18.11.10

Septembre 2010
Laudetur Sacra Familia
« De sang je suis albanaise
De nationalité, je suis indienne,
Quant à ma foi, je suis religieuse catholique,
Quant à ma vocation, j'appartiens au monde,
Quant à mon cœur, j'appartiens entièrement au Cœur de Jésus »
( Bienheureuse Teresa de Calcutta M.C. )
C'est l'année du centenaire de la naissance de la bienheureuse Teresa de Calcutta. Elle est née le vendredi 26 août 1910. Le monde entier est en préparation intense pour l'anniversaire de cette toute petite femme, dont le cœur « a brûlé du désir intense d'aimer Jésus comme il n'avait jamais été aimé auparavant » ( de la lettre de la bienheureuse Teresa à l'archevêque Ferdinand Périer, le 25 janvier 1947 ).
La bienheureuse Teresa était petite, mais son cœur était assez grand pour aimer tout le monde sans exception; elle a aimé les pauvres du monde d'une façon extraordinaire et unique, parce qu'elle a essayé d'aimer chaque personne avec l'amour de Dieu, avec l'amour et la compassion de Jésus.
Comme c'est l'année du centenaire, j'aimerais prendre la déclaration de la bienheureuse Teresa citée ci-dessus et essayer de construire autour d'elle autant que je le peux et autant que mes ressources limitées me permettront de le faire.
Il y a déjà des bibliothèques entières de livres, d'articles, d'albums-photos, etc. disponibles et que l'on peut trouver dans presque toutes les langues et à chaque coin du monde sur la vie et l'œuvre de la bienheureuse Teresa . Cependant cela n'est jamais trop d'entrer plus profondément encore dans « l'esprit et le charisme de Mère Teresa » et de découvrir de nouveaux domaines et de nouveaux horizons du don immense de la bienheureuse Teresa M.C. que Jésus nous a confié et a confié à l'Eglise et au monde. Ses paroles, sa vie et son œuvre n'ont pas de limite de temps, ni de frontières ; elles sont exemptes de contrôle de frontières, d'immigration, de douanes et de droits. Son œuvre peut toujours passer à travers les green channels parce que c'est une œuvre d'amour, gratuit et de tout cœur, et donc c'est l'œuvre de Dieu. Si l'on peut comparer Dieu à l'électricité, la bienheureuse Teresa était l'ampoule.
Jésus lui a dit : « Ma petite, viens, sois ma lumière » ; en d'autres termes : « Viens, sois mon ampoule » . Une ampoule, nous le savons tous, ne brille pas par elle-même, et n'est d'aucune utilité sans électricité. La vie de la bienheureuse Teresa a été simple, parce qu'elle était consciente qu'elle était une ampoule nécessaire pour Jésus pour briller à travers elle dans ce monde obscur qui est le nôtre.
Un des premiers biographes de la bienheureuse Teresa a écrit : « Dans une époque obscure elle est une lumière qui brûle et qui brille ; dans une époque cruelle, elle est une incarnation vivante de l'Evangile d'amour du Christ ; à une époque sans Dieu, la Parole qui habite parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Pour cela, tous ceux qui ont le privilège inestimable de la connaître ou d'apprendre d'elle, doivent être éternellement reconnaissants. » (Malcom Muggeridge)
« De sang, je suis albanaise »
Personne, excepté Jésus, n'a choisi son lieu de naissance, ses parents ou son pays d'origine. Ils sont choisis pour nous par notre Créateur, notre Père et Seigneur pour un plan et un but définis. Peu importe où nous sommes nés, quelle est notre langue maternelle, etc. mais ce qui importe réellement c'est comment nous vivons et ce que nous faisons de nos vies ! De plus, en tant qu'êtres humains nous sommes censés connaître et parler le langage de l'amour qui est la véritable langue maternelle de chacun.
La bienheureuse Teresa de Calcutta est née de parents albanais dans la ville de Skopje. Kole Bojaxhiu et sa femme bien-aimée Drana (Rosa) Markit, les parents d'Agnès Bojaxhiu, étaient riches mais non seulement matériellement mais davantage très spirituellement. Ils étaient une famille très heureuse et craignant Dieu.
Sa sœur Aga avait cinq ans de plus qu'Agnès :
« Ma sœur est née le 6 mars 1905 », écrit la bienheureuse Teresa à l'un de ses coopérateurs.
Son frère, Lazare Bojaxhiu, est né le 24 août 1908 et mort à Palerme le 2 juillet 1981. La bienheureuse Teresa (Agnès) était la dernière et la cinquième enfant de la famille Bojaxhiu. Deux des enfants sont morts peu de temps après leur naissance. « C'est la raison », a dit son frère Lazare « pour laquelle la bienheureuse Teresa fut baptisée dès le lendemain de sa naissance ». Leur père, Kole, avait l'habitude d'enseigner aux enfants des habitudes de discipline, en les conseillant :
« N'oubliez jamais de qui vous êtes les enfants ! »
Kole était un homme généreux, qui distribuait de la nourriture et de l'argent à de nombreux pauvres et à de nombreuses personnes dans le besoin sans prêter attention à l'action. La porte de leur maison était toujours ouverte pour ceux qui avait besoin de nourriture, d'un abri et d'attention. Kole a donné une éducation très stricte à sa famille en ce qui concerne la nécessité de la générosité et de la compassion. Il avait l'habitude d'exhorter Agnès, quand elle était très jeune : « Ma fille, ne prends jamais un morceau de nourriture que tu n'es pas prête à partager avec les autres ».
« Tel père tel fils », comme dit le dicton. Kole et Drana étaient tous les deux généreux, et travailleurs, pleins d'amour et d'égards l'un pour l'autre.
Des années plus tard sa mère écrivait à la bienheureuse Teresa alors qu'elle était encore religieuse et professeur à Loreto, rappelant à la bienheureuse Teresa la raison pour laquelle elle était allée en Inde. Elle écrit :
« Chère enfant, n'oublie pas que tu es allée en Inde par amour des pauvres. Te souviens-tu de notre Filé ? Elle était couverte de plaies, mais ce qui la faisait le plus souffrir, c'était de se savoir seule au monde. Nous avons fait ce que nous pouvions pour elle. Mais le pire, ce n'était pas les plaies, c'était le fait que sa famille l'avait oubliée. » (Drana Bojaxhiu, 1937)
Les Bojaxhius étaient une famille heureuse et exemplaire et leur foyer fut leur première école et leurs parents leurs premiers et leurs plus importants enseignants, par leurs paroles comme par leur exemple.
Notre vie sur la terre est un grand mystère. La souffrance, la douleur et la mort deviennent inévitables, même au milieu d'une grande joie et d'un grand bonheur. La famille Bojaxhiu n'en fut pas épargnée. Quand Agnès avait neuf ans, Kole, son père bien-aimé et le soutien de la famille, mourut subitement, laissant ses bien-aimés derrière lui. Cette tragédie inattendue et soudaine dans la famille créa un grand vide ; mais Drana, étant une femme de grande foi et d'un courage imperturbable, arriva à maintenir la vie quotidienne de la famille. Elle éduqua ses trois enfants, dans les sciences profanes comme dans la foi et la doctrine chrétienne.
Après l'exemple édifiant de sa famille, la seconde influence majeure sur Agnès fut l'Eglise. Ses pasteurs, aussi, étaient très religieux et avaient l'esprit missionnaire. Bien que les enfants soient allés à l'école de l'Etat, sa famille et les prêtres de la paroisse leur ont donné une éducation religieuse solide et approfondie. Des années plus tard elle disait :
« Bien que nous soyons allés dans des écoles d'Etat, ma famille, et plus tard les prêtres de ma paroisse, m'ont donné une éducation religieuse solide et approfondie ».
Agnès a grandi dans une atmosphère religieuse très sobre et solide ; ses pasteurs, en particulier avec l'arrivée du père Franjo Jambrekovic en 1924 dans sa paroisse du Sacré Cœur de Jésus, ont orienté son enthousiasme et la conscience de sa vocation. Des prières pour le travail des missionnaires étaient dites régulièrement ; des collectes spéciales étaient faites pour les missions, en particulier pour les pauvres, les malades, les mourants et les lépreux. Son désir d'aimer Jésus et de devenir une grande missionnaire était gardé vivant par la lecture du magazine « Missions catholiques », qui contenait des rapports des Missionnaires croates et slovènes qui travaillaient à Calcutta, en Inde. Les années de formation comme adolescente furent remplies de grande ferveur et de zèle ardent, et quand elle fut en âge de le faire elle décida de partir pour l'Inde comme sœur missionnaire. Après s'être renseignée, elle apprit que les religieuses de Notre-Dame-de-Lorette d'Irlande travaillaient là-bas à Calcutta. Voici la première lettre qu'elle a écrite à la supérieure générale des sœurs de Loreto en Irlande, qui exprime son désir :
« Révérende Mère Supérieure,
Ayez la bonté d'entendre mon désir sincère. Je veux entrer dans votre Congrégation afin de pouvoir un jour devenir religieuse missionnaire, et œuvrer pour Jésus qui est mort pour nous tous.
J'ai achevé la cinquième classe du lycée ; pour ce qui est des langues je connais l'albanais, qui est ma langue maternelle, et le serbe (croate), je parle un peu français, l'anglais je ne le connais pas du tout, mais je mets mon espoir dans le bon Dieu pour qu'il m'aide à apprendre le peu dont j'ai besoin et donc je commence immédiatement ces (jours-ci) à l'étudier.
Je n'ai aucunes conditions spéciales, je veux seulement être dans les missions, et pour tout le reste je me mets entièrement à la disposition du bon Dieu.
A Skopje, 28.06.1928. Gonda Bojadijevic » ( Agès Bojaxhiu )
Ce fut très dur pour elle, pour sa mère bien-aimée, pour tous ses amis et tous ceux qui la connaissaient de se passer de sa compagnie, car elle était une personne avec laquelle tout le monde aimait se trouver. En plus elle était une organisatrice née, une véritable force motrice et une inspiration pour tous, y compris pour le curé de sa paroisse, le père Franjo Jambrekovic.
Le jour maintenant approchait où Gonxha Bojaxhiu allait quitter ses bien-aimés pour le pays légendaire d'Inde, qui était le pays de son rêve et de sa vie. La date était maintenant fixée, à savoir le 25 septembre 1928. Les jeunes gens de sa paroisse se rassemblèrent la veille de son départ dans la maison de sa famille rue Vlaska à Skopje. Aucun d'entre eux n'arriva les mains vides : tous avaient apporté des présents pour leur amie qui s'en allait. Ils passèrent la soirée ensemble à parler longuement, à chanter et à prier. Pas besoin de dire que ce fut une soirée très émouvante pour tous, en particulier pour Drana, sa mère bien-aimée, qui, bien qu'elle ne l'ait pas encore su à ce moment-là, ne reverrait jamais sa fille dans cette vie. Donc finalement, le mardi 25 septembre 1928, Gonxha (Agnès), Aga et sa mère, voyagèrent ensemble en train jusqu'à Zagreb (Croatie), où elles durent attendre quelques semaines l'arrivée d'une autre jeune fille , Betika Kajne, qui avait été acceptée aussi dans la Congrégation. Quand Betika arriva, Agnès, ayant fait ses derniers adieux à sa mère et à sa sœur, quitta Zagreb pour l'Irlande, d'où elles prirent le bateau pour l'Inde le 1er décembre 1928 sur le paquebot « Marcha », et mirent les pieds sur le sol du Bengale le dimanche 6 janvier 1929, jour de la grande fête de l'Epiphanie, devenue l'une des plus grandes manifestations de l'amour et de la lumière de Dieu de notre temps.
Le 23 mai 1929, Agnès, prenant le nom de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, devint novice ; ce jour-là elle devint totalement au Christ. Sa soif des âmes grandit sans cesse jour après jour dans les confins de la maison de son noviciat. Elle apprit lentement mais sûrement la signification chrétienne de la souffrance humaine ; elle apprit dans ces années de formation à se soumettre joyeusement à une règle ; à s'efforcer d'être de plus en plus attentive à ses prières personnelles et communautaires ; à rester recueillie tout au long de la journée ; à endurer les intempéries sans se plaindre ; à montrer de la gentillesse à l'égard de tous, en particulier à l'égard des malades, des faibles, des pauvres, de tous ceux qui se trouvaient sur son chemin ; à s'accommoder aux goûts, aux désirs et au tempérament des autres, car elle apprit à voir Jésus en eux ; elle apprit à supporter la contradiction sans s'irriter, et surtout à le faire, pas une fois en passant, mais par habitude, à le faire pas simplement patiemment mais joyeusement. Pendant cette période elle apprit à faire des choses ordinaires avec un amour extraordinaire ; à être l'amour de Jésus, la compassion de Jésus, la présence de Jésus pour tous ceux avec lesquels elle était en contact.
Les deux années qu'elle passa au noviciat passèrent plutôt rapidement et quand le jour de ses premiers vœux arriva elle était prête et extrêmement heureuse de devenir l'épouse de Jésus Christ crucifié. Elle prononça ses premiers vœux le dimanche 24 mai 1931 à Loreto, ce qui a été pour elle ses fiançailles, qui se réaliseront finalement le jour de ses vœux définitifs le lundi 24 mai 1937, le jour de son véritable mariage. Depuis lors aucune épreuve ni angoisse, aucune persécution ni colère, manque de vêtements, ni la mort ni la vie, ni les anges ni les puissances spirituelles, ni le présent ni l'avenir... ni aucune créature quelle qu'elle soit ne l'ont séparée de son amour de Jésus, son Epoux bien-aimé et son Seigneur ( cf Rm 8, 35-39 ). Dans ses propres mots simples :
« Rien ni personne ne m'a séparée de l'amour de Jésus ».
Bien que Drana Markit, la mère bien-aimée de la bienheureuse Teresa et sa sœur Aga aient déménagé à Tirana , la capitale de l'Albanie, en 1930, la bienheureuse Teresa n'est jamais allée en Albanie avant août 1989. C'est Lazare qui est allé étudier à Tirana quand il a obtenu une place à l'Académie militaire de Tirana vers 1924, qui a invité sa mère et sa sœur à venir vivre à Tirana.
Bien que toutes les deux aient été très peu enthousiastes, devant son insistance Aga est allée à Tirana en 1932 et deux ans plus tard leur mère les a rejoints avec grande difficulté. Pendant la deuxième guerre mondiale Lazare est allé en Italie et s'est marié avec Maria, une jeune femme italienne de Florence et s'est installé à Palerme, en Sicile, où il est mort le 2 juillet 1981, laissant Agi, sa fille unique et sa famille.
Sa mère et sa sœur continuèrent à vivre à Tirana, tandis qu'Aga travaillait à la radio albanaise, en particulier pendant le régime communiste le plus sévère. Drana retourna à Dieu le 12 juillet 1972 et Aga un an après. Leurs restes reposent au cimetière à Tirana, la capitale de l'Albanie.
Bien que la bienheureuse Teresa ait tout essayé pour rendre visite à sa mère bien-aimée et à sa sœur qu'elle n'avait pas vues depuis qu'elle les avait quittées, on ne lui a pas permis d'entrer dans le pays pour des raisons politiques et religieuses. Donc sa mère et ensuite sa sœur une année après, quittèrent cette vallée de larmes sans revoir leur Gonxha bien-aimée. La bienheureuse Teresa a exprimé son profond chagrin sur cet incident déchirant quelques années plus tard dans une lettre qu'elle écrivit de Calcutta :
« Cela fait quarante-six ans que ma mère ne m'a pas vue. Quelques mois avant de mourir, elle m'a appelée à plusieurs reprises, désirant me voir, moi son dernier enfant. L'Albanie étant ce qu'elle est, aucun Indien ne peut y aller. Je pouvais aller très près et cependant pas juqu'à elle. C'est ainsi qu'elle est morte avec mon nom sur les lèvres... » (de la lettre de Mère Teresa à père Sebastian M.C. du 14.08.1979).
Après la dite indépendance de l'Albanie début 1990, le gouvernement albanais voulait par tous les moyens que la bienheureuse Teresa soit citoyenne albanaise. Leur insistance ne marcha pas avec elle. Elle continua à dire aux autorités albanaises qui sont venues au 222 Via Casilina à Rome de la convaincre de l'offre nouvelle et prestigieuse. Sa décision ne changea pas, ils lui dirent donc qu'ils la considéreraient comme « une indienne albanaise ». Cela ne changea pas sa façon de vivre ni son œuvre incontestable d'amour pour les pauvres. Donc jusqu'à sa mort elle s'accrocha à sa nationalité indienne.
« De nationalité, je suis indienne »
A la veille de l'indépendance de l'Inde, c-a-d le jeudi 14 août 1947, Pandit Jawaharlal Nehru a dit à l'Assemblée Constituante indienne rassemblée à New Delhi : « Il y a de nombreuses années nous avons fixé un rendez-vous avec le destin et maintenant vient le temps où nous allons racheter notre gage... Sur le coup de minuit, quand le monde dormira, l'Inde s'éveillera à la vie et à la liberté. L'heure arrive, ce qui arrive mais rarement dans l'histoire, où nous passons de l'ancien au nouveau, quand une époque est révolue et quand l'âme de la nation, longtemps réprimée, trouve la parole.. »
Le vendredi 15 août l'Inde est devenue indépendante des Britanniques, qui avaient gouverné l'Inde depuis le 23 juin 1757. Bien que les Britanniques aient débarqué en Inde le 24 août 1600, ils n'étaient pas venus en Inde pour gouverner l'Inde mais pour faire des affaires. Avec leurs propres mots : « Le commerce, mais pas le territoire ». Sous le nom d'East India Trading Company ( Compagnie de Commerce d'Inde de l'Est ) ils établirent de nombreux centres commerciaux, en particulier dans les villes portuaires. C'est Robert Clive qui décida de construire la ville de Calcutta et commença à établir un royaume. Il a choisi Calcutta comme capitale, qui le resta jusqu'en 1911 quand les Britanniques déplacèrent leur capitale à Delhi, qui a été la capitale de six ou plus d'autres royaumes, y compris l'Empire Mogol.
Comme nous le savons tous, les indiens voulaient leur indépendance depuis 1857, mais cela prit très longtemps à se réaliser. L'Inde voulait être libérée de tout pouvoir étranger de façon pacifique. Dieu a choisi un homme avec une foi profonde, des principes forts et un courage inébranlable. Le nom de l'homme était Mohan Das Karma Chandra Gandhi ( M.K. Gandhi ou simplement Gandhijii ). Avec la prière, le jeûne et la méthode de non-violence, il a pu finalement réaliser la libération désirée de l'emprise des Britanniques mais non sans problèmes.
En tout cas, quand l'Inde est devenue indépendante, le nouveau gouvernement a donné la liberté aux étrangers qui avaient vécu en Inde depuis cinq ans ou plus de demander la nationalité indienne, s'ils le voulaient. C'est ainsi que la bienheureuse Teresa fut une des premières qui ait demandé prudemment la nationalité indienne et qui l'ait obtenue une année après l'indépendance de l'Inde, c-a-d en 1948. C'est la raison pour laquelle elle a écrit : « De nationalité, je suis indienne ».
Le gouvernement indien a reconnu son service indomptable des plus pauvres parmi les pauvres, sans distinction de caste, de couleur, de religion ou de nationalité pendant toute sa vie à travers les nombreux prix qu'il lui a décernés :
a. Avril 1962. La bienheureuse Teresa a reçu le prix « Padma Shri » ( « Lotus aux pieds de Dieu » ) du Président indien Dr. Rajendra Presad.
b. Novembre 1972. La bienheureuse Teresa a reçu le prix « Pandit Jawaharial Nehru » du gouvernement indien pour son entente internationale.
c.1972. La bienheureuse Teresa a reçu le doctorat honorifique de Shantiniketan, de l'Ouest Bengale, en Inde.
d. 22 mars 1980. La bienheureuse Teresa a reçu le prix « Bharat Ratna » ( « La Perle de l'Inde »), qui est la plus haute récompense indienne.
e. 13 septembre 1997. La bienheureuse Teresa a eu des funérailles nationales. Un tel honneur pour une religieuse catholique romaine est unique et sans précédent dans l'histoire du monde. Depuis le début le gouvernement de l'Inde a reconnu l'œuvre merveilleuse que la bienheureuse Teresa a fait pour les plus pauvres parmi les pauvres, sans distinction de caste, de couleur, de religion ou de nationalité. Dieu seul peut accorder de tels privilèges, ce qui était la reconnaissance finale et définitive de son travail d'amour comme étant l'œuvre de Dieu, comme elle le disait souvent : « Le travail que nous faisons est l'œuvre de Dieu ; c'est Lui et pas nous ; c'est Son œuvre et pas la nôtre » ( Bienheureuse Teresa ). L'amour ne peut pas être vaincu ni conquis. Mais l'amour conquiert tout sans exception. Les grands empires et les armées les plus puissantes se courbent devant le pouvoir de l'amour. La vie de la bienheureuse Teresa fut l'incarnation de l'amour de Dieu. L'Inde demeure très fière de Mère Teresa de Calcutta. La nation toute entière a de l'estime et du respect pour elle, en particulier en cette année du centenaire de sa naissance.
« Quant à ma foi, je suis une religieuse catholique »
« Depuis l'âge de cinq ans et demi », écrit la Bienheureuse Teresa de Calcutta, « Quand je L'ai reçu pour la première fois ( dans la sainte communion ) - l'amour des âmes m'habite. Il a grandi avec les années – jusqu'à ce que je vienne en Inde – dans l'espoir de sauver de nombreuses âmes. Pendant ces 18 années j'ai essayé de vivre selon Ses désirs – j'ai brûlé du désir intense de L'aimer comme Il n'a jamais été aimé auparavant ».
Selon la bienheureuse Teresa M.C. son appel à devenir religieuse a commencé le jour de sa première communion, qui dans son cas eut lieu à l'âge de cinq ans et demi, contrairement à l'âge de raison prescrit qui était à sept ans. Dans sa lettre du 28 juin 1928 elle explique clairement son intention « de devenir une sœur missionnaire et de travailler pour Jésus qui est mort pour nous tous ».
Mère Teresa n'avait pas honte de professer sa foi par des paroles et des actions, par sa façon de vivre et sa façon de travailler. Elle n'avait pas honte de porter son habit, qui voulait être un signe de sa consécration à Dieu, de sa vie de pauvreté et de son appartenance à la famille religieuse des Missionnaires de la Charité ( cf V.C. 25 ). Elle n'a jamais regretté d'être une personne consacrée. Elle appartenait complètement à Dieu. Grâce à son union ininterrompue avec Jésus, son Epoux crucifié, elle a rempli sa vocation exigeante de donner un service de tout cœur et gratuit aux plus pauvres parmi les pauvres et elle n'a pris aucun risque sans que Jésus soit présent. Jésus lui-même lui a donné la confirmation de sa vocation unique d'être la lumière de Jésus. Dans les propres paroles de Jésus :
« Ma petite épouse, viens, viens, porte-Moi dans les trous des pauvres. Viens, sois Ma lumière. Je ne peux pas y aller seul... Viens, va parmi eux, porte-Moi avec toi chez eux. Comme je désire ardemment entrer dans leurs trous, leurs foyers obscurs et malheureux. Viens, sois leur victime... N'aie pas peur, c'est Moi en toi, avec toi, pour toi... » ( de la lettre de la B. Teresa du 3 déc 1947 ).
La foi de la Bienheureuse Teresa fut héroïque et elle a voulu aimer et servir Jésus dans les plus pauvres parmi les pauvres comme Il n'avait jamais été aimé auparavant. Son amour pour Jésus fut total, inconditionnel, de tout cœur et joyeux. En 1942 elle a fait le vœu privé, sous peine de péché mortel, avec la permission de son confesseur, qu'elle ne refuserait rien à Jésus. Dans ses propres mots : « En 1942 – j'ai voulu donner quelque chose à Jésus sans réserve. Avec la permission de mon confesseur j'ai fait à Dieu le vœu - sous peine de péché mortel – de donner à Dieu tout ce qu'Il pourrait demander – de « ne rien Lui refuser » ».
Quelques jours avant le retour à Dieu de la B. Teresa, une des sœurs de son premier groupe a témoigné d'une scène qui a confirmé sa fidélité héroïque à son premier vœu jusqu'à la fin : « J'ai vu Mère seule, qui regardait... une image de la Sainte Face... et elle disait : « Jésus, je ne t'ai jamais rien refusé ». J'ai pensé qu'elle parlait à quelqu'un. Je suis entrée à nouveau. A nouveau j'ai entendu la même chose : « Je ne t'ai jamais rien refusé » ( témoignage de Sr Margaret Mary M.C. ).
Ecrivant à l'archevêque de Calcutta, la B. Teresa elle-même écrit :
« Depuis ces 17 années ( 1959 ), j'essaie... ( d'être fidèle à ce vœu ) Je suis passée et continue à passer par des de dures épreuves spirituelles – mais sur ce point – il n'y a jamais eu aucun doute dans mon âme parce que je vous les ai toujours présentées à vous et au Père C. Van Exem S.J.... »
« Quant à ma vocation, j'appartiens au monde »
« Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » ( Jn 1, 29 )
Quand j'ai lu cette phrase le verset de l'Evangile de Jean m'est venu à l'esprit :
« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne puisse être perdu mais puisse avoir la vie éternelle ».
St Jean continue : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde ; mais au contraire, pour qu'à travers lui le monde soit sauvé » ( 3, 16-17 ).
Dans ces deux versets St Jean utilise le mot « monde » quatre fois. Il dit qu' « à travers lui, le monde soit sauvé ». Une fois de plus Jésus dit : « Je ne suis pas venu pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé » ( 12, 47 ).
Dans les versets de conclusion de l'Evangile de Marc nous pouvons lire Jésus commandant aux apôtres « d'aller dans le monde entier et de proclamer la Bonne Nouvelle à toute création » ( 16, 15 ).
C'est dans ce sens que la B. Teresa a vu sa vocation et a essayé de la vivre avec toutes les fibres de son être. Elle a su depuis le début de son appel-dans-l'appel, qu' en tant que Missionnaire de la Charité elle était appelée à servir et à sauver le monde des pauvres. Jésus, depuis la Croix, en présence de la foule, et avec la protection de sa Mère bien-aimée ( dont la main gauche était sur l'épaule gauche de la bienheureuse Teresa, sa main droite tenant la main droite de la bienheureuse Teresa ), confie à la B. Teresa le monde des pauvres.
A partir de ce moment-là elle et les Missionnaires de la Charité ont dû aller dans le monde entier pour être la lumière de Jésus, l'amour de Jésus, la compassion de Jésus parmi les pauvres :
« Comme le Père m'a envoyé dans le monde, moi aussi je vous envoie dans le monde pour que le monde soit sauvé à travers lui ».
La B. Teresa a beaucoup vécu dans le monde de la grande souffrance, elle a enduré des douleurs atroces, et partagé de nombreuses choses avec les pauvres afin de les aider à vivre comme de véritables êtres humains avec dignité et humanité, de les rapprocher le plus près possible de Dieu et de rapprocher Dieu le plus près possible d'eux.
Dans une de ses lettres elle écrit :
« Il y a trois jours nous avons ramassé deux personnes dévorées vivantes par les vers. L'agonie de la Croix était sur leur visage. Comme la pauvreté est terrible, quand on n'est pas aimé. Après leur avoir apporté un peu de confort, vous auriez du voir le changement. Le vieil homme a demandé une cigarette, et comme c'est beau de la part de Dieu, j'avais dans mon sac deux paquets des meilleures cigarettes. Un homme riche me les avait donnés ce matin-là dans la rue. Dieu avait pensé au désir de ce vieil homme.
Pourquoi est-ce que je vous écris toutes ces bêtises, alors que vous avez tant d'autres choses importantes qui vous occupent ? Parce que c'est le premier article du credo de nos pauvres »
( B. Teresa, 13 oct 1965 ).
Un jour un homme très riche est venu voir le travail qu'elle faisait dans la maison pour les mourants. Après avoir circulé et vu la façon dont Mère Teresa, ses sœurs et ses frères s'occupaient des patients mourants, il a dit à la B. Teresa : « Mère Teresa, même si vous me donnez dix mille dollars par jour pour ce genre de travail, je ne le ferai pas ». La B. Teresa lui dit :
« Moi non plus. Nous ne le faisons pas pour quelque chose. Nous faisons un quatrième vœu de service de tout cœur et gratuit des plus pauvres parmi les pauvres. Quoique nous fassions au plus petit d'entre les gens , nous le faisons pour Jésus. Donc nous le faisons pour quelqu'un et pas pour quelque chose ».
Déjà lors de notre première rencontre le 30 novembre 1966, elle m'a dit que le travail des Missionnaires de la Charité n'était pas un travail social mais l'œuvre de Dieu. Je n'ai pas compris alors quelle était la différence mais maintenant je comprends.
Bien que la B. Teresa ait dit qu'elle appartenait au monde, elle n'était pas une personne du monde. " Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux ( les apôtres ) restent dans le monde... Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mauvais... " ( cf Jn 17, 10-17 ).
Le monde de la B. Teresa était le monde de Dieu, créé par lui comme un endroit magnifique pour que tous les hommes de bonne volonté y vivent. Objectivement parlant c'est un monde racheté, acheté au prix du sang de Jésus. Mais subjectivement ce monde doit être racheté continuellement, libéré de l'esclavage du péché, du mensonge, de l'injustice, de toute sorte de violence, de terrorisme et d'exploitation. Tant de personnes sont écrasées et opprimées par les « puissants, les riches et les orgueilleux »( cf Lc 1, 51-53 ). Jésus a voulu que la B. Teresa M.C. et les Missionnaires de la Charité aillent dans ce monde des pauvres, cette catégorie d'opressés dont les voix ne sont pas entendues, dont on ne voit pas la souffrance, qui ont été foulés au pied par les prétendus riches et les puissants.
Jésus a dit très clairement à la B. Teresa pour quel genre de personnes elle et sa Congrégation devaient travailler. :
« Il y a beaucoup de religieuses pour s'occuper des riches et des gens aisés mais pour Mes très pauvres je n'en ai pas une seule ».
Sa vocation a été alors de lui amener ces gens-là et de l'amener à ces gens-là. Il y a tellement de gens qui vivent dans l'obscurité de l'ignorance, tellement de gens qui ne savent pas quel est le but réel de leur vie ! Beaucoup de gens pensent que s'ils ont plein d'argent ils ont très bien réussi et qu'ils ont réalisé pratiquement leur but dans la vie.
Dieu ne crée aucun être humain seulement pour ce monde ; et il ne crée pas non plus le monde comme notre fin, pour être immergé et perdu. Ici les propres paroles de Jésus viennent à l'esprit : « Et quel avantage l'homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie »
( Mt 16,26 ). Ici le monde est vu comme un obstacle à notre salut.
Le monde de la B. Teresa n'était pas seulement la ville de Calcutta. Ses pauvres n'étaient pas seulement ceux d'un seul lieu. Elle s'est rendue compte que son monde s'étendait aux extrémités de la terre, partout où l'on trouve des pauvres et des gens qui souffrent. Aujourd'hui les sœurs M.C. sont dans 137 pays du monde, qui comprennent la Sibérie, l'Islande, la Mongolie, la Nouvelle Zélande, en un mot, du Pôle Nord au Pôle Sud, d'un bout du monde à l'autre. Les pauvres seront toujours là ( cf Jn 12, 8 ).
« Les pauvres sont partout si nous avons seulement des yeux pour les voir », avait-elle l'habitude de dire.
Il y a une autre sorte terrible de pauvreté, à laquelle il est même plus difficile de faire face : c'est la pauvreté spirituelle. La Bienheureuse Teresa avait l'habitude d'enseigner :
« La plus grande maladie d'aujourd'hui ce n'est pas la lèpre ni la tuberculose, mais le sentiment de ne pas être voulu, ni aimé ni soigné »
C'était le monde dans lequel nous sommes appelés à vivre, que nous sommes appelés à aimer et à sauver. Le monde de la B. Teresa de Calcutta était le monde des pauvres, qu'elle a essayé de voir avec les yeux de Jésus, d'aimer avec le Cœur de Jésus, de servir et de sauver avec le sang de sa vie de sacrifices, ce qui a compris des épreuves spirituelles terribles et des nuits d'obscurité :
« Les épreuves et les tentations sont le baiser de Jésus – le signe que vous êtes arrivé si près de lui qu'il peut vous donner un baiser. N'ayez pas peur – la petite communauté doit seulement imiter son Maître – pour pouvoir racheter le monde » ( de la lettre de la B. Teresa à P. Sebastian M.C. )
« Quant à mon cœur, j'appartiens entièrement au Cœur de Jésus »
« Dans le langage biblique, le « cœur » indique le centre de la vie humaine, le point où la raison, la volonté, le tempérament et la sensibilité convergent, où la personne trouve son unité et son orientation intérieure. Selon Matthieu (5,8), le « Cœur Immaculé » est un cœur qui, avec la grâce de Dieu, est arrivé à la parfaite unité intérieure et qui par conséquent voit Dieu. Avoir une dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie ou pour le Sacré Cœur de Jésus, signifie par conséquent embrasser cette attitude de cœur, qui donne le « fiat » - « Qu'il m'advienne selon ta parole » - le centre qui définit toute notre vie » ( Le message de Fatima du cardinal Joseph Ratzinger
( Pape Benoît XVI ).
Dans une de ses lettres à son directeur spirituel la bienheureuse Teresa écrit :
« Père, pouvez-vous m'expliquer lorsque vous aurez le temps - comment grandir dans « l'union profonde et personnelle du cœur humain avec le Cœur du Christ » ? Depuis l'enfance le Cœur de Jésus a été mon premier amour. Chaque vendredi est la fête du Sacré-Cœur pour moi. J'aime la Messe du S.C (Sacré-Cœur ) – car dans les paroles de l'Offertoire résonnent les paroles du 10 septembre (1946) - « Feras-tu cela pour Moi ? » Ces M.C. ( Missionnaires de la Charité ) sont seulement Son œuvre. J'ai seulement accepté de le faire pour Lui – J'ai essayé de suivre Son projet pour l'œuvre jusqu'au dernier mot... » ( B. Teresa au P. Neumer S.J. 24 juillet 1967 )
L'amour et la dévotion tenace pour le Sacré-Cœur de Jésus de la B. Teresa a commencé à un très jeune âge, comme elle le témoigne elle-même : « Depuis l'enfance le Cœur de Jésus a été mon premier amour ». Cet amour pour le Sacré-Cœur de Jésus a grandi avec elle et est devenu de plus en plus fort et profond. En plus elle a grandi dans la paroisse qui est consacrée au Sacré-Cœur de Jésus... et les prêtres, aussi, n'étaient pas seulement des fervents du culte du Sacré-Cœur le jour de sa fête, mais ils encourageaient aussi les fidèles à consacrer leurs foyers au Sacré-Cœur de Jésus.
En fait la B. Teresa et les Missionnaires de la Charité ne consacrent pas seulement leurs communautés au Sacré-Cœur le jour de sa fête, mais elles encouragent aussi les familles, en particulier les familles des pauvres qu'elles visitent à se consacrer au Sacré-Cœur. En outre les M.C. prient la Litanie au Sacré-Cœur tous les jeudis.
Une des questions que l'archevêque de Calcutta de l'époque, le très Rev Ferdinand Périer S.J. a posé à la B. Teresa fut « les possibilités de réussite », avant qu'elle ne se mette en route pour répondre à son appel-dans-l'appel nouveau et radical. Sa réponse fut très caractéristique. Elle écrit, en citant les paroles que Jésus lui a dites, c-a-d :
« N'aie pas peur... Je serai toujours avec toi... Fais-Moi confiance avec amour, fais-Moi confiance aveuglément... combien je désire ardemment entrer dans leurs trous... dans leurs foyers obscurs et malheureux... »
Elle continue alors avec ses propres mots : « J'ignore quel sera le succès – mais si les Missionnaires de la Charité apportaient de la joie à un seul foyer malheureux – faisaient en sorte qu'un seul enfant des rues innocent reste pur pour Jésus – qu'un seul mourant meure en paix avec Dieu – ne pensez-vous pas, Excellence, que cela vaudrait la peine de tout offrir – juste pour celui-là – parce que celui-là procurerait de la joie au Cœur de Jésus » ( Fête de Corpus Christi, 1947 )
Son amour sincère pour Jésus dans le Pain de Vie et son service de tout cœur et gratuit à Jésus dans les plus pauvres parmi les pauvres étaient les deux côtés de la même pièce de monnaie. Son amour pour Jésus a grandi à travers l'amour. Chaque jour elle l'a aimé de tout son cœur, de tout son esprit, de toute son âme et de toutes ses forces, et elle a aimé les pauvres comme elle même... et même plus qu'elle s'est aimée elle-même.
Conclusion
Le samedi 6 septembre 1997 l'Agence de Presse CNN m'a demandé : Mère Teresa de Calcutta est morte et maintenant que va-t-il arriver aux Missionnaires de la Charité ? Que va-t-il se passer pour l'œuvre qu'elle faisait ? Allez-vous continuer de la même façon qu'elle le faisait – c-a-d donnerez-vous encore un service de tout cœur et gratuit ? Qu'arrivera-t-il si vous n'avez plus aucune aide des gens et si vous n'avez plus de vocations, etc... ,
Il était seulement 5h30 a.m., quelques heures après sa mort. Beaucoup de personnes ont pensé que la famille M.C. allait alors disparaître, que, comme Mère Teresa avait fermé les yeux, l'œuvre des Missionnaires de la Charité s'arrêterait aussi. Grâce à Dieu cela ne s'est pas produit ainsi : « Qui connait la pensée du Seigneur ? Qui peut être son conseiller... » ( cf Rm 11, 34 ).
De nombreuses personnes ont demandé à la bienheureuse Teresa elle-même quand elle était encore sur la terre : « Mère Teresa, que va-t-il arriver à votre Congrégation quand vous ne serez plus là ? Sa première réponse immédiate était très intéressante. Elle disait :
« Permettez-moi de mourir d'abord. Si Dieu trouve une personne aussi misérable que moi, quoiqu'il n'en trouvera pas une plus misérable que moi, il l'utilisera pour continuer son œuvre. Je n'ai pas peur. J'ai confiance en Lui car c'est lui et pas moi, c'est son œuvre et pas la mienne ».
Ma réponse aussi a été très simple. Il est vrai que Mère Teresa M.C. est morte, mais Dieu n'est pas mort. L'amour n'est pas mort. En plus, Mère Teresa avait l'habitude de dire que quand elle mourrait et retournerait à Dieu, elle pourrait nous aider beaucoup plus et non pas moins.
Il n'y a pas de place pour la peur aussi longtemps que nous resterons fidèles à notre appel comme elle l'a fait. Ce n'est pas Mère Teresa qui a appelé les sœurs, les frères, les coopérateurs, les Laïcs Missionnaires de la Charité les bienfaiteurs et les autres. Non, le même Jésus qui a appelé la B. Teresa a appelé tous les membres de la famille M.C.. Etant donné que l'œuvre n'était pas son œuvre mais qu'elle était l'œuvre de Dieu, elle continuera à l'être, et peut même être meilleure, car Jésus a dit à ses apôtres : « Vous pouvez même faire de plus grandes œuvres parce que je vais au Père » ( cf Jn 14, 12).
La bienheureuse Teresa, qui a marché avec Jésus et œuvré avec lui toute sa vie, continue à passer son ciel à faire du bien sur la terre, comme sa sainte patronne, Ste Thérèse de Lisieux, qui a dit sans hésitation que son ciel consisterait à faire du bien sur la terre.
Dieu vous bénisse.
Père Sebastian Vazhakala M.C.