montrant les moyens d'étancher Sa Soif à travers la prière, l'intimité avec Jésus, en vivant nos vœux, surtout notre 4ème vœu. Pour moi c'est si clair : tout chez les MC existe uniquement pour étancher la Soif de Jésus. Ses paroles écrites sur le mur de chaque chapelle MC, ne proviennent pas seulement du passé, mais elles sont vivantes ici et maintenant, elles vous sont dites. Est-ce que vous le croyez? Si vous le croyez , vous entendrez, vous sentirez Sa présence. Laissez-la devenir aussi intime pour chacun de vous qu'elle l'est pour moi: c'est la plus grande joie que vous puissiez m'offrir. Mère essaiera de vous aider à comprendre, mais Jésus lui-même doit être le seul à vous dire « J'ai soif » Ecoutez votre propre nom. Pas seulement une fois. Chaque jour. Si vous écoutez avec votre cœur, vous entendrez, vous comprendrez.
Pourquoi Jésus dit-il « J'ai soif » ? Qu'est-ce que cela signifie ? C'est très difficile de l'expliquer avec des mots. Si vous deviez retenir une seule chose de la lettre de Mère, rappelez-vous ceci: « J'ai soif » est quelque chose de beaucoup plus profond que Jésus disant seulement « Je vous aime. » Tant que vous ne saurez pas de façon très intime que Jésus a soif de vous, vous ne pourrez pas commencer à savoir qui Il veut être pour vous. Ni qui Il veut que vous soyez pour Lui.
Le cœur et l'âme des MC sont seulement ceci : la Soif du Cœur de Jésus, caché dans les pauvres. C'est la source de tout ce qui fait la vie des MC. Elle nous donne notre But, notre 4ème vœu, l'esprit de notre Congrégation et son unique objectif. Etancher la soif de Jésus vivant au milieu de nous : est la seule raison d'être de la Congrégation. Pouvons-nous chacun d'entre nous en dire autant que c'est notre seule raison de vivre ? Demandez-vous : est-ce que cela ferait une différence dans ma vocation, dans ma relation avec Jésus , dans mon travail, si la Soif de Jésus n'était plus notre But, n'était plus sur les murs de la chapelle ? Est-ce que cela changerait quelque chose dans ma vie ? Est-ce que j'en ressentirais une perte ? Posez-vous ces questions honnêtement et que ce soit un test pour chacun pour voir si la Soif de Jésus est une réalité, quelque chose de vivant, pas simplement une idée.
« J'ai soif » (Jn 19,28) et « C'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,30) : rappelez-vous toujours de lier les deux, le moyen avec le But. Que nul ne sépare ce que Dieu a uni. Ne sous-estimez pas nos moyens pratiques: le travail pour les pauvres, si petit ou humble qu'il soit – qui font de notre vie quelque chose de beau pour Dieu. Ils sont les dons les plus précieux de Dieu à notre Congrégation, : la présence cachée mais si proche de Jésus, si capable de nous toucher. Sans notre travail pour les pauvres le But disparaît – la Soif de Jésus se réduit à des mots qui n'ont pas de sens ni de réponse . En unissant les deux, notre vocation de MC restera vivante et réelle, ce que Notre Dame a demandé.
Faites attention au choix des prédicateurs de retraite. Ils ne comprennent pas tous correctement notre esprit. Ils peuvent être saints et érudits, cela ne suppose pas pour autant qu'ils aient la grâce d'état de notre vocation. S'ils vous disent quelque chose de différent de ce que Mère écrit dans cette lettre, je vous demande de ne pas écouter ni de vous laisser troubler. La Soif de Jésus est le foyer de tout ce qui est MC. L'Eglise l'a confirmé encore et encore : « Notre charisme est d'étancher la Soif de Jésus d'amour et des âmes , en travaillant au salut et à la sanctification des plus pauvres parmi les pauvres. » Rien de différent. Rien d'autre. Faisons tout ce que nous pouvons pour protéger ce don de Dieu à notre Congrégation.
Croyez-moi, mes chers enfants, soyez très attentifs à ce que Mère vous dit maintenant: seule la Soif de Jésus, si vous l'entendez, la ressentez, y répondez avec tout votre coeur, gardera la Congrégation en vie après que Mère vous aura quittés. Si c'est votre vie, tout ira bien pour vous. Même quand Mère vous aura quittés, la Soif de Jésus ne vous quittera jamais. Jésus, assoiffé dans les pauvres, vous L'aurez toujours avec vous.
C'est pourquoi je veux que les Sœurs actives et les Frères actifs, les Sœurs contemplatives et les Frères contemplatifs, et les Pères s'aident mutuellement à étancher la Soif de Jésus avec leurs dons particuliers : en se soutenant, en se complétant les uns les autres et cette Grâce précieuse d'une Famille unie, avec un seul But et objectif. N'excluez pas les Coopérateurs ni les Laïcs MC de cette demande, c'est leur appel à eux aussi, aidez-les à le comprendre.
Parce que le premier devoir du prêtre est le ministère de la prédication, j'ai demandé il y a quelques années à nos Pères de commencer à parler sur « J'ai soif », pour entrer plus profondément dans le don que Dieu a fait à notre Congrégation le 10 septembre. Je sens que Jésus veut cela d'eux, aussi dans le futur – priez donc Notre Dame de les garder dans ce rôle particulier de leur 4ème vœu. Notre Dame nous aidera tous pour cela, puisqu' elle fut la première personne, avec St Jean, et j'en suis sûre Marie Madeleine, à entendre le cri de Jésus « J'ai soif ». Parce qu'elle était là au Calvaire, elle sait combien le désir ardent de Jésus pour vous et pour les pauvres est réel et profond. Le savons-nous? Le sentons-nous comme Elle? Demandez-lui de vous l'apprendre, vous et toute la Congrégation êtes à elle. Son rôle est de vous amener face à face, comme Jean et Madeleine, avec l'amour dans le Cœur de Jésus crucifié. Avant, c'était Notre Dame qui suppliait Mère, maintenant c'est Mère qui, en son nom, vous supplie : « Écoutez la soif de Jésus. » Qu'elle soit pour chacun de vous ce que le Saint Père a dit dans sa lettre: une Parole de Vie.
Comment approchez-vous la Soif de Jésus ? Un seul secret : plus vous viendrez près de Jésus, mieux vous connaîtrez Sa Soif. « Repentez-vous et croyez », nous dit Jésus. De quoi faut-il nous repentir ? De notre indifférence, de notre dureté de cœur. Que faut-il croire ? Que Jésus a soif, même maintenant, dans votre cœur et dans les pauvres – Il connaît votre faiblesse, Il veut seulement votre amour, Il veut seulement avoir la chance de vous aimer. Il n'est pas lié par le temps. Chaque fois que nous venons près de Lui, nous devenons associés à Notre Dame, à St Jean, à Marie Madeleine. Ecoutez-Le. Ecoutez votre propre nom. Faites que ma joie et la vôtre soient complètes.
Prions
Que Dieu vous bénisse
M. Teresa m.c.