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11.04.12

French (FR)   Lettre de père Sebastian M.C. de Pâques 2012  -  Categories: Père Sebastien, fafa  -  @ 17:50:12

Pâques 2012

Chers frères et sœurs bien-aimés,

Une fois de plus nous sommes arrivés aux jours les plus importants de l'année, que nous appelons la semaine sainte. Elle commence le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur et se termine le soir du dimanche de Pâques.
Ce qui me frappe toujours c'est que l'on ne peut pas séparer le vendredi saint du dimanche de Pâques. Ils sont comme les deux côtés de la même pièce de monnaie. Il n'y a aucune vie ici sur la terre, pour personne, sans douleur, sans souffrance et sans chagrin, et finalement sans la mort même ; il n'y a pas de vie non plus sur la terre sans joie et sans bonheur, pour ceux qui croient. Notre vie terrestre est donc un mélange de joie et de chagrin, d'espoirs et de déceptions, d'obscurité et de lumière, de mort et de vie.
Par sa conversion, St Paul a compris le sens chrétien de la souffrance humaine, et ainsi il écrit : «  A cause de lui, j'ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d'un seul avantage, le Christ en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. ... Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts.  »
(Ph 3, 8-11).
Quel acte de foi incroyablement courageux, qui l'a amené à faire ce qu'il avait dit. Il a tenu parole jusqu'au bout. «  J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.  » (cf Rm 8, 38-39).
Sans l'expérience du vendredi saint nous ne pouvons pas jouir non plus du dimanche de Pâques. Paul n'a pas pu faire l'expérience de la puissance de la résurrection de Jésus sans partager les souffrances de Jésus, en devenant comme Jésus dans sa mort. Dans des mots simples  nous pouvons dire : nul bien sans peine.
Il y a aussi un autre aspect, qui est d'utiliser nos souffrances, notre douleur et notre chagrin positivement. En d'autres mots, de comprendre le sens chrétien de la souffrance humaine – Salvifici Doloris. Que toutes les souffrances, les incompréhensions, les humiliations, les sensations corporelles pénibles, le sentiment de rejet, etc., deviennent des canaux de la grâce et des moyens de sauver des âmes. C'est ce que l'on attend de la part de chaque chrétien, des M.C. et des LMC en particulier, car Jésus a été clair et net quand il a dit à la bienheureuse Teresa M.C. :
 «  Ta vocation est d'aimer et de souffrir et de sauver les âmes  ».
Jésus n'a pas aboli la souffrance et la douleur de notre vie terrestre mais il leur a donné un sens positif, à tel point que la souffrance est devenue un moyen nécessaire pour sauver les âmes. Jésus a dit aux disciples qui se rendaient à Emmaüs : «   Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26).
Jésus a dit à la bienheureuse Teresa M.C. : «  Dans ton immolation, dans ton amour pour Moi, les pauvres Me verront, Me connaîtront, Me voudront. Offre plus de sacrifices, souris plus tendrement et prie avec plus de ferveur  ».
La bienheureuse Teresa a reçu sa vocation et sa mission finale et définitive de la Croix, en présence de sa Mère. Là la scène du Calvaire se répète. L'appel de Jésus est terriblement exigeant... être une victime, être pauvre, obéissante et pleine d'amour, s'immoler comme Jésus sur la Croix, lui obéir sans poser aucune question, lui faire confiance avec amour et aveuglément, lui donner un service de tout cœur et gratuit dans les plus pauvres parmi les pauvres. C'est le chemin que nous sommes appelés à suivre pour faire l'expérience de la puissance de la résurrection de Jésus en devenant comme lui dans sa mort.
L'arbre de la Croix était une malédiction jusqu'à ce que Jésus meurt sur la Croix. Toute sorte de souffrance, physique, psychologique ou morale, toute sorte de souffrance corporelle ou de mort prématurée était considérée comme une punition de Dieu pour ses péchés personnels ou les péchés de ses parents ou des membres de sa famille. Grâce à Dieu, Jésus a sanctifié la Croix et lui a donné sa sacramentalité en mourant sur elle. La Croix pour un chrétien est devenue maintenant la route royale vers la vie éternelle parce qu'après la mort tragique de Jésus sur l'arbre de la Croix, il y a la résurrection glorieuse du tombeau !
Grâce à Dieu, tous les quatre évangélistes concluent leurs récits sur Jésus non pas par sa mise au tombeau mais par sa résurrection glorieuse et par les nombreuses apparitions, par lesquelles tous les quatre évangélistes prennent la peine de montrer que Jésus est vivant et encore plus actif alors qu'avant.
Que les célébrations de Pâques ouvrent donc nos yeux pour que nous reconnaissions la présence et l'action de Dieu, et qu'elles ouvrent nos esprits à la compréhension des Écritures comme les apôtres et les disciples l'ont fait. Répétons les paroles des disciples d'Emmaüs, qui ont dit : «  « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? ». Comme ils ont compris alors le sens des souffrances de Jésus, sa mort cruelle et honteuse sur la Croix, ils ont pu retourner sans peur à Jérusalem au cours de la même nuit obscure, avec la lumière de la foi allumée en eux par le Seigneur ressuscité pour annoncer la Bonne Nouvelle que «  C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité...  ». « A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem...  » (Lc 24,33).
Que les paroles de St Thomas, l'apôtre qui a demandé de mettre son doigt dans les plaies de Jésus, et sa main dans Son côté huit jours après la résurrection, et s'est exclamé ainsi quand il a vu les plaies : «  Mon Seigneur et mon Dieu !  », provoquent la même réponse en nous. Le Seigneur ressuscité ne veut pas que nous soyons incrédules, mais que nous croyions, même quand nous ne voyons pas Jésus comme St Thomas l'a vu. Thomas a cru parce qu'il a vu le Seigneur ressuscité et les plaies sacrées de Jésus. «  Heureux ceux qui croient sans avoir vu  » (Jn 20,29).
Parfois, quand nous vivons certaines expériences douloureuses, quand nous sommes incompris de nos supérieurs, de nos compagnons, même des membres de notre propre famille ou de ceux avec qui nous vivons et travaillons, quand nous donnons sincèrement un service de tout cœur et gratuit aux gens, desquels nous pouvons avoir aucun retour ni en paroles ni dans leur comportement, quand nous vivons des épreuves dans la vie de la communauté, en famille, ou que nous sentons que nous ne pouvons pas aller plus loin, puissions-nous avoir la foi de St Thomas et les paroles réconfortantes de notre Seigneur qui nous accueille en nous disant : «  La paix soit avec vous  ».
N'oublions pas, mais souvenons-nous, que l'événement de Pâques est la pierre d'angle de la vie chrétienne. Tout dans notre vie... notre vocation et notre mission, notre croissance en sainteté et notre persévérance, la joie de notre vocation et comment nous vivons la joie de notre appel et de notre mission... tout dépend tellement de comment nous avons compris le mystère incroyable et impénétrable de notre foi.
N'oublions pas que l'Eucharistie que nous célébrons et la vie eucharistique que nous vivons est une autre preuve de la réalité de la résurrection. Cinquante jours ne sont pas suffisants pour célébrer la joie de Pâques ! Même si nous ne continuons pas sur ce chemin, toutes les célébrations de l'année, y compris les fêtes des saints et des martyrs, contiennent implicitement la réalité de la résurrection de Jésus !
Il n'y a pas d'Eglise sans la résurrection, ni de sacrements, ni de vie religieuse, ni de Pape et de cardinaux, ni de Basilique St Pierre ni de basiliques patriarcales ou de cathédrales ou d'églises qui existeraient.
En conclusion je voudrais citer ici un passage d'une lettre que j'ai reçue d'un LMC qui m'a écrit de son lit d'hôpital en Virginie, aux U.S.A. : « J'ai seulement 54 ans et suis très actif. Je ne sais pas ce qui m'attend sur cette terre et je ne suis pas inquiet. Je suis en paix sachant que je suis dans la paume de la main de notre Père. Ma maladie est arrivée pour moi au moment le plus opportun. Comment pourrais-je m'apitoyer sur mon sort alors que Jésus a tant souffert pour moi . Ma foi et mon parcours de LMC me servent et continueront à bien me servir … Je crois que ma maladie est une bénédiction. Un moment pour recentrer mes priorités familiales et de carrière sur Dieu et ma famille  ». «  Oui, c'est vrai, ! le Seigneur est ressuscité ! Il est apparu à Simon -Pierre »
(Lc 24,34).

Quelques uns des dons que le Seigneur ressuscité aimerait attribuer à tous ceux qui les désirent et les demandent sont :
La Joie de Pâques : «  Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur » (Jn 20,20)
La Foi de Pâques : «  Thomas, parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »( Jn 20,27)
L'Espérance de Pâques : «  Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! »
(Lc 24,21)
L'Amour de Pâques : «  Jésus lui dit alors : «  Marie » Elle se tourne vers lui et lui dit : «  Rabbouni ! » (Jn 20,16)
La Paix de Pâques : «  Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : «  La paix soit avec vous !  » (Jn 20,19)
La Contemplation de Pâques : «  Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.  »
(Jn 20.20)
La Persévérance de Pâques : « Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc... » (Jn 20,11-13)
Le Zèle de Pâques : «  Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.  » (Mt 28,8).

Une fois encore je souhaite à chacun de vous de très joyeuses et saintes fêtes de Pâques et un très joyeux et saint temps pascal, qui nous prépare à la fête de la Pentecôte.

Que Dieu vous bénisse tous.

Père Sebastian Vazhakala M.C.

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