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08.10.10

French (FR)   Trouver le Jésus Réel dans les pauvres  -  Categories: Mère Teresa, fafa  -  @ 15:34:30

En faisant des recherches dans mes papiers, j'ai voulu vous faire partager cette allocution du père Paul Chetcuti sj, pendant le Chapitre des Coopérateurs à Paris en mai 1988, en présence de Mère Teresa : allocution sur La Présence de Jésus..

Chapitre des Coopérateurs à Paris
mai 1988
«  Trouver le Jésus Réel dans les pauvres  »

«  Tout ce que tu as fait au plus petit de mes frères, c'est à moi que tu l'as fait  »

«  C'est à moi que tu l'as fait  » ( « You-did-it-to-me » ), répète Mère Teresa, en mettant chacun de ces cinq mots sur chacun de ses cinq doigts de ses mains ouvertes et ridées.
Ces mains et ces mots ont été en effet entrelacés ensemble de la façon la plus énergique pour devenir un témoin vivant de ce que l'Amour de Jésus est partout. D'un côté il y a la foi solide dans la vérité de ces mots. D'un autre côté il y a la main ouverte, ridée et déformée par les années de service amoureux. Foi et travaux. Les deux sont inséparables dans la vision de Mère de ce que cela signifie être comme Jésus.
En vérité toute la vision de Mère Teresa est contenue dans cette foi. J'ai été tenté d'écrire :
« foi aveugle ». Mais en réalité c'est une foi avec les yeux grands ouverts. Croire c'est voir. Croire signifie percer les apparences pour pouvoir entrer en contact avec l'essence même, la vraie réalité autour de nous.
La plupart de notre travail, la plupart de nos réactions sont conditionnés par notre vue courte. Nous ne pouvons pas voir au-delà des apparences. Nous voyons la souffrance, nous voyons la mort, nous voyons de la nourriture, des vêtements, nous regardons les nouvelles à la télévision, nous voyons nos maris, nos femmes, nos enfants, nos parents, nous voyons les pauvres. Mais combien de fois nous arrêtons-nous ? Nous sommes toujours incapables de voir la réalité la plus profonde dans l'univers dans lequel nous vivons.
La foi est la clé qui nous ouvre les yeux pour voir que dans tout cela nous sommes en Présence de Jésus. Comme St Jean le Baptiste disait à ceux qui le suivaient : « Parmi vous se trouve quelqu'un que vous ne reconnaissez pas encore ». Nous sommes comme les disciples d'Emmaus sur le chemin de retour de Jérusalem. Jésus était tout côté d'eux. Il les écoutait, leur parlait, marchait avec eux. Cependant leurs yeux étaient fermés à cette Présence. « Hommes de peu de foi ».
Le raison d'être principale derrière les actions et la spiritualité de Mère est précisément cette foi profonde qui lui permet de voir Jésus en tous ceux qu'elle rencontre. Voyons comment elle arrive à cette vision merveilleuse du Seigneur, tout en priant que nous puissions également le témoigner.
Pour Mère les paroles de Jésus ne peuvent pas être prises à la légère. « S'il l'a dit, il a du alors vouloir le dire ». Il n'est pas question d'interpréter, de diluer ou de manipuler les mots du Seigneur. Jésus n'a pas parlé pour le plaisir de parler. « Il a parlé comme quelqu'un qui a de l'autorité. » Ces paroles doivent être prises (at their full weight) à la lettre. Aussi, dit Mère, si Jésus a dit que ce que nous faisons à notre prochain, c'est à lui que nous le faisons, alors il a vraiment voulu dire cela. S'il a voulu le dire, alors il en est ainsi. Mon esprit n'a donc rien d'autre à faire que d'accepter la réalité.
Il en est de même pour l'Eucharistie. Si Jésus a dit que le pain et le vin consacrés sont son corps et son sang, alors il doit en être ainsi. La réalité apparaît aussi claire que la lumière du jour : Jésus est présent dans l'Eucharistie. Jésus est présent dans les pauvres.
On arrive à cette conclusion seulement avec la force d'une foi sans questions sur les paroles de Jésus. « C'est comme deux et deux font quatre », raisonne Mère. Les émotions n'interviennent pas. Les opinions n'ont plus. Ce n'est pas le résultat de quelques considérations théologiques ou philosophiques élaborées. C'est simplement le fait que Jésus est digne de confiance et qu'il l'a dit.
Cependant dans toute sa simplicité cette foi présuppose un sacrifice très important de notre part. Nous devons mourir à nous-mêmes, à nos idées sur ce qu'est la réalité, à nos émotions, à notre moi - notre égocentrisme. Sans cette mort intérieure et profonde de nous-mêmes nous ne pouvons pas avoir accès à cette vision brillante de la Présence de Jésus dans nos semblables humains.
« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Pour voir Dieu parmi nous, « l'Emmanuel », un cœur doit être pur. Il doit être vidé de toute recherche de lui-même, de tout péché. Une fois que nous aurons cessé de porter notre regard sur nous-mêmes, sur nos intérêts, nos droits, nos privilèges, nos ambitions, quand nous aurons vidé vraiment nos cœurs, ils deviendront alors suffisamment clairs et limpides pour nous rendre capables de voir Jésus autour de nous.
En vérité, le moindre mot, geste, sentiment etc. que nous entretenons dans nos cœurs contre notre prochain bloquera notre vision de Jésus en lui. Si je suis en colère contre quelqu'un, comment puis-je voir Jésus en lui ? Si je regarde quelqu'un avec l'intention secrète d'obtenir quelque chose de lui ou d'elle, si je garde une légère rancune contre quelqu'un, si j'ai des sentiments de jalousie, de revanche, du rejet envers quelqu'un, comment puis-je voir Jésus en lui ou en elle ? Mon cœur n'est pas assez pur.
Donc, je dois vider mon cœur de toutes les choses qui bloquent mon amour envers les autres. Alors la Présence de Jésus jaillira aussi claire que le jour pour moi. C'est précisément ce qui est arrivé aux disciples d'Emmaus. Tant qu'ils ont été pris par leur chagrin, leur désenchantement dûs à « l'échec » de la croix, leurs yeux étaient aveuglés. Une fois qu'ils sont arrivés chez eux et qu'ils se sont suffisamment oubliés pour se rendre compte que leur compagnon de voyage avait besoin de nourriture et d'abri, immédiatement, en l'invitant à leur table, ils l'ont reconnu. Sa Présence leur sauta clairement aux yeux.
C'est cette Présence de Jésus que Mère et ses sœurs cherchent à servir. Pour elles qui croient que chaque personne est en réalité Jésus lui-même. Nous ne cessons de dire cette phrase mais quand allons-nous la prendre au sérieux et permettre qu'elle ait son plein impact sur nos vies, suivant l'exemple de Marie ?
Si nous prenons ces mots suffisamment au sérieux nous nous rendrons compte que Jésus n'est pas cette réalité lointaine que nous imaginons qu'il est. Il est là à côté de vous, ici et maintenant. Il porte les vêtements que votre frère porte. Il ressent la douleur que votre sœur ressent. Il est si près de nous que nous ne le voyons pas.
Si vous voulez le voir, n'attendez pas des visions ni des révélations. N' attendez pas des émotions intérieures. Ne comptez pas sur des inspirations soudaines et spectaculaires. Si vous voulez le voir, levez juste les yeux sur votre frère et votre sœur là devant vous - à la maison, dans l'autobus, dans les taudis, sur ce lit de malade.
Et soyez prêts au pire. Plus vous le verrez, moins vous le sentirez. Il vous purifiera de plus en plus à mesure que vous vous rapprocherez de lui. Vous le sentirez moins dans la prière. Vos émotions se tariront. Vous remettrez votre foi en question et d'horribles doutes vous tortureront. N'ayez pas peur quand cela arrivera ! Jésus est simplement en train de vous vider de vous-mêmes, afin que ce que vous voyez de lui alors soit encore plus réel, soit encore plus lui-même.
Dans de tels moments de vide, continuez juste à lui dire « oui », pas tellement par des mots, mais par votre amour en action. Continuez à vous donner aux autres sans conditions. Continuez à croire en Jésus comme la Vérité, le Chemin et la Vie.
Quand vous sentirez vides au plus profond de vous-mêmes, même vide de l'amour lui-même, alors vous expérimenterez la pauvreté. Chérissez cette pauvreté car c'est dans ces moments-là que vous vous rendrez compte d'où vient l'amour réel. C'est cette sensation profonde de pauvreté à l'intérieur de vous qui vous purifiera de toute vanité et prétention. Votre amour sera réellement son amour allant aux autres à travers vous, comme de l'eau vive traversant un tuyau vide. Comme ce tuyau vous n'avez rien à vous à donner, à l'exception de votre propre vide. Mais c'est précisément à ce moment-là que l'amour de Dieu peut couler librement à travers vous jusqu'aux autres.
C'est à ce moment-là qu'étant unis à Jésus et vidés de vous-mêmes, vous pouvez réellement voir Jésus dans le pauvre. Votre vision deviendra débloquée et libre. L'amour de Dieu en vous vous montrera le visage de Jésus dans le visage du plus petit enfant.
Si vous acceptez de vivre dans cet esprit de profonde pauvreté intérieure, alors ce qui est arrivé à Mère Teresa et à ses sœurs vous arrivera à vous aussi. Les personnes que vous servez ne vous verront plus. Elles commenceront à voir Jésus en vous. Vous les aurez aidées à faire l'expérience de la joie que vous possédez maintenant : de voir Jésus dans les autres.
Donc, faites comme Mère, ouvrez vos mains. Laissez-les toucher vos frères et les servir sans conditions. Laissez vos mains servantes exprimer votre amour et laissez votre amour manifester votre foi. Laissez chacun de vos doigts tisser une toile d'amour et de service autour de vous. Ce sont les mêmes doigts qui toucheront Jésus chaque fois que vous les bougerez vers un frère ou une sœur dans la peine. Ne parlez pas de l'amour. Faites attention aux mots. Laissez vos mains faire la conversation.
Ouvrez votre bouche seulement pour dire « Merci » car chaque service que vous donnerez à Jésus dans vos frères est en vérité un grand don que vous recevez.

Père Paul Chetcuti sj

Avec Mère Teresa
en 1988


«  AIMEZ PRIER  »
,
nous dit-elle :


( Prière du Pape Paul VI )

Rends-nous dignes, Seigneur, de servir nos frères qui à travers le monde vivent et meurent dans la pauvreté et la famine.. Donne-leur par nos mains en ce jour leur pain quotidien et par notre amour compréhensif, donne-leur la paix et la joie.

( Prière attribuée à Saint François d'Assise )

O Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où il y a la haine que j'apporte l'amour ; là où il y a l'offense, que j'apporte l'esprit de pardon ; là où il y a la discorde que j'apporte l'harmonie ; là où il y a le doute et l'erreur, que j'apporte la foi et la vérité ; là où il y a le désespoir : l'espérance, les ténèbres : la lumière ; qu'à toute tristesse j'apporte la joie. Fais, O Seigneur, que je cherche à donner du réconfort plutôt qu'à en recevoir ; à comprendre plutôt qu'à être compris ; à aimer plutôt qu' à être aimé ; car c'est en s'oubliant que l'on se trouve ; en pardonnant que l'on est pardonné ; c'est en mourant que l'on s'éveille à la vie éternelle.

«  Seigneur très aimé, fais que je te voie aujourd'hui et chaque jour dans la personne de tes malades et qu'en les soignant je te serve. Si tu te caches sous la figure déplaisante du coléreux, du mécontent, de l'arrogant, que je te reconnaisse et que je dise : «  Jésus, mon patient, comme il est doux de te servir.  »
Seigneur, donne-moi cette foi clairvoyante et alors ma tâche ne sera jamais monotone, la joie de me prêter aux caprices et de répondre aux désirs de tous les pauvres souffrants jaillira toujours.
Malade bien-aimé, tu m'es doublement cher, puisque tu représentes le Christ. Quelle chance j'ai de pouvoir te soigner !
Très doux Seigneur, fais-moi comprendre la grandeur de ma vocation et des responsabilités qu'elle comporte. Ne me laisse pas y être infidèle par abandon à la froideur, à la sécheresse ou à l'impatience.
O Dieu, puisque tu es Jésus, mon patient, daigne aussi être pour moi un Jésus de patience, indulgent pour mes fautes en tenant compte de l'intention, car elle est de t'aimer et de te servir dans la personne de chacun de tes malades.
Seigneur, augmente ma foi, bénis mes efforts et ma tâche, maintenant et à jamais !
Seigneur, que ta crucifixion et ta résurrection nous apprennent à affronter les luttes de la vie quotidienne et à y traverser l'angoisse de la mort, afin que nous vivions dans une plénitude plus grande et plus créatrice !
Tu as humblement et patiemment accepté les échecs de la vie humaine comme les souffrances de la crucifixion. Les peines et les luttes que nous apporte chaque journée, aide-nous à les accepter comme des occasions de croître et de mieux te ressembler.
Rend-nous capables de les affronter patiemment et courageusement, avec une pleine confiance en ton soutien. Fais-nous comprendre que nous n'atteindrons la plénitude de la vie que par une mort incessante à nous-mêmes et à nos désirs égoïstes, car c'est seulement en mourant avec toi que nous pouvons ressusciter avec toi.  »

Mère Teresa M.C.

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