08.03.09

Enseignement de Monseigneur John Moloney
Rencontre internationale LMC Lourdes
22/29 septembre 1996

Premier Enseignement
Thème: la charité dans l'humilité
FENÊTRE DU CIEL
Nous voici dans ce pays de collines, ayant laissé derrière nous le cadre et la routine de notre vie de tous les jours. Nous sommes devenus des pélerins, et, comme l'ancien peuple de Dieu, qui prit conscience de l'intimité de la présence de Dieu sur la montagne, et fut guidé par une colonne de nuages ou de lumière, la Mère de Dieu nous a attirés ici. Au lieu d'une colonne de nuages, Elle qui est la Femme vêtue de lumière, a éclairé notre chemin vers cet endroit béni. Nous sommes venus répondre à l'invitation exprimée à Bernadette, la petite bergère jadis agenouillée à ses pieds: "Dites-leur de venir en procession".
Il s'agit, dans nos vies, d'un moment unique et comblé de grâces. Avant même votre arrivée vous aviez déjà, par anticipation, reçu l'immense joie qui remplit vos coeurs aujourd'hui. Et quelle joie pour Marie que votre présence ici; combien doit-elle aimer le titre même et le but de votre apostolat: "Laïcs Missionnaires de la Charité".
Le cadre
L'histoire et la géographie de cet endroit béni représentent le cadre parfait de cette conférence qui est la vôtre. Elles parlent un langage facile à relier à cet instant et à tout l'objectif et à toute la merveille de votre Apostolat.
Ici, dans le calme des collines et loin du brouhaha et du rythme intense de la vie que vous avez laissés en bas, il y a le calme et la tranquillité; et si vous baissez le volume du bruit du monde, vous trouverez le baume d'une paix profonde. "La montagne apporte la paix au monde".
Elie, sur la montagne, a entendu le Seigneur, non pas dans l'orage, mais "dans le bruissement d'une brise légère" (I Rois 19, 12). Bernadette, entendant le bruissement d'une brise légère, se tourna vers la source de ce son et vit, pour la première fois, la belle Dame.
Lorsqu'en février 1958, le Pape Pie XII parla à l'occasion du centenaire des Apparitions de Lourdes, il employa une expression très significative: "Avec la venue de la Vierge Immaculée, une fenêtre s'était ouverte au Ciel". Et pour nous ici réunis, une fenêtre est ouverte au Ciel, fenêtre qui illumine pour nous la vision de beauté, la sainteté, le sourire de la Vierge Immaculée. Et nous pouvons dire que, par cette fenêtre ouverte, la lumière brille d'une clarté particulière sur le thème de votre conférence: "La Charité dans l'Humilité".
Terre d'Evangile
Lourdes est souvent appelée "Terre d'Evangile" car, très réellement, Jésus est ici comme dans l'Evangile, penchant l'oreille vers les cris des pauvres, tendant la main pour toucher de son amour de guérison les oreilles et les yeux et les membres, et, plus profondément, pour ouvrir les coeurs à recevoir sa miséricorde et à y répondre d'une foi humble.
Dans un moment particulier de la révélation de son coeur, Jésus a tourné son regard vers le ciel et son Père, dans une prière d'action de grâces: "Je te rends grâces, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché ces choses aux sages et aux avisés et de les avoir révélées aux tout-petits...Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, et, je vous donnerai le repos. Prenez mon joug et faites comme moi car je suis doux et humble de coeur et vous trouverez le repos de vos âmes car mon joug est doux et mon fardeau léger". (Mt 11, 25-30).
Dans cet instant de l'Evangile, Jésus a adressé son invitation "Venez" non seulement à ceux qui l'ont entendu, mais à toute personne chargée d'un lourd fardeau.
Le Pape Jean-Paul II appelle notre attention sur l'importance de ce moment. "Une seule fois, peut-être, le Seigneur Jésus parle de son coeur dans ses propres mots. Et il souligne ce caractère unique, de "douceur et d'humilité du coeur" comme s'il voulait dire que c'est uniquement de cette manière qu'il souhaite être le Roi de coeur. Ces qualités le révèlent pleinement et nous permettent d'en arriver à le connaître et à l'accueillir; elles en font l'objet de l'admiration suprême."
Tout au long de l'Evangile, il révèle un amour qui est doux, toujours à l'écoute et disponible à guérir et à sauver tout coeur humain qui serait las ou troublé. "Le Seigneur entend le cri des pauvres".
Il était rempli de compassion pour la multitude affamée sur le flanc d'une montagne. "J'ai pitié de la foule car voilà trois jours qu'ils sont avec moi et n'ont rien à manger et je ne veux pas les renvoyer à jeun de peur qu'ils ne défaillent en chemin". (Mt 15, 32)
Il s'est préparé pour la Dernière Cène, la révélation finale de Son amour, par un geste d'humilité. Il s'est penché pour laver les pieds de ses disciples. Saint Augustin aimait à s'attarder sur chacun des détails de cette scène: il la voyait liée à toute la mission de salut de Jésus.
"Il quitta ses vêtements, lui qui, lorsqu'il avait la forme de Dieu, s'était dépouillé; il s'entoura les hanches d'une serviette, et prit la forme d'un serviteur. Il versa de l'eau dans une bassine pour laver les pieds de ses disciples, lui qui versa sur le sol son sang qui lava l'impureté des pécheurs. Sur la Croix, on lui enleva ses vêtements; mort on l'enveloppa d'un suaire; toute sa Passion n'a été qu'un acte de purification".
Jésus a lavé les pieds de ses disciples, non seulement parce qu'ils avaient besoin d'être lavés, mais aussi parce que leurs pieds et les pieds de tous ceux qui porteraient sa paix et son amour de guérison étaient dignes d'être purifiés. "Qu'ils sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte la bonne nouvelle". (Is. 52,7).
D'un geste d'humilité au summum de l'amour. Jésus célèbrera la Pâque avec ses disciples. "Ayant aimé les siens demeurant dans le monde, il les aima jusqu'au bout" (Jn 13, 1). Cette nuit-là, le débordement de l'amour de Jésus fut si intense, que, sur l'instant, il voulut mettre à l'arrière-plan la pensée de la Passion imminente. "J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir" (Lc. 22, 15).
Lors de la célébration de sa messe au Parc Phoenix de Dublin, le Pape Jean-Paul II a dit: "Depuis le Cénacle de Jérusalem, depuis la dernière Cène, l'Eucharistie écrit, d'une certaine manière, l'histoire des coeurs humains et des communautés humaines". Le plus pauvre des exclus de l'histoire du monde était appelé à partager le Pain de Vie. Cette nuit-là, Jésus a écrit l'histoire de chacun de nous, et de chaque communauté apostolique; il a écrit l'histoire de votre Mission de Charité. "Je vous ai appelés amis", a-t-il dit, et il utilise vos voix et vos coeurs pour aller dire aux plus pauvres du monde qu'ils sont amis.
Deux Coeurs
Le Calvaire est l'achèvement de la révélation de la charité et de l'humilité. Il ne pouvait pas donner de plus grand amour. "Jésus s'est humilié, s'est fait obéissant, jusqu'à la mort sur la croix (Ph. 2,8)
Lorsque son flanc fut ouvert, il accueillit en son coeur tous les deuils et toutes les souffrances du monde. Dans sa grandeur solitaire, Marie était là, à l'heure la plus belle". Le Pape Jean-Paul II éclaire une fois de plus cet instant. "Il y avait là deux autels: le Corps de Jésus, et le coeur de Marie".
N'est-il pas facile, pour nous, d'interpréter l'histoire et le message de Lourdes à la lumière de l'Evangile? De trouver dans ce lieu saint la présence tangible de Jésus et de Marie? La pauvreté de Béthléhem, nous la retrouvons dans la maison de Bernadette, le Cachot, une cellule de prison transformée.
Dans l'Evangile, elle avançait presque sans se faire remarquer. De Cana au Calvaire, elle n'était que la femme au milieu de la foule; selon Monseigneur Ronald Knox, "tout juste un écho et un parfum". Vatican II la décrit: "Elle s'est tout entière consacrée à la personne et à l'oeuvre de son Fils". A Lourdes elle se consacre à la Personne de son Fils car elle le retrouve dans tous les malades et les démunis; ceux qui souffrent du doute, du découragement, de la solitude. Elle voit les souffrants du monde à travers les yeux et avec la compassion de son Fils comme, dans l'Evangile, il a regardé avec compassion la multitude qui lui amenait les malades, comme une marée ondoyante d'humanité souffrante vers laquelle il tendait la main pour guérir et ramener à la vie."
C'est ainsi que sa mission de guérison continue à Lourdes. Et Marie est toujours active. Le Pape Paul VI l'a décrite sous trois aspects: "La Vierge qui écoute", "La Vierge qui prie", "La Vierge qui offre" (Marialis Cultus). La première activité consiste à écouter; écouter dans la joie, se joignant sûrement au grand choeur de louange - Magnificat, Lauda Sion - qui s'élève tous les jours de l'immense foule à la procession du Saint Sacrement, un chant dont l'écho monte des collines vers l'éternité.
Marie écoute également les intercessions innombrables qui lui sont murmurées dans le silence de la nuit, à la Grotte.
L'amour a des yeux. Des yeux remplis d'amour et d'espérance qui scrutent à travers les bougies vacillantes qui éclairent sa silhouette presque cachée dans la niche du rocher.
Comme une mère qui veille au chevet de son enfant malade. Quand elle cède à un demi-sommeil, elle guette le moindre gémissement de douleur. Ainsi, Marie veille et est attentive à chaque humble cri comme s'il venait d'un fils unique.
Le Pape Jean-Paul II, commentant sa présence à Cana, explique comment sa présence active est proche de chaque besoin, qu'il soit grave ou futile.
A Cana, "elle a manifesté une nouvelle sorte de maternité; sa sollicitude envers les êtres humains, venant à eux dans la grande variété de leurs nécessités et besoins".
Mamma
La puissance et la tendresse de sa maternité, telle qu'elle s'exerce à Lourdes, s'exprime avec force dans une statue de bois sculptée par une mère de famille de Boulogne. Elle représente un enfant dont les coudes reposent sur les genoux de sa mère et qui lui montre un doigt meurtri. Elle regarde le doigt en souriant - simplement un sourire et un baiser maternel, et tout rentre dans l'ordre. Quand l'évêque de Lourdes a béni la statue, il l'a appelée "Mamma".
A Cana, les derniers mots attestés de Marie, un ardent plaidoyer envers ses enfants: "Faites tout ce qu'il vous dira". Le message de Lourdes est celui du coeur d'une mère qui dit à ses enfants de faire humblement pénitence. "Lavez-vous à la source". "Dites aux prêtres de construire une Eglise". Un appel en faveur du Sacrement de pénitence et de la Sainte Eucharistie.
Mère Teresa
Combien facilement la vie et l'apostolat de Mère Teresa s'insèrent dans le cadre de Lourdes! L'humble jeune fille de Nazareth a choisi une humble enfant et, dans son amour, en a fait la messagère d'un grand apostolat. Mère Teresa, dont le coeur abonde d'amour, a construit un apostolat puissant sur les fondations d'une humilité enfantine. Les paroles et l'exemple de Mère Teresa, comme la lumière de la sombre Grotte, illuminent le thème qui engage notre réflexion.
Elle donne une recette d'humilité. Elle cite Saint Augustin: "Remplissez-vous d'abord et vous saurez donner aux autres! Si nous voulons vraiment être remplis de Dieu, nous devons nous vider de tout ce qui est égoisme en nous".
"Il est magnifique de voir l'humilité du Christ. Cette humilité peut se voir dans la Crèche...dans toutes les souffrances et dans la mort horribles de sa Passion et maintenant dans son état permanent d'humilité dans le tabernacle...Plus vous vous oublierez vous-même, et plus Jésus pensera à vous".
Jésus a inspiré une femme, et lui a donné la vision splendide de le trouver sous l'apparence de la pauvreté et de la solitude de ses enfants les plus abandonnés. Et de la même façon il a inspiré une grande Communauté de Missionnaires, vous-mêmes qui êtes entrés dans la noble association, unis que vous êtes en Un Seul, dans les Coeurs de Jésus et de Marie.
Une dernière pensée dans ce contexte. Saint Bernard a dit que tout comme une personne qui a fait un bouquet de lys garde encore sur ses mains leur parfum après que les lys n'y sont plus, ainsi Marie, qui a tenu Jésus dans ses bras, garde le parfum de sa beauté et de son amour qui restent siens pour toujours. Ainsi, vous êtes sûrs d'être récompensés. Vous portez les pauvres dans vos bras, et le Seigneur vous remplit certainement du parfum de son amour.
Un souhait et une prière
Puis-je exprimer un souhait et une prière à votre intention. Je passe de l'image des lys aux roses. Lorsque Notre-Dame est apparue à la Grotte, deux roses épanouies se voyaient à ses pieds.
Au-dessus de l'entrée de la Basilique du Rosaire, ces mots sont taillés dans la corniche circulaire de marbre: "Comme un rosier planté près des fleuves d'eau, portez du fruit".
03.03.09

"C'EST A MOI QUE VOUS L'AVEZ FAIT"
Mars 2009
Spécial Jubilé / 11
Rénover et Restaurer
"LE CHEMIN DE SAINTETÉ"
des Laïcs Missionnaires de la Charité:
(Aimer, Suivre et Servir Jésus,
Chez les laïcs, dans l'Église et dans le Monde)
MESSAGE DE PÈRE SEBASTIAN
La nature des Laïcs Missionnaires de la Charité peut se trouver dans les premières pages des "Statuts et du Chemin de Vie des LMC". Il est nécessaire de lire les Statuts attentivement et de les méditer dans la prière.
De cette lecture méditée, les LMC arriveront à comprendre ce qu' ils sont appelés à professer et à pratiquer.
Tous les laïcs qui aspirent à faire partie du Mouvement des LMC doivent approfondir les Statuts dans la prière et les thèmes qui s'y rapportent pour en comprendre les privilèges et les obligations.
Les LMC devront toujours se rappeler qu'ils sont des missionnaires contemplatifs: ils doivent devenir la présence de Jésus, la compassion de Jésus, l'amour de Jésus au coeur du monde.
Ils ne sont pas appelés à faire de grandes choses, mais des choses ordinaires avec un amour extraordinaire, des choses simples avec un grand amour.
La mission des Laïcs Missionnaires de la Charité commence à la maison là où ils vivent, où ils travaillent, là où ils se déplacent et avec ceux avec lesquels ils sont en contact. Ils sont appelés à être le sel de la terre. (cf. Mt 5, 13).
Le sel, une fois mélangé à la nourriture, disparaît et il n'en reste plus que la saveur. Les LMC sont comme le sel qui se met dans la nourriture, heureux d'être silencieux et cachés, mais dont on sent la présence et la saveur.
Votre présence missionnaire et contemplative dans le monde est donc vitale et avec le temps vous deviendrez la lumière du monde (cf. Mt 5, 14), ou plutôt Jésus fera de vous la lumière du monde.
Père Sebastian Vazhakala M.C.
MESSAGE DE MÈRE TERESA
"Les gens disent un tas de choses intelligentes, grandioses, belles, merveilleuses, tandis que moi je dis des choses apparemment bêtes, des choses que même les enfants peuvent comprendre, et pourtant les gens ont faim de ces choses, des choses qu'ils peuvent comprendre et s'approprier, car la sainteté n'est pas un luxe pour quelques élus.
La sainteté est un devoir pour tous, pour vous et pour moi.
Mais qu'est-ce c'est que la sainteté? La sainteté c'est accepter la volonté de Dieu avec un grand sourire...C'est tout cela. Accepter la volonté de Dieu, l'accepter quand il vient dans notre vie, accepter qu'il nous prenne ce qu'il veut, accepter qu'il nous utilise comme il veut...sans nous consulter.
Malheureusement nous n'aimons pas ne pas être consultés! La sainteté c'est le laisser nous utiliser, se servir de nous, nous mettre en pièces, nous vider complètement de nous-mêmes. Accepter d'être vidés, d'être mis en pièces, de réussir et d'échouer, de rester sous le regard de tous."
"Ce que Jésus veut de vous et de moi c'est cette disponibilité à accepter, c'est cette permission de nous utiliser ...sans nous consulter.
C'est l'oeuvre de la vigne et des sarments. Je pense que vous et moi nous avons une grande responsabilité dans le monde d'aujourd'hui. Peu importe ce que les gens disent ou pensent. C'est la dernière chose dont nous devons nous préoccuper, la derniére chose dont nous devons nous inquiéter!
Regardons encore dans nos maisons...Comment se présente l'amour de Dieu dans notre maison?
Parfois il m'est plus facile de sourire à des étrangers qu' aux personnes de ma maison. Parfois j'ai du mal à leur sourire et il est très possible que cela vous arrive à vous aussi.
Portons donc cet amour ardent dans nos maisons!"
Mère Teresa
La mia Regola, page 142-143