19.02.08

Quelques réflexions sur la Grâce Fondatrice de Mère Teresa
Dialogues et Communications de Jésus avec Mère
Vocation et Mission de Mère Teresa
« Ta vocation c'est d'aimer et de souffrir et de sauver les âmes »
« Je t'ai demandé.
Ils t'ont demandé
et elle, Ma Mère, t'a demandé :
refuseras-tu de faire cela pour moi -
de prendre soin d'eux, de me les amener? »
« Oui, Seigneur. »
Quelques réflexions sur la Grâce Fondatrice de Mère
Dialogues et Communications de Jésus avec Mère Teresa
Vocation et Mission de Mère Teresa et sa triple vision
Dans sa toute première lettre écrite à l'Archevêque F. Perier S.J. de Calcutta le 13 janvier 1947, avec la permission de son directeur spirituel de l'époque, le père C. Van Exem S.J. , Mère Teresa commence:
« Votre Excellence,
Depuis septembre dernier (c.a.d. le 10 septembre 1946), des pensées et des désirs étranges emplissent mon coeur. Ils se sont faits plus pressants et plus précis pendant les huit jours de retraite passés à Darjeeling . »
Et ensuite le jour de la St François Xavier elle envoie au même archevêque une copie de ses réflections de retraite ajoutant en même temps des développements plus approfondis et des manifestations plus précises de Jésus avec les preuves convaincantes de son « appel dans l'appel ». Elle écrit: « Pendant l'année j'ai eu très souvent le désir ardent d'être tout à Jésus et de Le faire aimer avec ferveur par d'autres âmes, en particulier indiennes... » Pendant toutes ses prières et au moment de la la Sainte Communion Jésus ne cessa de lui demander:
« Refuseras-tu? » Jésus dit à Mère Teresa: « Quand il fut question de ton âme, je n'ai pas pensé à Moi, mais je me suis donné librement pour toi sur la Croix, et maintenant, toi, qu'en est-il de toi ? Refuseras-tu? » Jésus dit très clairement à Mère Teresa ce qu'Il veut qu'elle fasse . Il veut des soeurs indiennes qui doivent être prêtes et désireuses d'être des victimes de Son amour; qui doivent pratiquer les voeux de pauvreté, d'obéissance et de charité de la Croix. Une fois encore Jésus demande à Mère Teresa: « Refuseras-tu de faire cela pour Moi? »
Mère Teresa ne se sent pas préparée, elle se sent faible, pécheresse et indigne de répondre à un tel appel: « Mon Jésus, ce que tu me demandes me dépasse. Je comprends à peine la moitié de ce que tu veux. Je suis indigne, je suis pécheresse, je suis faible. Va, Jésus, va trouver une âme plus digne et plus généreuse que moi. »
Jésus ne cède pas à la façon de raisonner de Mère Teresa. À la pêche miraculeuse St Pierre tomba aux pieds de Jésus et demanda au Seigneur de s'éloigner de lui en disant: « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Lc 5,8). La réponse de Jésus à cela fut: « Sois sans crainte; désormais ce sont des hommes que tu prendras. » (Lc 5, 10). Avec Mère Teresa Jésus fait un pas de plus et lui dit sans hésitation: « Tu es devenue Mon épouse pour Mon amour... » Et alors Jésus rappelle à Mère Teresa pour qui elle était venue en Inde...et finalement Il explique en quelques mots la vocation de Mère Teresa, à savoir « aimer, souffrir et sauver des âmes. » Par leur amour souffrant, leur immolation, elle et ses soeurs et tous ceux qui lui sont associés vont devenir des sauveurs d'âmes.
Mère Teresa demande à nouveau à être éclairée afin de pouvoir se libérer des attaques et des supercheries diaboliques. « Eclaire-moi, envoie-moi ton Esprit qui m'enseignera Ta volonté, qui me donnera la force d'accomplir les choses qui te plaisent. Jésus, mon Jésus, ne me laisse pas me tromper. Si c'est toi qui veut cela, donne m'en la preuve; sinon, que mon âme soit débarrassée de cela... »
Qu'est-ce que Mère Teresa veut savoir, vérifier, discerner et décider? Il est clair qu'elle était consciente des ruses et des supercheries diaboliques. Elle voulait par tous les moyens être sûre que cela venait de Jésus, que c'était Sa volonté. Là elle ressemble à Marie à l'Annonciation ou aux Noces à Cana . « Faites tout ce qu'il vous dira » Jn 2, 5). Mère Teresa savait très bien qu'il n'y avait pas pour elle de façon de faire plus grande et plus sûre que d'essayer de faire la volonté de Dieu de toutes ses forces et avec toutes les fibres de son âme. Du début jusqu'à la fin elle essaya donc de tout faire sans dévier du chemin de Dieu.
Jésus lui-même est un exemple d'obéissance parfaite et fidèle à la volonté de son Père. Sa nourriture était de faire la volonté de Son Père et d'accomplir l'oeuvre de Son Père sur la terre (Jn 4, 34). Il apprit l'obéissance à travers la souffrance, même avec de grands cris et dans les larmes: « Pendant les jours de sa vie mortelle, il a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa passion... »(Heb 5, 7-8). Nous voyons ici la noblesse de Jésus. Il préféra la mort, la mort d'un criminel, plutôt que de désobéir à Son Père. Il fut incompris, mal jugé, comdamné à tort, injustement cloué à une Croix, suspendu entre deux larrons pour mourir comme un terrible criminel; oui, il préféra mourir comme un meurtrier sur la Croix plutôt que de désobéir à Son Père. Sa mort, humainement parlant, fut la pire forme de punition pour une personne très connue qui n'avait rien à se faire pardonner, pas lieu d'être jugée ni grâciée. Jésus savait très bien ce qu'Il était venu faire et pourquoi Il le faisait. Rien ne pouvait donc le faire changer de chemin, même s'il était dur et douloureux. Il n'était pas comme un roseau agité par le vent.
Jésus savait ce qu'il attendait de Mère Teresa et ce qu'elle était capable d'être et de faire avec Son aide. Jésus dit: « Sans Moi tu ne peux rien faire. »
Avec Jésus c'est l'inverse, il n'y a rien que nous ne puissions faire. Il y a des années St Paul a dit: « Je peux tout faire en Lui qui me rend fort. » Toutes nos actions sont destinées à être faites en, avec, pour, à et par Jésus. C'est ce que Mère Teresa enseigna et fit et que les soeurs et les frères de la famille M.C. essaient de continuer .
Jésus ne céda pas à la peur de Mère Teresa. Au contraire Il lui rappela la prière qu'elle lui avait faite: « Tu as toujours dit: « fais de moi ce que tu veux », « Maintenant je veux agir, , laisse-moi faire, Ma petite Épouse, Ma toute petite. »
Là les paroles de Jésus à Mère Teresa étaient non seulement tendres et affectueuses mais extrêmement personnelles. Une fois de plus il expliqua clairement sa relation unique d'époux avec elle. Jésus l'a appelée « Ma petite Épouse, Ma toute petite ». Jésus l'a assurée de Son aide et de Sa présence: « N'aie pas peur; Je serai toujours avec toi ». Sa relation d'époux était stable et permanente. Elle retentissait comme Sa promesse aux apôtres dans la chambre haute avant son Ascension. « N'ayez pas peur, je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde ». (Mt 28, 20). Jésus appelle une personne et lui confie une tâche. Mais Il ne laisse pas la personne seule, il marche avec lui ou avec elle jusqu'au bout en lui apportant toutes les aides nécessaires.
Jésus promet et réalise en même temps. Par contre, Il ne cache pas les dures réalités de notre vie quotidienne. Car il dit: « Tu souffriras et tu souffres maintenant ». La raison de sa souffrance venait de leur intimité d'époux.: « Si tu es ma petite Épouse, l'Épouse de Jésus crucifié, tu devras supporter ces tourments dans ton coeur ». Jésus voulait réaliser ses desseins pour les pauvres en, avec et à travers Mère Teresa.Car il dit: « Laisse-moi agir; Ne me refuse pas ». Jésus exigeait de Mère Teresa une confiance totale.
Plus tard, quand elle écrivit les Constitutions, elle inclut « confiance totale » en plus d'abandon total et de gaieté. Jésus dit: « Fais-moi confiance avec amour, fais-moi confiance aveuglément ».
Mère Teresa ne céde pas facilement non plus. Elle veut se reconnaître comme la propriété et la possession de Jésus et vice-versa. Donc ses paroles sont frappantes: « Jésus, mon Jésus, je suis toute à toi ». Il ne pouvait pas y avoir d'union mystique plus forte entre deux personnes qui s'aiment que celle-là. Dans cet amour et cette intimité divine l'âme humaine est perdue et absorbée et élevée à de grandes hauteurs. Et cependant Mère Teresa sent qu'elle est stupide et incapable de comprendre ce que Jésus lui dit. Les paroles étaient : « Je suis si stupide, je ne sais pas quoi dire ». Comme Notre Dame qui a dit: « Que tout se passe pour moi selon ta parole », Mère Teresa aussi s'abandonna complètement: « Fais de moi ce que tu veux, comme tu le veux, aussi longtemps que tu le veux. » Son amour de Jésus n'était pas pour un profit matériel ni pour des motifs égoïstes. Car elle dit: « Je ne t'aime non pour ce que tu donnes, mais pour ce que tu prends. »
Après avoir dit cela Mère Teresa posa une autre question pertinente et intelligente, à savoir: « Pourquoi ne pourrais-je pas être une parfaite soeur de Lorette, une vraie victime de Ton Amour , ici ?... » Là elle posa un certain nombre de questions et elle fit des suggestions à Jésus...
Les questions de Mère Teresa amenèrent Jésus à parler clairement ou mieux pour lui révéler Son secret: « Je veux des soeurs indiennes, Missionnaires de la Charité, qui seraient mon feu d'amour parmi les pauvres, les malades, les mourants et les petits enfants. Les pauvres, je veux que tu me les amènes et les soeurs qui offriraient leurs vies comme victimes de Mon amour m'amèneraient ces âmes. » Jésus ne pouvait pas exprimer plus clairement que cela son intention de l'appeler. C'était un vrai marché, mais un marché fait avec amour , par amour.
Jésus parla aussi très clairement des genres de personnes qu'Il voulait qu'elle lui amène: « les pauvres, les malades, les mourants et les petits enfants. »
Ce sont ceux dont personne ne se soucie, qui ne peuvent pas rendre. Ici à nouveau l'Évangile de Matthieu résonne : « J'avais faim et vous m'avez donné à manger; j'avais soif et vous m'avez donné à boire; j'étais sans-abri et vous m'avez accueilli; j'étais nu, et vous m'avez habillé...chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (cf Mt 25, 31-46). Toutes ces personnes appartiennent à Jésus et Il voulait que Mère Teresa et ses soeurs « qui offriraient leurs vies comme victimes de Mon amour » les amènent à Lui. Jésus allait en prendre soin à travers elles: Il va aller avec elles partout où ils se trouveront.
Jésus lui rappela ses nombreuses imperfections: « Tu es, je le sais, la personne la plus incapable, la plus faible et la plus pécheresse, mais c'est justement parce que tu es ainsi que je veux me servir de toi pour Ma gloire. Refuseras-tu ? »
Dans la Bible et aussi dans les vies des saints nous voyons le même modèle et la même structure. Ici Jésus dit en utilisant le superlatif: « la personne la plus incapable, la plus faible et la plus pécheresse. » Voulait-il le superlatif pour toutes les trois: (la plus) incapable, (la plus) faible et (la plus) pécheresse ou seulement pour la première? Ce n'est pas très clair. Nous sommes comme l'ampoule: sans l'électricité l'ampoule ne sert à rien. Avec l'électricité, quand elle est connectée avec l'ampoule, c'est très différent. Nous sommes les ampoules et Jésus est l'électricité. La prière, la pénitence et les oeuvres de miséricorde nous connectent avec Jésus.
L'amour tendre de Jésus pour Mère Teresa se voit à nouveau dans la façon dont il s'adressa à elle: « Ma toute petite, donne-moi des âmes. Donne-moi les âmes des pauvres petits enfants de la rue. Comme cela me fait mal, si seulement tu savais... » Il parle à Mère de sa douleur et de son chagrin. Jésus souffre quand Ses pauvres, ses malades et ses faibles souffrent dans leurs corps, leur esprit et leur âme. Il n'est pas et ne peut pas être simplement un spectateur silencieux ou celui qui écoute nos problèmes, nos douleurs et nos angoisses avec indifférence, mais Il voit, sait et aide, et nous aide jusqu' à la fin.
Jésus fit une autre remarque intéressante à Mère Teresa: « Il y a plein de soeurs qui s'occupent des gens riches et fortunés, mais pour Mes très pauvres, il n'y a absolument personne. Ce sont eux que je désire ardemment, ce sont eux que j'aime. Refuseras-tu ? »
Les gens riches ont tellement de privilèges et d'avantages dans la vie; et de nombreux religieux courtisent les riches et les opulents, négligeant même souvent les pauvres et les nécessiteux. Combien de fois et dans combien de lieux dans les Évangiles Jésus s'affronte-t-il aux riches qui apparemment ont d'autres problèmes, en plus de leur richesse: leur orgueil et leur arrogance. « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » La parabole de l'homme riche et de Lazare dans l'Évangile de Luc (16, 19-31); l'histoire du jeune homme riche, par ailleurs parfait, sauf qu'il avait de grands biens (Mc 10, 17-22); les béatitudes qui parlent clairement de la bénédiction d'être pauvre, faible et démuni (Mt 5, 3-12). Il n'y a rien de mal à devenir riche, mais il y a toujours le danger de devenir avide et de ne pas partager la richesse avec les pauvres et les nécessiteux (cf. Lc 12, 11-21).
Jésus veut quelqu'un qui partagera tout avec Ses pauvres. Il lui procurera en abondance tout ce dont elle aura besoin; elle doit recevoir et partager. Plus nous partageons, plus nous recevons. C'est vrai des bienfaits matériels et spirituels. « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. »
(Actes 20,35). En fait la parabole des brebis et des chèvres de la scène du jugement dernier (cf. Mt 25, 31-46) est basée sur ce partage. Ce que Jésus dit à Mère Teresa c'est qu'il y a tellement de pauvres, de malades et de mourants, de personnes non souhaitées et pas aimées dans le monde dont personne ne prend soin, et Jésus veut que Mère Teresa fasse ce travail. Jésus veut que Mère Teresa Le voit en eux, qu'elle aime et serve le Christ affamé, assoiffé, nu et sans-abri: « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »
Quelles sont les différences, s'il y en a , entre le texte de l'Évangile de Matthieu (25, 31-46) rapporté ci-dessus et la communication directe de Jésus à Mère Teresa?
Dans la scène de l'Évangile, ceux qui ont nourri les affamés, vêtu les dénudés, abrité les sans-abri ne savaient même pas qu'ils le faisaient à Jésus. Ils ont vu les nécessiteux et ils les ont aidés. Ici Jésus comprend toute personne qui aide son prochain. Même un verre d'eau froide donné à un pauvre sera récompensé de la vie éternelle. Au ciel nous aurons alors plein de surprises. Il y en aura beaucoup qui seront au ciel juste à cause de leurs bonnes actions et de leur charité. « Car la charité recouvre une multitude de péchés. » (St Jacques).
Quand nous lisons les paroles de Jésus à Mère Teresa, par contre, ils sont différents dans le sens que Jésus veut que Mère Teresa, ses soeurs et tous ceux qui appartiennent à sa famille souffrent et meurent pour les âmes. Elles doivent donner naissance aux âmes dans la douleur. Les gens vont voir, connaître et vouloir Jésus à travers leur amour souffrant. Car Il dit: « Viens, sois leur victime; dans ton immolation, dans ton amour pour Moi ils Me verront, Me connaîtront, Me voudront. » Il lui dit: « Offre-moi plus de sacrifices, souris plus tendrement , prie avec plus de ferveur »...Il est non seulement demandé à Mère Teresa d'être la victime de Son amour, mais aussi aux soeurs qu'elles offrent leurs vies.Le moyen d'amener des âmes à Jésus c'est d'aimer en souffrant. Jésus dit: « Les pauvres, je veux que tu me les amènes, et les soeurs qui offriraient leurs vies comme victimes de Mon amour m'amèneront ces âmes. »
Une fois de plus Jésus va plus loin et plus en profondeur quand Il dit à Mère Teresa, en l'appelant Sa petite enfant: » Ma petite enfant, viens, viens, porte-moi dans les taudis des pauvres. » Il veut que Mère Teresa soit Sa lumière: « Viens, sois Ma lumière, je ne peux pas y aller seul. » Jésus dit qu'Il ne peut pas y aller seul, mais les pauvres ne Le connaissent pas; et la raison pour laquelle les pauvres ne veulent pas de Jésus, c'est parce qu'ils ne Le connaissent pas. « Ils ne Me connaissent pas, donc ils ne veulent pas de Moi. Toi, viens: va au milieu d'eux." Jésus veut que Mère Teresa le porte, l'amène aux gens. Il ira très volontiers avec elle dans les taudis, dans les rues, les foyers malheureux, dans les milieux sordides. Chez tous et chez chacun d'entre eux. Il suffit que quelqu'un l'amène à eux, en particulier aux pauvres. Notre Dame fit la même chose. Elle fut la première à porter Jésus à sa cousine Elisabeth. Chaque Missionnaire de la Charité est porteur de l'amour de Dieu, c.a.d. porteur de Jésus. Il porte et emmène Jésus où Jésus ne peut pas aller. « Emporte-moi avec toi chez eux »; « Emporte-moi avec toi. » Oui, c'est exactement ce que Mère Teresa a dit et appris à ses enfants à faire. Et Jésus veut que tous les enfants de Mère Teresa fassent la même chose, « l'emporter avec nous »(que nous l'emportions avec nous) dans les taudis, les coins de rues où qu'il soient. Jésus désire ardemment entrer dans leurs foyers malheureux. Mais Il ne peut pas y aller seul. Il attend que quelqu'un l'emmène. Quelle humilité incroyable!
Jésus attend Son peuple tout le temps: dans le tabernacle quelqu'un qui Lui rendra visite, L'adorera, Le louera et Le glorifiera; Il attend quelqu'un qui L'emmènera chez les pauvres, les isolés et les malades, les prisonniers. Jésus veut nourrir la foule affamée maintenant, comme Il l'a nourrie quand Il était sur la terre. Il veut étancher la soif des assoiffés comme Il l'a fait avec la Samaritaine au puits. Jésus veut vêtir les dénudés avec dignité comme Il l'a fait avec le démoniaque. Il veut abriter le sans-abri; Il veut rendre visite aux malades, aux isolés et aux prisonniers. Mais maintenant Il ne peut pas le faire seul. Il veut que nous L'emmenions avec nous et que nous allions chez les gens qu'Il aime, qu'Il aimera jusqu'à la fin. « Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. Vois, je t'ai gravée sur les paumes de mes mains (Is 49, 15-16). Tel est notre Dieu. Il aime tous les hommes. Ils sont tous ses enfants. Il veut qu'aucun de ses enfants périssent, mais qu'ils soient tous sauvés. Par conséquent nous sommes appelés à être « sauveurs et co-rédempteurs » En d'autres mots Jésus sauve les pauvres, les malades et les mourants à travers nous. « Je ne peux pas y aller seul...emporte-Moi avec toi chez eux. »
Mère Teresa avait encore peur. Et Jésus dit: « Tu as peur, comme ta peur me blesse. N'aie pas peur. C'est Moi qui te demande de faire cela pour Moi. N'aie pas peur. »
Ici à nouveau nous voyons un scène similaire dans la vie des apôtres quand ils virent Jésus venir vers eux en marchant sur les eaux, ils étaient terrifiés. Ils pensaient que c'était un fantôme. Jésus les rassura en leur disant: « Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur! » (Mt 14, 27).
Mère Teresa, comme les apôtres, était terrifiée. Elle n'était pas sûre aussi que « cet appel dans l'appel » venait vraiment de Jésus. Les pouvoirs diaboliques sont extrêmement à l'oeuvre et l'on doit faire attention de ne pas être trompé par le malin ou de ne pas tomber dans ses pièges. Mère Teresa avait besoin d'être sûre. Elle pria donc très fort: « Eclaire-moi, envoie-moi Ton Esprit qui m'enseignera Ta volonté, qui me donnera la force de faire les choses qui Te plaisent. Jésus, Mon Jésus, ne me laisse pas être trompée. Si c'est Toi qui veut cela, donne m'en la preuve... » St Pierre a dit: « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » Jésus dit à Pierre: « Viens » (Mt 14, 28).
« Seigneur, si c'est Vous »: combien de fois dans notre parcours spirituel rencontrons-nous de tels doutes...et nous avons besoin de signes crédibles pour croire que c'est Jésus qui nous demande ceci ou cela, en particulier dans le cas de Mère Teresa, parce qu'elle était très heureuse et qu'elle réussissait bien au couvent de Lorette, et qu'elle ne voulait pas quitter Lorette. Car elle demande à Jésus: « Pourquoi ne pourrais-je pas être une parfaite soeur de Lorette, une vraie victime de Ton amour, ici? Pourquoi ne pourrais-je pas être comme toutes les autres? Regarde les centaines de soeurs de Lorette qui t'ont servi parfaitement et qui sont avec Toi maintenant. Pourquoi ne pourrais-je pas suivre le même chemin et venir à Toi? »
Elle avait besoin d'un signe, et finalement, il lui en fut donné un très clair et distinct auquel Mère Teresa répondit de toutes ses forces. Quels sont ces signes? Une série de visions qui finalement clarifièrent et confirmèrent sa vocation et sa mission. Elle mena un bon combat avec Jésus; elle essaya de son mieux de ne pas changer d'idée mais de rester à l'intérieur du couvent de Lorette et d'y devenir parfaite. Mais Jésus lui fit accepter sa nouvelle et difficile vocation comme Il le fit avec Notre Dame mais avec une légère différence. La réponse de Mère Teresa ressembla à celle de St Pierre après la résurrection quand Jésus lui répéta trois fois: « M'aimes-tu plus que ceux-ci? » et Pierre répondit: « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime ». Il fut demandé trois fois à Pierre: « M'aimes-tu plus que ceux-ci? » Mère Teresa eut trois visions et, à la fin de la troisième, elle donna sa réponse à Jésus qui avait presque résumé les désirs de la foule, de Notre Dame et ensuite de ses propres désirs à Lui: « Je t'ai demandé. Ils t'ont demandé et elle, Ma mère t'a demandé, refuseras-tu de faire cela pour Moi, de prendre soin d'eux, de Me les amener? »
Remarquez aussi le lieu d'où Jésus lui fait sa demande. Mère Teresa vit Jésus sur la Croix. Elle dit: « Notre Seigneur sur la Croix », et en présence de Notre Dame et de la foule . Qui peut dire non à une demande si humble dans un contexte si douloureux? Comment Mère Teresa pourrait-elle dire non à Jésus...Elle ne le fit pas. Elle accepta la vocation et la mission et dit:" Tu sais, Jésus, je suis prête à partir sur-le-champ. »
Cela ne s'arrêta pas là. Car elle écrit: « Ces désirs d'étancher la soif de Notre Seigneur pour les âmes des pauvres, pour les pures victimes de Son amour, augmentent à chaque Messe et à chaque Sainte Communion. En un mot, toutes mes prières et toutes mes journées sont pleines de ce désir. »
Maintenant nous arrivons directement à ses triples visions et aux messages qui peuvent être vus comme un signe évident que c'était Jésus qui l'appelait et que ce n'était pas une tromperie diabolique. Qu'est-ce que Mère Teresa a vu et quel fut le message qu'elle reçut?
Les pages suivantes sont une tentative d'analyse des triples visions et des messages qui clarifièrent et confirmèrent finalement sa vocation, sa vision et sa mission.
Les triples visions de Mère Teresa
1.« Je vis une très grande foule, toutes sortes de gens, très pauvres et il y avait aussi des enfants.
Ils avaient tous leurs mains tendues vers moi, debout au milieu d'eux. Ils me demandérent en criant: « Viens, viens, sauve-nous, mène-nous à Jésus ».
Une Grande foule: toutes sortes de gens très pauvres et des enfants.
Mère Teresa était au milieu de la foule. Ils avaient tous les mains tendues vers elle.
Mère Teresa voit une Grande foule.
Invitation
« Viens, viens, sauve-nous et mène-nous à Jésus »
La foule invite Mère Teresa en lui disant de les sauver en les amenant à Jésus.
2. A nouveau cette grande foule. Je pouvais voir une grande tristesse et de la souffrance sur leurs visages.
J'étais à genoux près de Notre Dame qui leur faisait face. Je ne voyais pas son visage mais je l'entendis dire: « Prends soin d'eux, ils sont à moi, amène-les à Jésus, porte-leur Jésus. N'aie pas peur. Apprends-leur à dire le Rosaire, le Rosaire en famille, et tout ira bien. N'aie pas peur. Jésus et moi seront avec toi et avec tes enfants. »
La même grande foule: mais noyée de chagrin et de douleur.
Cette fois:
La grande foule
Notre Dame
Mère Teresa
Mère Teresa était à genoux près de Notre Dame.
Invitation, presque comme un ordre
Cette fois Notre Dame lui dit ce qu'elle doit faire, à savoir: prendre soin de la foule.
La foule appartient à Notre Dame (« Ils sont à moi »).
Notre Dame veut, comme la foule, « les amener à Jésus, leur porter Jésus ».
Ici il est demandé à Mère Teresa d'être porteuse de Jésus, comme Notre Dame qui partit en hâte chez Elisabeth après l'Annonciation, qui porta littéralement Jésus à sa cousine Elisabeth et aux autres. Maintenant Mère Teresa doit faire la même chose, en particulier aux pauvres.
Ordre: « Apprends-leur à dire le Rosaire, le Rosaire en famille. »
Assurance: Jésus et Marie allaient être avec elle et ses enfants. « Jésus et moi serons avec toi et tes enfants. » Donc, pas besoin d'avoir peur. Deux fois l'expression: « N'aie pas peur » et deux fois en lettres capitales. L'ange Gabriel à l'Annonciation dit à Notre Dame de la même façon: « Sois sans crainte » (Lc 1, 30).
3. « La même grande foule. L'obscurité les enveloppait, mais je pouvais les voir. Notre Seigneur sur la Croix. Notre Dame à quelques pas de la Croix et moi comme un petit enfant devant elle. Sa main gauche était posée sur mon épaule gauche, et sa main droite tenait mon bras droit. Nous étions toutes les deux face à la Croix. Notre Seigneur dit: « Je t'ai demandé. Ils t'ont demandé et elle, Ma Mère t'a demandé. Refuseras-tu de faire cela pour Moi, de prendre soin d'eux, de Me les amener? »
La même grande foule, mais cette fois l'obscurité les enveloppait.
Dans cette troisième vision:
La foule
Jésus
Notre Dame
Mère Teresa
La troisième vision a des caractéristiques en plus.
Cette fois sa vision est arrivée à son apogée. Elle voit la même foule mais l'obscurité l'enveloppe et cependant elle peut voir la foule. « L'obscurité les enveloppait et cependant je pouvais les voir. »
Sa vision cette fois était plus parfaite et complète. Elle voyait Jésus sur la Croix: « Notre Seigneur sur la Croix ». Et ensuite Notre Dame près de la Croix « Stabat Mater ».
La différence entre cette scène et le premier Vendredi Saint est qu'ici Mère Teresa se tient debout à la place de St Jean. Là c'était St Jean qui prit Notre Dame sous sa protection conformément aux paroles de Jésus sur la Croix. Ici c'est Notre Dame qui a "adopté" Mère Teresa comme sa fille véritable et bien-aimée, et tous ceux qui pourraient suivre les pas de Mère Teresa. Cela ressort clairement de la vision: « Jésus et moi nous serons avec toi et avec tes enfants. »
Et Mère va plus loin et plus en profondeur et explique en détails comment ils étaient placés. La main gauche de Notre Dame était sur l'épaule gauche de Mère Teresa, et sa main droite tenait le bras droit de Mère Teresa. Notre Dame et Mère Teresa étaient « face à » Jésus, le regardant sur la Croix. Notre Seigneur confia une fois de plus à Mère Teresa le message et la mission depuis la chaire de la Croix. Ce n'était pas réellement un ordre mais cela ressemblait à une humble demande.
Voici l'apogée de sa vision, de sa vocation et de sa mission. Le contexte était dramatique comme celui du premier Vendredi Saint. La foule était présente alors. Notre Dame était là. Ici il n'y avait pas larrons ni St Jean, du moins ils n'étaient pas mentionnés. Leur demande à tous les trois fut répétée par son Epoux Crucifié: « Je t'ai demandé. Ils (la foule) t'ont demandé et elle, Ma Mère, t'a demandé. Refuseras-tu de faire cela pour moi, de prendre soin d'eux (de la foule), de Me les amener? ». Jésus résume les demandes de la foule, de Notre Dame et ensuite Il ajoute Sa propre demande.
Dans toutes les trois visions on peut voir les mêmes demandes automatiques:
« Mène-nous à Jésus » (1ère) – la foule
« Prends soin d'eux, mène-les à Jésus, porte-leur Jésus » (2ème) – Notre Dame.
« Prends soin d'eux, amène-les Moi » (3ème) – Jésus.
Ces triples visions furent présentées par Mère dans sa lettre à l'Archevêque de Calcutta de l'époque, Mgr F. Perier S.J., par l'intermédiaire du père C. Van Exem S.J. en décembre 1947, non pas comme une intervention en l'air de Jésus mais comme une conclusion et l'apogée d'un dialogue plutôt long comme Notre Dame à l'Annonciation. Là c'était Notre Dame et l'Ange Gabriel, tandis qu'ici c'est entre Jésus et Mère Teresa.
Ses locutions et les dialogues commencèrent le 10 septembre 1946 comme elle commence sa première lettre à l'Archevêque F. Perier S.J. le 13 janvier 1947: « Votre Excellence, depuis septembre dernier, (évidemment depuis le 10 septembre 1946) des pensées et des désirs étranges emplissent mon coeur... ». Dans cette lettre elle raconte en détails ce qui se passe en elle, en particulier pendant la Sainte Messe et après la Sainte Communion. Jésus commença apparemment Sa série de communications après la Sainte Communion depuis le 10 septembre 1946.
Quel est réellement le contenu de ces locutions? Jésus ne perdit pas Son temps avec Mère Teresa et Mère Teresa ne dit pas non plus des paroles qui étaient hors du contexte. Jésus voulait de Mère Teresa ou mieux à travers Mère Teresa:
-1.Des soeurs indiennes « victimes de Son amour » (chasteté). Des Apôtres et des Missionnaires contemplatives: « Je veux des soeurs indiennes, victimes de mon amour qui seraient Marie et Marthe, qui seraient tellement unies à moi qu'elles rayonneraient Mon amour sur les âmes ».
-2.Des soeurs libres, revêtues de la pauvreté de la Croix (pauvreté): « Je veux des soeurs libres, revêtues de ma pauvreté sur la Croix ».
-3.Des soeurs obéissantes revêtues de l'obéissance de la Croix (obéissance): « Je veux des soeurs obéissantes revêtues de mon obéissance sur la Croix ».
-4.Des soeurs pleines d'amour, revêtues de la Charité de la Croix (charité): « Je veux des soeurs pleines d'amour, revêtues de Ma Charité sur la Croix ».
« Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).
« Mais en ceci Dieu prouve son amour pour nous: Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8).
Ici Jésus va directement au coeur et à la base même des voeux M.C., à savoir la Croix. La Croix est la structure sur laquelle notre vie religieuse est construite. Supprimons la Croix de nos vies, tout le reste se désagrégera et tombera. Jésus dit à Mère Teresa qu'Il voulait de soeurs libres revêtues de la pauvreté de la Croix, des soeurs pleines d'amour revêtues de la Charité de la Croix, des soeurs obéissantes revêtues de l'obéissance de la Croix. La Croix est le standard et la structure de la vie et de la vocation religieuse. Ici les paroles de Jésus à Mère Teresa renvoient aux lettres de St Paul aux Philippiens : « Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même (Kenosis - pauvreté) en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix » (Ch. 2, 6-11). La pauvreté, l'humilité, l'obéissance et l'expression suprême de Son amour sont ainsi expliquées non seulement par des paroles éloquentes mais en acceptant librement la volonté de Son Père jusqu'à la mort, la mort sur une Croix.
La vocation M.C. est une continuation de la vie et de la mission de Jésus. Notre vocation à la vie religieuse est inspirée par la pauvreté, l'amour et l'obéissance de la Croix. Ceci est confirmée par le document récent du Magistère « Vita Consacrata » sur la vie religieuse. Il dit: « Les disciples sont invités à contempler Jésus élevé sur la Croix...La contemplation du Christ crucifié est une source d'inspiration pour toutes les vocations; par le don fondamental de l'Esprit, elle est à l'origine de tous les dons et, en particulier, du don de la vie consacrée. (V.C. 23). Et « La personne consacrée,...fait l'expérience de la vérité de Dieu qui est Amour, d'une manière d'autant plus directe et profonde qu'elle se situe sous la Croix du Christ. Celui qui paraît aux yeux des hommes dans sa mort, défiguré et sans beauté, au point d'amener les spectateurs à se voiler le visage (cf. Is 53, 2-3), manifeste pleinement sur la Croix la beauté et la puissance de l'amour de Dieu » (V.c. 24).
5.Mère Teresa est devenue l'Épouse de Jésus par amour pour Lui.
6.Mère Teresa est venue en Inde pour Jésus: « Tu es venue en Inde pour Moi ».
7.C'est la soif de Mère Teresa pour les âmes qui l'a amenée en Inde: « La soif que tu avais pour les âmes t'a amenée aussi loin ».
Dans une certaine mesure Jésus qui est amoureux de Mère Teresa la défie en lui disant: « As-tu peur de faire un pas de plus pour ton Époux, pour Moi, pour les âmes? »
Avec ceci il y a aussi une sorte de légère réprimande: « Est-ce que ta générosité s'est refroidie? « Suis-je secondaire pour toi? »
Jésus semble même se plaindre: « Tu n'es pas morte pour les âmes; c'est pourquoi tu ne te préoccupes pas de ce qui leur arrive. Ton coeur n'a jamais été noyé de chagrin comme l'a été celui de ma Mère. Nous avons tous les deux tout donné pour les âmes, et toi?... »
8.Jésus explique en quoi consiste la vocation de Mère Teresa: « Ta vocation c'est d'aimer, de souffrir et de sauver des âmes et en prenant cette décision tu exauceras le désir de mon coeur pour toi ».
9.La tenue ou l'habit: Jésus, l'Époux choisit le genre de tenue de sa mariée bien-aimée. Contrairement aux autres époux, l'Époux veut que Mère Teresa porte, comme Sa Mère, un vêtement « simple et pauvre »
10.La prophétie concernant l'habit: « Ton sari deviendra sacré parce qu'il sera mon symbole ».
11.La répugnance, la peur et la réticence de Mère Teresa à quitter Lorette. Elle voulait devenir une vraie soeur de Lorette, une vraie victime de l'amour de Jésus à Lorette même: « J''ai essayé de persuader Notre Seigneur que j'essaierai de devenir une sainte soeur de Lorette, très fervente, une vraie victime ici dans cette vocation ».
12.Mais Jésus, son Époux bien-aimé, veut les choses différemment: « Je veux des sœurs indiennes, Missionnaires de la Charité, qui seraient Mon feu d'Amour parmi les plus pauvres, les malades, les mourants et les petits enfants ». Il veut que Mère Teresa et ses sœurs offrent leurs vies comme victimes de l'amour de Jésus pour Lui apporter des âmes .
13.La connaissance personnelle de Jésus de Mère Teresa, en particulier en ce qui concerne sa condition humaine.
« Tu es, je le sais, la personne la plus incapable, la plus faible et pécheresse, mais c'est justement parce que tu es ainsi que je veux me servir de toi pour Ma gloire ». Ici Jésus explique en termes clairs Sa connaissance personnelle et intime de son épouse bien-aimée. Jésus veut dire qu'Il est très conscient de la condition humaine de Mère Teresa: « incapable, faible et pécheresse ». C'est en harmonie avec « l'Imitation de Jésus Christ », Livre I, Chapitre 22: «Où que tu sois et où que tu ailles, tu seras toujours malheureux si tu ne marches pas vers Dieu... »
La peur légitime de Mère Teresa pour la vie indienne: elle portait essentiellement sur la façon de « manger, de dormir et de vivre comme les indiennes ».
14.Mère pria intensément et demanda à à Notre Dame de l'aider: « J'ai demandé à notre Mère Marie de demander à Jésus de me débarrasser de tout cela ».
Des années plus tard, quand Mère Teresa était très sérieusement malade dans une des cliniques (Woodlands) à Calcutta (septembre 1989), j'allai la voir et elle me dit de dire aux soeurs à Rome « de dire à Notre Dame de dire à Jésus de guérir Mère (Teresa) afin que Mère puisse amener Jésus en Albanie ». Nous avons donc prié très fort Notre Dame de guérir Mère; et cela arriva. Elle a pu amener le Fils bien-aimé de Marie et son Épouse bien-aimée en Albanie l'année suivante. Depuis l'Église albanaise s'est beaucoup développée et est florissante. C'est au mois d'août 1989 qu'elle est allée en Albanie pour la première fois pendant quelques jours et elle est repartie le coeur très lourd. Mère Teresa avait vu sa mère Drana Bojaxhiu pour la dernière fois en septembre 1928. « « Ma mère ne m'avait pas vue depuis 46 ans; des mois avant de mourir, elle n'arrêta pas d'appeler et désirait ardemment me voir, moi, sa plus jeune fille . L'Albanie étant ce qu'elle est, aucune indienne est autorisée à y entrer. Je pouvais aller si près, et cependant pas jusqu'à elle. Elle est donc morte avec mon nom sur ses lèvres. C'est pourquoi je ressens ce que vous ressentez, Notre Dame sera votre force, je lui demande de prendre soin de votre famille... ». En août 1989 elle pouvait à peine s'agenouiller devant la tombe de sa très chère mère et de sa soeur Age et elle mouilla les tombes de ses larmes.
Le ciel vit ses larmes et entendit son cri. De retour à Calcutta elle tomba gravement malade; et comme une femme qui doit mettre au monde son enfant dans la douleur, Mère Teresa donnait naissance à la nouvelle Albanie dans la douleur intense . Le monde entier attendait avec angoisse. Sa vie était au bord de ce monde et du prochain. Les soeurs, les frères, les personnes de toutes positions, croyances et couleurs, criaient vers Dieu pour demander la guérison de Mère. Le bon Dieu nous la laissa à nouveau pour une longue période de 8 ans, pendant lesquels elle dut subir beaucoup de souffrance dans son corps, son esprit et son âme. Oui, de retour en 1946-47 Jésus lui avait dit: « Ta vocation c'est d'aimer, de souffrir et de sauver des âmes... d'être une victime de mon amour...Dans ton immolation,
dans ton amour pour Moi, ils Me verront, Me connaîtront, Me voudront... »
Jésus continua de lui demander davantage de sacrifices: « Offre-moi plus de sacrifices, souris plus tendrement, prie avec plus de ferveur et toutes les difficultés disparaîtront ». Mère Teresa, « la petite Épouse » de Jésus, Sa petite enfant, « Ma petite enfant» comme Il l'appelle, acheva dans son corps et dans son âme ce qui manquait apparemment chez son petit Époux, Jésus. Les époux en règle générale se complètent l'un l'autre. Dans le cas de Mère Teresa elle était la petite Épouse de Jésus. « l'Épouse de Jésus Crucifié » qui lui dit qu'elle doit être prête et désireuse de subir des tourments dans son cœur. Car Il dit: « Tu auras à subir ces tourments dans ton cœur, laisse-moi agir, ne me refuse pas »... « Quant à moi, que vous dirais-je, je n'ai rien, étant donné que je ne l'ai pas, lui que mon cœur et mon âme désirent ardemment posséder. La solitude est si grande, à l'intérieur et à l'extérieur je ne trouve personne vers qui me tourner. Il m' a pris, non seulement l'aide spirituelle mais également l'aide humaine. Je ne peux parler à personne et même si je le pouvais il ne rentre rien dans mon âme. S'il y a un enfer, ceci doit être l'enfer. Comme il est terrible d'être sans Dieu. Pas de prière, pas de foi, pas d'amour. La seule chose qu'il me reste encore est la conviction que le travail est le Sien, que les soeurs et les frères sont les Siens et je m'accroche à cela comme la personne qui n'a rien se raccroche à un brin d'herbe avant de se noyer... »
15.Confiance aimante. Dans toute relation entre les époux la confiance est absolument nécessaire. Jésus exige non seulement un confiance complète mais une confiance aveugle. Voici la confiance conjugale et la fidélité conjugale; l'amour conjugal et la réceptivité conjugale. « Fais-moi confiance complètement, fais-moi confiance aveuglément »; abandon inconditionnel, en aveugle, et confiance aimante.
16.Cette union intime et mystique des époux va engendrer des âmes dans l'amour et dans la douleur comme dans le mariage des enfants naissent de leur union conjugale. Ici il est clair que plus l'union des époux est étroite plus il y a d'âmes qui naîtront, qui seront sauvées.
17.Les âmes des pauvres. Le but de l'intimité divine de Jésus avec Mère Teresa est expliqué une fois de plus. Les âmes des pauvres enfants de la rue qui sont abandonnés et rejetés même par l'Eglise. Car Il dit: « Il y a des couvents avec des soeurs qui s'occupent des riches et des doués, mais pour mes très pauvres il n'y a absolument rien. Je les désire ardemment, je les aime. »
18.« Refuseras-tu? », « Ne m'aideras-tu pas?, « Refuseras-tu de faire cela pour moi? », « Refuseras-tu? », « Ne Me refuse pas ». Jésus , sur la Croix, fit aussi la même demande à Mère Teresa, comme nous l'avons lu dans son récit de la troisième vision, avec un léger changement dans l'expression, il ne dit plus: « Refuseras-tu » mais « Est-ce que tu vas refuser de faire cela pour Moi ». En 1942 Mère Teresa avait fait un voeu privé disant qu'elle ne refuserait rien à Dieu: alors Jésus avait toutes les raisons d'exiger d'elle tout ce qu'il voulait pour la gloire de son Père et pour le salut des âmes.
Ce fut apparemment Sa dernière demande. Ici elle s'abandonne avec une foi, une espérance et une confiance totales et dit: « Tu sais, Jésus, je suis prête à partir sur-le-champ ». Ici Mère Teresa fait écho avec la réponse de Notre Dame à l'Ange: « Que tout se passe pour moi selon ta parole » Dans la réponse de Mère Teresa nous pourrions même voir la réponse de St Thomas, l'apôtre de l''Inde. Mère Teresa, apparemment, alla travailler pour la première fois auprès des enfants de la rue le jour de sa fête. A cette époque l'Eglise célébrait la fête de St Thomas l'apôtre le 21 décembre. Qu'elle commença ce jour là ou pas, sa réponse fut totale comme celle de l'apôtre en ce premier dimanche de la Miséricorde Divine: « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).
Mère Teresa écrit à la fin de la lettre: « Je désire ardemment être réellement à Lui, me consumer complètement pour lui et pour les âmes, je veux qu'Il soit aimé tendrement par de nombreuses personnes... »Ailleurs elle écrit: « Pendant l'année, très souvent, j'ai désiré ardemment être toute à Jésus et faire que d'autres âmes, en particulier indiennes, viennent et L'aiment avec ferveur, m'identifier complètement aux femmes indiennes et ainsi l'aimer comme Il n'a jamais été aimé auparavant. » Ici elle ressemble à sa sainte patronne Ste Thérèse de Lisieux qui écrivit dans son autobiographie: « Je ne laisserai aucune femme aimer son mari plus que j'aime Jésus et je veux le faire aimer comme Il n'a jamais été aimé auparavant ».
Apparemment ces deux saintes qui se ressemblent tellement dans leur spiritualité et leur union mystique avec Jésus réussirent à faire aimer Jésus comme Il n'avait jamais été aimé auparavant . Cela signifiait beaucoup de souffrance, de douleur et même la mort. Mère Teresa fit voir Jésus, Le fit connaître, aimé et servir à travers son service des plus pauvres parmi les pauvres. Jésus se servit de son Épouse bien-aimée pour que l'on reconnaisse Sa présence dans les pauvres, pour qu'on l'aime et le serve...C'est aussi conformément à ses paroles: « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).
Quand Jésus apparut sur la scène pour Son long ministère public attendu, son prédécesseur Jean le Baptiste dit à ses disciples: « Il (Jésus) faut qu'il croisse et que je (J. Baptiste) diminue ».
Dans la dernière analyse c'est le résumé de notre vie spirituelle, de la sainteté et de la perfection. Pour racheter les âmes et répondre au cri de Jésus pour les âmes on doit devenir totalement Sien: « Ma petite, donne-moi des âmes ».
Une analyse plus détaillée du texte original et du testament de Mère Teresa peut rendre plus clair et plus convaincant notre vocation M.C.
Il s'agit juste d'essayer d'entrer dans le mystère et la réalité de « l'appel dans l'appel », comme elle l'appelle. Il y a tant à dire sur l'intervention entière de Jésus dans la vie de Mère Teresa pour le salut et la sanctification non seulement des pauvres et de l'Eglise mais du monde entier. Notre vie terrestre n'est pas suffisante pour dévoiler tout ce que Jésus, son Époux bien-aimé et crucifié a accompli en elle, à travers elle et avec elle. Nous attendons patiemment que l'éternité nous dévoile et nous fasse comprendre le profond mystère de la vocation et de la mission de Mère Teresa. Elle est morte mais sa mission sur la terre n'est pas morte ni son esprit insatiable ni son feu d'amour inextinguible pour Jésus et pour les âmes ! De retour en 1971 Malcom Muggeridge écrit dans son livre célèbre dans le monde entier « Something beautiful for God »((Quelque chose de beau pour Dieu) : « Ce sera à la postérité de décider si elle est sainte. Je dis seulement que, dans une période obscure, elle est une lumière qui brûle et qui brille; dans une époque cruelle, une incarnation vivante de l'Evangile d'amour du Christ; dans une époque sans Dieu, le Verbe qui habite parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Pour cela, tous ceux qui ont le privilège inestimable de la connaître, ou d'en avoir entendu parler, doivent être éternellement reconnaissants ».
Dieu vous bénisse.
Père Sebastian Vazhakala M.C.