16.09.09

Lettre du Père Sebastian Vazakala M.C. pour le 5 septembre 2009
" Les épreuves nous amènent au pied de la Croix et la Croix à la porte du ciel. "
Chaque année, le 5 septembre, l'Église célèbre la fête de la bienheureuse Teresa de Calcutta ;
et chaque célébration d'un jour de fête appelle à un renouvellement de notre vie dans le Saint-Esprit. Chaque fois que nous célébrons la fête d'un saint nous apprenons à connaître la façon dont il ou elle vivait et aimait Dieu et dont il /elle aimait son prochain, vivait l'Evangile de l'amour en action. Nous sommes censés avoir une "double portion" de l'Esprit, le désir, le désir ardent, la faim et la soif de la sainteté, sa soif inextinguible du salut et de la sanctification des âmes. Cela ne peut pas se limiter à une simple célébration liturgique, mais appelle à une compréhension plus profonde du zèle et de la ferveur, de l'esprit de joie et de l'enthousiasme, de l'esprit d'abnégation de soi et de sacrifices héroïques dans lesquels la personne a vécu et œuvré. Nous nous rendons compte que les saints nous ressemblaient beaucoup dans de nombreux domaines et ont vécu et travaillé dans des situations et des milieux similaires avec la différence qu'ils étaient réellement amoureux de Dieu et que rien ni personne n'a pu ni ne les a séparés de l'amour de Dieu. St. Paul l'exprime avec éloquence dans sa lettre aux Romains : " Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ?...J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur." (Rm 8, 35-39)
Chaque fois que nous avons une fête ou une solennité, il nous est demandé de prendre les psaumes du dimanche de la première semaine, pour notre prière du matin; et le premier psaume pour la prière du matin est Ps 63, 2-9. Pourquoi prie-t'on ce psaume pour une fête ou une solennité? Il y a une raison. Ce psaume exprime en de nombreux mots la soif insatiable du cœur et de l'âme humaine de Dieu et du salut des âmes. Le Psaume 63 commence par un acte de foi profonde et de désir intense : " O Dieu, c'est toi mon Dieu, je te cherche, mon âme a soif de toi. " Non seulement l'âme du saint a soif de Dieu, mais son corps également . Nous continuons à prier : " Après toi languit ma chair, terre sèche, altérée, sans eau. " Plus nous avons soif de Dieu, plus nous devenons assoiffés. Notre soif de Dieu est comme l'eau de la mer. Plus nous buvons l'eau de la mer, plus nous devenons assoiffés.
Cela fut vrai pour Notre Dame; cela fut vrai pour notre bienheureuse Mère Teresa. En 1947 la bienheureuse Teresa écrit : " J'étais par moments tellement attirée par le Saint-Sacrement. Je désirais ardemment la Sainte Communion. Nuit après nuit le sommeil disparaissait - et uniquement pour passer ces heures à désirer ardemment Sa venue. Cela a commencé à Asansol en février - et maintenant toutes les nuits pendant une heure ou deux , j'ai remarqué qu' entre 11.00 p.m..et 1.00 a.m. le même désir ardent interrompt le sommeil. " (de la lettre de la bienheureuse Teresa au Père Van Exem S.J., 1947)
L'expérience de Notre Dame, des saints et de la bienheureuse Teresa elle-même doit devenir la nôtre également. Ce désir, ce désir ardent et cette soif doivent être dynamiques. Chaque fois que nous prions ce psaume, nous sommes censés renouveler nos expériences de cette " nostalgie" insatiable, de cette soif inextinguible de Dieu.
D'autre part, la soif que Dieu a de nous est encore plus grande, plus forte et infiniment plus insatiable car Dieu est infini. Le " Catéchisme de l'Eglise Catholique " définit bien la prière comme " la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre . Dieu a soif que nous ayons soif de Lui. " (CCC 2560)
Nous voyons cette soif insatiable en Jésus, non seulement sur la Croix : " J'ai soif " ( Jn 19,28), mais peut-être encore plus dans l'Eucharistie. Jésus Eucharistique et le Cœur Immaculé de Marie, petit à petit, non seulement attirent les âmes à Jésus, mais ils les font Lui ressembler. La bienheureuse Teresa écrit : "Essayez d'être l'amour de Jésus, la compassion de Jésus, la présence de Jésus pour tous et pour les pauvres que vous servez. Tout cela sera possible seulement si vous restez près de Marie, la Mère de Jésus et notre Mère. Elle vous guidera et vous protégera et vous gardera seulement tout à Jésus. " (lettre générale de Mère, mai 1990) Jésus est le Chemin et Marie est celle qui montre le Chemin.
Le cœur et l'âme de Notre Dame ont désiré ardemment le salut et la sanctification des âmes.
Dans toutes ses apparitions, à Lourdes comme à Fatima ou à Calcutta, invariablement Notre Dame a demandé la prière assidue, des sacrifices généreux et des pénitences héroïques pour le salut et la sanctification des âmes.
A Calcutta Notre Dame a dit à la bienheureuse Teresa de prendre soin de la foule, en les amenant à Jésus. Ses mots exacts sont : " Prends soin d'eux. Ils sont à moi. Amène-les à Jésus, porte-leur Jésus..." (MFG p. 19) Si la soif insatiable des âmes a été l'expérience normale de tous les saints, combien Notre Dame a-t'elle désiré encore plus ardemment sauver les âmes. Ce n'est pas une soif qui disparait avec leur mort. Non, elle s'accroit seulement, comme ils sont beaucoup plus près de Jésus. Ste Thérèse de Lisieux a écrit : " Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. " En d'autres mots, à sauver les âmes. Notre Dame ne s'arrête jamais de travailler pour le salut des âmes. Les saints sont les coopérateurs de Jésus les plus proches de Lui. Plus on est près de Jésus, plus on est insatiable et infatigable à travailler au salut et à la sanctification des âmes. C'est pourquoi la bienheureuse Teresa M.C. a travaillé jour et nuit, écrit un nombre infini de lettres, et entraîné les personnes à la rejoindre dans son train de Charité. Plus les personnes partagent les œuvres, plus elles deviennent assoiffées et essaient de rassasier la soif inextinguible de Jésus. Il y a des milliers et des millions d'âmes à sauver. La soif de Jésus est infinie; elle s'étend aux extrémités de la terre, embrassant toutes les personnes de toutes croyances ou sans foi. Jésus continue à demander à chacun de nous : " Refuseras-tu de faire cela pour moi, de prendre soin d'eux, de Me les amener ? (MFG p. 19)
Le deuxième psaume de la prière du matin pour la fête d'un saint vient du livre du prophète Daniel (3, 57-88). Il est très important de connaître le contexte de ce psaume et pourquoi il a été choisi pour la fête de Notre Dame, ou d'un apôtre, ou d'un saint. Ce psaume est un cantique chanté par Daniel et deux de ses compagnons dans la fournaise ardente. Ils y avaient été jetés pour avoir refusé d'adorer la statue en or. Le roi furieux Nabuchodonosor ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus que d'ordinaire. Et il choisit certains hommes forts de son armée pour lier Shadrak (Daniel), Meshak et Abed Nego et les jeta dans la fournaise de feu ardent. Puis ces hommes furent liés avec leurs manteaux, leurs tuniques, leurs chapeaux et leurs autres vêtements, et jetés dans la fournaise de feu ardent. Parce que l'ordre du roi était péremptoire et la fournaise très chaude, la flamme du feu fit périr ces hommes qui y portèrent Shadrak, Meshak et Abed Nego, qui avaient été jetés liés dans la fournaise de feu ardent. Et ils marchèrent au milieu des flammes en chantant des hymnes à Dieu et en louant le Seigneur : " Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur, célébrez-le, exaltez-le éternellement... " (cf Dn 3, 52-90)
C'est le contexte du second psaume pour la fête d'un saint. Dans le premier psaume (Ps 63, 2-9), nous avons vu la soif insatiable de l'âme humaine de Dieu et la soif infiniment plus insatiable de Dieu de l'amour de l'homme et des âmes. Dans ce psaume nous voyons ce que Jésus, Notre Dame et les saints ont enduré pendant leur séjour terrestre. Jésus, par exemple, a dit à Mère Teresa :
" Tu n'es pas morte pour les âmes... ton cœur n'a jamais été submergé de chagrin comme l'a été celui de ma Mère. Tous les deux nous avons tout donné pour les âmes... " (MGF p. 10) Jésus a continué à dire à la bienheureuse Teresa que sa vocation consistait à aimer et à souffrir : " Ta vocation est d'aimer et de souffrir et de sauver les âmes. " (MGF)
L'épée du chagrin devait transpercer le cœur de Marie (Lc 2,35), qui arriva à son paroxysme au pied de la Croix :" Là se tenait debout " - Stabat Mater, la Mère de Jésus (cf. Jn 19, 25-27) Le cœur de Notre Dame fut submergé de chagrin, transpercé par une épée de chagrin.
Des années plus tard la bienheureuse Teresa a écrit de nombreuses lettres à certains de ses directeurs spirituels sur son expérience de sa propre fournaise ardente : " Si vous saviez ce que j'endure. Il détruit tout en moi...Je veux Dieu avec toutes les forces de mon âme... et cependant il y a une terrible séparation entre nous. Je ne prie plus. Je prononce les paroles des prières de la communauté... J'ai été sur le point de dire "Non". Cela a vraiment été tellement dur... ce terrible désir ardent ne cesse de grandir et je sens comme si quelque chose allait se briser en moi un jour - et ensuite cette obscurité, cette solitude, ce sentiment d'une terrible solitude. Le ciel est fermé de tous côtés... et pourtant, je désire Dieu ardemment. Je désire L'aimer ardemment avec chaque goutte de vie en moi. Je veux L'aimer d'un amour personnel profond... " (de sa lettre au Père L.T. Picachy)
La bienheureuse Teresa a continué pendant de nombreuses années à vivre sa fournaise ardente, comme elle l'a écrit : " Quant à moi - que vous dirai-je ? Je n'ai rien puisque je ne L'ai pas - Lui que mon cœur et mon âme désirent ardemment posséder. La solitude est si grande - Je ne trouve personne à l'intérieur ni à l'extérieur vers qui me tourner... Si l'enfer existe - ceci doit en être un. Comme il est terrible d'être sans Dieu - pas de prière - pas de foi - pas d'amour. - La seule chose qui reste est la conviction que l'œuvre est Sienne... Et pourtant, Père, en dépit de tout ceci, je veux Lui être fidèle - me dépenser pour Lui, L'aimer non pour ce qu'Il donne, mais pour ce qu'Il prend. " (d'une lettre au Père Neuner S.J., 1965)
Il est plus facile et même excitant pour nous de lire et de parler des expériences de la nuit profonde des autres et de prendre plaisir à le faire, jusqu'à ce que la nuit profonde, c-a-d la nuit des sens et la nuit de l'esprit nous frappe. C'est alors que nous devons prendre connaissance de leurs écrits avec un esprit tout à fait différent et en tirer profit.
" Selon St Jean de la Croix ", écrit P. Albert Huart S.J., " les principaux signes pour distinguer la nuit de l'Esprit de la dépression psychologique ou de la paresse spirituelle sont :
Le plus important : la personne n'interrompt pas son engagement envers ses obligations et sa mission, même si elle rencontre des épreuves et des échecs en les accomplissant. Bien que la personne expérimente que sa prière est obscure, douloureuse et stérile, elle se sent attitée par la prière. La bienheureuse Teresa continue : " et pourtant, Père, en dépit de tout ceci, je veux Lui être fidèle, me dépenser pour Lui, L'aimer, etc. "
Graduellement, sous l'obscurité qui accable son âme, elle découvre une source tranquille et grandissante de paix.
Plus tard, quand elle émerge de cette épreuve obscure (qui peut durer des années), elle la considère comme la période la plus bénie et vivifiante de sa vie. "
Les saints comme la bienheureuse Teresa, et tous les saints passèrent par le creuset de la douleur intense et de la purification. Les souffrances étaient doubles : d'une part les âmes traversent littéralement la fournaise ardente, mais avec un désir ardent et une soif insatiable de Dieu. Elles en arrivent presque au bord du désespoir, mais ensuite la puissance irrésistible de la grâce les encveloppe. Le moi intérieur n'est pas détruit mais purifié et remodelé en Jésus-Christ, l'homme-Dieu parfait.
" Les épreuves nous amènent au pied de la Croix, et la Croix à la porte du ciel. ", dit St Jean-Marie Vianney, le saint patron de tous les prêtres. Il peut être bon que tous les prêtres et les religieux soient conscients et préparés à toute sorte d'expérience de la fournaise ardente dans leur vie et leur ministère. La sécheresse et l'obscurité que nous expérimentons ne doit pas devenir des pierres d'achoppement dans notre vie ou notre apostolat mais des tremplins pour nous rapprocher de plus en plus de Jésus et lui ressembler comme les saints comme St Jean-Marie Vianney, la bienheureuse Teresa et les autres l'ont fait.
Dieu vous bénisse.
Père Sebastian Vazhakala M.C.
LITANIE DE LA CHARITE
La Charité est la reine de toutes les vertus. " Si vous voyez la Charité, vous voyez la Trinité ", dit St Augustin. Sans elle, même si l'on parle les langues des anges, c'est comme " un airain qui sonne ou une cymbale qui retentit " (Cf. 1 Co 13, 1-13). C'est une vertu très délicate qui est comme le sel dans la nourriture. Ce n'est pas étonnant que des saints comme Ste Thérèse de Lisieux se soit résolue à faire des choses ordinaires avec un amour extraordinaire et à ne pas prendre l'autre chemin détourné. Ce qui suit est une litanie pour demander pardon pour les nombreux manques quotidiens de charité, car nous savons que même la personne juste tombe sept fois par jour.
Pour toutes mes pensées sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes regards sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes comportements sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes attitudes sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes manières d'agir sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes paroles sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes conversations téléphoniques sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes jugements sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes critiques sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes conversations sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes actions sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes réactions sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes travaux sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toute ma charité sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes prières sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes entreprises sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes œuvres de miséricorde sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes services des pauvres sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes sentiments sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes omissions sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes soins sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes préoccupations sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes angoisses sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes partages sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes rencontres sans charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes manques de charité, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toutes mes négligences, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour toute ma colère et mon amertume, Seigneur, aie pitié de moi.
Pour tous mes manques de pardon, Seigneur, aie pitié de moi.
Prions :
" Souffle en moi, Esprit Saint, afin que toutes mes pensées soient saintes.
Agis en moi, Esprit Saint, afin que mon travail aussi soit saint.
Attire mon cœur, Esprit Saint, afin que je n'aime que ce qui est saint.
Fortifie-moi, Esprit Saint, afin que je défende tout ce qui est saint.Protège-moi, Esprit Saint, afin que je puisse toujours être saint ".
Dieu vous bénisse.
P. Sebastian Vazhakala M.C.