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16.07.10

French (FR)   Frères M.C. Contemplatifs à Nazareth  -  Categories: Père Sebastien, fafa, lettres  -  @ 22:55:19

Rome, Fête de Saints Pierre et Paul 2010

«  Faites de votre communauté un autre Nazareth  »
( Bienheureuse Teresa de Calcutta M.C. )

Jeudi 10 juin 2010, la veille de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, son Excellence Rt. Rev. Giacinto-Boulos Marcuzzo, évêque auxiliaire de Nazareth, a présidé la célébration eucharistique et béni notre toute petite communauté de frères Missionnaires de la Charité Contemplatifs connue sous le nom de Bethshalom-Beit Assalam – Maison de la Paix. Environ cent personnes du lieu étaient présentes à la messe : sept prêtres concélébrants, de nombreux religieux et religieuses, dix sœurs M.C. de leurs quatre communautés, parmi lesquelles il y avait quatre supérieures : Sr. Aroti M.C. de Behtléem, Sr. Luis M.C. de Jérusalem, Sr. Theresina M.C. de Gaza et Sr. Charisma M.C. de Nablus.
Nous remercions Sr. Benedetta M.C., la supérieure régionale de la région Notre Dame de Nazareth d'avoir permis à nos sœurs de venir camper pendant trois jours dans une maison voisine pour faire le nettoyage nécessaire et les autres préparatifs dans l'esprit de Notre Dame de Nazareth, qui partit en hâte avec Jésus en elle, dans la région montagneuse de Judée pour aider sa cousine Elisabeth ( cf. Lc 1, 39 ). Nos sœurs, Sr. Aroti M.C. et l'équipe de sœurs ont inversé la visitation en venant à Nazareth. Notre Dame a inspiré les sœurs de faire ce qu'elles ont fait. Nous tous, les sœurs et les frères, nous avons senti réellement que nous étions une seule famille dans la Sainte Famille. J'ai entendu dire cela souvent mais cette fois cela est devenu réel à Nazareth, où le Verbe éternel a pris chair en Marie. Les frères et moi n'avons pas de mots pour remercier ces sœurs pour ce qu'elles ont été et comment elles ont été et pour ce qu'elles ont fait pour que notre toute petite communauté commence à Nazareth. J'espère et je prie pour que nous ayons de nombreuses autres «  expériences de Nazareth «  dans la famille M.C. !
L'évêque, Mgr. Giacinto Marcuzzo, a été merveilleux. La célébration de l'Eucharistie a été une expérience profonde de Pentecôte pour tous. Juste au moment de la consécration, quand le pain est devenu le Corps du Christ, la cloche de la basilique de l'Annonciation a sonné solennellement. Pour nous cela a été très symbolique : c'était une confirmation que l'Incarnation continue de se faire à travers l'Eucharistie et en même temps c'était un signe de l'acceptation de notre toute petite communauté de Bethshalom par Notre Dame de Nazareth.
Comme la Sainte Famille notre communauté est composée seulement de trois frères pour le moment : Fr. Jean Marie M.C., Fr. Ricardo M.C. et Fr. Nicholas M.C. Si Dieu le veut d'autres s'ajouteront à eux. La chrétienté a commencé avec trois personnes : Jésus, Marie et Joseph. La force et la puissance de la communauté ne dépend pas seulement du nombre de personnes mais de la façon dont il sont unis, dont ils s'aiment, dont ils prient et avec quelle ferveur, de la fidélité et de la persévérance avec lesquelles ils accomplissent leurs devoirs, de la façon dont ils vivent le dictum
«  unis nous tenons debout, divisés nous tombons  ». Nous espérons donc et prions pour que, comme la sainte Famille de Nazareth, notre communauté, aussi, devienne une école de Charité, d'accueil chaleureux et d'hospitalité généreuse, de prière ardente et de doux silence et d'adoration prolongée.
J'ai été invité à donner une conférence dans une paroisse en Italie. Là j'ai rencontré la supérieure d'une communauté de religieuses et je lui ai demandé : Ma sœur, combien êtes-vous dans votre communauté ? «  Mon père, nous sommes SEULEMENT quatre  », me dit-elle. «  Vous êtes quatre. Ce n'est pas mal ma sœur  », lui ai-je dit, «  Dieu est seulement trois; et voyez tout ce que font les trois personnes.  » Quel est le secret de leur vie et de leur travail ? Dieu ne perd pas de temps en grandes discussions, ou raisonnements, débats ou combats. Il y a une harmonie parfaite de volontés. Personne dans la Bienheureuse Trinité n'est contrarié ou en colère contre l'autre. Dieu sait seulement aimer, donner et pardonner.

Nos communautés peuvent être petites ou grandes, mais la qualité de notre communauté, le succès de notre vie et de notre apostolat ne dépend pas simplement du nombre, mais dépend grandement de l'unité de ses membres ! Si à la maison, parmi nous, il y a un amour fraternel authentique les uns pour les autres, du sérieux dans notre vie de vénération et de prière, un amour et une préoccupation profonde des pauvres, alors nous serons de véritables Missionnaires et des porteurs de l'amour de Dieu et nous donnerons un témoignage frappant au monde ( cf. Constitutions des frères R. 109 ).
A la fin de la messe l'évêque et moi nous sommes restés debout sur le côté de l'autel et le diacre permanent se trouvait au milieu, avec une relique de première classe de la bienheureuse Teresa que ceux qui le voulaient pouvaient embrasser. Ils sont passés devant nous un par un en disant en arabe : «  mabrouk alf mabrouk  », c-a-d chaleureuses félicitations.
L'évêque demanda publiquement quelle était notre fête patronale et quand nous la célébrions ? Je lui dis que notre fête patronale était la fête de la Sainte Famille et que nous célébrions la fête de notre Société chaque année le dernier jeudi d'octobre. Il nous dit que c'était merveilleux d'avoir la Sainte Famille comme fête patronale et qu'il était donc juste que nous ayons une communauté à Nazareth; mais que le dernier jeudi d'octobre ne convenait pas bien en Terre Sainte car ce jour-là chaque année il y avait la célébration du Baptême de notre Seigneur au bord de la rivière Jourdain, là où Jésus a été baptisé par St. Jean le Baptiste. En 2006 quelques uns d'entre nous, les frères, nous nous sommes joints aussi à la célébration ce jour-là comme nous faisions une retraite de 30 jours au Mont des Oliviers, et c'est seulement à ce moment-là que nous avons appris que la commémoration du Baptême de Jésus en Terre Sainte coïncidait avec la célébration de la fête de notre Société.
J'ai donc dit à Son Eminence Mgr. Giacintho-Boulos de choisir le jour, ce qu'il fit. Il dit :
«  Ici, en Israël la fête de votre Société sera célébrée le dernier mercredi d'octobre.  » A Nazareth les chrétiens ferment leurs boutiques le mercredi après-midi, c'est donc le meilleur jour pour nous.
La belle soirée s'est terminée par de simples rafraîchissements, que tous les participants ont appréciés. Tous sont rentrés chez eux en louant Dieu pour la présence d'un Nouveau Tabernacle à Nazareth où Jésus a eu son premier tabernacle dans la Vierge de Nazareth. En fait son Excellence voulait appeler notre maison Le Tabernacle, ce qui, selon moi, aurait pu être plus approprié. Pour nous c'est aussi la maison mémorial du centenaire de de la bienheureuse Teresa M.C.. En tout cas nous appelons notre maison Bethshalom – Maison de la Paix, comme la Sainte Famille de Nazareth veut que la maison soit connue sous ce nom.
La maison où vivent les frères est louée. C'est une très vieille maison et elle a été inoccupée pendant environ huit ans. On a du faire beaucoup de réparations, de nettoyage et de rectifications. Fr. Ricardo M.C., les frères, nos sœurs M.C. et beaucoup d'autres personnes on travaillé très dur pour la rendre habitable. Beaucoup de personnes de la localité nous ont aidés, y compris des prêtres et des religieux. Nous leur devons à tous notre profonde gratitude, que les frères veulent exprimer en priant pour eux et en s'efforçant d'être fidèles à leur vocation.
Notre maison se trouve à environ deux cents mètres de la basilique de l'Annonciation du côté ouest. De la route nous avons environ soixante à cent marches à monter, selon l'entrée que nous prenons, comme la maison a deux entrées. Les frères font donc beaucoup d'exercice en montant et descendant les marches.
La maison est petite, en forme de la lettre capitale « L »; qui pour nous signifie amour (love) de Dieu et amour de notre prochain. La ligne verticale signifie aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit, de toute son âme et sa force, et la ligne horizontale signifie aimer son prochain comme soi-même. La loi entière et les prophètes, toute l'écriture, notre vie terrestre entière peut se résumer en ces doubles commandements fondamentaux. Jésus les a enseignés par des paroles et par
l'exemple ( cf. Mt 22, 35-40; Mt 12, 28-33; Lc 10, 25-28; Jn 15, 13ff.)
Nazareth est l'épicentre de la foi chrétienne, de la religion chrétienne; en termes simples c'est l'épicentre du christianisme. C'est à Nazareth que le ciel et la terre se sont rencontrés pour la première fois... le mariage de la divinité avec l'humanité... la rencontre du temps et de l'éternité y a pris place.

Nazareth continuera à se faire et refaire l'écho de la réponse incroyable de Marie, la femme humble, douce et obéissante de Nazareth qui a dit « oui », qui a abandonné sa volonté à la volonté divine dans l'obscurité de la foi, sans compter le coût. Il n'y avait pas le temps de discuter, il n'y avait pas d'autre personne à consulter et avec laquelle dialoguer; la réponse fut spontanée et totale... «  Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole  ». Dans cette réponse inconditionnelle de Marie l'humanité est purifiée et rachetée.
Y a-t-il eu quelque supercherie ? Le diable a-t-il joué un rôle dans cette réponse impensable? N'a-elle pas été folle, naïve, imprudente de faire si totalement confiance à la voix étrange d'un ange qui venait avec un message qui dépassait sa compréhension ?
La ville de Nazareth est la première église, Marie et Joseph sont le premier sanctuaire domestique et Notre Dame est le premier tabernacle, la nouvelle Arche d'Alliance. Nazareth est devenu alors le lieu de naissance, le berceau du christianisme.
Un jour un jeune garçon de dix ans m'a demandé : «  Père, pourriez-vous me dire, s'il vous plaît ce que c'est qu'un chrétien ?  » Je lui ai dit qu'un chrétien c'est celui qui accueille le Christ et qui essaie de suivre son chemin à lui qui est venu faire la volonté de son Père. Marie est la première chrétienne qui a accueilli le Christ dans sa vie; le christianisme a commencé par son abandon inconditionnel à la volonté divine. Et ensuite elle s'est unie à Joseph qui a aussi accueilli Jésus dans la foi et l'amour le plus pur, formant le premier sanctuaire domestique de l'Eglise. Marie et Joseph ont été le premier couple chrétien qui a vécu, aimé et travaillé à Nazareth dans le silence de l'adoration.
La présence divine de Jésus dans la maison de Nazareth a rendu cette ville unique et sans précédent. La présence de Jésus en Marie l'a fait méditer, contempler, chanter et louer le Créateur de l'univers. La vie de Marie et de Joseph n'a plus était la même. Leurs vies sont devenues inséparables de la vie de Jésus. Ils ont vécu pour et avec Jésus. Ils ont aimé Jésus. Jésus les a aimés également, sinon plus, parce que Jésus a vu que sa Mère et son père adoptif avait le même désir et la même ambition, c'est-à-dire faire la volonté de Dieu, quelque soit le prix... mourir si c'était nécessaire... mais la volonté de Dieu était leur norme de vie. Ils voulaient tout ce que Dieu voulait sans compter le prix. L'amour de Jésus était égal à son respect et à son obéissance envers eux ( cf. Lc 2, 51-52 )parce qu'en leur obéissant il obéissait à son Père. «  Je suis venu faire la volonté de mon Père qui m'a envoyé  »; «  Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth et il leur était soumis  »( Lc 2, 51 ).
Il est assez étrange que ce soit Jésus qui à l'âge de douze ans a rappelé à Marie son origine et qui était réellement son Père : son Père est Dieu. A la question de Marie : «  Mon enfant, pourquoi nous as-tu fais cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés.  » Jésus répondit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon
Père ? »
 Marie au moins devait connaître l'origine de Jésus, qu'il venait de son Père, qu'il était envoyé dans le monde pour être sa lumière, pour être son amour, son chemin, sa vie et sa vérité. Il était envoyé par le Père dans le monde pour être son eau vive, pour être son espoir et son salut.
Car «  Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle  » ( Jn 3, 16 ).
Le jour de l'Annonciation, la vie contemplative de Marie a commencé avec sa réponse inconditionnelle dans la foi la plus pure, «  Alors qu'un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux, ta Parole toute-puissante s'élança du trône royal .... » ( Sagesse 18, 14 ), nous pouvons dire, dans le sein de Marie, qui l'a gardé précieusement dans son cœur et dans son sein et à commencer à méditer sur la Parole vivante en elle, grandissant en elle . Comment ne pouvait-elle pas gardé précieusement cette présence réelle et unique de la Parole éternelle en elle, qui est son Sauveur et Seigneur et le Sauveur du monde en même temps ?
Ici la raison humaine ne peut pas comprendre et la raison humaine ne peut pas expliquer ce mystère impénétrable que Marie a gardé précieusement et contemplé pendant toute sa vie.

Marie est la mémoire contemplative de l'Eglise et le premier tabernacle du Seigneur. Plus elle contemplait plus elle ressentait le besoin d'aller en hâte aider les autres qui étaient dans le besoin... Avec Jésus et jamais sans lui Marie est sortie rencontrer les besoins humains. Plus elle réfléchissait sur ce mystère impénétrable présent en elle, plus elle était poussée à chanter les louanges de Dieu et à aider tous ceux qui étaient dans le besoin. «  Elle allait en hâte  » 
Mais ensuite elle s'est rendue compte à travers sa prière de contemplation que sa vie et sa mission était le travail de Dieu tout puissant. «  Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom  » ( cf. Lc 1, 39 ff. ). Sa contemplation incessante du mystère intérieur du Verbe incarné, qui a fait son nid dans son sein et a grandi lentement en elle, qui était le Créateur de l'univers et le rédempteur de l'humanité à qui elle recommandait à chaque chrétien de «  Faites tout ce qu'il vous dira.  » ( cf. Jn 2, 5 ).

Amitié et prières.
Dieu vous bénisse. Père Sebastian Vazhakala M.C.

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Basilique de l'Annonciation à Nazareth

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