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10.12.07

French (FR)   Lettre de père Sébastien de décembre 2007  -  Categories: Père Sebastien, Mère Teresa, fafa, lettres  -  @ 00:07:02

« Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Lc 12,49)

Chers frères et sœurs bien-aimés,

La dixième année du retour à Dieu de la bienheureuse Mère Teresa a été commémorée et célébrée liturgiquement et autrement à travers le monde. Cela a été un temps de grande réflexion, de renouvellement et d'enrichissement spirituels pour beaucoup. Les gens se rendent compte que le « Charisme de Mère Teresa » est un patrimoine inépuisable, non seulement pour la famille des Missionnaires de la Charité, mais pour toutes les personnes de bonne volonté sans distinction de caste, de couleur, de religion ou de nationalité. C'est un patrimoine très riche, non seulement à archiver sous clé, mais à mettre à la disposition de tous ceux qui sont intéressés et concernés afin qu'ils puissent expérimenter la joie d'aimer et de servir leurs semblables qui vivent et meurent dans la pauvreté et la famine, comme la bienheureuse Teresa l'a fait. Le charisme M.C. doit être diffusé.

Le « Charisme de Mère Teresa » est dans une certaine mesure notre vie de tous les jours. C'est un chemin de paix et de joie. C'est une porte d'entrée vers l'éternité, un visa pour le ciel. Cela prépare les gens pour le ciel pour entendre Jésus dire: « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde... »(cf. Mt 25, 31-46)
Le « Charisme de Mère Teresa » a la foi comme fondation, l'espérance comme moteur, la charité comme but. Il est basé sur la foi...une foi profonde et inébranlable...parce que la bienheureuse Teresa M.C. était convaincue depuis le début de son travail avec les pauvres que c'était l'œuvre de Dieu qu'elle faisait, et tout ce qu'elle faisait à chaque personne c'était à Jésus qu'elle le faisait. C' était basé sur la foi, car c'était Jésus qu'elle nourrissait dans l'affamé, c'était sa soif qu'elle étanchait dans l'assoiffé, c'était lui qu'elle habillait dans le dénudé, à qui elle donnait un abri dans le sans-abri, qu'elle visitait dans le malade, la personne âgée et seule, les lépreux, les malades du sida, qu'elle prenait sous son aile et consolait dans les prisonniers de toutes sortes. Il en est ainsi quand nous faisons quelque chose pour quelqu'un, le Christ en tient compte comme si cela lui était fait à lui , que la personne le mérite ou non. Chaque être humain est un enfant de Dieu, à respecter et à aimer comme tel. Chaque être humain est l' incarnation de l'amour de Dieu, peu importe d'où il vient ou à quelle religion il appartient. Aucun de nous n'est créé pour vivre dans ce monde pour toujours. Notre couleur et notre pays d'origine sont accidentels. Ce qui est essentiel pour nous est notre fraternité dans l'unique et seule Paternité de Dieu. Les vaches peuvent être de couleurs différentes mais le lait est toujours blanc.

Le « Charisme de Mère Teresa » est christologique. C'est une continuation de la vie, de la mission et du ministère de Jésus,car nous lisons dans les Evangiles, en particulier dans l'Evangile de Luc: « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance... »(cf. 4, 18-19)

L'Évangile de Matthieu est difficile à mettre en pratique (25,31-46). La parabole du jugement dernier appartient au royaume de Dieu, mais un royaume qui est inauguré ici sur la terre. La parabole explique et exprime l'unique et même réalité pour chacun que nous sommes créés par Dieu et rachetés par Jésus Christ par sa passion, sa mort et sa résurrection. La contemplation du mystère de notre vie nous fait comprendre au moins en partie le dessein du Créateur qui crée toute chose. Dieu a créé toute chose pour les êtres humains, et les êtres humains sont pour Dieu. Les réalités créées sont des fenêtres vers Dieu, par lesquelles nous sommes censés voir la présence et l'action de Dieu. Le soleil et la lune, les étoiles du ciel, les arbres fruitiers, les oiseaux et les animaux sont tous là pour notre usage afin de louer Dieu. L'exemple du prophète Daniel et de ses compagnons jetés dans la fournaise ardente, qui fut chauffée sept fois plus, et l'hymne de louange à la création de Dieu qui suivit, est au-delà de la description humaine et de tout raisonnement. Même l'empereur païen fut forcé de croire au Dieu de ces trois hommes de foi, de ferveur et de conviction extraordinaires. L'empereur dut courber la tête d'humilité devant eux et professer sa foi dans le seul Dieu d'Israël, vrai et unique ( cf. Da 3, 1-30)

Le « Charisme de Mère Teresa » , vécu avec foi, espérance et amour, est appelé à aider de multiples « empereurs et rois » de notre temps et de tous les temps, à courber la tête comme beaucoup d'entre eux l'ont fait aux funérailles de la bienheureuse Teresa le samedi 13 septembre 1997 au stade Nethaji à Calcutta en Inde. Dieu continuera à « appeler les fous de ce monde pour confondre les sages »; les faibles de ce monde en contraste avec les puissants. C'est la révolution de l'amour qui a eu son point culminant sur la croix ce premier Vendredi Saint-là. ce qui était et l'est encore pour beaucoup, une pierre d'achoppement et folie, est devenu et est la puissance et la sagesse de Dieu pour ceux qui sont doux et humbles de cœur.

La première moitié du 20ème siècle a été déchirée par la guerre et le désastre d'un côté, le réveil et le renouveau de l'autre. Les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ont apporté des désastres globaux et des atrocités sans nom à chaque être humain vivant sur la surface de la terre. Bien que la deuxième guerre mondiale est pris fin le 6 août 1945, c.a.d. avec les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon, les conséquences désastreuses ont continuer à se ressentir pendant de longues années, non seulement sur le continent européen mais également dans les autres parties du monde.

Le « Charisme de Mère Teresa » a germé et pris racine dans la ville paradoxale de Calcutta; qui était devenue alors un cloaque de misère humaine, non seulement à cause de la deuxième guerre mondiale, mais surtout à cause du combat pour l'indépendance de l'Inde, le partage du pays entre l'Inde et le Pakistan sur la base de la religion, et les conséquences terribles qui ont suivi l'indépendance de l'Inde en 1947. Des millions de réfugiés ont afflué dans la ville déjà surpeuplée de Calcutta, et occupé chaque petit espace libre qu'ils pouvaient trouver, y compris les trottoirs et les terrains vagues derrière les immeubles.

Calcutta est la ville de la misère humaine accumulée; c'est la ville du chaos et de la confusion d'un côté; c'est la ville de la joie et du service plein d'amour de l'autre. C'est la ville que Jésus a pris et donné à notre bien-aimée et bienheureuse Mère Teresa pour la transformer en amour et en service plein d'amour; et elle l'a fait si parfaitement et fidèlement.

Plus tard Jésus a continué à lui montrer d'autres Calcuttas similaires, aussi différents et difficiles, dans tout le reste du monde. Il y a des Calcuttas cachés dans le monde entier. « La plus grande maladie d'aujourd'hui n'est pas la lèpre ou la tuberculose, ni même le SIDA, mais le sentiment de l'abandon, de l'indifférence et du rejet. » Plus tard Mère Teresa a dit: « Calcutta est partout si vous avez seulement des yeux pour voir. »

Le « Charisme de Mère Teresa » invite chacun d'entre nous à nos propres Calcuttas, où Jésus veut une fois de plus nous ouvrir les yeux, le cœur et l'esprit à la compréhension des Écritures. Calcutta nous aide à mettre en pratique l'enseignement de l'Evangile en action, où les paraboles revivent. C'est là que Jésus a parlé à une simple sœur qu'il a choisie comme épouse, à laquelle il a révélé la réalité de l'aimer et de le recevoir dans le Pain de Vie et de l'aimer et le servir sous l'habit de détresse des plus pauvres parmi les pauvres. C'est là que la bienheureuse Teresa a vu le Christ affamé, le Christ assoiffé, le Christ nu, le Christ sans abri, le Christ malade et emprisonné (cf. Mt 25, 31-46)...et qu'elle a commencé à répondre avec joie. C'est là qu'elle a vu, comme le bon samaritain (cf. Lc 10, 29-37), le Christ blessé et qu'elle est descendue de « l'âne de Lorette » et a commencé à subvenir à leurs besoins. Ce fut un défi et un devoir.

Calcutta est le Bethléem M.C. où Jésus est né et naît encore. Il suffit d'aller à Shishubhavan au 78 A.j. Bose Road, où des centaines d'enfants non désirés sont désirés et aimés, délivrés des « Hérodes » de notre temps.

Le « Charisme de Mère Teresa » nous invite ensuite à aller vers la Sainte Famille de Nazareth où, comme Joseph qui a pris l'Enfant et sa mère et a fui en Egypte cette nuit-là, beaucoup d'hommes aujourd'hui doivent faire la même chose: protéger, sauvegarder et sauver, en particulier l'enfant à naître. « L'avortement est le plus grand destructeur de paix. » (Bienheureuse Teresa). Si une mère peut devenir un « Hérode » pour son propre enfant, que reste-t-il dans le monde ? Comment pouvons-nous espérer la paix dans le monde ? Comment pouvons-nous avoir la paix dans nos cœurs ? La paix commence avec nous: « Qu'il y ait la paix et qu'elle commence avec moi ».

Le « Charisme de Mère Teresa » lutte contre l'avortement par l'adoption. Les sœurs M.C. ont des maisons pour des mères célibataires partout dans le monde. Le « Charisme de Mère Teresa » nous invite à lutter contre le fléau de l'avortement aujourd'hui; mais comment ?

Le « Charisme de Mère Teresa » nous invite à offrir « chaque soupir, chaque regard, chacun de nos actes comme des actes d'amour divin » et à décider chaque jour et dire que: « Volontairement, mon Jésus, je te suivrai partout où tu iras à la recherche des âmes, quelqu'en soit le coût pour moi et par pur amour pour toi. » C'était le désir quotidien de la bienheureuse Teresa, sa prière et sa vie. Cela doit être également notre désir quotidien, notre prière et notre vie.

Le « Charisme de Mère Teresa » nous rappelle que Calcutta peut être dans nos propres foyers, si seulement nous avons des yeux pour voir et des cœurs pour répondre comme la bienheureuse Teresa l'a fait...en suivant l'appel de Jésus. L'appel de Jésus auquel nous pouvons librement répondre, est gratuit. Si nous apprenons de plus en plus à rendre un service aux membres de nos familles de tout cœur, sans compter le coût et sans chercher de récompense, nos familles deviendront des sanctuaires domestiques de l'Eglise. Cela est possible seulement si nous accueillons Jésus dans nos maisons et si nous transformons chacune de nos familles en un autre Nazareth. La bienheureuse Teresa avait l'habitude de dire: « Faites de votre famille/de votre communauté un autre Nazareth ».

Le « Charisme de Mère Teresa » nous invite à ressentir la soif intense et infinie d'amour et des âmes de Jésus sur la Croix...et dans l'Eucharistie...comme elle l'a ressentie, et aussi à étancher sa soif comme elle a essayé de l'étancher avec toute la puissance et les fibres de son être.

« Le but général de la Société des Missionnaires de la Charité » écrit la bienheureuse Teresa, « est d'étancher la soif de Jésus. « Jésus a dit sur la Croix: « J'ai soif ». Quand Jésus fut privé de toute consolation, mourant dans la pauvreté absolue, abandonné, méprisé et brisé dans son corps et dans son âme, il a parlé de sa soif- non d'eau- mais d'amour, de sacrifice. »

Elle continue: « Jésus est Dieu, donc son amour, sa soif sont infinis. Notre but est d'étancher la soif infinie d'un Dieu fait homme. Juste comme les anges en adoration dans le ciel chantent sans cesse les louanges de Dieu, nous aussi, en utilisant les quatre vœux de pauvreté absolue, de chasteté, d'obéissance et de Charité envers les pauvres, nous étanchons sans cesse le Dieu assoiffé de notre amour et de l'amour des âmes que nous lui apportons. »

« En vivant une vie de charité fervente dans la pratique de nos quatre vœux, nous étanchons la soif d'amour de Jésus, c.a.d. par notre perfection qui est le but de notre vie religieuse donnée à Dieu, l'amour qu'il demande à ses religieux. »

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Chaque M.C. doit ressentir la double soif avec la même intensité que Jésus l'a ressentie, et partager cette soif de Jésus aussi intimement qu'il ou qu'elle le peut. Dieu a soif de nous et de tous et nous avons soif de Dieu et des âmes: « La prière est la rencontre de la soif de Dieu avec la nôtre ». Dieu a soif que nous ayons soif de lui. » (CCC 2560)

Un jour j'étais en train de fixer la petite plaque « J'ai soif » sur le mur où se trouvait le Crucifix dans notre chapelle à Rome. La bienheureuse Teresa M.C. était avec nous cet après-midi-là. Elle est venue aussi voir comment je faisais. Elle s'est déplacée au fond de la chapelle et m'a dit alors: « Père Sébastien, mettez les mots « J'ai soif » aussi près que possible de la bouche de Jésus, comme s'il était en train de vous les dire maintenant. » Comme je pensais à cela plus tard, je me suis rendu compte que la soif d'amour et des âmes de Jésus n'est pas seulement infinie mais aussi éternelle. Mais la soif de Jésus ne cesse d'augmenter aujourd'hui comme on a besoin d'un amour beaucoup plus pur, car beaucoup plus d'âmes vivent et meurent dans la pauvreté spirituelle, la misère et l'indigence dans le monde d'aujourd'hui.

Jésus a choisi la bienheureuse Teresa et lui a fait ressentir cette soif intense, qui, comme des flammes de feu s'est répandue au-delà des mers. Nous partageons tous sa soif et son travail pénible pour étancher la soif de Jésus en grandissant en sainteté et en persévérant fidèlement dans notre vocation jusqu'à la fin. Je prie et demande les prières de tous dans ce but.

Je vous souhaite un Avent très joyeux et fécond, qui nous prépare à accueillir Jésus à Noël.

Dieu vous bénisse.

Père Sebastian Vazhakala M.C.

« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive » cf. Jn 7, 37 ff.)

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Prière écrite pour la Revue PRIER de décembre 1997

Seigneur Jésus,

avec Marie, que notre oui

soit un vrai oui.

Accorde-nous

un cœur d'enfant

plein de confiance et d'abandon.

Que nous courions pour Te servir

dans le plus pauvre parmi les pauvres

Seigneur Jésus,

avec Marie, que notre vie

ne soit qu'à Toi.

Gardons la joie d'être « un seul cœur »,

partageons-la avec nos frères.

Donne ta Paix à nos familles

et unis-nous dans la prière.

Tu as porté, Seigneur Jésus,

tous nos péchés jusqu'au martyre.

Avec Marie près de la croix,

que nous prenions ce que Tu donnes,

que nous donnions ce que Tu prends

avec toujours un grand sourire.

Seigneur Jésus, cloué en croix, Tu dis :

« J'ai soif ».

Tel est ton cri,

soif d'amour pour toutes les âmes !

Pour l'étancher avec Marie,

que nous soyons victimes d'amour

à chaque instant de notre vie.

Seigneur Jésus, Tu es l'Amour.

Dans l'Hostie Sainte nous t'adorons.

Suivons Thérèse et Mère Teresa

et travaillons à ta mission.

Aimons nos frères comme Tu nous aimes,

les aimant tous sans exception.

Gardons toujours « la petite voie »,

chemin de foi, d'amour, de joie.

Que par Marie, nous Te portions

avec tendresse et compassion.

Le couple qui a écrit cette prière préfère garder l'anonymat. Depuis plus de dix ans, les deux époux sont laïcs Missionnaires de la Charité (LMC), association internationale de laïcs qui adhère à l'esprit et au charisme des religieux et religieuses du même nom. Fondée en 1984 à Rome par le père Sébastian M.C. - lui-même fondateur de la branche masculine contemplative des Missionnaires de la Charité – et Mère Teresa, l'association compte aujourd'hui 1 000 membres à travers le monde, mariés ou célibataires. Ils prononcent des vœux semblables à ceux des religieux et renouvelables chaque année : chasteté (conjugale), pauvreté, obéissance et service de tout cœur et gratuit des plus pauvres parmi le pauvres.

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