01.11.11
23-28 septembre 2011
L'expérience de Mexico !
Introduction.
Il a été décidé il y a deux ans, en septembre 2009, à Bogota, en Colombie, que la retraite pour les Laïcs Missionnaires de la Charité (LMC) des pays de langue espagnole serait organisée par et avec les LMC dans la ville de Mexico, du 23 au 28 septembre 2011. Cela s'est donc fait. Des LMC de 17 pays de langue espagnole sont venus participer à la retraite. En plus il y avait 7 LMC d'Italie et 28 LMC des U.S.A, y compris Puerto Rico, qui ont ont fait monter le nombre de participants à 250. La présence priante de 5 LMC d'Espagne a été très encourageante pour les LMC du continent latino-américain. La joie des participants était infinie ; tous se sont sentis complètement chez eux. Cela a donné l'impression d'être une réelle réunion de famille. Leur joie a explosé à son comble. Rendons grâce à Dieu.
Le lieu de la retraite.
Nous ne pouvions pas avoir de meilleur lieu pour la retraite. Il était difficile de croire que le lieu de la retraite était le même lieu où les évêques du Mexique se rencontrent. Les retraitants pouvaient facilement résoudre toutes leurs inquiétudes ou préoccupations. Il y a aussi la chambre où le bienheureux pape Jean-Paul II a séjourné lors d'une de ses cinq visites très aimées et appréciées à Mexico. J'ai eu l'autorisation d'entrer dans cette chambre avec Mlle Maria Elena. Mme Socorro, la sacristine, a ouvert la chambre pour nous. Nous y avons passé un peu de temps tous les trois à prier en silence le saint grand pasteur de notre temps et pour cette raison pour tout le temps à venir.
En plus, le bienheureux Jean-Paul II aimait les familles, l'unité basique et indiscutable et la fondation de la société humaine. Notre monde d'aujourd'hui dépend tellement de la façon dont les familles sont formées. Si les familles prennent conscience de leur caractère saint et durable et exemplifient leurs fonctions basiques dans la société comme une communauté d'amour et un cadre parfait pour élever les enfants, alors la société sera différente, le monde deviendra ce qu'il devrait être. Il est absolument nécessaire pour l'Eglise, même pour les pouvoirs politiques de travailler à la reconstruction, à la réorganisation et au renouvellement de la vie à l'intérieur de la famille. Pour faire cela, en premier lieu nous devons revenir au plan originel de Dieu quand il a créé les familles. Sans les familles que serait le monde ? Si nous avons des familles en bonne santé nous avons un monde meilleur.
Ce n'est pas la pauvreté matérielle qui détruit la paix et l'harmonie dans le monde, mais la pauvreté spirituelle. Plus nous sommes éloignés de Dieu, plus nous allons chercher des solutions purement humaines pour de nombreuses tracasseries, et plus le monde continuera à aller de mal en pis. Il est temps pour nous de mettre toutes nos ressources pour recréer les structures perdues de la famille et pour travailler sans relâche à réformer les familles selon le plan et la volonté de Dieu, pour en faire des sanctuaires domestiques de l'Eglise.
Les organisateurs de la retraite.
Les principaux organisateurs de la retraite ont été tous les LMC. Comme vous le savez peut-être Mme Tai Pearn LMC de San Diego, en Californie, est responsable des LMC du continent d'Amérique latine de langue espagnole, ce qui inclut les pays d'Amérique centrale et du sud, les îles Caraïbes, l'Espagne et le Portugal. Comme vous le savez tous cela ne peut jamais être fait par une seule personne, quelque soient les dons de la personne. En fait plus une personne est douée pour commander, plus elle essaiera de faire participer les autres. Avec les propres mots de Mme Tai Pearn : « J'ai formé une équipe et ils ont tous répondu : Jackeline, Anita, Juan, Gloria, Maria Elena, Juanita Ruiz Escalona, et père Eduardo qui était chargé de la Liturgie des Heures. Calexico aussi était chargé des prières après la messe et de l'exposition, etc. Ils ont fait un très beau travail. Père Victor a aidé pour les visas, etc.. Les sœurs ont aidé pour les évêques, la basilique, et les
danses Mariachis et folkloriques. Naturellement, Bob (le mari de Tai) et Alfredo (le mari de Jackeline) étaient derrière Jackie et moi, 100% pour ce qui est de l'argent et pour toute aide dont nous avions besoin. Gianna a fait les versions italiennes. »
Ils ont tous travaillé ensemble comme une équipe, sans créer de confusion ni de division, procurant de la place à chacun. Mme Maria Elena Bosque LMC et Mlle Juanita LMC ont fait en sorte que les participants se sentent chez eux, s'assurant que l'on répondait à temps aux besoins légitimes des LMC ; Mme Anita de Orezzoli LMC du Pérou est l'assistante de Mme Tai Pearn pour aider les membres du mouvement LMC à grandir en sainteté et à augmenter en nombre : Gloria Schulz LMC et les autres ont apporté leurs contributions et aidé en temps voulu selon les besoins et la situation. Tous ont profité de la consolation plus grande du Saint Esprit.
La participation pleine et active de deux personnes handicapées, Mlle Lupita LMC de chez nos sœurs M.C. À Santa Fe, à Mexico, et Margarito LMC de la maison de nos frères actifs M.C. à Mexico, a été édifiante. Leur présence a apporté de nombreuses grâces et bénédictions à chacun, en particulier à ceux qui se sont occupés de tous leurs besoins si fidèlement et avec beaucoup d'amour et en même temps très silencieusement pendant toute la retraite.
Plusieurs coopérateurs se sont aussi joints à la retraite des LMC comme cela s'est fait en Australie, en Inde, etc. La retraite des LMC est toujours ouverte à toutes les personnes de bonne volonté pour participer même s'ils ne sont pas encore des LMC, tant qu'ils suivent fidèlement le programme de la retraite.
Les directeurs spirituels.
Il y avait huit directeurs spirituels de six pays différents. A la différence des autres retraites des LMC ici les participants ont eu assez de temps à passer avec les directeurs spirituels pour se confesser et pour leur direction spirituelle comme il n'y avait pas de conférences avant 14h, à part la célébration de la messe à 10h environ.
Il y a dans les cœurs de nos LMC une faim plus profonde d'aimer Dieu, de suivre un chemin de vie meilleur et plus saint, non seulement en évitant les péchés mais en voulant vivre l'Esprit et le Charisme M.C. Selon les Statuts et le Chemin de vie des Laïcs Missionnaires de la Charité. Grâce à Dieu et grâce aux personnes de la Sainte Famille, il y avait une faim et une soif notable d'un chemin de vie simple et plus évangélique, de grandir non seulement en nombre de LMC mais plus encore dans leur faim et soif pour un chemin de vie plus radical et plus évangélique autant que leur statut de laïcs le leur permet.
Je n'ai remarqué aucune ostentation ni exagération dans leur vie de prière et de dévotion. Mes remerciements chaleureux vont à Mgr Victor Mercado, directeur spirituel pour le Mexique et pour l'Amérique latine, au père Eduardo Torre d'Argentine, au père Salomon Peralta du Paraguay, au père Ruben Negretty de Bolivie, au père Alexis Melgar d'Honduras, au père Ranulfo Muňoz Martinez de Mexico et au père Fidel Galvan de Monterrey, au Mexique.
Leur présence priante et édifiante, leur empressement à entendre les confessions des participants, à les écouter et à les guider à toute heure du jour et de la nuit ont fait ressentir aux retraitants la présence et la proximité de Dieu.
Les directeurs spirituels ont non seulement rempli leur ministère de prêtre mais ont aussi participé à toute la retraite d'une manière exemplaire. Ils ont aussi pris part très activement à tous les différents événements, y compris au programme culturel et au pèlerinage à la basilique de Notre Dame de Guadalupe. Je me suis senti très petit et en même temps très reconnaissant à Dieu pour eux d'avoir donné un exemple si édifiant et si encourageant aux LMC. Que le Seigneur récompense chacun d'entre eux et les bénisse abondamment, afin qu'ils continuent à être de bons Bergers et à guider les LMC sur leur chemin de sanctification et de perfection.
Conférences.
En plus des homélies prêchées par les évêques et les différents prêtres, il y a eu des conférences données par différents orateurs, tous les jours de 14h à 17h30, avec un arrêt technique pour le chapelet de la Miséricorde Divine à 15h environ. Etant donné que la salle de conférence était la salle de la conférence des évêques, il y avait tout le dispositif nécessaire, y compris les linguaphones. Il y avait une traduction simultanée en anglais ou en espagnol, selon l'orateur.
Il y avait un large spectre d'orateurs qui ont apporté une unité plus grande, faisant ressentir à chacun l'unité de la famille M.C.. C'est peut-être la première fois que l'on a vu dans l'histoire des LMC une telle forme concrète de participation de la famille M.C.
En plus des évêques et des directeurs spirituels, les orateurs ont été Sr Nadjelli M.C. qui a parlé magnifiquement des quatre vœux. La conférence de Sr Nadjelii a été très appréciée de tous, en particulier les trois aspects principaux des vœux, c-a-d l'ascétique, le mystique et l'apostolique. Elle a montré la beauté sublime de ces vœux dans la vie d'un chrétien. La conférence de Sr Nadjelii doit être encore étudiée et méditée plus profondément afin que tous puissent vivre les vœux plus fidèlement, librement et joyeusement. Plus nous comprendrons le sens et la fonction des vœux dans ces trois aspects, plus les LMC vivront joyeusement leur vocation et plus ils grandiront en sainteté. Nous remercions vivement Sr Prema M.C., la supérieure générale des Missionnaires de la Charité d'avoir donner la permission à Sr Nadjelli M.C. de s'adresser à l'assemblée des LMC.
N'oublions pas que le chemin de vie LMC est un appel à vivre la vie chrétienne plus authentiquement et plus radicalement. C'est un retour aux racines et aux fondamentaux de notre foi. Acceptons le défi pour nous-mêmes et pour les gens du monde. Les LMC sont censés être le sel de la terre et la lumière du monde où qu'ils se trouvent, partout où Dieu veut qu'ils soient. Ce qui importe ce n'est pas où nous vivons, mais comment nous vivons ! Ayons le courage de vivre notre vocation où que nous soyons et quelque soit la situation où nous nous trouvions.
Père Cyril D'Silva M.C., un des conseilles généraux et maître des novices des pères M.C., a parlé de l'importance du silence dans notre vie quotidienne, et du silence et de la contemplation à travers l'action.
La bienheureuse Teresa avait l'habitude de distribuer sa « carte de visite » sur laquelle étaient écrites ces paroles : « Le fruit du silence est la prière, le fruit de la prière est la foi, le fruit de la foi est l'amour, le fruit de l'amour est le service et le fruit du service est la paix ». Nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus bruyant. Le progrès et l'avancement scientifique et technologique encouragent d'aucune façon le besoin de silence, à tel point que les gens perdent la tête et finissent par prendre des tranquillisants. L'homme a besoin de silence intérieur et extérieur pour expérimenter la présence et la proximité de son Créateur et Seigneur, sa bonté aimante et son amour miséricordieux et constant : «Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu .. » (Ps 46, 11). Les LMC qui vivent dans le cœur du monde doivent créer autour d'eux un espace pour le silence réel pour eux-mêmes et pour les autres. Apprenons continuellement de Nazareth la place et l'importance du silence positif et profond !
Frère Isaiah M.C., le Serviteur régional des frères Missionnaires de la Charité actifs a parlé du besoin et de l'importance non seulement de la prière, mais d'une vie de prière basée sur la Parole de Dieu, la Bible.
L'Eucharistie est la source et le sommet de notre vie de prière. C'est l'expression la plus haute et le soutien le plus fort de notre vie et de notre activité quotidienne. Nous avons été appelés à une vie dans laquelle tout est inspiré par ce sacrement. C'est le commencement et la fin de nos actions ; l source et la consommation de notre vie en famille, au travail et là où la divine Providence nous laisse vivre.
La fidélité à nos exercices spirituels quotidiens est très vitale. Nous devons connaître la R.36 des Statuts des Laïcs MC. Nous devons noter le mot « recommandés », qui signifie pas obligatoire, sauf tout ce qui fait partie des commandements et des préceptes de l'Eglise. « Recommandés » signifie que l'on essaie de faire tout son possible, ce qui est « indispensable ». La participation quotidienne à la liturgie eucharistique, la récitation du chapelet, etc. pourraient être faites par la plupart des personnes sur une base quotidienne, ainsi que la prière du matin et du soir.
Avec le temps et de l'effort les LMC se rendent compte que leur vie elle-même est une prière continue. La prière est comme une respiration. Une personne meurt quand elle arrête de respirer. Nous commençons à mourir spirituellement quand nous arrêtons de prier. La prière ne dépend pas de nos sentiments mais de notre fidélité à la prière. Nous devons prier sans cesse. Nous devons avoir toujours le désir ardent de Dieu : « Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant » (Ps 42, 1-2)
Le père Brian M.C., supérieur général et Postulateur pour la cause de canonisation de la bienheureuse Teresa M.C., a parlé de ce qui se passait au sujet de la canonisation de la bienheureuse Teresa M.C. Cela peut prendre un à deux ans si nous avons le bon miracle réalisé par l'intercession de la bienheureuse Teresa. Nous devrions seulement la prier elle si nous demandons un miracle par son intercession. Quelques personnes prient St Pio de Pietrelcina, le bienheureux Jean-Paul II et la bienheureuse Teresa de Calcutta en même temps. Même s'il y a un miracle valide il ne sera pas accepté si l'on ne sait pas réellement par l' intercession de qui il a été réalisé. Donc nous devons attendre patiemment en la priant avec davantage de ferveur.
Le programme de prière.
En plus des messes quotidiennes il y avait la prière du matin (Laudes), le chapelet et la prière du soir (Vêpres) en trois groupes en langues différentes : espagnol, anglais et italien. Ensuite, les retraitants ont eu trois nuits d'adoration, c-a-d de 20h30 à 7h30.
Là aussi nos LMC ont montré leur générosité, l'esprit de sacrifice et surtout leur amour pour la personne de Jésus dans le Saint Sacrement. Ils ont suivi l'exhortation du bienheureux Jean-Paul II qui a écrit : « Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais ! » (Lettre Dominicae Cenae sur le mystère et le culte de la Sainte Eucharistie du 24 février 1980). Le bienheureux Jean-Paul II était un amoureux ardent et un adorateur du Saint Sacrement. Maintenant du ciel il se joint à nous en adoration comme il a désiré et dit : « Que notre adoration ne cesse jamais ! »
Les messes du 23 au 28 septembre 2011.
Vendredi 23 septembre 2011, à 18h, il a été demandé au père Sébastien M.C. d'être le célébrant principal et le père Ranulfo Muňoz Martinez, qui a fait l'homélie, a mis les participants de la retraite dans un merveilleux état d'esprit, en les invitant tous à prier. L'Evangile du jour était St Luc 9, 18-22, Evangile dans lequel Jésus a demandé à ses disciples : « Pour la foule, qui suis-je ? ...et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », et la réponse de Pierre a été : « Le Messie de Dieu. » Jésus doit nous poser la même question pendant cette retraite : « Pour vous, qui suis-je... ? » Le père Ranulfo est un véritable acteur. Il communique le message de l'Evangile à travers son don d'acteur. Il a rendu les participants vraiment enthousiastes. A la fin de la messe on m'a demandé d'accueillir tous les participants de la retraite, ce que j'ai été très heureux de faire. Mme Tai Pearn LMC a traduit en espagnol et à son tour elle les a aussi accueillis tous.
Samedi 24 septembre 2011, Son excellence, Mgr Carlos Aguiar, l'archevêque de Tlalnepantla, Président de la conférence épiscopale du Mexique et Président de la conférence épiscopale d'Amérique latine, était le célébrant principal et le prédicateur. Il a accueilli aussi tous les participants. Il a mis l'accent sur l'importance de la prière en famille et le besoin d'avoir de bonnes familles chrétiennes. Nous savons tous que les familles chrétiennes doivent être des sanctuaires domestiques de l'Eglise. Il est important pour nous de reconnaître le plan de Dieu en créant l'homme et la femme. Le mouvement LMC est censé aider à prendre conscience de la beauté sublime de leur vocation dans le cœur du monde.
Dimanche 25 septembre 2011 était le jour du renouvellement des vœux. Une fois de plus on m'a demandé d'être le célébrant principal tandis que Mgr Victor Mercado a prononcé l'homélie. Ici je saisis l'occasion d'expliquer les vœux des LMC un petit peu plus en détails.
Bien que les implications des vœux des fidèles laïcs diffère des vœux des religieux, (cf. Vita Consecrata n° 62), ils aident toujours les personnes à discipliner leurs vies.
Le vœu de chasteté signifie aimer Dieu par-dessus toute personne, toute personne en Dieu et Dieu en toute personne.
Le vœu de pauvreté signifie aimer Dieu par-dessus toute chose, toute chose en Dieu, toute chose pour Dieu et utiliser modérément les choses de ce monde. Le vœu de pauvreté met un frein à l'usage excessif des choses matérielles ; il nous aide à posséder les choses sans être possédées par elles ; il demande notre détachement intérieur. Nous ne dépensons pas d'argent sans compter, mais nous nous demandons : « Est-ce que j'ai vraiment besoin de cela ou pas ? » Si je n'en ai pas vraiment besoin, je ne dois pas acheter. Le vœu de pauvreté signifie aussi le partage fraternel au lieu de dépenser sans compter pour des choses pas nécessaires. J'essaie de partager avec ceux qui sont dans le besoin, de contribuer au bien-être de ceux qui sont dans le besoin.
Voici le témoignage d'un de nos amis : « Cet argent est celui que j'aurais dépensé en chirurgie pour notre chien qui s'est déchiré deux ligaments à la patte droite. A l'époque j'étais en train de lire votre livre « Le Train M.C » et après avoir lu le passage sur le travail des frères avec les garçons handicapés en Inde et en Albanie, il m'a semblé que ce n'était pas bien du tout de dépenser cet argent pour notre chien ! J'ai donc décidé de faire confiance à la bonté et au pouvoir de guérison de Dieu et j'ai prié sur la patte du chien tandis que j'ai gardé l'argent pour vous le donner pour les garçons. Maintenant le chien a retrouvé de la force par lui-même ».
On voit plus facilement l'affamé, l'assoiffé ou le dénudé, le sans-abri ou le malade, et on ne reste pas simplement indifférent, mais on essaie d'aider la personne, d'être « un bon samaritain », qui verse de l'huile et du vin, qui fait monter la personne sur son âne (son automobile), qui la conduit à l'auberge (hôpital, prêtre, etc.), pour faire le nécessaire. C'est ce que font de nombreux LMC seuls ou en travaillant avec les M.C..
Par obéissance j'apprends à aimer Dieu plus que moi-même et moi-même en Dieu, ce qui est l'écoute de la voix douce et du murmure de Dieu. Je deviens de plus en plus humble et ouvert pour accepter la vérité de notre religion et grandir en elle. L'obéissance à sa conscience va de pair avec l'obéissance au véritable enseignement de l'Eglise catholique. Ce vœu me fait étudier les enseignements de l'Eglise et m'aide à les mettre en pratique. Mon amour augmente pour l'Eglise Mère : « Dans le cœur de l'Eglise, ma mère, je serai l'amour », a écrit Ste Thérèse de Lisieux.
L'Eglise est institutionnelle et charismatique à la fois. J'apprends à aimer les enseignements de l'Eglise, à les respecter et à leur obéir. Sans l'Eglise institutionnelle, l'Eglise charismatique ne peut pas fonctionner convenablement. Elles sont deux parties essentielles et constitutives de l'Eglise et je ne vois pas seulement leur nécessité mais leur beauté et leur fonction. Le pape, les évêques et les prêtres ne sont pas là seulement pour exercer une fonction, mais ils font partie de l'Eglise Institutionnelle et Charismatique.
La clarté est absolument nécessaire pour nos esprits. Les enseignements de l'Eglise sont très clairs en matière de foi et de morale et je dois leur obéir, et c'est là que mon vœu d'obéissance m'aide à le faire d'autant plus.
Ces trois vœux nous amènent au quatrième vœu de charité, fait librement et de tout cœur, qui porte du fruit dans le service, en particulier des plus pauvres parmi les pauvres. Là les œuvres spirituelles de miséricorde comme les corporelles deviennent importantes. Il est plus difficile de pardonner les injures que d'aller aider à une soup kitchen. Il est plus difficile de supporter les injustices patiemment que de servir les besoins corporels des pauvres. Parfois nous ne parlons pas et ne partageons pas, nous n'aimons pas et nous ne nous pardonnons pas à la maison, ce qui est plus difficile, mais nous allons à la soup kitchen où nous lavons les plats, coupons les légumes, faisons cuire la nourriture et servons avec un grand enthousiasme. Essayons de trouver le juste milieu entre les œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde (cf Statuts 31/a et b).
Les vœux peuvent donc servir parfois de bride, de frein pour notre nature humaine et parfois ils deviennent des canaux de grâce et des moyens d'aimer Dieu et d'aimer notre prochain de façon plus enthousiaste. Les vœux nous aident à offrir plus de sacrifices, à sourire plus tendrement et à prier avec plus de ferveur. Ils sont comme les deux ailes d'un oiseau.
Un LMC de Venezuela a fait ses vœux pour la première fois, tandis que quelques LMC qui n'allaient pas être avec le reste de leur groupe le premier samedi du mois d'octobre, ont renouvelé leurs vœux pendant la messe. Trois d'entre eux ont commencé leurs deux années de formation en préparation à leurs vœux.
Lundi 26 septembre 2011. On nous a amenés à la porte d'un monastère de Clarisses où une de leurs religieuses nous ont accueillis avec un grand sourire. Après quelques mots d'échange, nous sommes allés dans la belle chapelle de la communauté, bien préparée, avec 35 religieuses cloîtrées des Franciscaines Capucines. On a conduit les prêtres dans une petite sacristie où, une fois de plus on m'a demandé d'être le célébrant principal. Le père Ranulfo Muňoz a prononcé l'homélie, rendant tout le monde réellement enthousiaste. Les sœurs clarisses ont tellement aimé son style qu'elles lui ont demandé de revenir offrir la messe et prêcher l'homélie. Toutes les saintes religieuses ont chanté ensemble avec leur voix angélique !
Toute la célébration a été une expérience profonde de Dieu pour tous. Beaucoup l'ont exprimé de manière différente, y compris les prêtres concélébrants. Dieu entend le cri des pauvres. Après l'hymne final les religieuses ont eu leur exposition du Saint Sacrement dans leur tabernacle magnifiquement décoré. Cela donne le sentiment que Jésus est vraiment le Roi des rois, qui mérite notre humble hommage et adoration, notre louange et notre gratitude, notre supplication et notre confession. Jésus mérite tout cela et beaucoup plus encore. Plus nous contemplons la personne de Jésus qui s'est vidé lui-même, plus nous tombons à genoux en adoration. Notre gratitude envers lui augmente lentement et notre amour pour lui dans nos frères et sœurs prend une dimension nouvelle, sans trop de conditions et de règles.
Mardi 27 septembre 2011. « Demain matin lever à cinq heures », annonça-t-on, et « petit déjeuner à 6h. Départ à 6h30 ». « A quelle heure est la messe ? », demanda quelqu'un. « La messe est à 10h. Nous devons être là-bas à une certaine heure ; en plus, plus nous prendrons du retard ici, plus nous aurons de circulation ».
Tout le monde était très excité et prêt à 6h30, attendant l'arrivée des cars, qui finalement sont arrivés une heure plus tard. Il y avait six cars du numéro un à six. Nous sommes arrivés à 9h15 à la basilique Notre Dame de Guadalupe. Nous tous, les prêtres, nous avons attendu à l'entrée de la sacristie l'arrivée de l'évêque, qui allait être le célébrant principal. Un quart d'heure plus tard l'évêque est arrivé et il nous a accueillis un par un. Mgr Victor Mercado nous a demandé de le suivre car nous avions besoin de nos pièces d'identité ou d'une recommandation pour monter à la sacristie. Dans notre cas nous avons suivi l'évêque et Mgr Victor Mercado. Dans la sacristie une fois de plus l'évêque a rencontré chaque prêtre qui se préparait pour concélébrer. Il voulait en savoir plus sur les LMC. Il nous dit qu'il venait de rentrer de Jérusalem en passant par Rome la nuit d'avant. Il est un des évêques auxiliaires de la grande ville de Mexico.
La basilique s'est libérée à 10h et nous sommes allés en procession au maître-autel, nous nous sommes inclinés devant l'image originale de Notre Dame de Guadalupe et ensuite nous sommes descendus bénir et accueillir les LMC retraitants, qui attendaient patiemment que l'évêque les bénisse avec de l'eau bénite et les conduise dans l'église. C'était très symbolique. On avait l'impression que c'était Jésus Christ avec ses apôtres conduisant le peuple à la Jérusalem céleste. Entre temps nos sœurs profès M.C. et les postulantes, leurs maîtresses et Sr Maria Dolores M.C., en charge de la formation pour les Amériques, ont chanté ensemble l'hymne d'entrée avec leurs voix angéliques qui résonnaient dans la basilique. La messe commença alors, la gigantesque basilique était presque à moitié pleine.
Huit LMC de différents pays ont lu les lectures et la prière universelle. Sr Juanita M.C. a tellement bien chanté le psaume que sa voix a résonné dans la basilique toute entière.
C'était la fête de St Vincent de Paul, l'apôtre de la charité, connu pour son amour héroïque de Dieu et de ses pauvres. Ici je voudrais rappeler les paroles de la bienheureuse Teresa qui a dit quand deux moines franciscains sont venus lui rendre visite dans notre maison : « Nous avons la pauvreté de St François, l'obéissance de St Ignace, la prière de St Benoît et la charité de St Vincent de Paul ».C'est St Vincent de Paul qui a dit : « Lorsqu'on est contraint d'interrompre la prière pour assister un pauvre dans le besoin, en réalité, on ne l'interrompt pas, parce que c'est « quitter Dieu pour Dieu ». (Vita Consecrata n°82).
Après la messe les gens se sont dispersés ici et là pour voir les différents lieux historiques en relation avec les apparitions de Notre Dame de Guadalupe à St Juan Diego en 1531et par là dans le secteur. Il y a aussi l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement dans une des vieilles basiliques dans le même secteur. Il y a la chapelle et la petite maison de Juan Diego, où il a vécu, prié et protégé le lieu pendant dix sept longues années, jusqu'à sa mort le 30 mai 1548. De nombreux LMC sont allés aussi faire le tour des nombreuses boutiques où ils ont acheté des articles religieux et des images, des peintures, des médailles, de chapelets, etc. de Notre Dame de Guadalupe.
L'après-midi il y a eu un bref tour de la ville sans sortir car qui est rentré à la maison à 16h, afin de reprendre la partie restante de notre programme, telle que la prière du soir, le dîner et le programme culturel multiple.
Mercredi 28 septembre 2011. Le père Eduardo Torre était le célébrant principal et le père Alexis d'Honduras, le prédicateur. C'était la messe d'action de grâces pour les merveilleuses journées que nous avions passées ensemble. Cela a vraiment été l'œuvre de Dieu. Il nous a tous réunis de différents coins de l'Amérique du Nord, Centrale et du Sud, d'Europe et des îles caraïbes, pour faire l'expérience pendant un moment de ce que veut dire être au paradis. Les yeux n'ont pas vu ni les oreilles entendu ce que Dieu a préparé pour nous de toute éternité. Bien que tous aient été très fatigués et avaient envie de dormir, leur participation à la messe a été très active et pleine.
Nuits culturelles.
Une partie de notre expérience de retraite a consisté à partager la culture ancienne et la civilisation des différents pays d'Amérique latine ; bien que quelques unes aient été abrogées par les conquistadors, on les a revécues à nouveau. Nous avons eu deux soirées vraiment colorées et agréables. Elles ne peuvent pas se décrire. Ils nous ont non seulement diverti avec leurs danses culturelles, leurs chants et leurs costumes, mais ils ont aussi apporté avec eux des sucreries typiques de leur pays et d'autres cadeaux spirituels aussi. Ces soirées ont été comme des mosaïques... Cela montre seulement la grandeur de Dieu à octroyer de telles variétés de culture, coutumes, de couleurs et de personnes. Les idéaux et le chemin de vie des LMC nous réunissent tous sous la protection de la paternité de Dieu, aimés et rachetés par Jésus. Continuons à grandir en sainteté de vie et persévérons dans notre vocation.
Au revoir.
Maintenant l'heure est arrivée pour nous de nous dire au-revoir et avec des sentiments variés nous avons dit au-revoir au centre de retraite, à tous nos directeurs spirituels, à tous les organisateurs, à chaque LMC individuellement. Le minibus était maintenant rempli de nos valises et des objets et des cadeaux que nos nombreux LMC bien-aimés, de différents pays, ont apportés et donnés. Il restait encore notre au-revoir final, les embrassades chaleureuses et à monter dans le minibus. Je ressentis comme si une grande force me retenait dans ce lieu et à ses personnes qui étaient réunies pour la dernière fois pour dire au-revoir ; et ensuite depuis le minibus nous n'avons pas arrêté d'agiter nos mains jusqu'à ce que nous ne puissions plus nous apercevoir.
Conclusion.
Nos cœurs étaient remplis d'une expérience incroyablement riche. Pour cela nous sommes éternellement reconnaissants à Dieu pour Mme Tai Pearn qui a travaillé jour et nuit sans chercher de repos ni de récompense et pour son équipe, y compris les directeurs spirituels. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui on généreusement partagé leur « obole de la veuve » pour la cause des pauvres que nous sommes appelés à servir.
Epilogue.
Mercredi matin 28 septembre 2011, frère Marcus M.C., le supérieur des frères M.C. actifs, a organisé à travers Sr Teresita M.C., la supérieure de la maison régionale de Santa Fe, au Mexique, que le minibus vienne nous chercher au lieu de la retraite et nous emmène à la maison des frères à Mexico.
Sur le chemin nous nous sommes arrêtés à la maison des Srs M.C. À Tlanelpantla, où les Srs M.C. prennent soin de 27 garçons et filles réellement estropiés. Nous nous sommes ensuite rendus à la maison de nos frères actifs où frère Isaiah M.C., le Serviteur régional et frère Marcus, le Serviteur de la maison, et leur communauté nous ont accueillis tous les huit chaleureusement et les bras ouverts.
Nos frères M.C. avaient préparé pour nous un repas délicieux après lequel ils nous ont fait faire le tour de la maison où ils prennent soin de très nombreux garçons handicapés.
Alors le temps est venu de dire au-revoir à nos chers frères pour nous rendre au couvent des sœurs M.C. à Santa Fe (Mexico), où 24 postulantes et leurs maîtresses nous attendaient. Elles ont voulu que je leur parle. Je leur ai parlé des paroles de la bienheureuse Teresa aux franciscains, en prenant seulement un point : « La pauvreté de St François ». Nous sommes très reconnaissants envers Sr Teresita M.C., qui avait préparé pour nous avec ses sœurs de grandes images de Notre Dame de Guadalupe.
Ce fut alors le moment pour nous de partir pour l'aéroport. Toutes les sœurs ont chanté magnifiquement et nous leur avons dit au-revoir à toutes.
Etant donné que notre enregistrement en ligne avait été fait par Gloria Schulz LMC, l'enregistrement à l'aéroport a été très rapide. Ayant terminé toutes nos formalités de douane et d'immigration, nous sommes allés dans la salle d'attente pour l'heure d'embarquement. Comme l'heure de l'embarquement se rapprochait de plus en plus, chaque demi-heure à une heure il y avait une annonce des problèmes de lumière dans l'aéroport. A minuit on nous a dit que l'avion n'allait décoller que le lendemain, peut-être vers midi, dirent-ils.
Comme ce n'était pas la faute de la Compagnie Iberia, nous devions trouver nos propres logements pour la nuit, si nous le voulions. Nous avons décidé de rester à l'aéroport et d'attendre ; pendant ce temps-là beaucoup de passagers sont sortis. Ceux qui sont restés ont reçu une petite couverture chacun et un repas.
Le 29 septembre 2011, avant midi , nous étions pratiquement dans l'avion et nous sommes arrivés à Madrid à 5h30 le jour suivant. A Madrid, quand nous sommes sortis de l'avion, nos cartes d'embarquement étaient prêtes pour le vol de correspondance pour Rome de 6h40, depuis le terminal HJK à Madrid.
Mr Mario et Mme Assunta, Mr Chicco et Mme Annamaria et Mlle Vincenza se sont rendus au Terminal un pour leur vol pour Cagliari, tandis que Mlle Gianna, Giuseppe di Grazia et moi sommes rentrés à la maison avec les frères via San Agapito à Rome.
Bien que l'expérience mexicaine inoubliable ait pris fin, nous devons garder toutes ces choses dans nos cœurs comme Marie (cf Lc 2, 19, 51) pour les méditer en profondeur !
Que le bon Dieu vous aime et vous récompense tous.
Que Dieu vous bénisse
Père Sebastian Vazhakala M.C.
N.B. La prochaine retraite LMC pour les pays de langue espagnole, si Dieu le veut, aura lieu à Buenos Aires, en Argentine, en octobre-novembre 2013 (la date exacte n'est pas encore fixée).
Espérons et prions que ce soit une autre expérience profonde de Dieu et que de nombreux LMC puissent y participer et en tirer profit.