30.04.11
MESSAGE DE PÂQUES 2011
C'est la réunion pascale de notre famille M.C. dans l'amour, la paix et la joie. Alléluia est le chant de Pâques. Notre vie et notre vocation religieuse, notre chemin de vie M.C. en particulier et notre apostolat auprès des plus pauvres parmi les pauvres, des malades, des mourants et de tous ceux qui sont dans le besoin prennent du sens et trouvent leur signification authentique dans l'évènement pascal.
Ce n'est pas une fête de plus parmi les nombreuses fêtes ; ce n'est pas juste une célébration annuelle de plus... c'est la fête fondamentale. Sans cette fête il n'y a pas d'autre fête à célébrer dans l'Église il n'y a pas de joie à partager, de témoignage à faire, ni d'évangile à prêcher.
Le tombeau vide et les nombreuses confusions de ce premier dimanche matin , les allers et retours en courant de quelques personnes sans importance et fragiles sans réputation sociale ni formation religieuse propre, le départ des deux disciples d'Emmaüs, la marche, le partage de leur dernier espoir et l'attente dans la tristesse et l'obscurité, leur invitation à rester avec eux chez eux à l'hôte non reconnu qui est encore un étranger , la vraie connaissance des Écritures de l'hôte et son interprétation quand ils marchaient dans les heures obscures de la nuit, l'ouverture des yeux des deux disciples à la fraction du Pain, leurs cœurs brûlants et leur joie inoubliable, leur voyage apostolique de retour à Jérusalem la même nuit... tous ceux-ci et d'autres nous parlent avec grande éloquence de l'évènement le plus grand du Christ, c-a-d la résurrection, pour la vie de tous les chrétiens et nos vies en particulier.
Le tombeau vide et l'expérience de la chambre haute des hommes du Maître le soir du même dimanche, le jour le plus joyeux de la semaine avec l'apparition du Seigneur ressuscité et ses souhaits de paix, la présentation de ses mains, de ses pieds et de son côté aux hommes incrédules pour confirmer leur foi, allant jusqu'à leur préparer le déjeuner... Jésus reste simple, mais pleinement en vie et actif, pas l'ombre qui passe d'une personne, ni un fantôme, mais la présence réelle d'une personne très vivante et active qui essaie par tous les moyens de rassurer les apôtres et les disciples : « Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai... » ( Lc 24, 39 )
Nous venons d'entendre dans la première lecture d'aujourd'hui la première homélie de Saint Pierre prêchée peu après qu'il ait été consacré évêque de l'Église nouveau-née, oint dans le Saint Esprit comme le premier Pape le dimanche de la Pentecôte. Pierre est maintenant non seulement un témoin infaillible et authentique mais un défenseur inestimable et courageux de ce qu'il a entendu, vu, touché et expérimenté lui-même,. Dès lors il enflammera ses expériences avec Jésus pendant trois années ou plus et il continuera à exhorter toutes les personnes de bonne volonté en leur disant à tous qu'ils ne devraient pas se concentrer sur la gravité des péchés de leur vie passée mais se concentrer sur Jésus, le Seigneur de la résurrection. Jésus ne se concentre pas sur la gravité de nos péchés mais il se concentre sur l'humilité du pécheur qui se repent. « Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. » ( Ps 51, 19 ).
Pierre savait très bien comment il était quelques semaines auparavant et comment il était maintenant. Il ne va pas se concentrer sur la nuit de ce premier jeudi saint quand il a renié le Maître trois fois avant la mort et la résurrection de Jésus, mais il va se concentrer sur la présence et l'action du Saint Esprit en lui et sur les paroles que Jésus lui a dites : « N'aie pas peur, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » et à nouveau : « Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. » ( cf. Lc 22, 31-32 ). Pierre n'a plus attendu ni perdu son temps . Il a commencé immédiatement non seulement à fortifier les faibles mais encore plus à les détourner de leur chemin de vie antérieur.
A la lumière de la fête de la Pentecôte les apôtres maintenant ont commencé non seulement à se souvenir de leurs trois années passées avec Jésus, de ce qu'ils avaient entendu et vu, mais ils ont commencé à comprendre toutes les Écritures et la beauté sublime de leur propre vocation. Ils n'abandonneront plus leur vocation à cause des nombreuses menaces, persécutions, épreuves, nuits sans sommeil, jeûnes, oppressions, emprisonnements, voyages, par amour pour le Maître et pour l'Évangile. Ils se sont même réjouis du fait qu'on les avait trouvés dignes de souffrir pour le nom de Jésus ( cf Ac 5, 41 ). Ils avaient compris qu'ils étaient les pierres de fondation du corps mystique, l'Église, dont Jésus est le chef-d'œuvre.
La réalité de la résurrection de Jésus est unique et sans précédent dans l'histoire humaine, et on ne peut pas la répéter non plus. Elle ne peut être saisie purement par la raison humaine, des méthodes scientifiques, des fouilles archéologiques, des travaux de recherche ou la lecture sans fin de livres, mais en croyant que Jésus de Nazareth qui était puissant en pouvoir, paroles et actions, qui a été trahi, arrêté, flagellé, couronné d'épines, condamné à mort et crucifié au Calvaire sur une Croix entre deux larrons, enterré dans un tombeau est maintenant ressuscité dans la gloire, qu'il est le propre Fils de Dieu, qu'il a été envoyé par le Père par amour pour racheter le monde. C'est la fête que nous avons célébrée avec une foi et une gratitude profondes.
Chaque jour nous avons l'énorme possibilité de porter témoignage de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. La vie consacrée est un témoignage continu du Seigneur Ressuscité. Par la vie qu'ils sont appelés à vivre, par leurs exemples, par la force contagieuse, l'influence compatissante de ce qu'ils font et la plénitude évidente de l'amour que leurs cœurs Lui portent, les religieux portent témoignage du mystère pascal du Christ.
Quand nous sommes heureux et en paix, nous rendons aussi les vies des autres heureuses et paisibles. Quand nous sommes tristes et malheureux, quand nous sommes centrés sur nous-mêmes et égoïstes, nous nous sentons tristes et malheureux et nous rendons aussi les vies des autres tristes et malheureuses.
Rappelons-nous que les saints et les pécheurs vivent dans la même maison. Ils respirent le même air, mangent la même nourriture, récitent les mêmes prières, reçoivent le même Jésus dans le Pain de Vie, font le même genre de travail, prononcent les mêmes vœux, lavent et nettoient la même maison, mangent la même nourriture et vivent dans la même communauté.
Le saint essaie de faire en sorte que ses pensées soient toutes saintes : « Souffle en moi, Esprit Saint, afin que mes pensées soient toutes saintes ». Il /elle essaie de faire les choses ordinaires avec un amour extraordinaire pour le plus grand honneur et la plus grande gloire de Dieu. La bienheureuse Teresa écrit : « Le désir d'apaiser la soif de Notre Seigneur pour les âmes des pauvres, pour de pures victimes de son amour, ne fait que croître à chaque messe et à chaque Sainte Communion. Toutes mes prières et toute la journée,en un mot, sont pleines de ce désir. Les prières du matin et du soir deviennent des paroles brûlantes qui viennent de la fournaise d'un cœur rempli d'amour » .
Un saint est un pécheur transformé en une nouvelle créature en Jésus Christ. Vous et moi appartenons à ce groupe. Nous avons donc tous la possibilité de devenir des saints en Jésus, le Seigneur ressuscité.
Louez le Seigneur, Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, alléluia, alléluia, alléluia ! Joyeux et saint temps pascal à vous tous, saints en fabrication !
Dieu vous bénisse
Père Sebastian Vazhakala M.C.